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Commodore Amiga
L'histoire du micro le plus excitant jamais conçu et de sa longue descendance plus ou moins prestigieuse.
Par Laurent (01 septembre 2002)

Préambule

Avant de commencer, il faut savoir que l'Amiga est une machine que Phyl et moi avons en commun. C'est même en partie grâce à elle (aux yeux de certain de ses possesseurs, l'Amiga est un ordinateur femelle) que nous sommes devenus amis, et c'est après avoir essayé le mien (un Amiga 500+) qu'il s'est précipité pour en acheter un. C'est dire si cet ordinateur nous tient à cœur, et si nous sommes heureux de constater que des années après sa mort commerciale, des millions de fans à travers le monde se battent pour le maintenir en vie en développant de nouvelles applications visant à le mettre au niveau des PC et Macs actuels (connexion Internet, jeux, applications pros, systèmes d'exploitation), tout en perpétuant grâce aux émulateurs son héritage ludique fabuleux auprès de ceux qui n'en ont plus un sous la main. L'Amiga est peut-être plus vivant maintenant que jamais, et cela doit bien faire rire son inventeur Jay Miner, là-haut, au paradis des pionniers de la micro-informatique. À l'heure où ces lignes sont écrites, Phyl et moi avons toujours un Amiga 500+ (Phyl doit en avoir plusieurs, d'ailleurs) en état de marche, prêt à être utilisé à tout instant.

1982

Voir également l'article sur Jay Miner.

Trois médecins originaires de Floride mettent en commun 7 millions de dollars dans le but de les investir dans la création d'une entreprise. Ils se décident pour une société d'informatique, marché alors en pleine expension. Jay Miner, électronicien de génie qui a travaillé dans le passé pour Atari sur le développement de la VCS et des micros Atari 8-bits, et Dave Morse, directeur des ventes chez Tonka (jouets d'origine Japonaise), sont contactés par Larry Kaplan - ancien développeur de jeux chez Atari puis co-fondateur d'Activision - pour se joindre à l'aventure, ainsi que Carl Sassenrath et RJ Mical, ingénieurs. Ils se lancent dans la création d'un micro-ordinateur, et commencent par s'interroger sur le nom de baptême à donner à leur bébé, ainsi qu'à la société naissante qui le produira. Il s'agit de trouver un nom sympathique, attirant, pour que le client potentiel soit mis à l'aise tout de suite.

Le nom Hi-Toro est d'abord choisi, mais il sera abandonné au profit d'Amiga, jugé plus audacieux. L'Amiga est un oiseau au plumage très coloré qui vit dans la forêt amazonienne, idée de base intéressante pour créer un logo, et le mot signifie aussi "copine" en espagnol, ce qui est inattendu, agréable dans un univers très masculin. Les 7 millions de dollars dont dispose la société sont insuffisants pour financer le projet, aussi se lancent-ils dans le rachat des droits de produits déjà commercialisés afin de répandre le nom Amiga et attirer d'autres investisseurs. Les premiers produits ainsi vendus sont principalement des Joyboards.

Le Joyboard est une sorte de joystick destiné à être utilisé avec les pieds, en montant dessus. Certains jeux d'arcade ont été développés pour l'utiliser, notamment une simulation de ski, ainsi qu'un jeu très original nommé Zen Meditation, qui a fait une très courte carrière en salles d'arcade. Le but était de rester immobile sur le siège, le Joyboard détectant le moindre mouvement. Peu de gens ont joué à ce jeu, mais les employés de la société Amiga le connaissent bien pour l'avoir pratiqué pendant les heures difficiles de la société, histoire de se détendre un peu, ce qui a fait du Joyboard un objet-culte pour les fans.

Le Joyboard. Cliquez sur la publicité ("Regarde Maman ! Sans les mains !") à gauche pour une image plus grande.

Le développement du premier ordinateur Amiga commence peu après ces expérimentations commerciales, et le choix du microprocesseur s'arrête sur le Motorola 68000.

