Voilà, à l'occasion
de la prochaine Atari Connexion, je me décide enfin
à faire un compte-rendu de l'édition de 2005.
Il serait en effet dommage que certains d'entre vous, ne sachant
pas vraiment ce qui s'y trame et l'ambiance qui y règne,
manquent ce rassemblement.
Le rendez-vous était donc pris il y a presque un an
le 25 avril 2005. Un tel événement ne pouvait
pas rester inconnu des instances Grospixelliennes. C'est donc
le coeur léger que nous partîmes aux aubes (à
prononcer avec la liaison), David et moi, toujours à
la recherche d'une dose de rétro un peu plus forte.
En dépit de ses protestations, je décidai de
prendre mon véhicule pour nous rendre sur place, ayant
un souvenir douloureux de la « Black Car attitude »
dans les rues étroites de Londres ou de Tokyo.
Ceux qui pensent que le rassemblement a lieu dans une zone
urbanisée se trompent. La Jaguar connexion 2005 se
tient à la salle des fêtes de Congis sur Therouanne,
petit village sympathique de Seine-et-Marne. À ce propos
je recommande fortement l'emploi d'un GPS pour se rendre sur
les lieux, les cartes routières n'étant pas
forcément très précises avec les petites
routes. Cela dit, une fois qu'on est dans le village, la salle
des fêtes n'est pas très difficile à trouver.

La salle des fêtes de Congis-sur-Thérouanne.
Comme la photo ne l'indique pas forcément très
clairement, on vient du
monde entier pour participer à la Jaguar Connexion
- cf les plaques minéralogiques de ces voitures.
Après deux heures de
route sans problème (sauf pour mon oreille droite qui
a pendant ce temps subi les assauts répétés
d'un rétro gamer pour le moins prolixe), nous arrivons
aux abords de la salle des fêtes de Congis. Il y a manifestement
quelque chose qui se passe dans ce bâtiment. Nous nous
présentons à l'entrée et nous faisons
connaître. Xirius nous accueille chaleureusement et
nous invite à nous mettre à l'aise. Difficile
cependant de faire autrement en pénétrant dans
une telle ambiance. En effet, des quatre coins de la salle,
des bits musicaux s'échappent par groupe de 8 ou 16
et viennent flatter mon oreille encore toute endolorie. Des
individus étranges vont et viennent dans les lieux,
le teint blafard les yeux injectés de sang, le regard
vide mais animé de cette lueur indéfinissable
qu'ont dans les yeux les gens passionnés.

La partie gauche de la salle est
consacrée aux machines fabriquées par Atari...
... tandis que la partie droite
est envahie de machines de marques très très
(mais alors très) diverses.
Vue depuis l'estrade qui la surplombe
à son extrêmité, la salle révèle
les mille et un trésors qu'elle contient.
Pour un oeil non exercé, on pourrait penser que l'on
a affaire à la cour des miracles. En effet, il saute
aux yeux qu'on n'est pas la pour un défilé de
mode ou la cérémonie des Césars. Mais,
les retrogamers que nous sommes vont petits à petit
s'émerveiller de ce que nous allons voir.
La salle est petite, il peut en ressortir une impression que
l'on va vite en faire le tour. Il n'en est rien, chaque centimètre
carré de l'espace utilisé recèle de nombreux
trésors. C'est ainsi que nous avons pu observer sous
toutes leurs coutures les objets fabuleux ci-après
:
- Bricolages en tout genre
autour de matériel d'arcade. Notez au passage cette
magnifique mamebox noire entièrement faite en bois
d'arbre et peinte à la main qui semble faire toute
la fierté de son concepteur. Il s'agit d'un système
autonome tournant sous Linux. Celui-ci ne nous en dira cependant
pas plus en ce qui concerne sa conception car il nous a semblé
comprendre qu'il les commercialise.

Une Mamebox faîte maison
tournant au poil. Très ergonomique, elle dispose d'un
menu
de sélection des jeux créé spécialement
par son concepteur.

Une carte Jamma du jeu d'arcade
de Sonic, injouable sans les trackballs qui vont avec !

Sonic arcade en pleine action.
Juste à côté, des Megadrive
I et II et, hors-champ, une Saturn,
envahissent le peu de
place qu'il reste à cette antre dédiée
au dieu Sega.

Une autre Mamebox pour le moins
étonnante!
L'arrière de la bête.
Rien n'a été laissé au hasard, puisque
même une prise péritel équipe cette Mamebox
éminemment
portable.
- Toujours dans la catégorie
bricolage, un fanatique de la VCS
nous fait la démonstration d'une cartouche bricolée
pour accueillir une SD-Card remplie à ras-bord des
roms de ses jeux favoris, évitant ainsi de trimbaler
trois valises de cartouches.

La console Atari 7800, l'un des
grands fiascos d'Atari. Rétrocompatible avec l'Atari
2600,
elle permet de s'adonner aux grands classiques de la console
phare du début des années
80 - ici, Circus.
Si on y regarde de plus près,
la cartouche enfichée dans la console présente
quelques
singularités. Une petite fente placée à
son sommet attise notre curiosité. A l'écran,
un
menu de sélection de jeux 2600 et 7800 apparaît.

