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Doom II : No Rest for the Living
Année : 2010
Système : Xbox 360
Développeur : Nerve
Éditeur : Bethesda Softworks
Genre : Action / FPS
Par Tonton Ben (27 décembre 2010)

Il aura fallu attendre pas moins de quatre ans avant de voir débouler sur le Xbox Live Arcade la suite du plus gros titre Pécé de tous les temps : Doom.

Il aurait été étonnant que cette pépite de l’âge d’or du DOS ne fasse pas partie du catalogue des titres téléchargeables sur ces supports déjà bien fournis en résurrection de gloires passées : avec Doom premier du nom, Wolfenstein 3D, Duke Nukem 3D ou Prince of Persia pour ne citer qu’eux étaient déjà disponibles pour notre plus grand bonheur.

Mais revenons à Doom II. Je ne redévelopperai pas le fond ici, pour les retardataires, la séance de rattrapage se trouve ici. Tout comme le premier épisode, Doom II a été porté par Nerve, avec à peu de choses près les mêmes qualités et les mêmes défauts.

Comme vous pouvez le constater, le nouvel épisode fait dans la dentelle.
Soyez assurés de toujours vous retrouver débordé par des hordes de monstres.

Commençons par les défauts : le jeu est techniquement inchangé. Certes, le visuel est compatible HD, mais la pixellisation originelle ne permet pas vraiment de s’en rendre compte. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’un critère déterminant : chez Grospixels, on aime ce genre de graphisme ! Je souhaite juste être parfaitement honnête avec vous, Doom II 2010 ne révolutionne pas Doom II. Il n’y a pas non plus de mode 16:9, juste une option de zoom de l’écran de jeu éfaut.

Allez, on en a terminé avec les défauts. Le reste n’est que du bonheur en barre.

Doom II XBLA, c’est beau comme Doom II pécé, c’est fluide et rapide, ça vous immerge dès les premières secondes avec ses bruitages d’anthologie et ses musiques oppressantes, son level-design incroyable, son bestiaire très fourni, et ses armes – rah, ses armes !

Doom II XBLA, c’est surtout super jouable, et c’est là qu’on se dit qu’un pad moderne de console pour les vieux Doom-like, c’est peut-être ce qui se fait de mieux, une idée qui m’aurait fait bondir à l’époque. L’association des déplacements sur les deux sticks de la manette – le gauche contrôle les déplacements en ligne droite et latéraux, le stick droit les rotations – permet des mouvements très souples et bien plus évidents qu’avec un clavier. Contourner les hordes ennemies et les projectiles devient aisé, et la gâchette droite pour les tirs s’impose comme évidence.

Ne jamais négliger le fusil à pompe, il consomme deux fois moins de cartouches que le fusil de chasse.
Le fusil à plasma vous sauvera plus d’une fois la mise, à sortir en cas d’urgence.

J’avoue avoir été inquiet quant à la gestion de la rotation des armes et de leur sélection, la plaie classique des consoleux avec les FPS (c'est-à-dire une rotation de l’inventaire avec un bouton pour aller en arrière, et un second pour aller en avant, l’enfer pour aller attraper la gatling qui se trouve au milieu), et là, Nerve m’a épaté : ils ont affecté cette sélection sur la croix directionnelle, avec une répartition judicieuse de l’arsenal.

Les armes sont réparties en quatre catégories, chacune sur une des flèches : à droite, le flingue et la gatling ; en bas, le poing, la tronçonneuse et le lance-roquette ; à gauche, le fusil à pompe et le fusil à canon scié, et en haut, le fusil à plasma et le BFG9000. Si vous voulez attraper la gatling en plein gunfight, deux pression à droite, et c’est parti. C’est ingénieux, intuitif, c’est une réussite.

Le gros atout de Doom II (comme Doom premier du nom) sur XBLA, c’est évidemment son mode multijoueurs : grâce au support XBLA, créer une partie mulitjoueur à quatre est enfantin. Et là, se mettre sur la tronche avec de parfaits inconnus (ou des potes, c’est selon) à un jeu de 1994, dans son salon, c’est un rêve de rétrogamer qui se réalise, des sensations oubliées qui ressurgissent à une vitesse pas croyable, on a l’impression que c’était hier. Grâce au XBLA, le rétrogaming et les nouvelles technologies travaillent ensemble pour notre plus grand bonheur. On peut même se mettre copieusement sur la tronche à quatre dans le salon, en écran splitté, façon Goldeneye sur Nintendo 64 ! La classe, quoi.

Les programmeurs ont eu la main lourde sur les Hell Knights, il y en a partout.
Ah, qu’il y a-t-il de mieux qu’une partie en coopération à deux en écran splitté ?

On aurait pu s’arrêter là, l’objectif était déjà atteint, comme avec Doom XBLA. Mais si Doom II XBLA est vendu à 800 MS Points (contre 400 pour Doom), c’est parce qu’il porte un nouveau sous-titre : No Rest for the Living. C’est la cerise sur le gâteau, Nerve a profité des quatre ans de délai (principalement dû au rachat de ID Software par Bethesda) pour nous concocter un épisode original, soit neuf nouveaux niveaux pour Doom II, comparables à ce qu’était Thy Flesh Consumed dans Ultimate Doom, c’est à dire un bon gros défi pour les vieux de la vieille (et j’en fais partie).

Une partie à quatre, pardi !
En Deathmatch ou en Coop, le jeu prend tout son sel dans ces conditions.

Ces niveaux sont accessibles à part de Doom II, il s’agit d’un nettoyage complémentaire de la Terre des hordes de l’Enfer. Ce qui signifie qu’on commence avec un pistolet et huit balles. Le niveau est généralement relevé, par la distribution parcimonieuse et progressive des armes, et des vagues énormes de monstres dans chaque niveau. Les parcours sont dans l’ensemble longs et parfois complexes, mais surtout, les secrets sont très bien cachés. Il n’y a aucune nouveauté dans cet épisode, mais tous les éléments classiques sont bien exploités, sans bug constaté. J’ai une pensée spéciale pour le niveau final, Tomb of Malevolent, qui mérite d’être découvert par soi-même (comme le reste du jeu d’ailleurs), vicieux et stressant au possible.

Les plus fins connaisseurs auront remarqué une modification substantielle du graphisme des Medikit : une pilule a remplacé la Croix-Rouge, pour une raison de copyright. À part cela, tout est là, et n’attend que vous (mon gamertag est dans ma signature de forum, pour celles et ceux qui souhaitent une explication de texte en règle sur le live).

Bon, à deux en local, les fenêtres de jeu sont tout de même plus grandes.
Ça permet d’avoir deux points de vue différents sur l’action, plutôt sympa !

Une dernière chose : Doom II s’apprécie en Ultraviolence, soit le quatrième niveau de difficulté, pas en dessous. Tout le jeu est pensé dans ce mode, et les succès de la version XBLA en dépendent. Jouer en niveau inférieur vous fera passer à côté de cette délicieuse sensation de manque de munitions et de vie (vers le niveau 10, Refueling Base), et de la multiple présence du Cyberdémon. Lesdits succès ne sont pas difficiles à avoir.

Tonton Ben
(27 décembre 2010)
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