1983

En 1983, les capitaux de l'entreprise commencent à augmenter avec le prix du hardware commercialisé. Les dirigeants d'Amiga veulent que leur ordinateur soit une machine de jeu à succès. Initialement, le prix de vente est estimé à 400$, mais plus la sortie avance, plus ce chiffre devient improbable, 600$ étant plus réaliste. Le public des seuls joueurs ne suffira donc pas, l'Amiga devra se défendre dans d'autres domaines pour être un succès. Le hardware de l'ordinateur est revu à la hausse, afin de l'ouvrir vers des applications professionnelles. L'équipe de développement travaille d'arrache-pied sur le design des différents composants du système et les périphériques.

1984

Début 1984, le Consumer Electronic Show (C.E.S) a lieu à Chicago. C'est l'un des plus grands salons d'informatique au monde à l'époque, et beaucoup de compagnies s'y rendent pour faire la démonstration des performances de leurs machines. Cette année là, Commodore présente son Commodore Plus 4, et l'équipe d'Amiga expose un premier prototype de leur ordinateur, à la recherche d'investisseurs éventuels. Ils n'ont qu'un tout petit stand, et la machine n'est pas montrée au public, seulement à des invités sélectionnés. Il faut savoir que quelques heures avant l'ouverture du salon le prototype, baptisé Lorraine, ne fonctionne pas, malgré le travail acharné de l'équipe les précédents jours. C'est grâce à la pugnacité et au génie de Jay Miner, qui par la suite restera dans les mémoires comme le "père de l'Amiga", que le miracle se produit et que le prototype, qui n'est encore qu'un enchevêtrement de circuits imprimés et de fils, accepte de bien vouloir fonctionner le jour J. Et de quelle manière ; la démonstration est éclatante et fait forte impression, avec notamment la fameuse démo que RJ Mical a programmée, baptisée Boing, qui affiche à l'écran une sphère quadrillée en rouge et blanc rebondissant sur les coins de l'écran en tournant sur elle-même, animée à la perfection avec des effets d'ombres projetées. Du jamais vu à l'époque sur un système grand public. Les privilégiés qui assistent au spectacle avoueront plus tard avoir cherché sous la table où était posé le prototype un autre ordinateur plus volumineux.

Le prototype Lorraine.

Jack Tramiel, président et fondateur de Commodore, est à l'époque en plein conflit avec l'actionnaire principal de la société, Irving Gould. Gould vient de le faire mettre à la porte par le conseil d'administration après qu'il a dirigé sa société pendant plus de 25 ans, pour le remplacer par un certain Marshal Smith. Smith n'a aucune connaissance en informatique, ni dans la direction d'une entreprise semble-t-il, et Commodore ne connaîtra plus jamais la même gloire que pendant les années Tramiel où la compagnie représentait 32% du marché. Quoi qu'il en soit, Tramiel dirigera Atari après son départ de Commodore avec le succès que l'on sait, mais plus tard, conscient que l'Amiga se présente comme un ordinateur plus puissant que le ST que développe Atari, s'arrangera pour jouer sur les deux tableaux en faisant un prêt de 500 000$ à la société Amiga, en déroute après que les trois docteurs qui avaient initié le projet ont retiré leurs billes, lassés d'attendre des dividendes qui n'arrivent pas. Commodore, de son côté, s'intéresse aussi à Amiga, et se positionne pour racheter la société au bord de la faillite. Plus offrant qu'Atari, ils finissent pas arriver à un accord avec Dave Morse, et l'équipe de développement de l'Amiga commence à travailler sur leur projet sur les stations de travail Sun de Commodore.

1985

Le 23 Juillet 1985, Commodore et Amiga présentent au Lincoln Center de New York le premier ordinateur Amiga, l'Amiga 1000.

L'Amiga 1000.

En Septembre, l'Amiga 1000 est mis en vente. Le système d'exploitation de l'Amiga 1000, l'Amiga OS, est l'œuvre d'une société britannique, Metacomco. Metacomco a déjà à son actif la création de langages de programation pour Atari ST et Sinclair QL, et Commodore leur demande de développer en l'espace de quelques semaines l'Amiga OS, ce qui est rendu possible par leur bonne expérience du Motorola 68000.

1986

En 1986, un nouveau modèle d'Amiga est mis en chantier, développé en parallèle sur deux chantiers, l'un situé à Los Gatos (USA) et l'autre à Braunshweig (Allemagne). Le centre de recherche de Braunshweig est toujours en activité aujourd'hui. Commodore veut que ce nouvel Amiga puisse écrire des disquettes au format PC, ce qui entraîne le développement d'un système d'émulation qui complique la tâche des développeurs.

