Le 1er site en français consacré à l'histoire des jeux vidéo
Actualité de l'émulation [contenu fourni par Emu-France]
Le flux RSS est introuvable...
Reportage : Pinball Extravaganza 2004
L'équipe de Grospixels s'est déplacée en Angleterre pour cette exposition de flippers. Le récit de cette grande journée en photos.
Par Phil (10 février 2004)

Tout a commencé un matin d'hiver où j'ai reçu ce tract lors d'une commande de pièces pour ma borne chez Happ, aux U.S. Il n'en fallait pas moins pour attirer la curiosité de quelques Grospixelliens pour lesquels la simple évocation du mot 'pinball' (flipper en Français, mouarf) ravive des souvenirs heureux de bars enfumés et bruyants, de parties gratuites qui 'claquent', de fourchettes, couloirs, garages, d'extra-ball et de spécial-tout-rouge-qui-vient-de-s-allumer-et-qu-il-faut-assurer-parce-que-c-est-presque-du-tout-cuit. Bref, les grospixelliens que nous sommes le savent bien, le flipper, c'est comme la Guiness : 'Its good for you'!

Sachant qu'une partie des membres de l'équipe se trouve dans le nord, nous avons monté sur le pouce une petite expédition sur la perfide Albion, histoire de se faire une idée de ce type d'évènement. La manifestation se déroulait à Margate, dans le Kent, pas bien loin de Douvres. Il s'agit d'une station Balnéaire du Kent, comme il en existe beaucoup. Un front de mer assez typique, vieillot mais avec un charme très Anglais, un peu façon Brighton, pour ceux qui connaissent. David s'est méticuleusement occupé des réservations pour le Ferry, pendant que Carl préparait soigneusement l'itinéraire sur le site de Michelin, et imprimait un magnifique dossier de voyage en couleurs. Evidemment j'ai supervisé le tout avec ma bienveillance habituelle (en gros j'ai rien fait, quoi). Le départ du bateau de Calais était à 9h45, nous avions donc rendez-vous au terminal des Ferries à 9h00. David et Catherine nous attendaient là-bas, car ils étaient sur place depuis la veille. Manu et moi avons rejoint Carl et Ragnhild à Lille, d'où nous sommes partis avec le véhicule de Carl qui a la particularité avantageuse de comporter jusqu'à sept places. De toutes façons, le véhicule de service de Grospixels (un 38 Tonnes) est indisponible depuis que Manu l'a emmené aux US quand il s'est occupé du déménagement d'une partie de nos locaux là bas.

Tout s'est bien passé, tout le monde était bien à l'heure et nous voilà tous en Zafira dans la file d'attente d'embarquement du navire. Un agent des douanes Britanniques vérifie nos papiers et ne peut s'empêcher de s'enquérir de la raison de notre voyage. Dommage qu'il nous manque une photo de la tête qu'elle a tirée lorsque Carl a essayé de lui expliquer qu'on allait voir une expo de flipper. D'un autre côté, ça a coupé court à l'interrogatoire et elle a laissé passer derechef cette petite équipe de tarés, certes, mais qui n'ont pas l'air bien méchant.

David est très nerveux. On annonce un avis de coup de vent avec une mer agitée à localement forte. Vent prévu : force 8 Beaufort. On a bien compris que l'homme n'a pas vraiment le pied marin mais il reste stoïque et résigné devant l'adversité. On embarque enfin, on se prend un bon bol d'air frais sur le pont pendant le départ du bateau (NdL : Mais pourquoi c'était pas à Florence leur truc !).

Il y a effectivement beaucoup de vent mais la mer ne semble pas aussi agitée qu'annoncé. David est un peu rassuré. Petit crochet par la salle d'arcade embarquée, mais rien de bien fameux. Il y a tout de même une borne Naomi avec Virtua tennis.

On s'installe à la cafet', les plus affamés se prennent un petit dej'. Toujours prévenant, Carl a emmené quelques revues de JV. Tiens, PC Team a quand même fait un test de X2 un peu plus fouillé que celui de Gaming. Les discussions vont bon train, ça fait tout de même un bail qu'on ne s'est pas retrouvés. Le bateau bouge quand même un peu, et David préfère nous quitter pour jouer les Leonardo à la proue du navire. On ne le reverra qu'à l'arrivée, un peu décoiffé et transi mais pas malade. Allez, tout le monde en route pour l'expo !

