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Sega Saturn
(1994 - 1999)

 


Aujourd’hui, le marché des consoles de jeux est uniquement gouverné par les chiffres de ventes et les parts de marché. C’est une véritable jungle dans laquelle l’échec n’est pas permis, aussi bien pour les constructeurs débutants que pour ceux qui ont des décennies d’expérience derrière eux. Dans les années 80, l’atmosphère était un peu moins tendue et les prétendants au titre de leader moins nombreux, ce qui a permis à Sega de lancer sur une période de presque 10 ans une série de produits qui n’ont jamais vraiment trouvé leur public, sans pour autant jeter l’éponge. Il y a eu le SegaCD, extension pour Megadrive visant à lui donner la possibilité d’utiliser le support CD. Un échec mémorable pour un système qui fait partie des pionniers dans son secteur. Ensuite, il y a eu le Sega 32X, qui faisait de la Megadrive la deuxième console 32-bits de l’histoire (après le Commodore CD-32), et qui à son tour s’est planté. Enfin, la Saturn, console maudite s’il en est, qui est passé à côté de l’histoire des jeux vidéo d’une manière fort regrettable. Ironiquement, c’est alors qu’on célébrait son retour au premier plan avec la Dreamcast que Sega a finalement abandonné les consoles de jeux, comme si un rappel des impayés de cette triste période était arrivé entre temps. Aujourd’hui, un simple coup d’œil sur les sites Internet spécialisés dans les jeux vidéo, et surtout leurs forums suffit à voir combien la Saturn est recherchée, regrettée, voire adulée. C’est là, beaucoup plus que dans les courbes de rentabilité, que peut se lire l’impact d’une console ou d’on micro sur le public, et sa place dans l’histoire des jeux vidéo.
 

Histoire de la Saturn : la guerre des 32-bits

Au début des années 90, les consoles de jeux se portent au mieux. Le crash de 1983 est oublié, et Nintendo et Sega se partagent un marché juteux. On est cependant à l’aube d’un grand tournant qui va faire de nombreuses victimes : l’avènement du CD-ROM. Ce support de données, appelé à remplacer la cartouche devenue trop chère et trop limitée dans ses capacités de stockage, va être au centre d’une guerre sans merci qui fera de nombreuses victimes et verra à son issue le marché du jeu vidéo totalement changé. Sega est un des premiers constructeurs à se lancer dans le CD-ROM, avec le lecteur SegaCD pour Megadrive.

Cette extension est très prometteuse sur le papier mais le résultat, à savoir les jeux, est décevant. Bien sûr, le CD-ROM permet l’utilisation de séquences cinématiques, mais l’apport en matière de plaisir ludique est discutable, et les jeux développés spécifiquement pour SegaCD, assez rares, sont accueillis froidement par la critique. Le 32X, extension 32-bits pour Megadrive, ne fera pas mieux. Chez Sega, on comprend alors qu’il est temps de lancer un produit vraiment nouveau, une console 32-bits qui trancherait radicalement avec la Megadrive et la SuperNES.

On sait alors que depuis 1991 Nintendo étudie la sortie d’un lecteur de CD pour sa SNES qui subit la concurrence de la Megadrive. On sait aussi que ce lecteur de CD, fabriqué en sous-traitance par Sony, finira par être refusé par Nintendo, et servira de fondation au projet Sony Playstation. Cette 32-bits, produite par un nouveau venu sur le marché des consoles, a tout pour s’imposer : une image fraîche, un constructeur aux reins solides capable de faire l’effort de marketing nécessaire, et le support de développeurs prestigieux. Chez Sega, on sent que la guerre des 32-bits, qui met également en scène Commodore, 3DO et Atari, va être terrible et que la survie des belligérants en dépendra. La course au développement commence, et rapidement, Sega décide de faire table rase de ces précédents produits. Bien qu’étant équipée d’un lecteur de CD-ROM, la nouvelle console ne sera pas compatible avec les jeux SegaCD et 32x. Baptisée Saturn, son hardware est imposant, et fait enfin la différence avec la Megadrive, ce qui n’était pas totalement le cas des précédentes :