1987

En 1987 Commodore lance l'Amiga 2000, toujours basé sur un processeur MC68000, qui sera à la base des futurs modèles : A1500, A2000HD, A2500/20, A2500/30, A2000HDA/100, A1500 plus et A2000 plus.

L'Amiga 2000 (image provenant du site www.old-computers.com).

L'Amiga 500 est introduit plus tard, en 1987. C'est le premier ordinateur d'Amiga à intégrer le clavier et l'unité centrale dans le même boîtier, comme les précédents modèles de Commodore, les C64 et C128. L'Amiga 500 sera l'ordinateur Amiga le plus populaire et le plus vendu par Commodore. Tous les nouveaux ordinateurs Amiga utilisent le même processeur graphique, le EHB (Extra Half Bright).

L'Amiga 500.

1988 / 1989

Ces deux années constituent l'âge d'or de l'Amiga 500, qui connaît un succès grandissant grâce à ses extraordinaires performances dans le domaine des jeux. La concurrence avec Atari est sévère, d'autant plus que les deux sociétés sont en procès à cause des 500.000$ prêtés par Tramiel à Amiga, qui font qu'Atari estime avoir droit à des dividendes sur les ventes de ses produits.

1990

Commodore achève le développement de son premier ordinateur 32-bits, l'Amiga 3000 équipé du processeur Motorola MC68030. L'Amiga 3000 propose aussi un nouveau bios, le Kickstart 2.0, et un nouveau processeur graphique, l'ECS, qui remplace l'EHB. Commodore introduit aussi une version à boîtier tour, l'Amiga 3000T, et une autre qui tourne sous UNIX, l'Amiga 3000UX destiné au marché professionnel. L'Amiga 3000 accepte les moniteurs VGA des IBM PC au moyen d'un adaptateur. Plus tard dans l'année, l'Amiga 500+ est lancé. Il s'agit d'une version de l'Amiga 500 destinée au marché Européen, équipée de l'ECS, de plus de mémoire, et d'un nouveau système d'exploitation.

L'Amiga 3000.

1991

Commodore lance le premier système informatique équipé en série d'un lecteur de CD-ROM, le CDTV conçu par Carl Sassenrath. Il n'obtiendra pas le succès voulu pour plusieurs raisons : bien que Commodore y ait implémenté la dernière version de l'Amiga OS comme système d'exploitation, le logo Amiga ne figure pas sur le boîtier de la machine. Les utilisateurs d'Amiga ne le reconnaissent pas comme faisant partie de leur gamme d'ordinateurs préférée. Par ailleurs, le CDTV souffre à sa sortie d'un gros manque de logiciels. Les versions CD des jeux, spécialement adaptées, n'offrent rien de plus sur disquette, et il n'y a qu'un ou deux jeux disponibles qui exploitent les possibilités du support. Ajoutons le prix du CDTV, plus élevé que celui de l'Amiga, et le flop est complet. Commodore finira par faire marche arrière an vendant une extension pour CDTV qui le transforme en Amiga 500.

Le CDTV.

1992

En Mars 1992, l'Amiga 600 est lancé. Il utilise le même microprocesseur que l'Amiga 500 et un boitier de taille réduite, sans pavé numérique, mais il est équipé d'un contrôleur IDE (préféré au SCSI habituel des Amiga) et d'un slot PCMCIA (pour disque dur). Plus tard dans l'année, Commodore lance l'Amiga 600HD, muni d'un disque dur.

L'Amiga 600 (image provenant du site www.old-computers.com).

En Septembre 1992, le World of Comodore Show (W.O.C) à Pasadena, Floride, est l'occasion pour Commodore de présenter un nouveau processeur graphique, l'AGA. L'AGA (Advanced Graphic Architecture) est capable d'afficher 16 millions de couleurs. Lors du W.O.C, Commodore présente son premier ordinateur à utiliser ce nouveau chipset graphique, l'Amiga 4000, équipé du processeur Motorola MC68040. L'Amiga 4000 est destiné à se spécialiser dans le traitement d'image et la vidéo. Le nouvel AmigaDOS est aussi présenté, dans sa version 3.0, ainsi qu'un nouveau kit de développement pour Amiga, l'AmigaVision Professional.

L'Amiga 4000.

