Je
remercie vivement pour leur aide Sylvestre Campin et Sébastien Harelle,
deux fervents défenseurs de l'Amstrad auprès desquels j'ai dû assumer
le ton assez critique de cet article :) Ne manquez pas de visiter
le site de Sylvestre, un remarquable musée consacré à son micro-ordinateur
favori :
http://scampin.chez-alice.fr/cpc/musee/musee.html.
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L’évocation
de la mémoire des micro-ordinateurs Amstrad
pose quelques problèmes, d’autant plus qu’il s’avère
difficile de trouver des informations précises sur leur histoire,
et il ne faut surtout pas compter sur le constructeur lui-même pour
s’étendre sur le sujet. Il s’agit de machines considérées
par leur possesseurs comme mythiques et ayant joué un rôle de premier
plan dans le développement de la micro grand public. Les innombrables
jeux qui ont garni leur logithèque en font même des piliers du jeu
vidéo micro. Pourtant, aussi dévoués et sincères que soient leurs
fans, les ordinateurs Amstrad, et plus particulièrement les deux modèles
les plus populaires, le CPC464
et le CPC6128, ne peuvent
inspirer qu’une sympathie limitée, en dépit de l’effet
bénéfique qu’ils ont eu. Il s’agit de machines conçues
par des spécialistes du marketing pour permettre à une entreprise
totalement étrangère au monde de la micro-informatique de faire une
entrée fracassante sur ce marché et de gros bénéfices à court terme.
Par la suite, paradoxalement, Amstrad, en devenant un fabricant d'ordinateurs
respectable, est devenu de moins en moins prospère dans ce secteur.
De
la hi-fi à la micro
Au
début des années 80 la micro connaît un bouleversement considérable.
De multiples sociétés naissent, qui secouent un marché obsolète et
enfermé dans des conceptions dépassées. Ces pionniers, qui présentent
tous un profil similaire (des entreprises dirigées par de jeunes chercheurs
aux dents longues et à l’esprit grand ouvert), se nomment Apple,
Commodore, Atari,
Digital Research, Dragon
Data, Microsoft ou Sinclair,
et éclipsent totalement par leur dynamisme les dinosaures de l’âge
cybernétique que sont IBM, Xerox ou DEC. La concurrence est rude,
de multiples systèmes apparaissent, ayant tous leurs atouts, et rapidement
la démocratisation des prix devient une priorité. Clive Sinclair,
en la matière, frappe un grand coup en 1981 avec le Sinclair
ZX-81, un micro-ordinateur dont la faiblesse du prix d’achat,
compte tenu de ses capacités, est un record qui ne sera probablement
jamais égalé. 600F monté, ou 350F en kit, c’est le prix d’une
calculatrice programmable bas de gamme pour un micro qui, s’il
ne saurait être comparé aux ténors de l’époque (Apple
II, IBM PC), n’en
donne pas moins accès à la programmation en BASIC et à l’affichage
vidéo en mode texte, tout en étant ouvert à l’ajout de diverses
extensions elles aussi peu coûteuses.
Cet
ordinateur, sur lequel des milliers de programmeurs se sont fait la
main, a ouvert la micro-informatique à tant de monde que ses innombrables
défauts lui ont toujours été pardonnés : fiabilité matérielle exécrable
(surtout pour les modèles en kit), clavier à membrane quasiment inutilisable,
absence d’éditeur de texte (une ligne de programme validée devait
être retapée entièrement à la moindre erreur de syntaxe, et du reste
la touche entrée s’appelait "new line", ce qui a le mérite d’être
clair), RAM de 1 Ko saturée au moindre programme BASIC un peu étoffé,
etc. Même si par la suite Sinclair s’est un peu enfoncé dans
cette politique du "bas prix à tout prix", au point de perdre sa crédibilité,
le ZX-81 à montré la voie
à suivre et certains se sont montrés plus ou moins brillants dans
l’exercice consistant à en donner un peu plus que la concurrence
pour le même prix, quitte à insister sur les "plus" pour faire oublier
les "moins".
En
1984, les grandes orientations du nouveau marché de la micro se dessinent.
Aux États-Unis, Apple fait cavalier seul dans la catégorie des machines
de rêves, misant tout sur la technologie et l’innovation, et
IBM développe tranquillement son standard PC sans trop se soucier
de ce qui se fait ailleurs. Sur le marché de la micro grand public,
Commodore, avec le VIC-20
et le C64, connaît un succès
fulgurant et s’impose auprès de tous les acheteurs en quête
d’un ordinateur de loisir. En Grande-Bretagne, Sinclair domine
les débats avec le Spectrum,
Dragon Data fait une percée avec le Dragon
32, Oric séduit avec l’Atmos
et Acorn connaît ses meilleures heures avec le BBC.
