Aujourd’hui, le marché des consoles de
jeux est uniquement gouverné par les chiffres de ventes et les parts de marché. C’est une
véritable jungle dans laquelle l’échec n’est pas permis, aussi bien pour les compagnies
débutantes que pour celles qui ont des décennies d’expérience derrière elles. Dans les années 80, l’atmosphère était un peu moins
tendue et les prétendants au titre de leader moins nombreux, ce qui a permis à Sega de lancer
sur une période de presque 10 ans une série de produits qui n’ont jamais vraiment trouvé
leur public, sans pour autant jeter l’éponge. Il y a eu le SegaCD, extension pour Megadrive visant
à lui donner la possibilité d’utiliser le support CD. Un échec mémorable pour
un système qui fait partie des pionniers dans son secteur. Ensuite,
il y a eu le Sega 32X, qui faisait de la Megadrive la deuxième console 32-bits de l’histoire (après
le Commodore CD-32), et qui à son tour s’est planté. Enfin,
la Saturn, console maudite s’il en est, qui est passé à côté de l’histoire
des jeux vidéo d’une manière fort regrettable. Ironiquement,
c’est alors qu’on célébrait son retour au premier plan avec la Dreamcast que Sega a finalement
abandonné les consoles de jeux, comme si un rappel des impayés de cette triste période
était arrivé entre temps. Aujourd’hui, un simple coup
d’œil sur les sites Internet spécialisés dans les jeux vidéo, et surtout leurs forums
suffit à voir combien la Saturn est recherchée, regrettée, voire adulée. C’est
là, beaucoup plus que dans les courbes de rentabilité, que peut se lire l’impact d’une console
ou d’on micro sur le public, et sa place dans l’histoire des jeux vidéo.
Histoire de la Saturn : La guerre des 32-bits
Au
début des années 90, les consoles de jeux se portent au mieux. Le crash de 1983 est oublié,
et Nintendo et Sega se partagent un marché juteux. On est cependant
à l’aube d’un grand tournant qui va faire de nombreuses victimes : l’avènement du CD-ROM. Ce support de données, appelé à remplacer la cartouche
devenue trop chère et trop limitée dans ses capacités de stockage, va être
au centre d’une guerre sans merci qui fera de nombreuses victimes et verra à son issue le marché
du jeu vidéo totalement changé. Sega est un des premiers
constructeurs à se lancer dans le CD-ROM, avec le lecteur SegaCD pour Megadrive.
Cette extension est très prometteuse sur le papier mais le résultat,
à savoir les jeux, est décevant. Bien sûr, le CD-ROM permet l’utilisation de séquences
cinématiques, mais l’apport en matière de plaisir ludique est discutable, et les jeux développés
spécifiquement pour SegaCD, assez rares, sont accueillis froidement par la critique. Le
32X, extension 32-bits pour Megadrive, ne fera pas mieux. Chez Sega,
on comprend alors qu’il est temps de lancer un produit vraiment nouveau, une console 32-bits qui trancherait
radicalement avec la Megadrive et la SuperNES.
On sait alors que depuis 1991 Nintendo étudie
la sortie d’un lecteur de CD pour sa SNES qui subit la concurrence de la Megadrive. On sait aussi que
ce lecteur de CD, fabriqué en sous-traitance par Sony, finira par être refusé par
Nintendo, et servira de fondation au projet Sony Playstation. Cette
32-bits, produite par un nouveau venu sur le marché des consoles, a tout pour s’imposer : Une image
fraîche, une compagnie aux reins solides capable de faire l’effort de marketing nécessaire,
et le support de développeurs prestigieux. Chez Sega, on sent
que la guerre des 32-bits, qui met également en scène Commodore, la compagnie 3DO et Atari,
va être terrible et que la survie des compagnies belligérantes en dépendra. La
course au développement commence, et rapidement, Sega décide de faire table rase de ces
précédents produits. Bien qu’étant équipée d’un lecteur de CD-ROM,
la nouvelle console ne sera pas compatible avec les jeux SegaCD et 32x. Baptisée
Saturn, son hardware est imposant, et fait enfin la différence avec la Megadrive, ce qui n’était
pas totalement le cas des précédentes :
- 2 processeurs 32-bits Hitachi SH2 à
29 Mhz (l’organisation de la mémoire fait qu’ils ne fonctionnent jamais en même temps).
- 2 chips graphiques 32-bits, le VDP1 et le VDP2.
