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Brève histoire des jeux vidéo (4/8)

 

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2002

La Game Cube fait du demi-fond

Après un démarrage timide, la Game Cube a gagné peu à peu des forces durant l'été, et grâce à la sortie d'excellents titres dans lesquels s'est défini un style graphique nouveau, finit l'année en beauté. On peut même lui prédire un futur maillot jaune, lorsque la PS2 entamera son vieillissement commercial. Nintendo a bien joué le coup et limité les dégâts en lançant une console axée uniquement sur les jeux, moins chère que les autres, conçue avec un savoir-faire technologique hallucinant et dont le prix n'a pas trop été baissé durant les premiers mois de sa commercialisation (le contexte dans lequel la NGC est apparue était pourtant catastrophique pour tout autre acteur du marché que Sony). Avec des titres remarquables comme Starfox Adventure, Mario Party 4, Resident Evil, Pikmin, Super Monkey Ball ou Bomberman Generation, qui savent parler aux vrais fans de jeux vidéo tout en séduisant le grand public par leur beauté, on parle de plus en plus de cette console qui n'a pas encore tout dit, loin de là. C'est un véritable exploit de la part de Nintendo d'avoir renoué avec le grand public qui avait gardé en tête l'image négative de la N64. Avec la sortie d'un Zelda-The Wind Wakers qui s'annonce phénoménal, l'année 2003 sera l'année Game Cube ou ne sera p.... bon ok j'arrête.

Billou joue les père-noël et boit la tasse
Chaque mois de l'année qui s'achève n'aura fait que confirmer les craintes initiales : La XBox est, pour l'instant, un échec commercial. Aux USA ça va encore, mais en Europe c'est timide et au Japon c'est un bide inexplicable tant il est absolu. Pourtant ce n'est pas faute (même si la console a finalement renoncé à se connecter toute seul au net et se contente d'une carte Ethernet) d'être une machine extraordinaire et d'avoir des jeux exceptionnels à son catalogue (Silent Hill 2, The Thing, Splinter Cell, Halo, DOA3, Jet Set Radio Future, Shenmue 2...), ni pour Microsoft d'avoir fait des efforts en divisant le prix de sa console par deux dès le premier mois de sa sortie, pour la ramener au niveau de celui de la PS2, et en rachetant pour 375 millions de dollars (!) Rare, un des développeurs les plus sûrs au monde. Mieux que ça, pour les fêtes de Noël, la XBox est vendue dans un package comprenant les deux meilleurs jeux Sega de son catalogue, pour un prix encore revu à la baisse ! C'est la promotion la plus agressive qu'on ait jamais vu sur ce marché, et ce n'est qu'un début. Pour un prix plus élevé, la PS2 ne prend même pas la peine d'embarquer le moindre jeu avant d'investir le salon du joueur, qui pourtant, dans bien des cas, continue à la préférer à cette séduisante boîte noire. Seule consolation pour Microsoft : la réussite unanimement saluée du XBox live, service de jeu en ligne très performant comme on n'en a jamais vu sur console (ni même sur PC), et qui marque l'avènement grand public du jeu en ligne sur console. Seul bémol : Il nécessite d'avoir une connexion ADSL et le modem idoine. La XBox devra attendre 2003 pour trouver son rythme de croisière, et elle fait perdre à Microsoft des sommes qui mettrait à genoux n'importe quelle autre compagnie.

Les jeux de l'année

2002 confirme ce qui s'était senti fin 2001 : Les jeux vidéo sont en train de connaître une période de prospérité et de créativité historique. On peut même se demander si on n'est pas au sommet. L'année a vu défiler les grands jeux sur tous les systèmes : Metal Gear Solid 2, sur PS2, explore de nouvelles voies narratives au travers d'un scénario très ambitieux mais brouillon sur la fin, ce qui ne nuit pas (trop) à son intérêt en tant que jeu vidéo. Warcraft III, évènement PC de l'année, confirme que Blizzard est une valeur sûre, et prend des allures de RTS crépusculaire (du moins l'espère-t-on, tant le genre tourne en rond). The Thing, sur PC et XBox, crée une (toute) petite révolution dans le domaine du survival horror, GTA3 Vice City confirme l'énorme attirance suscitée par le premier épisode avec un jeu toujours aussi passionnant (et toujours aussi contestable), Unreal Tournament 2003, sur PC, ouvre brillamment les hostilités dans la nouvelle guerre des FPS et des cartes vidéo. Halo, sur XBox, terrasse tous ceux qui pensaient qu'un FPS sur console ne pouvait se jouer correctement. Mafia, dans un registre plus subtil que son cousin GTA3, époustoufle sur PC. Super Mario Sunshine, s'il n'est pas la révolution attendue (sa parenté avec Super Mario 64 et son côté inachevé sont un peu trop visibles), est un véritable trésor de fun, de beauté et de jouabilité. Le Resident Evil de la Game Cube est d'une beauté à couper le souffle et insuffle un lot de nouveautés appréciables. Capcom reste roi dans son domaine. Le succès de Final Fantasy X sur PS2 confirme une fois de plus que la série phare de Squaresoft est toujours aussi populaire et ce n'est que justice, ce dixième opus étant un des plus fameux de la saga. Kingdom Heart, une co-production Squaresoft/Disney, est une véritable surprise puisque cet Action/RPG est bien plus profond qu'il n'y parait, et sa réalisation soignée enfonce le clou (jamais les personnages de l'oncle Walt ne furent si beaux dans un jeu vidéo). Splinter Cell sur XBox est bien le tueur de MGS2, ses possibilités énormes au niveau du gameplay et la diversité ahurissante des lieux et de leurs architectures faisant de ce titre un incontournable (1.600.000 exemplaires vendus sur la boite à Billou !) qui s'apprête à envahir abondamment les autres plates formes en 2003. Pro Evolution 2 de Konami fait vibrer les fans de simulation sportive et les autres, jamais jeu de foot ne fut si prenant. On pourrait étendre la liste sur de nombreuses pages.


