Le 1er site 100% français, consacré à l'histoire des jeux vidéo
Grospixels  
mascottes    
mail favoris
 
news
articles
dossiers
systemes
bonus
forum
liens
lexique
redaction
grosquiz

Nintendo Game Boy
(1989 - ?)

 


Des Game&Watch à la Game Boy

Tout commence au printemps 89, lorsque la Game Boy est lançée au Japon. Cette console portable est le résultat d'années de travail pour son créateur, Gunpei Yokoi, directeur du bureau d'étude R&D1 qui officie chez Nintendo depuis les années 60 et à conçu de nombreux jouets à succès pour la marque, avant d'inventer les Game&Watch, ces petits jeux électroniques à écran LCD que Nintendo à vendu par millions dans le monde entier, et dont la Game Boy est la continuation logique.

   
Gunpei Yokoi, et un des premiers Game&Watch : Parachute
 

Confirmation d'un succès

La NES est alors un succès mondial qui a relancé l'industrie des consoles (et même du jeu vidéo en général), et conforte Nintendo dans son choix d'investir à fond sur ce marché. Yokoi pense donc à créer une console qui serait une version portable de la NES, permettant de jouer à des jeux équivalents tout en gardant sa caractéristique principale, à savoir un petit prix. Le premier prototype de la Game Boy à avoir été présenté à Hiroshi Yamauchi, président de Nintendo, date de 1987. Yokoi prédit alors qu'elle se vendra au moins à 25 millions d'exemplaires en 3 ans, mais il reçoit plus de soutien de Nintendo of America que de la maison mère Japonaise, le président de NOA, Minoru Arakawa croyant dur comme fer au succès de la petite machine si elle est fournie avec le jeu Tetris, dont tout le monde parle après qu'il ait été indûment (à savoir sans l'accord de ses auteurs Soviétiques) exploité sur micro-ordinateurs par Mirrorsoft. Arakawa a découvert le phénomène Tetris lors d'un salon du jeu vidéo en 1988. Plusieurs versions du jeu sont en vente, aucune n'étant légitime, à la suite d'un imbroglio sur les droits d'exploitation du jeu. Après une lutte juridique entre Nintendo, Mirrorsoft et Atari, les droits sont finalement attribués à Nintendo, qui peut donc inclure le jeu avec la Game Boy.

La console est lancée en 1989, d'abord au Japon, puis en Europe et aux USA en 1990, et le succès est immédiat. Il n'existe alors aucune autre version de Tetris (mis à part la version arcade produite par Atari) qui n'ait pas été retirée de la vente que celles vendues par Nintendo avec la NES et la Game Boy, et le jeu fait un tabac sans précédent, qui profite du reste beaucoup plus à Nintendo qu'aux auteurs du jeu, qui ne seront rémunérés pour leur travail que bien plus tard.


Tetris sur Game Boy
 

Hardware

La Game Boy est équipée d'un écran LCD de 160x144 points en 4 nuances de gris, de deux boutons de tir, de deux boutons de fonction (start et select), et d'une croix multi-directionnelle issue de la NES. Sur les côtés de la console, ont trouve une molette permettant de régler l'intensité de l'affichage, et une autre pour le volume du son, ainsi qu'un port série. Elle fonctionne avec quatre piles R6 qui lui donnent une autonomie incroyable de 35 heures (12 heures avec des piles rechargeables), un adaptateur secteur étant fourni séparément. D'un point de vue hardware, elle utilise un CPU Z80 cadencé à 4,2 Mhz, dispose de 8 Ko de RAM, de 8 Ko de VRAM. Les jeux sont stockés sur des cartouches dont la capacité varie de 256 Ko à 4 Mo pour les dernières sorties sur Game Boy Color.

L'écran de la Game Boy, peu lisible, non rétro-éclairé et d'une résolution obsolète en 1989, peut être vu comme le point faible de la console. Erreur, c'est en réalité son atout principal. Le coup de génie de Yokoi est d'avoir privilégié l'autonomie. Les jeux ne sont pas très lisibles ? peu importe pour le joueur s'il ne passe pas son temps à changer les piles. De plus, lorsque celles-ci faiblissent, la console continue de fonctionner, l'affichage se faisant de plus en plus difficile à lire, alors que la majorité des systèmes informatiques portables vous clouent le bec brutalement avec un "low battery" sans appel dès que celles-ci ne sont plus à 100 %. Ce confort d'utilisation est la première raison du succès de la Game Boy, auquel Tetris n'est pas non plus étranger. La Game Boy fait fureur auprès des voyageurs, à qui elle permet de patienter pendant les heures d'avion ou de train, et les enfant l'adorent car ses jeux ne sont pas chers et leurs parents leur en octroient souvent de nouveaux. C'est la plus petite des consoles portables, et de nombreux accessoires, souvent astucieux, permettent de l'emporter partout avec plusieurs jeux, pour un encombrement minimal. Des dispositifs divers sont disponibles, la plupart ayant pour but de pallier au manque de lisibilité de l'écran. Et puis il faut bien admettre que la pléthore de grands jeux édités par Nintendo sur NES ne souffre pas trop du passage sur Game Boy, la richesse de leur gameplay se chargeant de faire oublier leurs graphismes un peu désuets. Même les adaptations des jeux 16-bits (notamment ceux sortis sur SNES) surprennent par leur efficacité.