Ces machines, conçues par des ingénieurs de génie dans le but de satisfaire
totalement leurs utilisateurs par leurs qualité intrinsèques, ont
toutes en commun d’être vendues à un prix assez élevé, aux alentours
de 4000F (600€), trop pour un foyer normal où l’ordinateur
n’a pas encore de réelle utilité. Un créneau est vacant, et
c’est un certain Alan Sugar (né en 1947) qui va le saisir.
Amstrad,
société anglaise fondée en 1968, est au début des années 80 un fabricant
d’éléments de chaînes hi-fi. Les recherches que les hommes d’Alan
Sugar, patron d’Amstrad, vont faire, seront basées sur un cahier
des charges particulièrement bien pensé : un micro-ordinateur 8-bits,
capable de rivaliser avec le C64,
mais vendu avec un moniteur pour le même prix, et battant tous ses
concurrents sur le terrain de la facilité de mise en œuvre et
d’utilisation. Cette machine, qui compte parmi les micros 8-bits
les plus populaires de tous les temps, se nommera Amstrad
CPC464.
Green
is beautiful
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Amstrad
CPC464 avec son moniteur. |
Ceux
qui se souviennent des premières publicités pour le CPC464
gardent en tête leur simplicité biblique. La photo de la machine,
ornée de son moniteur monochrome vert, au look très pro et totalement
parée à l’emploi, et en-dessous, le prix : 2990F, voire 2690F
sur certaines offres promotionnelles (4490F avec un moniteur couleur).
Fi de tout ce que la concurrence met en avant dans ses propres publicités
: puissance de calcul, diversité des applications possibles, graphismes,
ouverture vers l’avenir… Pas de bla-bla, il n’est
ici question que du prix de vente, imbattable. Il s’agit d’un
véritable ordinateur doté de 64 Ko de RAM, d’un clavier mécanique
avec pavé numérique, d’un véritable moniteur (des privilèges
inaccessibles deux ans auparavant), et qui plus est équipé d’un
lecteur de cassettes intégré (à l’époque on appelle ça une unité
de mémoire de masse) et ne nécessitant pour fonctionner que le branchement
d’une seule prise, sur le secteur. En outre le BASIC résident
est remarquable (la comparaison avec celui du C64
fait très mal à ce dernier) et fourni avec une documentation importante.
Tout ça pour moins de 3000F, il faut comprendre qu’en 1984 il
s’agit là du franchissement sur bien des plans d’un seuil
psychologique. Tous les utilisateurs de ZX-80
ou ZX-81 qui ont alors décroché,
incapables d’assumer le prix d’achat d’un C64
ou d’un BBC, se précipitent
dessus sans approfondir l’étude de la machine, séduits par une
communication parfaitement réussie et un bouche à oreille favorable.
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L’Amstrad
CPC464 connaît donc dès sa sortie un immense succès, se vendant
à plus de 2 millions d’exemplaires, et éclipse totalement notre
Thomson TO-7 bien de chez
nous et le standard MSX,
sorti à la même époque et très mal lancé en Europe malgré un gros
succès au Japon et son côté rassembleur. Beaucoup d’acheteurs
potentiels de C64 se rabattent
dessus, alléchés par le moniteur et son accessibilité technologique.
Il faut admettre qu’Amstrad a fait parler son savoir-faire en
matière hi-fi, domaine où la profusion de branchements et de fil est
à éviter pour des raisons esthétiques. La machine, solidement construite,
se présente très bien et tous les câblages sont déjà faits à l’ouverture
de l’emballage, aspect dont aucun autre constructeur de micros
ne s’est préoccupé jusqu’alors. Il s’agit tout simplement
de l’invention du plug-and-play
en micro-informatique, même si le concept ne sera ainsi nommé que
beaucoup plus tard, et beaucoup moins à propos.
Ces
atouts indéniables ne doivent pas faire oublier que cet ordinateur
structuré autour d’un Zilog
Z-80 (4 Mhz) n'a pas grand chose de plus, techniquement parlant,
que ses concurrents sortis deux ou trois ans plus tôt. Ses modes graphiques
(160x200 en 16 couleurs, 320x200 en 4 couleurs, 640x200 en 2 couleurs,
sur 27 couleurs disponibles) sont performants (en particulier le 640x400
très rare sur 8-bits) mais seront rarement bien exploités
par les développeurs, condamnant d’innombrables joueurs à s'abîmer
les yeux sur des jeux assez laids. Son processeur sonore (General
Instruments AY-3-8912, 3 voies musicales + 1 bruitages, 7 octaves),
bien que très bon puisqu'on le retrouvera ensuite sur l'Atari
ST, s’exprime (toujours dans une logique de "tout intégré")
par le biais d’un unique haut-parleur interne au son atroce
qui déchire les tympans (heureusement, une sortie son stéréo est disponible).