Pour Noël 1992, Commodore lance un ordinateur bon marché, l'Amiga 1200, qui utilise l'AGA et possède 2 Mo de RAM.

L'Amiga 1200 de JPB (photo prise en 2011).

1993

C'est en 1993 que Commodore sort sa dernière machine, la console CD32, qui utilise l'AmigaOS. Le CD32 est la première console 32-bits, bien avant la Sony Playstation, qui n'est pas vraiment plus puissante. Le CD32 utilise un lecteur de CD-ROM double vitesse, 2 Mo de RAM, et le chipset AGA. Une option permettant d'inclure dans les jeux des séquences en Full Motion Video (FMV) est également implémentée (compression MPEG-1), de même que la possibilité de lire des photos gravées sur CD (procédé Photo CD de Kodak) et des CD audio. Tout cela est très novateur, mais encore une fois Commodore n'est pas suivi par les éditeurs de jeux. Très peu utilisent le FMV, et les jeux semblent pour la plupart venir de l'Amiga 500 alors que la console est capable de beaucoup mieux. Le CD32 est un nouvel échec commercial (et une console très recherchée aujourd'hui car elle peut lancer les jeux Amiga stockés sur CD-ROM). Fin 1993, Commodore prend le chemin de la banqueroute.

La console CD32 (photo provenant du site www.amiga-hardware.com).

1994

Commodore connaît de grandes difficultés financières, malgré la demande incessante pour l'Amiga 500, que les dirigeants de la compagnie n'ont jamais vu, à tort, comme le produit porteur de leur gamme. Alors que l'Amiga 500 n'est plus fabriqué, les stocks s'arrachent, mais ces entrées ne peuvent rattraper les pertes causées par le fiasco du CD32. Commodore continuera à fabriquer des Amiga 500 jusqu'en Avril, et achèvera le développement de son nouveau chipset graphique, l'AAA, capable d'afficher des résolutions allant jusqu'à 1280x1024, et 16 millions de couleurs. Durant cette période, la compagnie se sépare de nombre de ses employés, et revend toutes ses usines pour combler ses pertes. Finalement, le 29 Avril 1994, à 16h10, Commodore International est mis en liquidation judiciaire par la Cour Suprême des Bahamas.

1995

L'année 1995 est riche en rumeurs concernant un éventuel rachat de Commodore. CEI, qui est sur les rangs, signe un accord avec IBM pour que ses dernier fabriquent des ordinateurs Commodore si CEI parvient à racheter la compagnie. Finalement, lorsque l'offre est ouverte, le 20 Avril 1995, seules deux compagnies sont sur les rangs, Dell (USA), et ESCOM AG (Allemagne). CEI s'est allié avec Dell dans le but que Dell récupère les usines et CEI le droit de fabriquer des ordinateurs Amiga. ESCOM fait une offre de 5 millions de dollars pour Commodore, plus 1,3 millions de dollars pour les droits d'utilisation de la marque déposée Amiga. L'offre d'ESCOM est sur le point d'être acceptée lorsque Dell surenchérit à 15 millions de dollars, offre soumise à conditions. Finalement, ESCOM offre 12 millions de dollars et obtient le rachat, ayant été les premiers à faire une offre. Commodore appartient donc maintenant à ESCOM AG, ainsi que ses propriétés, à commencer par la ligne Amiga. Commodore UK, qui est toujours en activité, signe des accords avec ESCOM AG pour fabriquer et vendre des produits pour Amiga. En 1994, les ventes de la société ESCOM s'étaient élevées à 2 milliards de dollars. En Juillet, un nouveau logo Amiga est dessiné par FrogDesign.

1996

ESCOM AG signe un accord avec une compagnie appelée VISCorp (Visual Information Service Corp), une compagnie spécialisée dans la fabrication de télévisions interactives, stipulant que VISCorp est autorisé à utiliser la technologie vidéo de l'Amiga pour ses produits. La licence inclut le système d'exploitation de l'Amiga, ainsi que certains composants et périphériques. ESCOM AG lance un nouveau produit Amiga, l'Amiga Surfer Pack, à savoir un Amiga 1200 simplement équipé d'un disque dur de 260 Mo, 2 Mo de RAM et un modem 14400 Bauds, destiné uniquement à surfer sur Internet (logiciels inclus) pour un prix modeste. Les logiciels inclus dans le pack sont :

- AmIRC,
- AmFT,
- AS225 Release 2,
- Magic User Interface v3.2 (MUI),
- Mindwalker (navigation Internet),
- Voodoo Multimedia Mailer (Courrier éléctronique).