- 2 processeurs 32-bits Hitachi SH2 à 29 Mhz (l’organisation de la mémoire fait qu’ils ne fonctionnent jamais en même temps).
- 2 chips graphiques  32-bits, le VDP1 et le VDP2.
- Le VDP 1 est chargé de la 3d. Il peut afficher 500.000 polygones colorés à la secondes, et 200.000 polygones texturés à la seconde. Il supporte des effets 3d de base (Gouraud shading et texture mapping)
- Le VDP 2 est chargé des effets 2d classiques : sprites (en nombre presque illimité), scrollings, arrière-plans en couleurs 24-bits etc..
- Les résolutions affichables sont de 320x224, 640x224 ou 704x480, le tout en couleurs 24 bits.
- Le processeur sonore (Motorola 68EC1000) dispose de 32 canaux et supporte des samples en 44 Khz-16bits. Il dispose également d’un synthétiseur FM (Yamaha SCSP), d’un DSP Yamaha pour les effets d’acoustique, et supporte la lecture de CD-Audio.
- La console dispose de 2 Mo de RAM, 4 Mo de ROM et 1,54 Mo de RAM video.
- Le lecteur de CD-ROM (JVC) est un 2x (300 Ko/s) et utilise des CD-ROM de 660 Mo.

Ces spécifications techniques semblent très proche en termes de performances de celles de la Playstation (à l’exception du son, largement supérieur côté Saturn, y compris par rapport à la Nintendo 64). Pourtant, la Saturn va se traîner durant toute sa carrière la réputation d’être une console moins puissante que celle de Sony. Cela s’explique peut-être par la difficulté à la programmer, qui va pendant un certains temps empêcher les développeurs d’en tirer le meilleur parti (Sony aura le même problème plus tard avec la PS2). Il faudra notamment attendre très longtemps avant de voir les modes graphiques en 640x224 et 704x480 utilisés dans des jeux. Aujourd’hui, la réponse à la question concernant les puissances respectives de la Saturn et de la PSX trouve autant de réponses différentes que de personnes à qui on la pose. Deux choses restent certaines : le hardware de la Saturn a manifestement été "gonflé" à la hâte peu avant la sortie de la console afin d'éviter une comparaison désavantageuse avec la Playstation. Les difficultés de développement rencontrées sur Saturn viennent certainement de ce réajustement technique. Dans le même temps, Sony préparait des outils de développement excellents pour sa console... La supériorité de certains jeux PSX sur leur pendant Saturn n'en est que plus compréhensible (faites un comparatif avec les versions de Tombraider, Resident Evil ou Wipeout, il n'y a pas photo). La deuxième certitude est que la Saturn, grâce au VDP 2, est imbattable pour les jeux en 2d.

Revenons aux débuts de la console : la Saturn est prévue de sortir au Japon en Novembre 94, et aux Etats-Unis en Septembre 1995. Pour ce qui est de la ludothèque, Sega mise évidemment gros sur les capacités 3d de sa machine, qui lui  permettent de faire tourner des adaptations des hits de l'éditeur en salles d’arcade. On est alors à l’époque où Sega Rallye, Virtua Racing et Virtua Fighter cassent la baraque, et Sega est vu comme le pionnier du jeu en 3d rapide, jouable, et apportant les mêmes sensations que les bons vieux jeux d’arcade d’antan sans que la 3d ne soit un handicap, le tout avec un réalisme sidérant. La possibilité de jouer à de tels jeux chez soi est un atout de poids, mais Sega ne s’arrête pas là, et fait un énorme effort de recrutement chez les développeurs externes : Capcom, Konami, bien sûr, mais aussi des Européens ou des Américains. Hélas, beaucoup sont déjà liés par des contrats d’exclusivité avec Nintendo ou Sony, et la Saturn devra dans un premier temps se contenter des miettes.

A sa sortie au Japon, pour les fêtes de fin d’année 1994 (en même temps que la PSX), elle est plutôt bien accueillie, mais on lui reproche son manque de jeux disponibles. Pour Noël, elle n’en propose que 5, alors que la Playstation en a 4 fois plus. De plus, la conversion de Virtua Fighter, très attendue, est une déception technique. Le jeu est excellent, mais ses graphismes sont moches, loin des capacités annoncées. Sega, qui doit absolument conquérir au moins 70% des parts de marché pour que le projet soit rentable et éponge les pertes causées par les précédents échecs, sent que seul un triomphe en terre américaine pourra lui permettre de passer en tête. Pour ce faire, la sortie USA est avancée au mois de Mai 95.