   
Final Fantasy et Super Mario Land 2.
 

Des chiffres astronomiques

En 1992, après 3 ans d'exploitation, 32 millions de Game Boy sont vendues, dépassant les attentes de Yokoi et Nintendo. De 1993 à 1997, le chiffre grossit encore pour atteindre 50 millions, et se stabilise. Gunpei Yokoi travaille sur un autre projet, la Virtual Boy, et Yamauchi lui demande de concevoir une version plus petite et performante de la Game Boy. Yokoi réalise alors la Game Boy Pocket, qui dispose d'un écran beaucoup plus lisible que celui de la Game Boy, pour des dimension et un poids réduits.


La Game Boy Pocket

La Game Boy Pocket relance les ventes de jeux Game Boy au delà de tous les espoirs, et compense le bide de la Virtual Boy. De nouveaux jeux sont crées, comme les célèbres Pokemon, sortis en 1997, et la Game Boy atteint le chiffre effarant de 60 millions d'exemplaires vendus, auquel on n'ose même pas comparer les résultats des autres consoles portables (Lynx, Game Gear entre autres). Le succès de la Game Boy a fait de Nintendo le leader incontesté sur le marché de la console portable, une position qui perdurera longtemps après que Sony ait gagné la bataille sur le terrain des consoles de salon.
 

Des jeux ma foi fort sympathiques

   
Metroid 2 et Legend of Zelda (Link's Awakening)

Les jeux de la Game Boy sont innombrables. Tous les titres favoris de Nintendo, Mario, Castlevania, Zelda, Final Fantasy, Donkey Kong ou Nemesis ont fait l'objet de plusieurs titres. Les développeurs déploient des trésors d'imagination pour pallier aux carences de la console en matière de puissance et d'affichage, et le résultat est très probant. Les jeux sont simples, très fun, et très variés. Parfois, les versions Game Boy s'avèrent même supérieures à celles sur NES ou Super NES. C'est le cas par exemple de Donkey Kong Country, dont l'adaptation sur Game Boy est tout simplement incroyable, ou de Nemesis, ou encore de Legend of Zelda, dont certains voient en l'épisode Game Boy (Link's Awakening) une sorte de quintessence de la série. La version de Tetris livrée avec la console à l'origine est géniale, d'une jouabilité parfaite. Beaucoup d'utilisateurs de Game Boy se sont du reste limités à ce jeu.


Nemesis Ultra

La Game Boy a un mérite non négligeable : celui d'avoir converti de nombreux sceptiques aux jeux vidéo. Certaines personnes, qui pensent avoir passé l'âge de se câler devant un écran pour jouer n'hésitent pas à se pencher sur la petite console, l'air de ne pas y toucher mais bel et bien accros. La Game Boy est la seule console 8-bits de Nintendo à avoir débordé de sa cible initiale. C'est un accessoire branché que l'on trouve dans nombre d'attaché-case, à une époque où les téléphones portables sont encore rares.
 

La Game Boy Color

Après la Game Boy Light, qui propose un écran éclairé, c'est en 1998 que la console à succès de Nintendo se voit enfin gratifiée d'un écran couleur, des années après ses concurrents qui n'ont pas connu le succès. Le nouvel écran affiche 56 couleurs simultanément, pour 32.000 disponibles, et la Game Boy Color est compatible avec tous les jeux de sa grande sœur. Les jeux en couleurs mettront un peu de temps à arriver, mais le succès ne tardera pas, grâce à des titres développés par Activision, Infogrames, Rare ou Midway, parmi lesquels on trouve Link's Awakening DX (version colorisée et légèrement augmentée du Legend of Zelda sorti sur Game Boy), Wario Land 2, et bien sur les inévitables Pokemon.


Link's Awakening DX sur Game Boy Color
 

La Game Boy Pocket Camera

   

La Pocket Camera est une petite camera grande comme un œil humain qui vient se fixer sur la Game Boy, et permet de prendre des photos qui s'affichent sur l'écran de la console, avec les limitations de qualité d'image que cela implique. Ensuite, il est possible de retoucher les images grâce au logiciel fourni, le but étant de déformer à volonté la tête de vos amis (grandes oreilles, gros nez, etc..) dans la joie et la bonne humeur. Il existe aussi une imprimante, qui imprime sur des petits autocollants. La Game Boy Pocket Camera à eu surtout eu du succès au Japon. C'est le principal accessoire pour Game Boy que Nintendo ait commercialisé.
 

Conclusion

On ne peut que saluer le génie avec lequel la Game Boy a été lancée, que l'on attribuera comme il se doit au regretté Gunpei Yokoi. Cette petite machine, sympathique et indémodable, illustre parfaitement l'intelligence de Nintendo en matière de marketing, partant du principe qu'il n'est pas nécessaire d'être à la pointe de la technologie en matière de jeu vidéo pour rencontrer le succès. L'essentiel est le fun, et la Game Boy en a à revendre à vous donner.


Laurent