Retirée de la console,
nous découvrons une cartouche étonnante, produite
en très petite
quantité aux Etats-Unis, et renfermant une carte mémoire
de 64MB. Elle permet à son
possesseur de transporter, outre l'intégralité
de la ludothèque de l'Atari, toutes sortes
de productions faîtes maison. Un sacré plus!

Juste à côté de l'Atari 7800 siège
une console Atari 2600 entièrement portable, puisque
littéralement intégrée à une saccoche
souple, et câblée en conséquence. Le moniteur
Sony,
de petite taille, acompagne intelligemment le duo, et permet
donc de jouer à la 2600
partout. Enfin presque.
- Le rassemblement est aussi l'occasion pour les participants
de se mesurer aux autres sur les jeux à accessoires
qui font le bonheur des collectionneurs, mais qui mettent
chaque jour leur vie sociale en danger, notamment lorsqu'ils
essayent de faire partager leur passion à leur entourage
proche. La Jaguar Connexion a donc aussi une vertu thérapeutique.
Notez aussi la splendide gamecube en rose customisée
Diddy (je sais plus le nom exact de la souris idole des écolières
de 8 ans) qui a fait l'objet d'un tutoriel très détaillé
sur le net. Un collector en somme...

Donkey Konga à 4: le pied
intégral! On distingue le Gamecube Diddy juste à
côté du téléviseur.

Samba
De Amigo et ses maracas: inégalable.

Mine
de rien, ce jeu vaut une petite fortune.

Un autre rythm game, jamais importé
en Europe: Taiko no Tatsujin, sur PS2.
- Nous pouvons également voir au passage que la Dreamcast
fait encore l'objet de quelques projets. Vous pouvez voir
ici tourner un jeu de plate-forme développé
en amateur.

Le prometteur Alice
Dreams, déjà bien avancé lors de
la convention.

Le prometteur Ikaruga,
déjà terminé lors de la convention. Sont
forts, ces Japonais.
- J'ignore si le phénomène est commun à
toutes les Jaguar Connexion, mais lors de cette édition,
il y avait un fort engouement pour les consoles portables
de nouvelle génération. La récente sortie
de la Nintendo DS et celle imminente de la PSP y sont sans
doute pour quelque chose. Quoi qu'il en soit, des modèles
plus exotiques sont bien sûrs de la partie (notamment
des GP 32, et bien sûr des Lynx).
Cela nous permettra d'ailleurs de nous faire une idée
en avant-première de la qualité de l'écran
de la PSP, mais aussi hélas de ses temps de chargement...

Des Nintendo DS...

Des PSP...

Mais aussi des Gameboy,
des Game
Gear, des Pokemon Mini, des (gloups) Supervision (un clône
abominable du
Gameboy, sorti à peu près au même moment)...

Des Neo Geo Pocket, des Wonderswan,
des GP32...

Un
Virtual Boy...

Des Lynx en pagaille...

... et des garçons
aussi.
- Un peu plus loin, deux adorateurs de Jeff
Minter s'affrontent sur le légendaire Tempest 2000
sur Jaguar, dans le mode le plus jouissif du jeu. On touche
ici du doigt tous les esprits de la Jaguar Connexion...

Tout au long de la journée
de dimanche fut organisé un concours sur Tempest 2000.
Scandale pour moi qui découvrais
cette version Jaguar: le jeu ne tournait pas en 50/60 fps.
Jeff Minter ne se drogue plus, je ne vois pas d'autre explication.
- Au fur et à mesure que l'on s'intéresse aux
différents stands, la mémoire s'affole, les
souvenirs déferlent, beaucoup de fantasmes de notre
enfance refont surface, et on se prend à nouveau à
laisser divaguer son esprit sur les machines et les softs
qui ont construit notre culture de gamer. La Jaguar Connexion,
c'est avant tout un voyage dans le temps, un voyage organisé
cependant. Il y a bien
sûr nombre de machines rares ou moins rares que tout
joueur qui se respecte connaît, mais c'est aussi l'occasion
de découvrir des engins à la limite de la légende,
ou dont on ne soupçonnait même pas l'existence...
C'est ainsi que nous avons pour la première fois pu
voir le très "confidentiel" Nuon, des prototypes
de consoles inconnus, plusieurs versions de la 3DO
dont la célèbre carte pour PC de chez Creative,
un Panasonic Q, un modèle de Sega Genesis fabriqué
par Pioneer, la moitié des stocks européens
de GX4000
(l'autre moitié est chez Nordine - NdD), un Virtual
Boy, ou encore le célèbre adaptateur de cartouches
VCS pour Colecovision.
La manifestation n'est donc pas raciste, mais on n'en doutait
pas.

La Saturn et l'extraordinaire
Radiant
Silvergun.
Une vieille Famicom.
Un stand SNK absolument incroyable:
ici, une quantité faramineuse de produits Neo Geo Pocket...