- Le VDP 1 est chargé de la 3d. Il peut afficher 500.000 polygones
colorés à la secondes, et 200.000 polygones texturés à la seconde. Il supporte
des effets 3d de base (Gouraud shading et texture mapping)
- Le VDP 2 est chargé des effets 2d classiques : Sprites (en nombre
presque illimité), scrollings, arrière-plans en couleurs 24-bits etc..
- Les résolutions affichables sont de 320x224, 640x224 ou 704x480,
le tout en couleurs 24 bits.
- Le processeur sonore (Motorola 68EC1000) dispose de 32 canaux et supporte
des samples en 44 Khz-16bits. Il dispose également d’un synthétiseur FM (Yamaha SCSP), d’un
DSP Yamaha pour les effets d’acoustique, et supporte la lecture de CD-Audio.
- La console dispose de 2 Mo de RAM, 4 Mo de ROM et 1,54 Mo de RAM video.
- Le lecteur de CD-ROM (JVC) est un 2x (300 Ko/s) et utilise des CD-ROM
de 660 Mo.
Ces spécifications techniques semblent
très proche en termes de performances de celles de la Playstation (à l’exception du son,
largement supérieur côté Saturn, y compris par rapport à la Nintendo 64). Pourtant, la Saturn va se traîner durant toute sa carrière la
réputation d’être une console moins puissante que celle de Sony. Cela
s’explique peut-être par la difficulté à la programmer, qui va pendant un certains
temps empêcher les développeurs d’en tirer le meilleur parti (Sony aura le même problème
plus tard avec la PS2). Il faudra notamment attendre très longtemps avant de voir les modes graphiques
en 640x224 et 704x480 utilisés dans des jeux. Aujourd’hui,
la réponse à la question concernant les puissances respectives de la Saturn et de la PSX
trouve autant de réponses différentes que de personnes à qui on la pose. Deux choses
restent certaines : le hardware de la Saturn a manifestement été "gonflé"
à la hâte peu avant la sortie de la console afin d'éviter une comparaison désavantageuse
avec la Playstation. Les difficultés de développement rencontrées sur Saturn viennent
certainement de ce réajustement technique. Dans le même temps, Sony préparait des
outils de développement excellents pour sa console... La supériorité de certains
jeux PSX sur leur pendant Saturn n'en est que plus compréhensible (faites un comparatif avec les
versions de Tombraider, Resident Evil ou Wipeout, il n'y a pas photo). La deuxième certitude est
que la Saturn, grâce au VDP 2, est imbattable pour les jeux en 2d.
Revenons aux débuts de la console : La
Saturn est prévue de sortir au Japon en Novembre 94, et aux Etats-Unis en Septembre 1995. Pour
ce qui est de la ludothèque, Sega mise évidemment gros sur les capacités 3d de sa
machine, qui lui permettent de faire tourner des adaptations des hits de la compagnie en salles
d’arcade. On est alors à l’époque où Sega Rallye,
Virtua Racing et Virtua Fighter cassent la baraque, et Sega est vu comme le pionnier du jeu en 3d rapide,
jouable, et apportant les mêmes sensations que les bons vieux jeux d’arcade d’antan sans que la
3d ne soit un handicap, le tout avec un réalisme sidérant. La possibilité de jouer
à de tels jeux chez soi est un atout de poids, mais Sega ne s’arrête pas là, et fait
un énorme effort de recrutement chez les développeurs externes : Capcom, Konami, bien sûr,
mais aussi des Européens ou des Américains. Hélas, beaucoup sont déjà
liés par des contrats d’exclusivité avec Nintendo ou Sony, et la Saturn devra dans un premier
temps se contenter des miettes.
A sa sortie au Japon, pour les fêtes de
fin d’année 1994 (en même temps que la PSX), elle est plutôt bien accueillie, mais
on lui reproche son manque de jeux disponibles. Pour Noël, elle n’en propose que 5, alors que la
Playstation en a 4 fois plus. De plus, la conversion de Virtua Fighter,
très attendue, est une déception technique. Le jeu est excellent, mais ses graphismes sont
moches, loin des capacités annoncées. Sega, qui doit absolument conquérir au moins
70% des parts de marché pour que le projet soit rentable et éponge les pertes causées
par les précédents échecs, sent que seul un triomphe en terre américaine pourra
lui permettre de passer en tête. Pour ce faire, la sortie USA est avancée au mois de Mai
95.
Virtua Fighter
Cette décision est une erreur qui va coûter
cher à Sega. Non seulement les développeurs sont pris de cours, et ne parviennent pas à
finaliser les nouveaux titre à temps, mais en essuyant les plâtres, la Saturn permet à
Sony de peaufiner sa tactique de lancement.
