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Brève histoire des jeux vidéo (5/8)

 

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2003

Sony ne lâche pas les rennes
2003 est une nouvelle année de règne sur le monde des jeux vidéo pour Sony. Pourtant, la concurrence dispose de meilleures armes que l'an dernier, mais rien n'y fait, la PS2 caracole en tête des ventes, principalement au Japon. Les éditeurs, du coup, lui réservent leurs meilleures exclusivités. Silent Hill 3 aborde la narration horrifique sous un angle différent mais n'en reste pas moins un chef-d'oeuvre, la série Pro Evolution Soccer s'enrichit encore avec le troisième opus, Hideo Kojima, toujours pour Konami, signe Zoe Anubis, un indispensable à base de combats de Mechas dantesques, d'ambiance japanime et de musiques sublimes... Seul le rayon RPG semble moins fourni que sur la première Playstation. On se consolera tout de même avec Star Ocean 3, signé Tri-Ace, les artistes responsable de Valkyrie Profile qui ont ici donné naissance à ce que certains nomme le "véritable RPG de la nouvelle génération". Quelques bugs nuisent au succès du jeu au Japon, mais une version "Director's Cut" est prévue pour 2004 qui corrigera le tout. Signalons aussi Dark Cloud, nouvelle référence du donjon/RPG, sans oublier le controversé Xenosaga Episode 1 (toujours au Japon). Les fans de Gran Turismo, GTA et Metal Gear Solid devront attendre l'an prochain pour avoir droit à du nouveau, mais grâce à une habile manoeuvre comerciale de Sony ils auront pu dès Noël 2003 jouer en exclusivité PS2 à des jeux prévus pour être multi-plate-forme, mais qui ne le deviendront que début 2004 : Prince of Persia - Sands of time, retour en force de cette série mythique qui s'inspire de Devil May Cry (de l'aveu même des développeurs) et Beyond Good & Evil, excellent titre signé Michel Ancel (créateur de Rayman) qui n'a pas à rougir face à un Zelda 3d. Ajouté à ces deux titres, XIII (multi-plate-forme dès sa sortie), très bon FPS en cell-shading inspiré de la BD, achève de prouver que Ubi Soft est devenu aussi novateur et constant dans la qualité qu'un Konami ou un Capcom. Avec un tel raz-de-marée de jeux (la ludothèque PS2 atteint les 850 titres fin 2003), qui sont aptes à satisfaire pleinement les joueurs japonais, américains et Européens, le grand public comme les hardcore gamers ou même les retro-gamers (avec quelques excellents titres en 2d), la PS2 reste la console de salon la plus vendue et surtout la plus active, et de loin. Signalons enfin le Eye-toy, petite webcam pour PS2 qui permet au joueur de faire partie intégrante des mini-jeux avec lesquels elle est vendue, et la montée en puissance du jeu on-line sur PS2, avec des titres comme SOCOM, Everquest Online Adventure ou Destruction Derby Arena.