... et là, une Neo
Geo, avec de très nombreux jeux.
Voici un stand beaucoup plus éclectique,
où se cotoient la crème de la crème en
matière de consoles japonaises - les
PC-Engine
Duo-R, GT et de base - et la meilleure console occidentale
de salon depuis longtemps - la XBox, ici dans sa
version japonaise DOA limitée. Beaucoup d'intégristes
de l'un ou l'autre des deux camps devraient s'inspirer de
cet
heureux
mélange des genres. Au premier plan, le monstrueux
X-Arcade, idéal pour jouer sur sa XBox pucée.

Deux platines de DVD Nuon. Deux échecs retentissants.

Quelques uns des jeux disponibles sur Nuon. Comme à
son habitude, Jeff Minter est sur tous les coups, même
les plus
improbables - après Tempest 2000 sur Jaguar, voici
Tempest 3000 ! Jeff aime les consoles mortes-nées.

Perdue au fond de la salle, près des toilettes, une
Master System
fait tout ce qu'elle peut pour montrer qu'elle aussi, a
le droit d'exister. Sa version d'R-Type
disposait, malgré des scintillements omniprésents,
d'un niveau totalement inédit.

La Jaguar
et son lecteur de CD.

Les jeux sur Jaguar ne se sont pas résumés à
Alien vs Predator et Rayman; la preuve!

Pinball
Dreams sur Amiga
1000! Je veux jouer! Je veux jouer!

Une Twin Famicom - un modèle de Famicom intégrant
le Disk System.

Diverses consoles Atari des années 70, dont deux Video
Pinball à gauche, et un Super Pong en haut à
droite. Au milieu,
un énième design de l'Atari 2600; et à
l'extrême droite, un truc qui sent bon la contrefaçon
made in Taiwan: le Super TV
Boy! Tout un programme.

Une 3DO sur mon PC? Pas possible?!

Deux 3DO accompagnées du jeu responsable de beaucoup
de ses (maigres) ventes: Wing
Commander III.

Grand souvenir pour beaucoup de Français; véritable
cauchemar pour une poignée d'autres: l'Amstrad
CPC 6128 !
A sa droite, la manette idéale pour se fouler le poignet:
le Speed King, de Konix.

No comment.

L'illustre adaptateur VCS pour la rolls des consoles du début
des années 80: la CBS Colecovision. A quand un adaptateur
PS2 pour XBox?

Une carte Jamma Hyper NeoGeo 64, et quelques jeux à
vendre. Dans un coin de la salle,
un professionnel anglais spécialisé dans le
retrogaming était venu proposer à la vente
de très nombreux articles Atari, dont beaucoup encore
sous cellophane.

Une collection quasi-complète des Sega Ages sur PS2.

La N64, qui
aime à nous rappeler la qualité de son affichage
vidéo.

De plus près, le Gamecube version Diddy; au-dessus,
le Gamecube métallisé Made By Panasonic; à
gauche, une
Megadrive surmontée de son module 32X, et, juste en-dessous,
l'étonnant lecteur combo laserdiscs / cartouches
Megadrive de chez Pioneer.

De plus près, le CLD-A100 montre son ambivalence: console
Megadrive à part entière, mais aussi console
de jeux sur
laserdiscs. Ce lecteur étonnant se voulait être
le concurrent direct du tout nouveau CD-I
de Philips.

Le Multi-Mega, console regroupant sous un seul capot de traille
résuite une Megadrive et
un Mega-CD.

Deux
manettes Wico qui rappelleront de bons souvenirs à
nombre d'entre nous.
- Cela dit, un espace de
choix était tout de même réservé
à une batterie d'Atari ST, et à un très
puissant et mythique Falcon qui donnait toutes ses tripes
(d'ailleurs, elles étaient à l'air libre) sur
les meilleurs démos de la scène Atari d'hier
et d'aujourd'hui.

Quelques Atari
ST...

... et un Falcon suréquipé
- tellement que plus rien ne rentre dans le boîtier!
- Un autre espace était
dédié à une compétition à
10 joueurs sur la version Saturn en haute-définition
de Bomberman, le tout projeté sur grand écran.
Encore un fantasme assouvi.

- Ah oui j'oubliais : le midi, une collation rapide mais suffisante
est servie par les organisateurs. À propos de ces derniers,
je tiens quand même à saluer leur détermination,
leur gentillesse, leur disponibilité, et surtout leur
motivation pour rendre possible un tel événement
chaque année.
Ainsi
se termine notre visite à la Jaguar Connexion 2005,
qui change de nom dès la prochaine édition pour
désormais s'intituler Atari Connexion. Si le nom d'Atari
évoque pour vous autre chose qu'un commercial chauve
et peu scrupuleux, ou tout simplement si les blips électroniques
des vieilles machines vous fascinent encore comme au premier
jour, je ne saurais que trop vous recommander de faire un
petit tour à cette manifestation, certes peuplée
d'illuminés, mais avant tout passionnés.
Voilà,
il ne nous reste plus qu'à faire le chemin inverse
qui se déroule sans encombre, et pour rester dans l'ambiance
rétro, nous profitons du voyage retour pour se faire
un petit blind test musical des années 80. Finalement,
en matière de musique, David n'a pas si mauvais goût...