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SNK Neo Geo
1990 - 2004
Sur la base d'un authentique hardware de machine d'arcade, cette console de rêve a atteint un véritable statut d'immortalité dans le coeur des joueurs.
Par Laurent (21 avril 2001)

Histoire

A la fin des années 80, les jeux d’arcades sont en perte de vitesse. Aux Etats-Unis, notamment, le succès gigantesque de la NES pousse les joueurs à rester chez eux, et cela se solde par la fermeture de grandes chaînes de salles d’arcade, comme les célèbres Chuck E.Cheese initiées par Nolan Bushnell. Même si techniquement les jeux que propose la console de Nintendo sont loin derrière leurs homologues nourris en petite monnaie, ils représentent une avancée notable au niveau de l’intérêt, de la jouabilité et de la durée de vie (voir articles sur la NES et Legend of Zelda). L’arrivée des micros et des consoles 16-bits va représenter un coup encore plus dur pour le marché du jeu d’arcade. Ces machines rapides, au potentiel ludique supérieur aux 8-bits, ajoutent l’avantage de graphismes et de sons jamais vus ni entendus au plaisir de jouer chez soi, sans limite dans le temps de jeu. C’est dans ce contexte peu favorable que la compagnie SNK va s’attaquer au marché du jeu d’arcade.

SNK (Shin Nihon Kikaku, traduisez "nouveaux projets japonais") est une société créatrice de jeux vidéo qui s’est largement illustrée sur NES, notamment avec les très appréciés Baseball Star et Ikari Warrior. La plupart de ses jeux ont reçu un accueil favorable de la critique et ont bien marché. En 1989, SNK annonce donc la sortie d’une ligne de jeux d’arcade basés sur un système nommé Neo Geo MVS (Multi Video System). Beaucoup voient dans ce projet lancé en grandes pompes un possible fiasco commercial.

Le système de SNK repose sur l’association inédite et fort bien pensée de deux des microprocesseurs les plus célèbres de l’histoire de l’informatique : Le Motorola 68000 (12 Mhz), 16-bits alors en pleine gloire qui "motorise" les Atari ST, Amiga, Macintosh et Megadrive, et le Zilog Z80 (4 Mhz), l’un des 8-bits les plus vendus au monde et les mieux exploités, que l’on trouve dans une quantité industrielle de machines, à commencer, puisque l’action se passe au Japon, par la lignée des MSX. L’usage de ces deux puces représente un coup double intéressant. Non seulement ils sont performants et peu coûteux, mais en plus leur programmation n’a plus de secret pour personne tant ils ont été mis à toutes les sauces. L’affichage propose une résolution de 320x224 en 4096 couleurs (sur 65536), ce qui, les amateurs de MAME le savent bien, est suffisant pour les jeux d’arcade à base de scrollings et de sprites de l’époque. Le son s’étale sur 16 voies, combinant la synthèse FM et les sons digitalisés. La RAM, par contre, est étonnamment faible, avec 64 Ko.

3 Count Bout et Eight Man sur Neo Geo

Les jeux d’arcade SNK MVS ont la particularité de proposer, sur une même borne, 4 jeux différents. Ce n’est pas nouveau, puisque Nintendo en a fait autant avec les Playchoice, ces bornes d’arcade permettant de jouer à des jeux NES à peu de frais, mais les MVS proposent des titres qui n’ont rien à envier aux meilleures bornes d’arcade de l’époque, du moins ceux conçus selon les anciens préceptes (un écran, un joystick et quelques boutons, par opposition aux grosses machines de Sega et Namco qui commencent à apparaître à l'époque). Les MVS vont connaître un succès suffisant pour que SNK fourbisse son arme secrète : la Neo Geo AES (Advanced Entertainement System), que beaucoup nommeront simplement Neo Geo, à savoir une console domestique utilisant le même hardware et les mêmes jeux (à 99%) que les MVS. Inutile de dire qu’en 1989, c’est du jamais vu. Des jeux d’arcade à la maison, sans la moindre concession graphique, voilà qui a été promis tant de fois sans que l’on ne s’en approche vraiment.