On a beau le savoir, ça surprend quand même. Les Anglais roulent à gauche et n'en démordent pas. Le Zafira engloutit les miles qui nous séparent de Margate sans frémir. Carl ne prend même pas la peine de ralentir à l'approche des ronds-points préférant piler au dernier moment lorsqu'un Anglais essaye de faire valoir son droit à la priorité. "Y's rendent pas compte ces Anglais : savent pas à qui ils ont affaire !". Arrivé à Margate, Carl essayera même de faire comprendre à la population automobiliste locale que rouler à gauche, c'est dépassé. La vraie hype, c'est de rouler à droite, comme tout le monde. Mais on connaît le côté conservateur des Britanniques et impossible de leur faire entendre raison. Il y en a même un qui nous a fait les gros yeux (on le voyait bien, il a pilé juste en face de nous). Rien à faire donc, ils sont vraiment indécrottables.

Nous voilà donc à Margate. C'est assez mort en cette saison. Je me demande d'ailleurs s'il y a une époque de l'année où c'est plus vivant. Beaucoup de commerces du front de mer ont l'air désaffectés. Il y a quand même quelques belles salles de jeux où il reste des bornes d'arcade, bien qu'elles soient noyées parmi les machines à sous.

On trouve les 'Winter Gardens' assez vite et sans plus attendre, on entre dans la place. Les filles préfèrent nous attendre dehors pendant qu'on fait une rapide reconnaissance des lieux. Il est presque midi et même si notre passion est forte, nous sommes quand même avant tout Français, et il ne s'agirait pas de sauter un repas ! Premières impressions : l'expo n'est pas très grande, mais il y a du matos intéressant. Une quarantaine de flippers, quelques bornes, des juke-boxes et des stands de pièces détachées. La plupart des machines sont en freeplay. Bien sympa. On ressort et en avant pour la graille. Il y a tout de même une rue piétonne un peu commerciale à Margate. Après une courte visite, on décide de se restaurer chez KFC. David et Carl sont catastrophés : pas de Burger King à l'horizon. Décidément, l'Angleterre, c'est plus ce que c'était.

Bref, pendant qu'en France tout le monde s'inquiète de la grippe aviaire (pour les ch'tis : cette maladie n'a aucun rapport avec les lombrics), l'équipe de Grospixels se restaure, insouciante, de menus à base de poulet frit. Carl fait honneur à sa réputation et fait deux voyages pour transporter tout ce qu'il va manger.

David, qui n'a pas oublié qu'il va falloir remonter sur un bateau le soir, se demande si la sauce au fromage bleu du Blue Tower Burger est aussi bonne à manger qu'à vomir. Le problème du repas réglé (si si, pour un Français qui se déplace en Angleterre, le repas est toujours un problème qui accapare 90% de ses ressources mentales), on finit de visiter la rue piétonne.

David en profite pour acheter un exemplaire de 'Games TM'. Voyons ça : beurk ils ont mis 5/10 à X2, les traîtres. Même pas envie d'en lire davantage tiens. Le numéro du mois de Edge n'a pas l'air bien fameux non plus, tant pis, je le prends pas. Impossible en revanche de trouver le magazine spécial rétro dont on avait parlé dans le forum. Tant pis. Allez, on y retourne. Les filles nous quittent pour aller faire un peu de shopping de leur côté. Nous voilà donc revenus aux 'winter gardens' de Margate.

Il y a une peu plus de monde que tout à l'heure, mais c'est très raisonnable. Les bruits des juke-boxes se mêlent à ceux des flippers dans un brouhaha un peu assourdissant mais pas désagréable.

Ca rappelle les bonnes grosses salles d'arcade. Toutes les générations de flipper sont présentes. Certains sont à vendre. Les plus récents comme 'Medieval Madness' ou 'Lord of the Rings' sont affichés à plus de 4000 Livres Sterling.

Bonjour madame, puis-je me joindre à vous ?
Un salon de ce type est l'occasion de découvrir des machines très anciennes en parfait état : que d'émotion !

Un Indiana Jones est affiché à environ 2000 livres. C'est quand même pas donné. Heureusement, il y a aussi des machines à un prix plus raisonnable. J'ai notamment eu un coup de coeur pour un '8 ball' en parfait état sur lequel j'ai refait une ou deux parties. C'est pour moi le flipper idéal. Il était à vendre pour 400 livres. Si seulement j'avais la place !

Indy vendra chèrement sa peau !
Le flipper n'est plus seulement un affaire américaine : Ici, une production Data East, ne choque pas à côté de celles des ancêtres Gottlieb et Williams
Les flippers modernes étaient aussi de la partie
Hairy Singer (fabriqué par Rally en 1963), et ses compteurs à rouleaux venus des pompes à essence. A côté, Bally Grand Tour date de 1964.