Nintendo tient bon la rampe

L'année 2003 est assez mal partie pour la Game Cube, en raison notamment d'une actualité trop calme au niveau des sorties de jeux. Nintendo a réagi à la rentrée avec une baisse de prix drastique. La Game Cube est désormais vendue 99€, un prix comparable à celui de la PS1 ! (à noter que du coup celle-ci tire définitivement sa révérence, après presque 10 ans d'une carrière fabuleuse). Cette fois, les joueurs vont enfin réagir favorablement, la sortie de quelques titres remarquables les y aidant fortement. Les ventes de Noël seront ainsi très satisfaisantes pour la NGC, notamment en Europe et aux USA, où elle rattrape son léger retard sur la Xbox. Du côté des jeux, le bilan est positif, sur la qualité sinon sur la quantité : Entre un F-Zero GX (première alliance historique entre Sega le développeur et Nintendo l'éditeur) d'une beauté et d'une rapidité à peine croyables, un Zelda – The Wind Waker qui vous transporte dans un véritable dessin animé interactif, un Mario Party 5 qui s'impose comme un summum de convivialité, un Viewtiful Joe qui réinvente le beat'em'up et le cell-shading, un Metroid Prime plebiscité comme un des meilleurs jeux de l'année, et un Skies of Arcadia (RPG fétiche de la Dreamcast) revisité, le moins qu'on puisse dire est qu'il y a de quoi faire, sans oublier Resident Evil 0, et surtout Mario Kart DD, un des jeux les plus vendus de l'année toutes machines confondues, qui est tout de même une déception pour le fan de la série en raison d'une réalisation et d'un design pas aussi révolutionnaires qu'on aurait souhaité (les modes multi-joueurs rattrapent le coup). Sega et Capcom fournissent aussi à la machine quelques titres excellents qui contribuent à forger son identité ludique : PN03 (conçu par l'auteur de Resident Evil) et Billy Hatcher and the Giant Egg (nouveau jeu de la Sonic Team), sont des jeux très attachants qui ne connaissent d'équivalent ni sur PS2 ni sur Xbox. En revanche, Nintendo est toujours sourd aux sirènes du on-line. Les modems 56k et ADSL pour la console ont bien été commercialisés, mais seul le jeu Phantasy Star Online, de Sega, est opérationnel sur Game Cube dans ce domaine, et ce n'est pas une exclusivité.


Microsoft insiste
Tout comme la Game Cube, la Xbox a connu une année 2003 plus favorable que la précédente sur le plan des sorties de jeux, même si un vrai manque de diversité dans les genres est à déplorer. En termes de présence sur le marché global des jeux vidéo, elle fait jeu égal avec la console de Nintendo. Autrement dit elle joue un rôle de second plan mais on ne l'oublie pas, seuls les japonais continuant de ne pas vouloir en entendre parler (mais alors pas du tout). Après des débuts hasardeux Microsoft a enfin retrouvé son flair en tant qu'éditeur de jeux, et offre cette année à sa console une superbe brochette : Top Spin, meilleur simulation de tennis jamais vue et made in France s'il vous plait, Crimson Skies, superbe shoot'em up en 3d à bord de vieux coucous, Project Gotham Racing 2, monumental jeu de course auto qui tient toutes ses promesses, se sont tout de suite imposés comme des jeux indispensables sur la console, dont ils exploitent parfaitement ses possibilités multi-joueur. Moins décisifs mais tout de même sympathiques, Voodo Vince et Grabbed by the Ghoulies (premier jeu développé sur Xbox par le studio Rare, ancienne star sur les consoles Nintendo que Microsoft a racheté) ne mettent pas tout le monde d'accord mais aident la machine à rattraper son retard dans le genre plate-forme, de même que Amped 2, simulation de snowboard un rien trop exigeante, fait bonne figure dans la catégorie sportive. Les autres éditeurs ne sont pas en reste et ont offert à la Xbox quelques exclus savoureuses : Capcom avec Steel Battalion (une simulation de Mecha fascinante vendue avec un joystick monstrueux dont on pensait que de telles choses ne seraient plus lancées sur un marché des consoles si frileux), Sega avec Panzer Dragoon Orta (sublime suite des épisodes sortis sur Saturn) et Otogi (un beat'em up en 3d à l'ambiance très japonaise), LucasArts avec Star Wars Kotor (un fabuleux RPG dans l'univers de Star Wars réalisé par les auteurs de Baldur's Gate), Eidos avec Deus Ex 2 (qui ne déçoit pas malgré un gameplay simplifié) et Ubi Soft avec Rainbow Six 3 (exclusivité temporaire Xbox qui reçoit un très bon accueil). Quelques conversions (avec des graphismes plus fins, des effets spéciaux à gogo et une bande son personnalisée) de hits PS2 comme GTA3/Vice City, PES3 (peut-être), Manhunt et Silent Hill 4 sont annoncées pour début 2004 pour faire du pied au grand public, mais de gros jeux attendus cette année (Fable, Halo 2, Half-life 2, Ninja Gaiden) n'étaient pas au rendez vous, repoussés pour des raisons plus ou moins valables. Côté on-line, le XBox-live reste ce qui se fait de mieux sur le marché des consoles, même si celui-ci ne concerne pas plus d'un utilisateur de la console sur 10, score jugé insuffisant par Microsoft.