Agressors of Dark Combat et Alpha Mission

Le rêve a un prix, hélas. La console sera vendue 58.000yens au Japon, 650$ aux USA et 4000f (600€) environ en France. C’est encore presque acceptable compte tenu du prix moyen d’un micro ou d’une console 16-bits de l’époque. En revanche le prix des jeux est monstrueux : 200$ aux US et 2000f/300€ en France ! (ce montant s’explique notamment par la quantité de RAM incluse dans les cartouches et le fait qu'elles ne soient pas importées officiellement n'arrange rien). La Neo Geo ne s’adresse donc qu’aux fondus de jeu vidéo, et encore les plus fortunés d’entre eux (ou ceux prêts à de gros sacrifices). De couleur noire, la console est construite selon les mêmes critères de solidité qu’une machine d’arcade. Elle inaugure un style qui va par la suite faire école, à savoir l'abandon progressif d'un design inspiré des jouets (dont Nintendo était le principal instigateur de par sa culture d'entreprise) au profit d'une approche "technophile" visant à ce qu'une console de jeu ne dépareille pas aux côtés d'un téléviseur où d'une chaîne hi-fi haut-de-gamme.

Les joysticks correspondent à ce que les connaisseurs les plus affûtés d’entre vous pourront se remémorer sous le nom de joyboards, plus communément appelés arcade sticks. Ils se présentent sous la forme d’une tablette dont les dimensions sont presque les mêmes que celles de la console, sur laquelle on trouve un petit joystick métallique qui est l’égal de ceux équipant les bornes d’arcade, ainsi que 6 boutons qui pourraient résister à n’importe quel traitement, même une partie d’Hyper Olympics jouée au briquet ! (vous voyez de quoi je parle, n'est-ce pas ?). Jamais un joystick ou joypad aussi imposant et solide n’a, depuis, été livré en série avec une quelconque console. Les cartouches de jeux font aussi forte impression, ce sont les plus grosses jamais fabriquées ! Il faut dire qu'elles contiennent deux circuits imprimés (PCB) quasiment identiques à ceux équipant les bornes MVS.

La Neo Geo AES sort au Japon le 26 avril 1990 (très peu de temps, en fait, après l'apparition des premières bornes MVS). Dans un premier temps, SNK entend surtout faire de cette console onéreuse une machine de location qui équiperait des hôtels ou des locaux d'entreprises, mais la machine impressionne tellement le public que sa mise en vente est finalement programmée pour début 1991. Aux USA, le lancement en juin 91 est accompagné d’une campagne promotionnelle maladroite et adressée en priorité aux plus jeune. En France la console ne fait l’objet d’aucune publicité et on ne la trouve qu’en import dans des boutiques parisiennes. Les spécifications techniques annoncées dans les publicités additionnent alors, en toute tranquillité, les codages binaires du 68000 et du Z80, et annoncent que la Neo Geo est une console 24-bits ! Rapidement, jugeant que la meilleure pub pour sa console est faite par les MVS dans les salles d’arcade, SNK laissera tomber toute promotion.

Le succès de la Neo Geo, à l’époque de sa sortie, est difficile aujourd’hui à évaluer tant les avis diffèrent. Les fans vous diront qu’elle a très bien marché et les sceptiques qui n’en ont jamais vu une la décriront comme un bide. A titre personnel, votre serviteur en a eu une en prêt quelque jours chez lui, à l’époque, accompagnée de 5 ou 6 jeux (de quoi s’acheter une voiture !). Il faut admettre que la qualité visuelle des jeux était incroyable, loin devant ce qui était possible sur les autres "68000 inside" du moment, y compris mon Amiga chéri. Enfin bref, toujours est-il que la production de la Neo Geo AES a cessé en 1997.

Comparez : Fatal Fury sur Neo Geo, puis sur Super NES.

Revenons en 1992 : la popularité des jeux MVS en salle d’arcade commence alors à devenir considérable. Capcom vient de lancer son Street Fighter 2 (qui utilise le système CPS, d'une puissance comparable au MVS puisqu'également basé sur un MC 68000) et casse la baraque. Opportuniste, SNK va se lancer à corps perdu dans ce style de jeu, le baston en 2d, qu’aujourd’hui l’on associe immanquablement à la Neo Geo et son homologue arcade. Le premier titre ainsi développé est Fatal Fury, un succès immédiat malgré la présence des mastodontes SF2 et Mortal Kombat. Les graphismes de ce jeu égalent sans problème ceux du hit de Capcom avec de nombreux petits détails visuels, comme des changements de météo. Art of Fighting continue la série avec des personnages énormes et des effets de zoom (la caméra recule quant les deux combattants s’éloignent) qui ajoutent un peu de 3d à l’ensemble. Durant les 5 années qui suivent, la ludothèque de la Neo Geo s’agrandit de nombreux titres. Des jeux légendaires vont même apparaître, comme Puzzle Bobble, Puzzle De Pon, ou Windjammers. Les jeux de combat continuent, bien sûr, avec des séries comme The King of Fighters, Samurai Shodown et la continuation des Fatal Fury.