Virtua Fighter

Cette décision est une erreur qui va coûter cher à Sega. Non seulement les développeurs sont pris de cours, et ne parviennent pas à finaliser les nouveaux titre à temps, mais en essuyant les plâtres, la Saturn permet à Sony de peaufiner sa tactique de lancement.


La Saturn Japonaise

A sa sortie aux USA, la Saturn est vendu 399$, un prix jugé trop élevé par beaucoup (et pourtant Sega a fait un effort, puisque le premier montant envisagé flirtait avec les 500$). Avec peu de titres disponibles, les ventes de jeux ne permettent pas à Sega de payer le coût de la promotion. Du coup, celle-ci est insuffisante. Lorsque la Playstation sort en Septembre, elle est facturée 299$, dispose d’un catalogue de jeux confortable garni de titres très populaires, qui exploitent très bien les capacités de la machine et la font passer pour une bombe technologique.

Très rapidement, il apparaît qu’aux USA, la Saturn est distancée par la Playsation, qui devient en quelques mois le produit le plus branché qu’on ait vu depuis longtemps. Sega est à côté de la plaque, et se voit considéré comme une figure du passé. De plus, ses clients les plus fidèles ont pour beaucoup été écœurés par la façon dont le 32X a été purement laissé pour compte dès que la Saturn est apparue. Cette extension pour Megadrive s’est avérée au final n’être pour le constructeur qu’une source de liquidité pendant la phase de développement de sa 32-bits vedette.


Duke Nukem 3d

Peu après la sortie aux USA, la Saturn arrive en Europe, mal soutenue par une promotion qui s’est déjà recentrée sur le Japon, seul pays où les chiffres de ventes enregistrés sont corrects. Comparée à la Playstation, la Saturn, telle qu’elle apparaît dans nos contrées fin-95 n’a rien pour séduire. Son prix est identique (Sega ayant revu ses tarifs à la baisse contraint et forcé), mais les stands de démonstration laissent penser que Panzer Dragoon, excellent shoot’em’up en 3d mettant le joueur aux commandes d’un dragon, est le seul jeu à tourner sur la machine (on cherche en vain des étalages avec d’autres jeux).


Panzer Dragoon

La Playstation, dont la ludothèque s’est enrichie de titres comme Ridge Racer, Destruction Derby ou Tekken, semble un choix évident. Les publicités pour la Saturn se limitent à une imagerie typiquement jeu vidéo, ciblant un public d’habitués, que le constructeur cerne mal, et le slogan "Sega c’est plus fort que toi" est trop présomptueux pour une société qui enchaîne bide sur bide depuis 5 ans sur le marché des consoles. Sony joue beaucoup mieux le coup sur la promotion. Insistant sur la personnalité des joueurs et leur environnement plutôt que sur les jeux eux-mêmes. Les publicités pour la Playstation parviennent mieux à provoquer l’identification, et donner la sensation que l’achat de cette console va permettre au joueur d’intégrer une communauté qui vit avec son temps. De plus, ces pubs ne manquent de montrer qu’un grand nombre de jeux excellents tournent sur la machine et le slogan "ne sous-estimez pas la puissance de la Playstation" est beaucoup plus conforme à la position du produit sur le marché.

La stratégie de Sega peut être considérée comme invalide, mais en fait l'entreprise a été victime de sa réputation et de son attachement à certaines valeurs commerciales. Les jeux Sega ont toujours été vus par leurs fans comme une sorte d’incarnation de l’esprit jeu vidéo. Des jeux faits pour les hard-core gamers, basés avant tout sur un plaisir ludique à la fois immédiat et durable. Il est tout à fait dans la logique maison que la Saturn et son marketing aient été adressés aux seuls joueurs. Sony, qui œuvre depuis toujours dans des créneaux grand public, aura eu l’intelligence de chercher à agrandir la clientèle habituelle des jeux vidéo en créant de toute pièce un phénomène de société (l’histoire future dira si le jeu vidéo est finalement sorti grandi de l’affaire ou pas). La seule erreur de Sega est de ne pas avoir su s’adapter à cette nouvelle donne, tout en étant absent de certains secteurs du marché du jeu vidéo (notamment les consoles portables) trustés par son autre gros concurrent, Nintendo.