On a pu aussi essayer quelques flippers plus anciens, avec compteur à rouleaux. Des sensations enfouies depuis la petite enfance refont surface. Quel bonheur. Sur certaines tables encore plus anciennes, il faut carrément remonter les billes à la main. Tout est dans un état 'collection' et les propriétaires ont une grande confiance de laisser de si belles machines entre les mains de tout le monde. Enfin, tant mieux pour nous ! Une petite partie à 4 sur un flipper récent (Sword of Fury) nous apprend que David est un redoutable adversaire, malgré ses dires. Il entrera d'ailleurs fièrement les initiales GP à la fin de sa partie pour avoir battu un des meilleurs scores (et claqué une partie au passage). En ce qui me concerne, je suis assez rouillé, je me débrouille mieux sur des machines un peu plus vieilles. Manu découvre avec des yeux assez émerveillés des machines assez anciennes. Pas de doutes, il se régale.

Le flipper, on y joue à tout âge, se dit Manu (au premier plan), tandis que Phil vient de se prendre un garage
Des pinballs sans flippers, donc antérieurs à 1947
Orbitor 1, un modèle de 1982 signé Stern Electronics
Un Archer (1936) et un pinball allemand nommé Dexterity Play, qu'on suppose dater des années 40 (évidemment, dès que ce n'est plus du matériel américain, les infos deviennent floues...)
Tally Ho date de 1947. C'est un des derniers modèles sans flippers.

Carl et David ont disparu de ce côté ci de l'expo. Après une courte recherche, on les retrouve en train d'expérimenter une machine fabuleuse. Un flipper dont le concept paraît si génial que je ne comprends toujours pas pourquoi je n'en avais jamais vu avant : un flipper double. C'est comme si on avait soudé deux flippers l'un en face de l'autre. C'est super convivial. Le thème de celui-ci étant le foot, le but est d'abattre la cible tombante entre les flips adverses et de viser son garage, afin de marquer des buts. Génial. Les plateaux sont très riches en cibles, bonus, couloirs. On a même un flip a soi dans le camp adverse pour augmenter la pression. C'est redoutable de fun. On se l'essaye à notre tour avec Manu. Trop génial. Cette machine est vraiment unique !

Un flipper face à face pour deux joueurs : A.G. Soccer Ball, fabriqué par Alvin G. and Co en 1991

On a aussi repéré quelques bornes d'arcade et des tables cocktail. Une des tables est à vendre : 2500 livres tout de même. Il s'agit en fait d'une magnifique Mamecab cocktail. Très bel objet, mais c'est quand même bien cher. Ca donne tout de même quelques idées pour en réaliser une soi-même. Un peu plus loin, on verra une table originale QIX/Space Invaders. Très jolie aussi.

Oh, un Qix ! Voir l'article de JPB

Carl a repéré une borne Track &Field originale. Il n'y tient plus. On m'avait dit que la borne originale n'avait pas de stick. C'est bien vrai. Juste un bouton d'action par joueur entouré de deux boutons de course (de bourrinage quoi). Très bel objet. On décide de se faire un petit concours mais malheureusement, la difficulté est énorme et on passe tout juste les qualifs du 100m. On se fera tous refouler au saut en longueur plusieurs fois, même si Carl a tout de même approché la qualif à 2cm près. Dommage.

Sortez vos briquets, voilà un Track'n'field

Un petit tour du côté des stands : on peut trouver divers objets de collection, des pièces détachées de flippers, anciens et récents, il y a même un stand Happ, qui c'est vrai a une antenne au Royaume Uni. Une bonne occasion de trouver le ressort, l'élastique ou l'électro-aimant qui est en panne sur son flipper.

Certains juke-boxes sont splendides. Beaucoup sont d'ailleurs déjà vendus. Il existe apparemment une demande assez forte pour ces magnifiques objets. Il faut dire que dans un salon ça le fait quand même !

Déjà 15h passées (heure locale). Nous décidons de nous rapprocher du point de rendez-vous avec les filles en visitant les quelques salles d'arcade sur la route. On ressort : wow, c'est vrai que dans ce pays, même quand il fait beau, il pleut quand même. La preuve, ce magnifique arc-en ciel avec la mer dans le fond.

Première salle : Roooh, une énorme borne 18 Wheeler !!! Je me précipite dessus et je lance la bête. Le volant est énorme. D'ailleurs, tout est disproportionné sur cette borne. Même le bouton de Klaxon est grand comme ma main. Quel bonheur. Je me fais deux courses, et cette version est vraiment fidèle à la conversion Dreamcast, mais ici, l'impression d'inertie est décuplée par la taille de l'écran, du levier de vitesse et du volant. J'adore. Si un jour je me fais une racing cab, ça sera avec ce jeu tiens !