La Saturn Japonaise
A sa sortie aux USA, la Saturn est vendu 399$,
un prix jugé trop élevé par beaucoup (et pourtant Sega a fait un effort, puisque
le premier montant envisagé flirtait avec les 500$). Avec peu de titres disponibles, les ventes
de jeux ne permettent pas à Sega de payer le coût de la promotion. Du coup, celle-ci est
insuffisante. Lorsque la Playstation sort en Septembre, elle est facturée
299$, dispose d’un catalogue de jeux confortable garni de titres très populaires, qui exploitent
très bien les capacités de la machine et la font passer pour une bombe technologique.
Très rapidement, il apparaît qu’aux USA, la Saturn est distancée
par la Playsation, qui devient en quelques mois le produit le plus branché qu’on ait vu depuis
longtemps. Sega est à côté de la plaque, et se voit considéré comme
une figure du passé. De plus, ses clients les plus fidèles ont pour beaucoup été
écœurés par la façon dont le 32X a été purement laissé pour
compte dès que la Saturn est apparue. Cette extension pour Megadrive s’est avérée
au final n’être pour la compagnie qu’une source de liquidité pendant la phase de développement
de sa 32-bits vedette.
Duke Nukem 3d
Peu après la sortie aux USA, la Saturn
arrive en Europe, mal soutenue par une promotion qui s’est déjà recentrée sur le
Japon, seul pays où les chiffres de ventes enregistrés sont corrects. Comparée
à la Playstation, la Saturn, telle qu’elle apparaît dans nos contrées fin-95 n’a rien
pour séduire. Son prix est identique (Sega ayant revu ses tarifs
à la baisse contraint et forcé), mais les stands de démonstration laissent penser
que Panzer Dragoon, excellent shoot’em’up en 3d mettant le joueur aux commandes d’un dragon, est le seul
jeu à tourner sur la machine (on cherche en vain des étalages avec d’autres jeux).
Panzer Dragoon
La Playstation, dont la ludothèque s’est
enrichie de titres comme Ridge Racer, Destruction Derby ou Tekken, semble un choix évident. Les
publicités pour la Saturn se limitent à une imagerie typiquement jeu vidéo, ciblant
un public d’habitués, que le constructeur cerne mal, et le slogan "Sega c’est plus fort que
toi" est trop présomptueux pour une compagnie qui enchaîne bide sur bide depuis 5 ans
sur le marché des consoles. Sony joue beaucoup mieux le coup
sur la promotion. Insistant sur la personnalité des joueurs et leur environnement plutôt
que sur les jeux eux-mêmes. Les publicités pour la Playstation parviennent mieux à
provoquer l’identification, et donner la sensation que l’achat de cette console va permettre au joueur
d’intégrer une communauté qui vit avec son temps. De plus, ces pubs ne manquent de montrer
qu’un grand nombre de jeux excellents tournent sur la machine et le slogan "ne sous-estimez pas la
puissance de la Playstation" est beaucoup plus conforme à la position du produit sur le marché.
La stratégie de Sega peut être considérée
comme invalide, mais en fait la compagnie a été victime de sa réputation et de son
attachement à certaines valeurs commerciales. Les jeux Sega ont toujours été vus
par leurs fans comme une sorte d’incarnation de l’esprit jeu vidéo. Des jeux faits pour les hard-core
gamers, basés avant tout sur un plaisir ludique à la fois immédiat et durable. Il
est tout à fait dans la logique de la compagnie que la Saturn et son marketing aient été
adressés aux seuls joueurs. Sony, qui œuvre depuis toujours dans des créneaux grand public,
aura eu l’intelligence de chercher à agrandir la clientèle habituelle des jeux vidéo
en créant de toute pièce un phénomène de société (l’histoire
future dira si le jeu vidéo est finalement sorti grandi de l’affaire ou pas). La seule erreur de
Sega est de ne pas avoir su s’adapter à cette nouvelle donne, tout en étant absent de certains
secteurs du marché du jeu vidéo (notamment les consoles portables) trustés par son
autre gros concurrent, Nintendo.
Pourtant, le temps passe, et la Saturn commence
à disposer de très bons titres : Virtua Fighter 2, Fighting Vipers, House of the Dead, Sega
Rallye, Daytona USA, autant de jeux qui sont à la hauteur de ce qui avait été annoncé,
sans parler des RPG, magnifiques, comme Panzer Dragoon Saga ou Shinning Force, qui sont imprimés
de façon indélébile dans la mémoire de ceux qui y ont joué.