Au CeBit Show de 1996, le deuxième plus grand salon informatique au monde, ESCOM AG présente également l'Amiga Walker, l'équivalent d'un A1200, mais qui utilise le processeur Motorola MC68030 et se voit ajouté un slot PCI, un lecteur de CD-ROM 4x, un boîtier tour au design très avant-gardiste, et l'AmigaOS 3.2. En Avril, VISCorp fait un offre pour le rachat des droits des ordinateurs Amiga auprès d'ESCOM. La faillite d'ESCOM, en Juillet 1996, empêche la vente de se faire.

L'Amiga Walker.

1997

Le 27 Mars 1997, l'Amiga trouve un repreneur, Gateway 2000. Leur but est de vendre les stocks d'ordinateurs Amiga restants. Pendant ce temps, deux éditeurs de jeux, Clickboom et Vulcan, vendent des centaines de milliers de copies des versions Amiga de Myst et Quake, qui prouvent que l'Amiga est toujours présent dans les foyers. Gateway 2000 ouvre une branche de recherche et développement appelée Amiga Inc., dirigée par Jim Collas. De nouvelles sociétés obtiennent des licences pour vendre des Amiga, comme DCE Gmbh, Intrinsic Computers et Index Info. La société Cloanto commercialise le CD intitulé Amiga Forever qui comprend WinUae, le meilleur émulateur Amiga pour PC, et les images roms du Kickstart nécessaires pour le faire fonctionner, sous une licence obtenue le 10 Octobre. Le 21 décembre, Amiga Inc. annonce de grosses commandes d'Amiga 1200 venues d'Inde.

1998

Le 15 Mai, au World of Amiga Show, l'AmigaOS 4 est présenté. Il est prévu pour fonctionner avec des processeurs Intel. En Juillet au Amiwest Show, un nouveaux modèle d'Amiga est annoncé, l'Amiga II ou Amiga NG. Ses caractéristiques sont prometteuses. Carte graphique accélérée 3D, processeur sonore Dolby AC3, décodage MPEG en hardware, Internet, processeurs à vocation multimédia de diverses puissances, sortie HDTV, accélération OpenGL supportée, Java supporté, port USB et même possibilité de gérer une connexion Internet via ligne ADSL. Le 11 Novembre, Amiga Inc annonce que QNX Software Systems va développer l'OS des Amiga NG à partir du leur système d'exploitation QNX Realtime.

L'Amiga NG en version Box (comme l'iMac), ou Case (desktop).

1999

Le 16 Juillet, Amiga Inc. Publie les spécifications complètes des nouveaux modèles Amiga. Le document décrit l'interface utilisateur graphique appelée Amiga Operating Environment, qui tourne sous Linux, et non pas sur QNX comme annoncé précédemment. Ils annoncent également un nouvel ordinateur appelé Amiga Multimédia Convergence Computer (MCC), basé sur un processeur à haute performance encore inconnu, et équipé des dernière innovations en matière de multimédia, comme le DVD. Le 1er Septembre, Jim Collas démissionne, en raison de différences de point de vue stratégique avec Gateway 2000. Il est remplacé par Tom Schmidt. Le 15 Septembre, Tom Schmidt annonce que les nouveaux projets d'Amiga se borneront à développer un système d'exploitation pour les modèles existants. Le MCC est abandonné, ainsi que tout projet de nouvel Amiga.

Fin 2000

On ne sait plus trop où on en est dans les tergiversations de Gateway 2000 au sujet d'un éventuel Amiga surpuissant, compatible Mac ou pas, utilisant un processeur PowerPC ou pas. Gateway 2000 ne semble pas avoir les reins assez solides pour se ranger au côté d'Apple dans la catégorie "think different", alternative au PC et à Windows. Pour la plupart des millions de fans d'Amiga à travers le monde, ce n'est pas trop un problème, car pour eux, l'Amiga se résume à la série des Amiga 500, 500+, 600, et 1200, et leur bibliothèque de jeux. Le projet initial des fondateurs de la société Amiga était de fabriquer un ordinateur adapté aux jeux, et en ce sens ils ont magnifiquement réussi. Aujourd'hui, par le biais des émulateurs (notamment WinUAE qui est arrivé à maturité), il est possible de "transformer" son Mac ou son PC en Amiga sans problème.