Les portables en folie
Avec un incontournable Final Fantasy Tactic Advance, un OVNI délicieux comme Wario Ware Inc., un Mario&Luigi Superstar Saga surprenant et quelques autres très bons titres comme Advance Wars 2, la GBA tient toujours le haut du pavé dans le domaine des portables. Nintendo lui doit presque sa survie financière, du reste, avec notamment d'excellentes ventes pour le nouveau modèle (GBA SP) qui corrige la plupart des problèmes de l'original (tout en en introduisant d'autres, diront certains). D'autres constructeurs s'essaient du coup sur ce marché : Sony annonce la PSP, une console portable d'une puissance comparable à la Playstation 1 au design très abouti qui ne sortira qu'en 2004, la GP32 de Game Park, avec ses possibilités énormes dans le domaine de l'émulation et du multimédia, continue de glaner de nouveaux adeptes malgré l'annulation de sa sortie européenne et son manque de jeux originaux, et Nokia se lance dans l'arène avec la N-Gage. Cette console qui fait également office de téléphone portable possède un harware plus puissant que celui de la GBA (on lui prédit d'excellents jeux en 3d), et d'alléchantes possibilités de jeu multi-joueur sns fil. Hélas, son prix élevé, son ergonomie douteuse et son écran curieusement vertical font changer de trottoir les joueurs tandis que la majeure partie des amateurs de téléphonie portable ne savent même pas qu'elle existe. Un flop inévitable. Du côté des outsiders, la WonderSwan jette l'éponge, et régulièrement de nouvelles machines au destin éphémère sortent, comme la Gametrac (photo ci-dessus) de Tiger Telematics ou la FreeOn.


Le PC de retour ?

On commençait à croire que le jeu vidéo sur PC était en train de mourir, ou du moins de se cantonner aux MMORPG et aux FPS nauséabonds dont les éditeurs sur console ne veulent pas. 2003 marque un retour à quelque chose de plus alléchant, grâce aux efforts des éditeurs qui oeuvrent dans le multi-plate-forme exhaustif, comme Ubi Soft qui s'est fendu d'une version PC de tous ses excellents jeux sortis cette année (Beyond Good & Evil, Prince of Persia, Splinter Cell, XIII...). On note aussi l'arrivée en fanfare d'un extraordinaire Flight Simulator 2004, d'un passionnant Sim City 4 : Rush Hour, d'un impressionnant Command&Conquer Generals et d'un réjouissant Tron 2.0, sans oublier quelques conversions Xbox bienvenues (Star Wars KOTOR, Halo). Konami crée aussi l'évènement avec l'adaptation de PES3, faisant du PC l'alternative à la PS2 pour jouer à ce hit. Comment ne pas s'enthousiasmer pour le joli succès commercial obtenu par Runaway (no1 dans plusieurs pays européens pendant de longues semaines) ? Ce jeu d'aventure click&play d'une facture devenue par la force des choses old-school, réalisé par un studio espagnol (Pendulo) et édité par des français (Focus Interactive) plutôt futés à qui la prise de risque ne fait pas peur, prouve que le PC peut encore être précurseur, puisque par la suite seront mis en chantier chez les gros éditeurs des titres similaires sur les consoles du moment (on annonce notamment un nouveau Leisure Suite Larry sur Xbox). Enfin, Max Payne 2, même s'il ne réserve pas la moindre surprise au joueur en matière de gameplay, confirme que la puissance graphique monstrueuse des PC d'aujourd'hui peut encore servir l'immersion et la solidité narrative d'un jeu vidéo. Seul bémol dans ce tableau enthousiasmant : La lamentable affaire Half-life 2. Alors que des millions de joueurs étaient prêts à retourner vers leur PC pour ce chef-d'oeuvre annoncé, un crétin n'a rien trouvé de mieux qu'en faire circuler les codes sources sur le net. Du coup le jeu s'est vu repousser à une date ultérieure, très ultérieure (il n'est même plus garanti qu'il sortira un jour).

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