Sega Rallye Chamionship
Il faut aussi signaler que la Saturn est la première
console à s’ouvrir au jeu sur Internet. Le modem Netlink, vendu séparément, permet
de jouer en réseau à certains titres, et donne accès à des fonctions de e-mail,
d’IRC, ainsi qu’au Web avec le logiciel PlanetWeb.
Toutes
ces avancées ne resteront qu’à l’état d’embryon, et connaîtront un véritable
essor avec la Dreamcast, surtout aux USA et en Europe, où la Saturn n’a vraiment pas eu sa chance
de percer. Certains des meilleurs titres de la console ne sont disponibles
qu’en import Japonais, comme Vampire Savior, XMen Vs Street Fighter, ou Marvel Vs Street Fighter (de Capcom)
ou encore les conversions de jeux Neo Geo par SNK, comme Thunderforce.
Ce problème de non-importation trouve sa source dans l’abandon progressif
des marchés US et Européen par Sega. Un an et demi après sa sortie, la Saturn commence
à devenir un produit exclusivement Japonais. Les possesseurs Européens, rebutés pas
la rareté des jeux et le prix des imports Japonais, se débarrassent aussitôt de leur
console pour s’acheter une PSX, et la Saturn commence à envahir le marché de l’occasion,
ou aujourd’hui encore elle est très présente.
Darius Gaiden
La production de jeux pour l’Europe et les USA
va continuer jusqu’en Décembre 1998, date de sortie de Magic Knight Rayearth, l’ultime jeu Saturn
exporté vers les US. Au Japon, la Saturn aura connu une carrière honorable, mais insuffisante
pour rembourser les coûts énormes de son développement et de sa promotion à
l’échelle mondiale. Cette ardoise finira même par faire partie des raisons qui ont poussé
Sega, trois ans plus tard, à abandonner les consoles. La carrière
de la Saturn s’arrête fin 99, après la sortie de la Dreamcast. Les possesseurs Japonais de
Saturn revendent alors illico leur machine et se précipitent sur la nouvelle bombe de Sega, si
puissante et alléchante comparée à la PSX et la N64, d’autant que la PS2 est encore
loin. Sega change une nouvelle fois ses batteries, et abandonne la
Saturn, dont les jeux ne sont pas utilisables sur la DC.
Nights
Aujourd’hui, la Saturn est très vivante
dans le cœur des joueurs, qui découvrent, mieux vaut tard que jamais, les centaines de jeux de
son catalogue, parmi lesquels figurent de petites merveilles. On peut acquérir une Saturn avec
plus de dix jeux pour 500 ou 600f, ce qui en fait une affaire très recherchée, même
si la possibilité d'obtenir un modèle japonais est bien plus intéressante (et donc
coûteuse). Quant aux jeux Saturn, ils font preuve, pour certains,
d’une résistance étonnante aux ravages du temps, alors que les jeux Playstation des débuts
(Wipeout, Destruction Derby) ont pris un sacré coup de vieux. A l’esbroufe de la 3d sans substance
ludique, les jeux Saturn préfèrent s’en tenir à des recettes éprouvées,
qui ont tendance à revenir en force aujourd’hui. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la Neo Geo
et la Saturn figurent en tête des consoles les plus regrettées.
Les jeux
On l’a dit, les jeux Saturn s’inscrivent dans
une philosophie différente de ce que la Playstation a pu proposer, et sont pour la plupart encore
très intéressants à jouer aujourd’hui. Voici quelques uns des meilleurs :
Daytona USA
Cas typique d’une bonne conversion d’arcade sur
Saturn. Les développeurs ont privilégié la vitesse, utilisant donc un mode graphique
assez peu détaillé. Toutes les sensations de l’original sont là, en dehors du taux
de rafraichissement d'image, bien moindre que dans la version arcade.
Battle Arena Toshinden Remix
La réponse de la Saturn au hit de la Playstation.
Grosso modo le même jeu, donc très réussi.
Command and Conquer
Un des plus gros succès dans le domaine
de la stratégie en temps réel, qui vient prouver la polyvalence de la Saturn.
House of the dead
Encore une conversion d’arcade sortie au début
de la carrière de la Saturn, donc plutôt pauvre dans ses graphismes, mais très jouable,
et sympa pour qui a envie de décaniller du zombie sans se fatiguer les neurones.
Mechwarrior 2
Encore un jeu venu du PC et parfaitement adapté
sur Saturn. Pilotez d’énormes robots bipodes dans des missions ardues situées dans un univers
SF issu du jeu de rôle (Battletech).