Des jeux Neo Geo sont convertis pour la plupart des systèmes en vogue à l’époque, mais sans jamais atteindre la même qualité que les originaux. Conscient que le potentiel commercial de la console n’a peut-être pas été exploité, SNK se met en tête de lui faire attaquer le marché grand public, et de s’attaquer à Sega et Nintendo. Pour ce faire, il est indispensable de réduire le coût des jeux. Celui-ci étant difficilement compressible en raison de la quantité de ROM contenue dans les cartouches, l’abandon de ce support au profit du CD s’impose.

Ghost Pilots et Mark of The wolves

Comme tous les fabricants de consoles de l’époque, SNK va donc se lancer dans l’étude d’un lecteur de CD-ROM pour Neo Geo qui permettrait, outre la réduction des coûts de fabrication et du prix de vente des jeux (ramené à environ 50$), la présence d’accompagnements orchestraux et l’apparition de jeux plus variés et ambitieux (sans parler bien sûr de la possibilité d’utiliser la console comme lecteur de CD Audio, ce qui est toujours appréciable). Le résultat va s’avérer hélas peu concluant.

La Neo Geo CD

Equipée d'un gamepad de conception classique, sortie en septembre 94 au Japon (un an plus tard en Europe et aux USA), la Neo Geo CD, malgré son potentiel extraordinaire, est encore une fois vendue trop cher (400 $ US, 3000 f en France) et le lecteur de CD-ROM est un simple vitesse. Les craintes signifiées par Nintendo à l’époque du développement de la N64 concernant l’usage du CD-ROM plutôt que de la cartouche trouvent ici une vraie justification. Le plaisir de jouer est littéralement sabordé par les temps de chargement interminables. Il n’est pas rare au démarrage d’un jeu d’avoir à attendre une minute avant que les choses ne commencent, et chaque fin de niveau entraîne une pause de 30 à 40 secondes. De plus le lecteur de CD-ROM se montre très enclin à tomber en panne, phénomène bien connu avec ce type d'application. La Neo Geo CD, cette fois c’est un fait indéniable, est un échec (environ 500.000 exemplaires vendus au niveau mondial, chiffre comparable à celui du Virtual Boy de Nintendo), et disparaît également en 1997.

Metal Slug et Super Baseball 2000

En 1998, soit près de 10 ans après leur sortie, les bornes Neo Geo MVS continuent de hanter les salles d’arcade, faisant finalement de l’opération dans sa globalité une réussite pour SNK, que n'entâche pas le succès discutable de la console Neo Geo AES. Des jeux comme Metal Slug ou King of Fighters 97 semblent repousser les limites techniques de la machine, même si des ralentissements pendant les phases les plus gourmandes viennent rappeler que derrière tout ça se cachent deux microprocesseurs qui commencent à accuser le poids d’un âge respectable (rappelons que le Z80 est né dans les années 70...). Dans l’histoire des jeux d’arcade, c’est le seul exemple d’un système dont le hardware a pu suivre, sans faire l’objet de modifications notables, 8 ans de l’évolution d’un marché sur lequel les technologies mises en œuvres sont soumises à une terrible loi du plus fort et du "toujours plus".

En 1997, SNK lance l’Hyper Neo Geo 64, une nouvelle version de son système basée sur un processeur RISC 64-bits fait maison, et destiné uniquement aux salles d’arcade. Le système est équipé d’une grande quantité de RAM et se montre bien entendu capable d’exécuter des jeux 3d. Les titres développés, peu nombreux, sont pour la plupart des versions 3d des hits de SNK : Road's Edge 64, Samurai Shodown 64, Fatal Fury 64 etc..

Road's Edge 64.