Le moniteur monochrome dispense un affichage net mais d’un vert
très fade et déprimant, à la longue. Le moniteur couleur s'en sort
beaucoup mieux.
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L’ordinateur
pour tous
Malgré
cette technologie qui ne distance aucunement celle du C64
ou du MSX, le CPC464
est salué par la presse sur la seule base de son prix qui donne accès
à un véritable ordinateur aux petits budgets. On est alors en plein
crash du marché du jeu vidéo, qui n’intéresse plus personne
en tant qu’argument central de la vente d’un système,
et a besoin des capacités d’un micro pour entrer dans une nouvelle
dimension. Les consoles de jeux ont pratiquement (et provisoirement)
disparu et leurs fabricants s’essaient à la micro. Sur C64,
BBC ou Dragon
32, et aussi sur Apple II,
les joysticks chauffent. Les ordinateurs sont devenus les nouveaux
rois du jeu vidéo, et proposent une conception totalement nouvelle,
beaucoup plus riche, de ce loisir. On voit apparaître des jeux de
rôles, des aventures textuelles, et des jeux de plates-formes mettant
en scène de véritables personnages identifiables grâce aux nouvelles
possibilités graphiques. Les possibilités de sauvegarde permettent
des jeux longs, proposant une véritable quête, plutôt que de simples
jeux d’adresse, et aux États-Unis c’est l’avènement
du jeu en ligne.
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Jeux
sur Amstrad CPC464 : Spindizzy et Spy vs Spy. |
Pendant
cette période, qui va durer jusqu’à la fin des années 80, Amstrad
va jouer un rôle qui, bien plus que ses ordinateurs eux-mêmes, mérite
qu’on s’en souvienne : permettre aux budgets serrés de
profiter du foisonnement créatif observé dans le domaine des jeux
vidéo. Tous les jeux à succès sur 8-bits sont adaptés sur
CPC464, parfois avec un rendu
audiovisuel inférieur à ce qui est possible sur C64
ou MSX, mais offrant les
mêmes sensations de jeu. C’est grâce à cette profusion ludique
qu’aujourd’hui les possesseurs de cette machine s’en
souviennent avec émotion.
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En
1985, l’Amstrad CPC6128
apparaît. Conçu dans la même logique que son prédécesseur, il corrige
ses plus gros défauts, pour 4990F, encore une fois un prix très serré
si on le compare à celui des autres micros dotés de 128 Ko de RAM.
Les capacités graphiques et sonores sont les mêmes, ainsi que l’indéboulonnable
Z80, mais les 128 Ko, l’écran
couleur et la présence d’un lecteur de disquettes de 180 Ko
font forte impression. C’est bien sûr oublier que ce sont des
disquettes 3 pouces, format rapidement supplanté par le 3,5 pouces
et donc rare, ce qui entraîne un prix élevé pour les disquettes vierges
(on continuera tout de même à en trouver pendant très longtemps même
après l’abandon total du format, et à l'usage ces disquettes
feront preuve d'une longévité remarquable).
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Le
6128 connaît un succès encore
plus énorme que le 464 et
reste encore aujourd’hui la référence des ordinateurs Amstrad.
En dépit de capacités graphiques décevantes pour une telle machine,
il se présente comme un ordinateur complet et apte à de nombreuses
applications grâce aux disquettes et son affichage en mode texte 80
colonnes, pour un prix imbattable. De plus, son BASIC résident (développé
par Locomotive Software) est excellent.
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Disquette
3 pouces. |
Par
contre, environ 6 mois plus tôt est sorti le CPC
664, un 464 avec lecteur
de disquettes et un boîtier de meilleure qualité, vendu également
4990F avec écran couleur, qui ne trouve pas sa place sur le marché
et tombe rapidement en désuétude.
