

Un logo bien connu des rôlistes...
... un tentacule inquiétant...
Shadow of the Comet se présente comme
la rencontre entre deux éléments de
chez Infogrames : d’une part la continuité
de l’exploitation (réussie) de la licence
H.P. Lovecraft commencée avec Alone
in the Dark, et d’autre part l’utilisation
du moteur de jeu apparu avec Eternam.


Infogrames annonce la couleur.
Un titre très rétro.
Des lectures saines et recommandées.
Pour
la biographie de l’ami Howards Philips Lovecraft (1890-1937), je
vous renvoie à l’excellent article sur Alone
in the Dark. Tout ce que j’ajouterai, c’est que Shadow of
the Comet se repose en partie sur l’une des plus fameuses nouvelles de l’auteur,
à savoir ‘Le cauchemar d’Innsmouth’. Histoire de se détacher
de la source inspiratrice, la ville se nomme ‘Illsmouth’.
Le
jeu relate l’aventure de John T. Parker, journaliste scientifique qui part
observer la comète de Halley, lors de son passage en 1910, à Illsmouth,
petit village reculé de la Nouvelle-Angleterre, point d’observation
privilégié.
Les
ennuis commencent à apparaître lorsque notre reporter assiste en
pleine nuit à des manifestations étranges de la part d’un
culte local aux desseins noirs, et dont les projets néfastes se confirment
avec l’assassinat du bibliothécaire local. Durant ces trois jours,
et surtout ces trois nuits qui composeront cette aventure, Parker va découvrir
le secret terrifiant que gardent les habitants d’Illmouth, et devra mettre
fin au complot dément qui s’y trame.


Le héros ! Svelte, fringuant...
... mais qui ne peut s’empêcher de fouiner chez les gens.
Les décors sont de Roger Hart...
Shadow
of the Comet se présente comme un jeu d’aventure classique, avec
des spécificités héritées de son grand frère
Eternam. On y contrôle donc l’ami
Parker dans des décors bitmap avec une fausse perspective, le tout au clavier,
avec la possibilité d’effectuer une série d’actions
classiques comme parler, prendre, utiliser, examiner… De même, le
système intelligent de repérage des objets (affiché par un
trait pointillé entre le personnage et le-dit objet) est de nouveau employé.
Très pratique, une fois de plus. Les alternances de jour et de nuit ont
été également gardées, à la différence
que les phases sont cette fois-ci provoquées par un élément
déclencheur, et non plus naturellement et indépendamment cycliques.
Enfin, tout comme Eternam, les décors ont été digitalisés
et intégrés afin de donner un rendu très réaliste
au jeu.


Un bien beau manoir, de jour...
... et de nuit. Il faut vraiment y pénétrer ?
..., les costumes de Donald Cardwell.
Première
variante, fini les passages troidé en extérieur ! Etant donné
que l’ensemble du jeu se déroule dans un lieu bien défini,
elles n’avaient plus leur utilité. Deuxième changement : alors
qu’Eternam arborait fièrement un environnement cartoon, Shadow of
the Comet se veut résolument sombre et inquiétant. Ce qui implique
que le style graphique employé pour les animations des visages a été
changé. Le résultat est splendide ! Les visages reflètent
l’état d’esprit des protagonistes, dont très peu semblent
à peu près normaux. Il est particulièrement difficile de
déterminer avec certitude quels sont ceux à qui l’on peut
vraiment se fier. Même le visage du héros se modifie au cours de
l’aventure, au gré des abominations découvertes. Les scènes
animées sont toujours de la partie, et contribuent grandement à
illustrer les diverses actions essentielles. Le tout est desservi par un VGA qui
pêche de nos jours par une pixellisation apparente des graphismes, mais
qui reste agréable car on se fait assez vite à la résolution.
Des bruitages digitalisés viennent ponctuer certains évènements,
et la musique accompagne les passages dramatiques.


