IntroductionQu’est ce qu’un jeu vidéo ? Il s’agit au sens large d’un jeu électronique sur un support audiovisuel, dont le fonctionnement peut-être géré par un ordinateur capable de tâches diverses, ou par un circuit électronique dédié. Avant de se lancer dans une étude approfondie avec des articles détaillés sur chaque élément important, faisons une rétrospective des grandes dates de l’histoire des jeux vidéo.
Il convient d’abord d’estimer l’époque où tout a vraiment commencé, qui peut varier selon le point de vue. Les jeux vidéo sont associés aux ordinateurs dans la plupart des cas, mais pas question ici de retracer l’historique de l’informatique, dans la mesure où cela nous ferait remonter plusieurs siècles en arrière. Concentrons nous sur l’aspect ludique des choses. Aussi, notre histoire commence-t-elle aux Etats-Unis en 1951, année où un jeune ingénieur nommé Ralph Baer est chargé par ses employeurs, la société Loral Electronics, de concevoir un téléviseur ; non pas un téléviseur ordinaire, mais le meilleur jamais construit.
Ralph Baer et sa famille dans les années 50
Baer pense que pour rendre son appareil différent des autres, révolutionnaire, il doit y incorporer de quelque façon que ce soit une possibilité pour l’utilisateur de jouer. Ses employeurs refusent l’idée, et le produit s’avèrera n’être finalement qu’un récepteur de télévision comme les autres. Ralph Baer n’est donc pas entré dans l’histoire, mais on peut considérer qu’il est le premier à avoir eu l’idée d’un jeu vidéo. Il faut attendre 7 années de plus pour voir apparaître ce qui est peut-être la première tentative réussie de création d’un jeu vidéo, avec le travail du physicien Willy Higinbotham, qui programme pour le plaisir un jeu de tennis sur un oscilloscope mais ne juge pas opportun d'en déposer l'invention.

Willy Higinbotham (1912-1995) et son "tennis programming"
Quatre ans plus tard, en 1962, Steve Russel crée un jeu nommé Spacewar sur un DEC PDP-1, le premier mini-ordinateur, qui, pour l'époque, est révolutionnaire par son faible encombrement, son écran vectoriel et ses performances (comparé aux énormes machines de l'époque qui travaillent avec des cartes perforées) (merci à Serge Rossi pour ses infos). Spacewar est dans un sens le premier vrai jeu vidéo de l’histoire, si l’on considère que c’est le premier à utiliser un ordinateur.
Steve Russel (gauche) et ses collaborateurs du MIT mettant au point Spacewar
En 1971, Nolan Bushnell, alors âgé de 30 ans, entre à son tour dans l’histoire des jeux vidéo, après avoir eu l’occasion de jouer à Spacewar, en concevant la première machine d’arcade, Computer Space, un jeu très proche de Spacewar, puis Pong, jeu de tennis qui sera le premier succès commercial obtenu par un jeu vidéo. 1979 verra l’apparition de Space Invaders, venu du Japon, puis d’autres titres légendaires comme Centipede, Frogger, Asteroids ou Pac Man, qui feront du jeu vidéo une industrie de premier plan.
Les jeux vidéo, au cours de leur histoire, ont entraîné la création de compagnies dont le nom nous est familier. Atari, une compagnie américaine avec un nom Japonais, en est un exemple, tout comme les Japonais Sega et Nintendo, même si cette dernière est née bien avant l’éclosion de ce marché. D’autres grandes compagnies, au départ étrangères à l’univers du jeu vidéo, ont tenter de s’y intégrer. Ainsi la société Magnavox, responsable de l’Odyssey, la toute première console multi-jeu commercialisée, était une filiale de Philips, une compagnie aujourd’hui vieille de plus d’un siècle (tout comme Nintendo). Et qui aurait pu imaginer, dans les années 80, qu’un jour Sony ferait partie des grands noms du jeu vidéo, et en ferait sa principale activité, au dépends de la vidéo et de la hi-fi ? (voir les récents remaniements drastiques de personnel du géant Japonais).