Amstrad
et les PC
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Amstrad
PC-1512. |
L’autre
aspect important de la carrière micro-informatique d’Amstrad
est sa production de compatibles PC,
à partir de 1986. L'entreprise d'Alan Sugar a encore une fois bien
joué en tablant sur un prix de vente plutôt bas, et ses compatibles
PC (PC1512,
PC1640, et les portables
PPC512 et PPC640),
basés sur des CPU Intel 8086
et 8088, et dotés de 512
Ko ou 640 Ko de RAM selon les modèles, ont connu un gros succès. On
leur a bien sûr reproché une compatibilité PC
pas totalement indiscutable (ils étaient d’ailleurs livrés avec
le GEM de Digital Research
à la place du MS-DOS, et certains logiciels leur étaient réservés),
mais leur prix et leur excellente qualité de fabrication (beaucoup
de PC1512 fonctionnent encore
aujourd’hui) restent dans les mémoires. Le standard PC
leur doit peut-être plus qu’il n’y paraît.
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Amstrad
PPC512 et PPC640d. |
Innovations
En
1988, Amstrad, qui est devenu un fabricant de micro-ordinateurs reconnu
après avoir racheté son concurrent Sinclair et assuré la fabrication
du Spectrum2+ (Alan Sugar,
deviendra plus tard, comme Clive Sinclair, Sir Alan Sugar), décide
d’élargir son champ d’action et sort deux micro-ordinateurs
étonnants : le PCW8256 et
le PCW9512. Il s’agit
de deux tentatives uniques d’ordinateurs entièrement dédiés
au traitement de texte. Conçus sur la même base que le CPC6128
(Z80, 256 Ko de RAM pour
le PCW8256, 512 Ko pour le
PCW9512), ils sont vendus
comme des solutions complètes avec imprimante qualité courrier (comprendre
: à aiguilles mais capables d'imprimer des lettres avec le même rendu
qu'une machine à écrire), lecteur de disquette 3 pouces et un écran
monochrome capable d’afficher un mode texte 132 colonnes, le
tout pour des prix encore une fois incroyablement bas : 6990F pour
le PCW8256, 7990F pour le
PCW9512.
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Ces
machines audacieuses n’ont pas beaucoup fait parler d’elles,
ce qui a obligé Amstrad à retourner au plus vite à sa spécialité
: les ordinateurs de loisir. À la fin des années 80 la politique
d’Amstrad va montrer ses limites. Prisonnier de son image,
le constructeur est obligé de continuer à pratiquer des prix de
vente plus bas que la concurrence, et ne réussira jamais à franchir
le cap des 16-bits.
En
1989 sortent le 464Plus
et le 6128Plus. Ces deux
ordinateurs représentent une évolution de leur prédécesseur vers
de meilleures capacités graphiques et sonores, une présentation
plus moderne et d’aspect solide (assez inspirée de Commodore),
mais basés sur une technologie à faible coût de production permettant
de les vendre à des prix toujours plus serrés (2990F pour le 464Plus
sans écran, 3990F pour le 6128Plus
avec écran couleur). Hélas, pour des raisons de compatibilité descendante
avec le reste de la gamme Amstrad
ils utilisent toujours (à l'instar du MSX2)
le sempiternel Z80, désormais
complètement dépassé, à l’heure où les Megadrive,
Amiga,
ST
et Mac
imposent le MC68000 comme
le 16-bits de référence. À noter que ces machines ne portent
pas l'appellation CPC malgré
leur compatibilité, proablement du fait qu'elles ne disposent pas
des mêmes composants, plutôt d'une émulation hardware de ceux-ci.
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Les
modes graphiques de ces deux machines sont :
- 160x200 en 16 couleurs sur 4096,
- 320x200 en 4 couleurs sur 4096,
- 640x200 en 2 couleurs sur 4096.
C’est beaucoup mieux que les 464
et 6128 d’origine,
mais insuffisant pour rivaliser avec le 320x200 16 couleurs des
ST et Amiga,
ou même le 256x212 256 couleurs du MSX2.
En revanche le 6128Plus
gère des sprites de grande taille en hard,
chose que même l'Amiga
ne sait pas faire. Mais rien n'y fait : Amstrad aurait du sortir
des 16-bits à cette époque, quitte à se priver de la ludothèque
du CPC, et paiera cher
cette erreur.
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Console
Amstrad GX-4000. |
Au
même moment, Alan Sugar décide de s’attaquer au marché des
consoles de jeux, avec la console GX-4000,
vendue 990F. En la voyant, on croit à un canular. Il s’agit
en gros d’un 6218Plus
sans clavier, utilisant des cartouches et livrée avec des gamepads
copiés sur ceux de la NES.
Cette fois le subterfuge ne prend pas et cette console qui ose s’afficher
auprès des Megadrive et
SuperNES
et dont le nombre de jeux se limite à 27, est un des plus gros bides
de l’histoire des consoles (à noter que les cartouches
GX-4000 sont utilisables
sur les CPC464+ et CPC6128+).