Votre avis nous intéresse : Message de Mahendra (12/09/2002)

Juste pour te tenir au courant de ce qui se passe actuellement dans le monde amiga (qui a bcp perdu d’utilisateurs ces dernières années)...

Voilà, alors il y a actuellement deux grands projets d’OS devant être les successeurs de l’amigaOS3, sur machines PPC. Il y a MorphOS, fourni avec la machine PPC « Pegasos » (on peut y mettre jusqu’à deux G4 dessus, c’est presque un compatible mac en fait), c’est une réécriture de 0 de l’AmigaOS, avec toutes les modernités qu’ils faut, et surtout en gardant « l’esprit » AmigaOS.çad dans les grandes lignes, légerté, simplicité, aspect minimaliste, contrôle absolu, et un certain nombre de spécificités historique. C’est un système vraiment excellent que sera fini mi octobre théoriquement, mais perso, je viens de commander une machine pour être beta testeur (c’est possible depuis août). On trouvera mi octobre des config complète à partir de 800 euros, ce qui est très correct pour un marché aussi petit !

Evidemment MorphOS se veut très performant et compatible avec les appli amiga existantes. Il est développé par la MorphOS team, surtout composée d’allemands et de français ayant beaucoup d’expérience dans l’amiga. A côté de ça, Amiga Inc, marque achetée par deux anciens de Gateway 2000 (des charlots de première qui veulent utiliser la marque pour promouvoir des trucs qui n’ont rien à voir) ont finalement confié à une autre société amiga , Hyperion (qui fait des portages de jeux PC sur amiga mac et linux) pour faire évoluer Amiga OS 3, et le porter également sur PPC, en réaction aux progrès de morphOS (en dev depuis qques années). Le boulot a grosso modo commencé décembre dernier, donc théoriquement ils ont un retard énorme sur morphOS.

Le problème c’est que ces deux OS (qui devraient tourner sur les mêmes machines, et devraient dans un premier temps tourner avec les mêmes softs) peuvent scinder la commuauté en deux, mais c’est à voir... Car des gens ne croient qu’en le nom « Amiga » et ne s’intéresse pas en MorphOS qui à mon avis sera prêt bien avant et techniquement supérieur. Bref, c’est à voir, mais je trouve débile de se lancer dans un second OS (amiga OS 4 « officiel ») alors qu’un autre est presque fini et meilleur... Ce qui est vraiment dommage c’est que une fois terminé, c’est Amiga Inc qui fera ce qu’il veut de l’OS, or ces gens ne sont vraiment pas intéressés par l’amiga à la base : ce sont juste des capitalistes verreux.. Bref, on verra bien ce que ça donne.. Mais pour toutes ces raisons, j’ai acheté dès maintenant un pegasos sous morphOS et vais essayer de contribuer comme je peux.

A noter l’existence de :
- AROS (pour toute plate-forme) : reverse engineering pour une réécriture totale de l’amiga OS 3 - progresse très lentement...
- Amithlon : pour PC seulement, en fait c’est une sorte d’émulateur, mais sous lequel on peut booter directement, et sous lequel on peut aussi faire tourner des applis natives pour x86.. Très rapide apparemment malgré l’émulation...
- Quoi d’autre ? Je sais plus trop...

Le WE dernier il y avait l’amiga expo 2002 et alchimie 2 en france, la première expo depuis 96, avec je crois 160 participants voire plus (contre 80 l’année dernière !), ce qui est vraiment bien pour un rassemblement amiga en france... Bref, j’espère vraiment qu’une petite communauté amiga va se maintenir (voire grossir un petit peu) pour avoir une autre alternative aux PCs sous windows, avec une autre vision de l’informatique, l’esprit « amiga » (dont il existe un certain nb de définitions). Bref, c’est mon système préféré, libre à chacun de préférer win ou linux ou macOS ou beOS ou...

J’oublais : LE site d’info amiga français : http://www.amigaimpact.org ! Sur irc : serveur arnet.vapor.com channel #amigaimpact !

Laurent
(01 septembre 2002)
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