Pourtant, le temps passe, et la Saturn commence à disposer de très bons titres : Virtua Fighter 2, Fighting Vipers, House of the Dead, Sega Rallye, Daytona USA, autant de jeux qui sont à la hauteur de ce qui avait été annoncé, sans parler des RPG, magnifiques, comme Panzer Dragoon Saga ou Shinning Force, qui sont imprimés de façon indélébile dans la mémoire de ceux qui y ont joué.



Sega Rallye Chamionship

Il faut aussi signaler que la Saturn est la première console à s’ouvrir au jeu sur Internet. Le modem Netlink, vendu séparément, permet de jouer en réseau à certains titres, et donne accès à des fonctions de e-mail, d’IRC, ainsi qu’au Web avec le logiciel PlanetWeb.

Toutes ces avancées ne resteront qu’à l’état d’embryon, et connaîtront un véritable essor avec la Dreamcast, surtout aux USA et en Europe, où la Saturn n’a vraiment pas eu sa chance de percer. Certains des meilleurs titres de la console ne sont disponibles qu’en import Japonais, comme Vampire Savior, XMen Vs Street Fighter, ou Marvel Vs Street Fighter (de Capcom) ou encore les conversions de jeux Neo Geo par SNK, comme Thunderforce.

Ce problème de non-importation trouve sa source dans l’abandon progressif des marchés US et Européen par Sega. Un an et demi après sa sortie, la Saturn commence à devenir un produit exclusivement Japonais. Les possesseurs Européens, rebutés pas la rareté des jeux et le prix des imports Japonais, se débarrassent aussitôt de leur console pour s’acheter une PSX, et la Saturn commence à envahir le marché de l’occasion, ou aujourd’hui encore elle est très présente.


Darius Gaiden

La production de jeux pour l’Europe et les USA va continuer jusqu’en Décembre 1998, date de sortie de Magic Knight Rayearth, l’ultime jeu Saturn exporté vers les US. Au Japon, la Saturn aura connu une carrière honorable, mais insuffisante pour rembourser les coûts énormes de son développement et de sa promotion à l’échelle mondiale. Cette ardoise finira même par faire partie des raisons qui ont poussé Sega, trois ans plus tard, à abandonner les consoles. La carrière de la Saturn s’arrête fin 99, après la sortie de la Dreamcast. Les possesseurs Japonais de Saturn revendent alors illico leur machine et se précipitent sur la nouvelle bombe de Sega, si puissante et alléchante comparée à la PSX et la N64, d’autant que la PS2 est encore loin. Sega change une nouvelle fois ses batteries, et abandonne la Saturn, dont les jeux ne sont pas utilisables sur la DC.


Nights

Aujourd’hui, la Saturn est très vivante dans le cœur des joueurs, qui découvrent, mieux vaut tard que jamais, les centaines de jeux de son catalogue, parmi lesquels figurent de petites merveilles. On peut acquérir une Saturn avec plus de dix jeux pour 500 ou 600f, ce qui en fait une affaire très recherchée, même si la possibilité d'obtenir un modèle japonais est bien plus intéressante (et donc coûteuse). Quant aux jeux Saturn, ils font preuve, pour certains, d’une résistance étonnante aux ravages du temps, alors que les jeux Playstation des débuts (Wipeout, Destruction Derby) ont pris un sacré coup de vieux. A l’esbroufe de la 3d sans substance ludique, les jeux Saturn préfèrent s’en tenir à des recettes éprouvées, qui ont tendance à revenir en force aujourd’hui. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la Neo Geo et la Saturn figurent en tête des consoles les plus regrettées.
 

Les jeux

On l’a dit, les jeux Saturn s’inscrivent dans une philosophie différente de ce que la Playstation a pu proposer, et sont pour la plupart encore très intéressants à jouer aujourd’hui. Voici quelques uns des meilleurs :

Daytona USA

Cas typique d’une bonne conversion d’arcade sur Saturn. Les développeurs ont privilégié la vitesse, utilisant donc un mode graphique assez peu détaillé. Toutes les sensations de l’original sont là, en dehors du taux de rafraichissement d'image, bien moindre que dans la version arcade.

Battle Arena Toshinden Remix

La réponse de la Saturn au hit de la Playstation. Grosso modo le même jeu, donc très réussi.

Command and Conquer

Un des plus gros succès dans le domaine de la stratégie en temps réel, qui vient prouver la polyvalence de la Saturn.