La Neo Geo Pocket

En octobre 98, SNK lance la Neo Geo Pocket. Encore une console portable qui enfonce totalement la Game Boy sur le plan technique, mais ne va pas parvenir à lui faire de l'ombre. Ses dimensions sont plus imposantes que celles de la portable Nintendo, 122x74mm, et son écran LCD monochrome peut afficher une résolution de 160x152, avec une qualité irréprochable. Cet écran, bien qu’un peu décevant pour une console portable sortie en 1998, ménage les piles et permet une autonomie de 20 heures, conforme aux axiomes définis par Gunpei Yokoi (voir l’article sur la Game Boy). La console comprend 16Mo de RAM, un CPU 16-bits, une qualité sonore supérieure à celle de la Game Gear, référence en la matière pour les portables, un pad directionnel et deux boutons de tirs, ce dernier point indiquant que SNK n’a toujours pas l’intention de prendre la tête à ses clients avec des jeux complexes.

King of Fighters et Neo Cup 98 sur Neo Geo Pocket.

L’animation des jeux est excellente même si les graphismes donnent plutôt dans le style "cute", enfantin, inspiré des jeux Game Boy. Les classiques de SNK sont tous présents, Baseball Star, King of Fighters, Pocket Tennis etc… et la Neo Geo Pocket propose, si on l’allume sans cartouche insérée, quelques fonctions intéressantes : calendrier, alarme, calcul de décalage horaire etc. Attention, contrairement à la NEC PC Engine GT, la Neo Geo Pocket est une véritable console portable possèdant sa propre ludothèque, et pas une version miniaturisée de sa grande sœur.

La Neo Geo Pocket Color

En 1999, une version avec écran couleur de cette console est sortie, la Neo Geo Pocket Color. L'écran n'étant pas rétro-éclairé, l'autonomie reste très satisfaisante, et quelques ajouts sont faits au système d'exploitation comme la possibilité de choisir une langue automatiquement appliquée aux textes de tous les jeux. Les problèmes financiers rencontrés par SNK à l'époque ont empêché cette portable de vraiment décoller, alors qu'elle semblait promise à un joli succès, aux USA notamment, du fait que la Game Boy Advance n'était pas encore présente sur le marché. Sa production a cessé au bout d'un an. Les stocks restant étaient très faciles à trouver à des prix très intéressants vers 2000-2001, le plus souvent vendus avec des packs de jeux.

(voir aussi cet article : la Neo Geo Pocket Color et ses jeux de combat)

Les jeux Neo Geo

Il existe environ 150 jeux Neo Geo. Tous existent à la fois en version MVS (arcade) et AES (cartouche), sauf une dizaine disponibles uniquement en MVS. Une soixantaine sont sortis en version CD, dont quelques-uns exclusifs à ce suport. Le système ayant surtout prospéré dans les salles d’arcade, c’est dans le domaine de l’action pure en 2d que l’on se situe ici, et un bon tiers des titres sont des jeux de combat. Néanmoins, grâce à la Neo Geo CD, les RPG ne sont pas totalement absents de la liste. A noter que les graphismes en 3d polygonale ne sont pas inexistants dans cette ludothèque, mais tout de même rarissimes.

Voici quelques titres importants (voir cette rubrique pour d'autres suggestions).

- Art of Fighting

Art of Fighting et Art of Fighting 3.

Un classique de la baston. C’est l’un des titres qui ont donné à la Neo Geo son statut de reine du genre. A noter qu’il existe deux suites tout aussi recommandables. Voir cet article.

- Blazing Star

Un bon vieux shoot’em’up horizontal comme on n’en fait plus. Superbes graphismes et action non stop.

- Baseball Stars

Le meilleur jeu vidéo de base-ball à l’époque de sa sortie. Il s’agit d’un des premiers titres sortis sur Neo Geo, et même si les graphismes ne sont pas au top de ce que la machine est capable d’offrir, le fun procuré est indéniable, et ce même si on maîtrise mal les finesses de ce sport.

- Baseball Stars

Sans doute le jeu Neo Geo qui contient le plus d'objets en vraie 3d. Viewpoint est un shoot'em up en vue isométique, comparable à Zaxxon. Le gameplay est d'une qualité exceptionnelle, la difficulté est relevée mais surmontable avec de l'entraînement, et la bande sonore groovy à souhait fait de chaque partie une régal même lorsqu'on perd. Le parfait jeu d'arcade, en somme. Voir cet article.

- King of Fighters 97

Le troisième épisode de la série de jeux de baston sur Neo Geo la plus populaire. L’un des meilleurs dans le genre. Voir cet article.

- Magician Lord

- Un jeu qui a fait du bruit à sa sortie en 1990. Les graphismes ne sont pas au top, mais l’intérêt de ce jeu d’action/plate-forme est indéniable.