Aujourd’hui, les jeux vidéo sont souvent accusés d’encourager les pulsions violentes des enfants. Les créateurs s’autocensurent, des avertissements et des âges minimums sont notifiés sur les emballages des jeux, et certains ont récemment frôlé l’interdiction pure et simple de vente. Cette dérive est souvent associée à notre époque, faite de violence, où les enfants sont habitués à s’abreuver d’images de meurtres, que ce soit dans les films, les bandes dessinées, où tout simplement au journal télévisé. Pourtant, à l’époque des toutes premières consoles de jeu, celles-ci étaient généralement vendues avec un pistolet (à cellule photo-électrique, mais d’un aspect très réaliste) utilisé dans certains jeux où il fallait tirer sur l’écran. La violence suggérée par les jeux vidéo n’a donc rien de nouveau ni de moderne. En fait, ceux-ci nous ont toujours donné une vision du futur.
1889-1970 : Quelques dates importantes
1889
Fusajiro Yamauchi monte une fabrique de cartes à jouer nommée Marufuku, qui produit un jeu de carte Japonais du nom d’Hanafuda. En 1907, Marufuku se lancera dans la fabrication de cartes à jouer occidentales, puis plus tard, en 1951, sera rebaptisée Nintendo Playing Card Company, le mot Nintendo signifiant « les dieux en décideront ».
1891
Gerard Philips, néerlandais, crée une société de fabrication de lampes électriques qui porte son nom.
1918
Konosuke Matsushita crée la Matsuchita Electric Housewares Manufacturing Works, qui durant les 70 années suivantes engendrera de nombreuses filiales, comme Panasonic.
1932
La Connecticut Leather Company est fondée par un immigré Russe du nom de Maurice Greenberg, et fabrique des chaussures en cuir. Au début des années 50, Leonard, le fils de Greenberg, invente une machine à couper le cuir, et la société, dont le nom est raccourci en Coleco, prospère dans la vente d’équipements de cordonnerie. Vers 1959, Leonard Greenberg invente une machine à fabriquer des moules en plastiques, et Coleco se reconvertit dans la fabrication de piscines pré-moulées.
1945
Dans leur atelier, Harold Matson et Elliot Handler fabriquent des cadres en bois. Ils fondent leur propre entreprise, Mattel, dont le nom est obtenu en combinant les noms Matson et Elliot.
Pendant ses loisirs, Elliot Handler utilise les chutes de bois de l’atelier pour construire des meubles miniatures pour maison de poupées.
1947
Akio Morita et Masaru Ibuka fondent la Tokyo Telecommunications Engineering Company, après avoir vu fonctionner un enregistreur à bande de fabrication américaine et décidé d’en produire un semblable.
En 1952, Ibuka et Morita achètent pour 25000$ une licence leur permettant d’être la première société non américaine à produire des transistors, invention de Bell Labs. Ils utilisent ces transistors, et la réduction d’encombrement qu’ils représentent par rapport aux relais à lampes, pour produire le premier poste de radio portable à piles du monde. La radio à transistors est un succès au Japon, et Ibuka et Morita cherchent à la lancer en Europe et aux USA. Réalisant que le nom Anglais de leur société est trop long, ils adoptent le nom de Sony, un mot inventé à partir de la racine latine sonus (son).
1951
Ralph Baer, ingénieur chez Loral, une société qui développe des instruments électroniques pour avions de combat, à pour instruction de « concevoir la meilleure télévision du monde ».
Il suggère à ses patrons d’inclure dans le récepteur un module interactif de jeu, mais l’idée est rejetée.
Schéma de la télévision ludique dessiné par R.Baer.
1954
David Rosen, un américain vétéran de la guerre de Corée, se souvient de la popularité auprès des soldats des machines à sous et des juke-box. Rentré au pays, il se lance dans l’exportation de ces machines vers les bases militaires américaines au Japon. Il fonde la société Service Games, et dans les années 60, décide de produire ses propres machines, et rachète une fabrique de juke-box de Tokyo. Les Japonais qui travaillent pour lui auront pour habitude de raccourcir le nom de la société étiqueté sur les machines, Service Games, en Se-Ga, et Rosen finira par adopter ce nom définitivement.
1958
Au Brookhaven National Laboratories, à New York, un physicien nommé Willy Higinbotham programme pour s’amuser un jeu de tennis sur l’écran d’un oscilloscope. Un an plus tard, il adapte son jeu sur un écran cathodique 15 pouces. Persuadé, à tort, qu’il n’a là rien inventé, il ne dépose pas son idée.