House of the dead

Encore une conversion d’arcade sortie au début de la carrière de la Saturn, donc plutôt pauvre dans ses graphismes, mais très jouable, et sympa pour qui a envie de décaniller du zombie sans se fatiguer les neurones.

Mechwarrior 2

Encore un jeu venu du PC et parfaitement adapté sur Saturn. Pilotez d’énormes robots bipodes dans des missions ardues situées dans un univers SF issu du jeu de rôle (Battletech).

Panzer Dragoon Saga

   

Le jeu le plus abouti jamais conçu sur Saturn, avec 4 CD, des graphismes somptueux, un scénario d’une richesse exceptionnelle, et une réalisation qui dans l’ensemble fait réviser tout jugement hâtif sur les capacités de la machine. Panzer Dragoon Saga est un prolongement du jeu Panzer Dragoon en RPG, et constitue un des sommets de la production Japonaise en la matière.

Radiant Silvergun

Ce shoot'em'up vertical hallucinant est considéré comme l'un des plus beaux du monde, et même le plus beau, alors que sa suite sur Dreamcast intitulée Ikaruga est sortie (et ne laisse pas d'impressionner !). Réalisé par Treasure, un studio indépendant formé par des anciens de chez Konami désireux de créer des jeux pour les puristes, Radiant Silvergun est probablement le jeu Saturn le plus convoité aujourd'hui. Il n'a jamais été importé officiellement, et on ne le trouve qu'à des prix avoisinant les 800f. Il faut dire que c'est une pure merveille de réalisation et de gameplay qui confirme à quel point la Saturn est mieux armée que sa concurrente la PS2 pour les jeux en 2d. Hélas, ce n'est pas un argument commercial, mais les vrais fans de jeux vidéo, eux, savent apprécier la chose à sa juste valeur.
(Voir l'analyse de ce chef d'oeuvre par Petitevieille.)


Virtua Cop

   

Un jeu de tir en 3d issu des salles d’arcade, à la gloire des policiers et de leur aptitude au tir sur voyous mouvants. Le hit à la manière de Sega. Jouabilité parfaite, principe compréhensible en un instant, et réalisation sans reproche. Des tas d’autres jeux similaires existent, mais ils n’ont pas ce charme qui fait la différence. Cette conversion sur Saturn, d’un très bon niveau, fut vendue dans un pack contenant un light-gun excellent.

On citera à part et en vrac quelques uns des RPG, domaine dans lequel la Saturn fait figure de référence :

Air's Adventure
Anearth Fantasy Stories
Arcana Strikes
Blazing Heroes 2
Black Matrix
Blue Breaker
Chaos Seed
Devil Summoner
Devil Summoner Soul Hackers
Dragon Force 2
DragonMaster Silk
EVE burst error
Far East of Eden - the Apocalypse IV
Farland Story
Feda:  Remake
Genso Suikoden
Ogre Battle
Policenauts
Sakura Taisen
Shining Force III
Terra Phantastica
Vandel Hearts

Hélas, bien peu de ces titres ont été traduits, mais certains joueurs acharnés ont fini par apprendre un peu de Japonais dans le seul but d’y jouer.
 

Les accessoires

Devenus indispensables à la réussite d’une console, ils n’ont pas fait défaut à la Saturn, et lui ont permis de faire bonne figure dans tous les styles de jeux. Liste non exhaustive :

Strike Pad : un joypad de remplacement supérieur à ceux fournis d’origine avec la console.

Virtual Gun : probablement le meilleur des nombreux pistolets vendus pour Saturn.

NetLink Kit : le modem 14400 bauds et la souris, indispensables pour profiter des possibilités de connexion sur le net de la Saturn.

Arcade Racer : la Saturn n’a pas manqué de volants, ce qui est la moindre des choses pour une console Sega, et celui-ci fut un des meilleurs.

Virtua Stick : un joystick dans la tradition de ceux qui équipent les jeux d’arcade. Indispensable pour jouer aux jeux de combats ou aux shotts en 2d.

Analog Mission Stick : un joystick analogique pour les simulations de vol.