- NAM 1975

Un gros hit en salle d’arcade, et sur tous les systèmes 16-bits. Derrière ce titre solennel se cache un shoot’em up en simili-3d furieux qui vous met, seul ou avec un autre joueur, face à toute l’armée viet-cong, sauf que cette fois elle semble avoir hérité de toute l’artillerie lourde que les Américains ont utilisé pendant le fameux conflit.

- Metal Slug (et ses suites)

Cette série est peut-être amenée à devenir la plus populaire du système. Il s'agit d'un jeu action-platformer inspiré des Contra de Konami, qui propose des graphismes fabuleux et pleins d'humour, une action frénétique et une réalisation d'ensemble marquée par un incroyable souci du détail.

- Samurai Shodown 4

Une série de 4 jeux de combat très populaire, aux graphismes magnifiques. Voir cet article.

- Samurai Shodown RPG

Rare exemple de RPG sur Neo Geo CD, Samurai Shodown RPG (titre complet : Samurai Spirits a True Story: Bushido Biographies) n’a rien à envier à ce qui se fait de mieux dans le genre. Seul problème, la lenteur du lecteur de CD-ROM nuit beaucoup au plaisir ressenti (et le jeu n'a jamais été traduit du japonais).

- Super Sidekicks 2

Un jeu de foot. Les simulations sportives sont un autre point fort de la Neo Geo. Bien entendu, les sensations de jeu sont celles d’un jeu d’arcade, et pas d’une simulation précise et réaliste.

L’émulation

Sujet sensible vu la longévité commerciale du système en salles d'arcade : la Neo Geo est une des machines les plus intéressantes pour le fana d’émulation. Tout d’abord, les jeux, sans être gigantesques à télécharger, procurent des sensations très sympa et sont très constants dans la qualité. Par ailleurs, l’émulation Neo Geo peut être abordée de trois façons : l’émulation des jeux d'arcade, de la console "cartouche", ou de la console "CD". Dans le premier cas, le projet MAME se consacre depuis pas mal de temps déjà à l’ajout dans son impressionnante liste de jeux émulés des titres MVS. Deuxièmement, NeoRage, l’émulateur Neo Geo AES le plus en vue, donne de très bons résultats, sans qu’il y ait besoin d’un PC monstrueux pour faire tourner les jeux à bonne vitesse. Conçernant l'émulation des jeux CD, les choses sont encore hypothétiques à l'heure où ces lignes sont écrites, et les masses de données à télécharger poseront encore longtemps problème.

Conclusion

Si son importance dans le domaine de l'arcade est indéniable, il est en revanche peu probable que SNK lance un jour une autre console grand public. La Neo Geo AES ne fait pas vraiment partie des plus gros succès de cette industrie, ce qui n’est pas seulement dû au manque d’expérience de l'entreprise. Si on voulait noircir le tableau, on pourrait même dire que son principal atout (l’arcade à la maison) s’est retourné contre elle. La plupart de ses détracteurs estiment que ses jeux ont peu d'intérêt, comparé à ce qu'ont offert les autres consoles 16-bits. En fait, les critères créatifs des jeux d’arcade ne s’adaptent pas toujours à une pratique longue et assidue d’un jeu. De l’action, des parties courtes, des jeux qui se terminent inévitablement avec des continue à répétition, des scénarios inexistants : ces jeux sont faits pour faire une incursion rapide dans la vie du joueur et trouvent toute leur raison d’être dans un contexte bien spécifique qui n’a rien à voir avec ce qu’apporte une console. Tout video game maniac connaît le frisson qui parcourt l’échine, dans une salle d’arcade, à la vue d’un alignement de jeux de bastons qui sont tous si semblables qu’on aurait même peine à dire lesquels sont en plusieurs exemplaires. Par contre, dans une collection de cartouches chèrement payées, une telle répétitivité peut être difficile à tolérer.

C'est finalement aujourd'hui, au travers de son émulation sur PC que la Neo Geo AES trouve une tardive mais superbe revanche, grâce au rendu étonnant des jeux que permettent NeoRage et MAME. Par ailleurs, il faut savoir qu'il est possible de trouver d'occasion des bornes MVS et leurs jeux pour un prix raisonnable, pour peu que l'on se donne la peine de les chercher. Les amateurs de la chose constituent une communauté très active et animent de nombreux forums sur le net.

Laurent
(21 avril 2001)
- Si le sujet vous a intéressé, nous vous suggérons les articles suivants -

Art of Fighting - La série

Fatal Fury - La série

The King of Fighters - La série