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Burnin'
Rubber, un des rares jeux pour GX-4000. |
Abandon
Le
flop de la GX-4000, le vieillissement
de la gamme CPC, et une certaine
incapacité à suivre la course technologique que se livrent les fabricants
de micros 16-bits vont conduire Alan Sugar, vers 1992, à décider d’en
finir avec la micro-informatique. Amstrad continue aujourd’hui
de fabriquer avec succès des appareils hi-fi, vidéo, des magnétoscopes
(on se souvient de leur double VHS spécial copie qui a fait un carton
dans les années 90), dont le look grisâtre et bon marché est toujours
très proche de celui des premiers CPC,
malgré les années qui passent. La compagnie a totalement laissé tomber
tout ce qui concerne ses micro-ordinateurs, service après-vente comme
pièces détachées. Cela ne gêne pas les fans qui continuent de s’échanger
des conseils et bidouilles leur permettant de continuer à faire fonctionner
ces machines qui utilisent une technologie très courante (à part les
disquettes 3 pouces devenues rares). Reste que ces ordinateurs ont
marqué à vie leurs possesseurs, qui leur doivent d’avoir pu
jouer à des conversions de jeux d’arcade de bonne qualité, des
jeux de rôles ou d’aventure, toute l’extraordinaire diversité
de la production ludique 8-bits des années 80.
Les
Jeux
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APB. |
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La
ludothèque des CPC464 et
6128 est sensiblement la
même que celle des C64, Oric
Atmos, Spectrum ou
(dans une certaine mesure) MSX.
Il s’agit au départ de titres développés pour la plupart par
des Britanniques, dont certains sont devenus des sommités mondiales
du jeu vidéo (Peter Molyneux,
Geoff Crammond, Ian
Bell, Martin Edmonson,
Jeff Minter...). On l’a
dit, les CPC de première
génération, les plus courants, se caractérisent par des graphismes
grossiers et peu colorés, la plupart du temps affichés en 160x200-16
couleurs (pour ceux qui avaient le moniteur couleur). Néanmoins ils
s'avéraient suffisamment performants dans l’affichage des sprites
et des scrollings, les deux éléments déterminants des jeux d’action
sur 8-bits, pour compenser la faiblesse de leurs résolutions
graphiques.
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Beyond
the Ice Palace. |
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Ainsi,
les jeux sur CPC atteignaient-ils
sans problème la vitesse des versions C64,
tout en étant souvent moins beaux. Cela a suffi amplement à satisfaire
tous les possesseurs de ces machines, à une époque où l’on s’attachait
volontiers à l’ordinateur qu’on possédait au point de
le considérer en toute mauvaise foi meilleur que les autres (croyez-le,
c'est du vécu).
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Pick'n'Pile. |
Ranarama. |
Lorsque
les ST et Amiga
sont sortis, et que leur fabricant a largement encouragé la production
de jeux, les développeurs se sont contentés dans un premier temps
d’adapter les standards des 8-bits sans chercher à
en améliorer les graphismes. Cela a permis au CPC6128
de continuer à faire illusion. On se souvient notamment de Barbarian
de Palace Software, jeu de baston le plus viril de tous les temps,
dont la version Amstrad était
une des meilleures disponibles, tout comme Beyond the Ice
Palace. Les jeux d’aventures furent légion, également,
comme les classiques Explora, Sapiens
et l'Aigle d'Or,
d’origine française, tout comme le très rare La Geste
d'Artillac, ambitieuse aventure semi-textuelle d’inspiration
médiévale développée par Infogrames. La liste de ces jeux, parmi lesquels
on trouve le meilleur comme le pire, est énorme : au moins 2600 titres.
Elle est seule et unique responsable du succès des CPC,
ce qui en fait des ordinateurs indissociables de l’histoire
des jeux vidéo.
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Conclusion
Rien
d’autre à ajouter, si ce n’est que les ordinateurs Amstrad,
comme tous ceux utilisant le Z80
comme CPU, sont très bien émulés sur PC, et que tous les
jeux ou presque sont stockés quelque part sur le net, et vous attendent.
Voir
en page téléchargement l’émulateur Multi-Machine, mais existent
aussi (liste non exhaustive et à vérifier, car non mise à jour) :
- Arnimedes,
- Arnold,
- CaPriCe32,
- CPCE,
- CEC-em,
- CPCEmu,
- CPC Emulator,
- Joyce,
- NC100d,
- PC-CPC WinApe,
- Yage,
- CoPaCabana.
Vous
avez le choix ! Tous ces émulateurs sont disponibles dans les sites
que nous donnons en page liens
de téléchargement.
Laurent