A côté, des gamines sont en train de faire leur entraînement quotidien sur des bornes à tapis de danse. Impressionnant ! Il y en a même une qui enchaîne les perfect et les combos sans même regarder l'écran, car elle discute avec sa copine à côté. Elle finira même la chanson dos à l'écran, à l'envers sur le tapis donc. En Angleterre aussi il doit y avoir un effet StarAc' c'est sûr. Enfin bon, le concept est tout de même sympa, et ça amène des filles dans le milieu plutôt masculin du JV, alors faut pas cracher dans la soupe. Impossible cependant de voir Manu ou David en action, dommage, j'aurais bien voulu voir ça ;) Pendant ce temps, Carl est parti essayer une borne étrange où il faut taper sur les cibles qui apparaissent avec des gants de boxe. M'étonne pas de lui tiens ! Ca a l'air redoutable !

Il essayera aussi de nous faire une démo sur une borne ou il faut jouer de la batterie, mais on a rien compris au truc. Bizarre.

Laurent, si tu avais été parmi nous, tu nous aurais sûrement fait une démo à Guitar Freaks, pendant qu'on aurait hurlé en coeur 'Smooooooke on ze Ouatèèèèère'.

Allez on change de salle. La suivante n'est pas terrible. Vraiment trop de machines à sous. On passe à la troisième. C'est bien désert mais c'est aussi très grand. On finit par trouver une borne GTI club, et même une borne originale Outrun !

Un peu plus loin Carl repère un simulateur de Deltaplane et s'installe aux commandes. Pendant les deux minutes qui suivront, il n'aura de cesse de se faire traîner au sol et sur les falaises, ne voyant rien devant. Pourtant, à la fin la machine le gratifiera d'un splendide 69%. Si c'est ça le deltaplane, ça craint !

Pour se remettre de telles émotions, on se dirige vers une splendide borne avec des Harley : Cool Rider. Le jeu est splendide, un peu à la Crazy Taxi avec les check points à rejoindre. Les sensations sont assez bonnes. L'impression d'inertie de la Haley est bien rendue. Encore un jeu très addictif. Avant de partir, on se termine par un petit House of the Dead III qui fait toujours son petit effet. Après avoir atomisé plusieurs dizaines de streums et de zombies, je finirai par me faire découper en salami avant Carl qui survivra quelques minutes de plus. Rien à dire, ça défoule bien d'éclater du zombie quand même !

Allez on rentre. Le bateau part à 17H30, il est 16h00 et il y a un peu de route. Les filles sont bien là, le shopping effectué. Tout le monde est ravi : en voiture. Sur le chemin du retour, Carl est enfin résigné à rouler à gauche, non sans maugréer tout de même. Le retour est plus rapide, on a un peu d'avance. On passe le filtre de la douane et on entre dans la file. David, à qui rien n'échappe, a repéré un Burger King à dans ses 9h00 derrière un poids lourd garé à côté. On va donc y faire un tour : Scandale ! Le BK est fermé. Les moult vociférations de David, qui s'exprime pourtant dans un anglais oxfordien n'y changeront rien : il était écrit qu'il ne mangerait pas de Burger King aujourd'hui. Désormais convaincu que la vie est plus cruelle à l'égard de certains David se résigne et attend son châtiment imminent, à savoir la traversée retour, avec dignité et résignation. On embarque enfin. La salle d'arcade est un peu mieux achalandée mais après ce qu'on vient de voir, c'est assez morne. Carl dénichera une borne Sega Rallye sur un pont intermédiaire, mais elle est foutue.

On s'installe à l'arrière du navire, au pub. Chouette, ils ont de la Guiness. It's good for us. C'est quand même une bonne journée, rien à dire. Dommage qu'on ait vidé le fût si vite. La blonde lager qu'il y avait derrière était nettement moins bonne. Pendant ce temps, bien que la mer soit presque d'huile, David retourne jouer le gaillard d'avant (mouarf) à la proue. Quelle assiduité quand même ! La traversée se déroule sans problème, un peu plus vite que l'aller. Arrivés à Calais, il est temps de se séparer de Catherine et David qui resteront sur Boulogne le soir. Le temps de s'échanger les photos, et on évoque déjà la prochaine réunion de la section nord de GP. Allez à très bientôt, pour un tournoi sur Mario Party 5.

Le reste du voyage se fera tout autant dans la bonne humeur. Tout le monde étant bien fatigué, on ne traînera pas au parc. A minuit j'étais au lit (il y en a qui bossent le dimanche aussi !)

C'était donc vraiment une sortie sympa, qui nous fait regretter de ne pas en faire plus souvent. On va essayer de réparer ça à l'avenir, si possible avant l'édition 2005 de la Pinball Extravaganza !

Phil
(10 février 2004)
- Si le sujet vous a intéressé, nous vous suggérons les articles suivants -

Reportage : Game On 2004

Reportage : Jaguar Connexion 2005

Reportage : Pixel contre-attaque