 

Conclusion

Si la Saturn a raté son rendez-vous avec les joueurs, ceux-ci lui accordent aujourd’hui le respect et l’amour qu’elle mérite. Son échec commercial coïncide avec une explosion du marché du jeu vidéo, dont l’ampleur égale, dans l’autre sens, celle du crash du même marché en 1983. Dans les deux cas, il y a eu des victimes et des vainqueurs. L’histoire des jeux vidéo retiendra cependant que si Sega a pêché par manque de soutien envers certains de ses produits, on ne peut pas lui reprocher de s’être moqué de ses clients sur la qualité des jeux. Même si la Saturn ne remplit pas les exigences actuelles en matière de graphismes en 3d, elle reste aujourd’hui une source de fun authentique que les connaisseurs apprécient, et toute personne qui aujourd’hui se sent triste que Sega ait abandonné les consoles (c’est à dire tout amoureux de jeux vidéo qui se respecte) se remémorera avec amertume son histoire.


Laurent

Votre avis nous intéresse

26/04/2002 Markadet

Ce dossier est plutot complet et agéable mais pour chipoter je crois qu'il y a une petite erreur :
"Certains des meilleurs titres de la console ne sont disponibles qu’en import Japonais, comme Vampire Savior, XMen Vs Street Fighter, ou Marvel Vs Street Fighter (de Capcom) ou encore les conversions de jeux Neo Geo par SNK, comme Thunderforce (la Saturn excelle dans les shoot’em’up en 2d)."
Thunderforce est bien un shoot'em up. Il n'a pas été réalisé par SNK mais par une petite boite pour le compte de Sega (Technosoft me semble-il).
Sinon pour abuser un peu sur le chipotage ,on pourrait dire aussi que parmi les meilleurs jeux Saturn jamais sortis hors du Japon figurent Shining Force chapitres 2 et 3, au grand desespoir des nombreux fans...



07/08/2002 - Soreal


J'en avais parlé il ya quelques mois mais depuis le projet avance à grand pas.
L'émulateur Satourne, programmé par un p'tit gars bien de chez nous, permet maintenant de jouer à des jeux Saturn !
Pour moi c'est la meilleure nouvelle venant du monde de l'émulation depuis un bon bout de temps!
Il y en a sûrement quelques uns parmi vous qui ont une Saturn et des jeux, si ça leur était possible de le tester et de faire un feedback ici, histoire qu'on ai des impressions "maison".

Voici le lien vers le site:
http://www.satourne.consollection.com/



08/08/2002 - JCV.

Alors:
J'ai démarré Satourne, et je lui ai donné le CD de "Daytona USA" à manger... Après avoir galéré entre quelques options (cette version en est encore à son stade débugger, d'où une convivialité restreinte) et le fait que j'avais complètement oublié de récupérer le bios, j'arrive enfin aux conditions nécessaires pour tester la bête... J'appuie sur RUN
...
et le logo Saturn s'anime soudain sur mon PC!!! (ça fait son petit effet ^^)

Bon par contre il n'y a pas de son, mais je ne sais pas si l'ému le gère pour l'instant.
Côté vitesse c'est pas top: 10 FPS environ. pour info j'ai un Pentium4 1.4Ghz - GeForce 2 64Mo - 128Mo Ram. Et les FPS tombent à 6 lorsque le jeu démarre Ce qui est étrange, c'est que j'ai beau aller dans les options pour virer les textures, les polygones et tout le basard la vitesse reste constante, et ce quel que soit le nombre de voitures affichées ou la définition de l'écran. Donc en fait je pense que ma config est capable de faire bien mieux que ça. Suffit peut-être d'attendre une nouvelle version ou un support 3D plus performant, ou bien de modifier 2 ou 3 trucs avec mon PC... En plus ce jeu n'est peut-être pas encore bien géré par Satourne.
Sinon, graphiquement il y a quelques bugs (parfois les textures ne se chargent pas) mais sinon le résultat me semble très fidèle...
J'ai aussi essayé "Tomb Raider" mais après le logo, il plante.

Au final, même si on est encore loin de profiter des jeux Saturn sur PC, je trouve cette beta extrêmement encourageante pour les mois à venir, surtout en sachant ce qu'on disait de l'émulation de cette machine il n'y a pas si longtemps... Je vais essayer de modifier les options ainsi que quelques trucs sur mon PC pour voir si on peut améliorer la vitesse...

En tout cas c'est hyper agréable de voir tourner un jeu Saturn sur PC

-------- / --------

Ahhaaa! Après un ou deux réglages dans Satourne, je suis arrivé au résultat plus prometteur de 15FPS de moyenne...