Une bien belle rencontre.
On est aussi amené à en faire de mauvaises.
Promenons-nous, dans les bois...
Amateurs
de défis relevés, régalez-vous ! Shadow of the Comet comporte
de nombreux éléments destinés à s’arracher les
cheveux. Le principal point de torture se situe dans le déroulement même
de l’aventure : avec la trentaine de personnages vaquant à ses occupations,
Parker va devoir solliciter très régulièrement les services
ou les connaissances de chacun d’entre eux. Les allers-retours sont fréquents,
la recherche d’un habitant précis peut parfois se révéler
douloureux tant il peut s'avérer difficile de se repérer dans le
village, plus vaste qu’il n’y parait de prime abord. Certains lieux
sont d’ailleurs volontairement labyrinthiques, je pense entre autres à
la forêt, ainsi qu’à d’autres passages vraiment tendus.
Les intérieurs ne sont pas en reste, le terrain à couvrir est large.


Mais c’est l’ami écureuil !
Le système de jeu, toujours aussi efficace.
On
peut aussi citer quelques actions à effectuer qui ne sont pas du tout suggérées
au cours du jeu... Sans les nommer, à un voire deux moments précis,
on tourne un peu sans savoir quoi faire, et surtout sans connaître l’endroit
précis où réaliser l’action. Un défaut certes
frustrant, mais qui sent bon le jeu à l’ancienne, celui qui ne fait
rien pour aider le joueur. L’intensité monte en flèche lorsque
l’on aborde les puzzles : des casses-têtes sont proposés à
quelques endroits de l’aventure, et si leur principe apparaît limpide,
les solutions sont extrêmement compliquées à mettre en place.
Si vous ne trouvez pas au bout de 15 minutes, relancez la sauvegarde et recommencez.
Faites aussi une liste des possibilités, et rayez les tentatives. Pour
terminer, les fins malheureuses et brutales sont toujours de la partie. Elles
sont néanmoins moins fréquentes que dans Eternam, et regroupées
dans des sections précises de l’aventure, où le danger se
manifeste. Au moins l’on sait lorsqu’il faut se tenir sur ses gardes.


Mais, c’est... raaah, l’acteur, là..
Le jeu est truffé de très belles animations.
En bonus sur le dévédé...
Ou
plutôt sur le cédé, mais c’est déjà pas
mal : les voix anglaises ! Excellent pour réviser la langue de Shakespeare,
même s’il apparaît une légère désynchronisation
entre les dialogues écrits et oraux. Rien de grave néanmoins. Le
contrôle à la souris a aussi été ajouté, mais
c’est totalement anecdotique, le jeu n’ayant jamais été
pensé pour ça. Enfin, et c’est le plus gros intérêt,
une section supplémentaire est disponible, et il s’agit du musée
de H.P. Lovecraft ! Les œuvres majeures du maître y sont exposées,
les connaisseurs apprécieront. A noter qu’Infogrames avait annoncé
des énigmes et des personnages supplémentaires pour la version cédé
(à lire sur la boite du jeu): il n’en est rien. Pas de nouvelles
énigmes, et seuls deux habitants ont été ajouté :
une dame et sa fille, qui apparaissent furtivement le premier jour dans le village.


Une belle brochette de cinglés.
Notre héros ne va pas tarder à en faire partie, d’ailleurs.
On préfère rester tout seul dans le noir ?
Ne
vous y trompez pas : Shadow of the Comet est un jeu d’aventure transcendant,
une expérience incroyablement réussie. Avec un scénario maîtrisé,
une intrigue riche en rebondissements et un défi ludique à la hauteur
des joueurs expérimentés (ou de ceux qui aspirent à le devenir),
ce titre consacre les talents d’Infogrames en matière de jeu d’aventure.
L’expérience se terminera avec Prisoner of Ice, sa suite plus ou
moins directe, mais ceci est une autre histoire...
Shadow
of the Comet est une perle à découvrir, ou à relancer d’urgence.


Que c’est beau, une ville, la nuit...
... le cimetière n’est pas mal non plus.
Tonton
Ben, envahi par les prémonitions de Nyarlathotep.