Panzer Dragoon Saga
Le jeu le plus abouti jamais conçu sur
Saturn, avec 4 CD, des graphismes somptueux, un scénario d’une richesse exceptionnelle, et une
réalisation qui dans l’ensemble fait réviser tout jugement hâtif sur les capacités
de la machine. Panzer Dragoon Saga est un prolongement du jeu Panzer Dragoon en RPG, et constitue un des
sommets de la production Japonaise en la matière.
Radiant Silvergun
Ce
shoot'em'up vertical hallucinant est considéré comme l'un des plus
beaux du monde, et même le plus beau, alors que sa suite sur Dreamcast intitulée
Ikaruga est sortie (et ne laisse pas d'impressionner !). Réalisé
par Treasure, un studio indépendant formé par des anciens de chez
Konami désireux de créer des jeux pour les puristes, Radiant Silvergun
est probablement le jeu Saturn le plus convoité aujourd'hui. Il n'a jamais
été importé officiellement, et on ne le trouve qu'à
des prix avoisinant les 800f. Il faut dire que c'est une pure merveille de réalisation
et de gameplay qui confirme à quel point la Saturn est mieux armée
que sa concurrente la PS2 pour les jeux en 2d. Hélas, ce n'est pas un argument
commercial, mais les vrais fans de jeux vidéo, eux, savent apprécier
la chose à sa juste valeur.
(Voir l'analyse de ce chef d'oeuvre par Petitevieille.)
Virtua Cop
Un jeu de tir en 3d issu des salles d’arcade,
à la gloire des policiers et de leur aptitude au tir sur voyous mouvants. Le hit à la manière
de Sega. Jouabilité parfaite, principe compréhensible en un instant, et réalisation
sans reproche. Des tas d’autres jeux similaires existent, mais ils n’ont pas ce charme qui fait la différence.
Cette conversion sur Saturn, d’un très bon niveau, fut vendue dans un pack contenant un light-gun
excellent.
On citera à part et en vrac quelques uns
des RPG, domaine dans lequel la Saturn fait figure de référence :
Air's Adventure
Anearth Fantasy Stories
Arcana Strikes
Blazing Heroes 2
Black Matrix
Blue Breaker
Chaos Seed
Devil Summoner
Devil Summoner Soul Hackers
Dragon Force 2
DragonMaster Silk
EVE burst error
Far East of Eden - the Apocalypse IV
Farland Story
Feda: Remake
Genso Suikoden
Ogre Battle
Policenauts
Sakura Taisen
Shining Force III
Terra Phantastica
Vandel Hearts
Hélas, bien peu de ces titres ont été
traduits, mais certains joueurs acharnés ont fini par apprendre un peu de Japonais dans le seul
but d’y jouer.
Les accessoires
Devenus indispensables à la réussite
d’une console, ils n’ont pas fait défaut à la Saturn, et lui ont permis de faire bonne figure
dans tous les styles de jeux. Liste non exhaustive :
Strike Pad
: Un joypad de remplacement supérieur à ceux fournis d’origine avec la console.
Virtual Gun : Probablement le meilleur
des nombreux pistolets vendus pour Saturn.
NetLink Kit : Le modem 14400 bauds et
la souris, indispensables pour profiter des possibilités de connexion sur le net de la Saturn.
Arcade Racer : La Saturn n’a pas manqué
de volants, ce qui est la moindre des choses pour une console Sega, et celui-ci fut un des meilleurs.
Virtua Stick : Un joystick dans la tradition
de ceux qui équipent les jeux d’arcade. Indispensable pour jouer aux jeux de combats ou aux shotts
en 2d.
Analog Mission Stick : Un joystick analogique
pour les simulations de vol.
Conclusion
Si la Saturn a raté son rendez-vous avec
les joueurs, ceux-ci lui accordent aujourd’hui le respect et l’amour qu’elle mérite. Son
échec commercial coïncide avec une explosion du marché du jeu vidéo, dont l’ampleur
égale, dans l’autre sens, celle du crash du même marché en 1983. Dans les deux cas,
il y a eu des victimes et des vainqueurs. L’histoire des jeux vidéo
retiendra cependant que si Sega a pêché par manque de soutien envers certains de ses produits,
on ne peut pas lui reprocher de s’être moqué de ses clients sur la qualité des jeux. Même si la Saturn ne remplit pas les exigences actuelles en matière
de graphismes en 3d, elle reste aujourd’hui une source de fun authentique que les connaisseurs apprécient,
et toute personne qui aujourd’hui se sent triste que Sega ait abandonné les consoles (c’est à
dire tout amoureux de jeux vidéo qui se respecte) se remémorera avec amertume son histoire.
Laurent