Ses dernières paroles furent... Ikaruga !
4 ans après Radiant Silvergun sur Saturn, Treasure a encore frappé, et voilà que c'est sur Dreamcast qu'un des plus merveilleux jeux du moment est sorti, probablement le dernier titre important pour la 128-bits Sega. Ikaruga s'impose comme le shoot'em'up de l'année. Des graphismes à tomber par terre, une jouabilité réglée au quart de pixel qui transforme l'énorme difficulté du jeu en parcours initiatique, une richesse de jeu étonnante, une bande sonore mélodramatique... Ce jeu est un véritable trip dans lequel on se plonge au mépris de tout autre considération. On s'y adonne à fond, ou on l'évite, effrayé par la leçon d'humilité qu'il représente. En Europe, seule une poignée d'allumés ont été présents pour saluer l'évènement, n'hésitant pas à débourser des sommes déraisonnables pour se procurer un import japonais, mais la sortie sur Game Cube en 2003 chez Infogrames (Atari, devrais-je dire) devrait permettre au jeu une reconnaissance plus large, si tant est que certains jugements à l'emporte pièce soient évités (soyons optimistes, allez). La version Dreamcast est peut-être moins aboutie que celle sur Game Cube (qui devrait comporter plus de niveaux et de modes de jeux), mais elle fera toujours figure de manifeste.

Sony : au dessus de la mélée
Sans répondre aux stratégies agressives que se sont imposées ses concurrents, sans même forcer sur le marketing (ça s'est pas mal calmé cette année), la PS2 reste très loin au dessus des autres consoles en terme de ventes, et surtout de considération. Rares sont, fin 2002, les avis qui s'expriment autrement que pour décrire son achat comme inéluctable. Il faut dire qu'elle a accumulé, en trois ans, une quantité phénoménale de jeux qui sont parfois les meilleurs dans leur genre (Pro Evolution Soccer 1&2, Gran Turismo 3, Metal Gear Solid 2, Burn Out 2, Devil May Cry 1&2, Tekken 4, Contra Shattered Soldier...), et récupéré les licences les plus juteuses. La PS2 ne trahit pas trop son retard technologique si on en juge aux jeux eux-mêmes, et se prépare à entamer sa troisième année de suprématie. Ce sera probablement la dernière, et on ne sait rien de l'après PS2 (si ce ne sont quelques rumeurs abracadabrantes). Mais rien ne presse.


Sega : dur dur d'être no1
Après s'être recentré sur le développement et l'édition de jeux, Sega s'était promis de jouer un rôle de premier plan. La bilan commercial de l'année 2002 est très mauvais (-72% sur les prévisions de ventes) mais le plus grave est que ça n'a rien de scandaleux : Les adaptations de hits Dreamcast bâclées à la va-vite sur XBox, PC, PS2 et Game Cube (Crazy Taxi, Virtua Tennis 1 et 2, Sonic Adventure 2, F355, Headhunter...) n'ont pas convaincu grand monde, et les produits plus ambitieux ont été lancés en dépit du bon sens : Shenmue 2 sur Xbox sort sans le premier épisode (juste un DVD-résumé) et non localisé, Jet Set Radio Future et Sega GT 2002 font figure de cadeau Bonux dans le pack XBox de Noël (un peu triste quand on voit la qualité de ces jeux). Certains jeux très attendus sont tout simplement ratés (Virtua Striker 3) et les titre annoncés pour l'an prochain ressemblent à une collection de vieux hits relookés qui seront vendus à bas prix. On croit rêver ! Dans l'esprit du grand public, le savoir-faire typiquement arcade de Sega est plus que jamais synonyme de durée de vie légère et de gameplay d'un autre âge. On n'en sort pas. Avec tout de même quelques réussites à retenir cette année (Super Monkey Ball, Virtua Fighter 4, Sega GT 2002), les fans gardent confiance dans la compagnie qui nous prépare peut-être un coup d'éclat extraordinaire justifiant toutes ces opérations mercantiles peu reluisantes (un Sonic qui tue et Shenmue 3 peut-être ?).

Rare et Nintendo : le divorce.
Eh oui, Nintendo a voulu se séparer des petits génies de Rare qui ont tant apporté au constructeur nippon (et spécialement à la N64). Pas assez rentable ! Le monde des jeux vidéo est décidément impitoyable et la reconnaissance est un sentiment inconnu au bataillon. Le papa de Banjo et Conker est allé frapper à la porte de Microsoft et il fut accueilli comme un prince. En 2003, il faut s'attendre à voir débarquer des merveilles made in England sur XBox !

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