1962
Etudiant au MIT (Massachussets Institute of Technology), Steve Russel crée Spacewar, le premier jeu interactif sur support informatique, un PDP-1 (Programmed Data Processor-1), ordinateur construit par Digital. L’affichage du jeu se fait au moyens de caractères ASCII sur un écran vectoriel, et le système est basé sur un mini-ordinateur DEC PDP-1.
La même année, un certain Nolan Bushnell entre à l’université de l’Utah, et découvre Spacewar au laboratoire d’informatique.
1965
Nolan Bushnell obtient un job d’été au Salt Lake City Carnival, un parc d’attractions, où il tient une salle d’arcade remplie de jeux électroniques primitifs. L’idée lui vient de créer un jeu vidéo semblable à Spacewar à destination de telles salles de jeu. Le coût et l’encombrement énorme des systèmes informatiques de l’époque rend à ce stade la chose impossible.
Nolan Bushnell
1966
Ralph Baer, qui travaille maintenant chez Sanders Associates, et son équipe réussissent à faire fonctionner un jeu sur une télévision. Il développent un jeu de course automobile et un jeu de tennis, et modifient un pistolet d’enfant afin qu’il puisse identifier au moyen d’une cellule photo-électrique le déplacement d’un objet sur l’écran.
1968
Le jeu inventé par Baer est déposé, et les droits sont acquis par Sanders.
1970
La société Magnavox achète les droits du jeu de Baer à Sanders Associates.
Pendant ce temps, avec l’aide de Ted Dabney, Nolan Bushnell transforme la chambre de sa fille Britta en atelier électronique où les deux hommes travaillent sur une version de Spacewar exploitable en salle de jeu. Ils parviennent à mettre au point un système adaptable sur une télévision. Bushnell baptise son jeu Computer Space.
La fabriquant de jeux électroniques pour salles d’arcade Nutting Associates achète les droits d’exploitation de Computer Space et engage Bushnell.
Computer space.
1971-1977 : L’ère des jeux vidéo commence
1971
Nutting Associates lance le premier jeu vidéo d’arcade de l’histoire : Computer Space
1500 unités sont fabriquées. Les composants sont enfermés dans un caisson en bois de taille réduite au look futuriste, équipé d’un écran noir et blanc 13 pouces.
Le public boude Computer Space, trouvant peut-être le jeu trop difficile et complexe.
1972
Magnavox commence à fabriquer l’Odyssey.
Le système de jeu sur télévision de Baer est fabriqué en série. Sanders et Magnavox commencent à le montrer à différents distributeurs.
L’Odyssey est dévoilée.
Le 24 Mai 1972, Magnavox présente l’Odyssey lors d’une convention à Burlingame, Californie. Les gens de Nutting, persuadés d’être les seuls à travailler sur un concept de jeu vidéo, envoie Bushnell voir la machine. Celui-ci passe quelques minutes à jouer avec, et rapporte à ses patrons que l’Odyssey est un jeu inintéressant qui ne risque pas de leur faire grande concurrence.
L'Odyssey
Nolan Bushnell quitte Nutting Associates.
Computer Space se vend mal, et Bushnell comprend qu’il s’est trompé, que son jeu n’est pas assez abordable pour des joueurs qui découvrent ce type de produit pour la première fois. Il demande le feu vert à Nutting pour concevoir un nouveau jeu, plus simple, mais exige cette fois une part plus large des profits sur le contrat, dans la mesure où il est à l’origine du concept. Les dirigeants de Nutting refusent et Bushnell quitte la société.
Bushnell fonde Atari.
Bushnell et Dabney décident de créer leur propre société pour la conception et la distribution de leur prochain jeu. Ils pensent l’appeler Syzygy (un nom qui désigne l’alignement de trois corps célestes), mais le nom est déjà utilisé par une autre entreprise, et adoptent le nom d’Atari, un terme issu du jeu de Go, que Bushnell pratique avec passion, et qui est l’équivalent d’«échec au roi».
Naissance de Pong.
Bushnell engage Al Alcorn dans son équipe de développement. Celui-ci est inexpérimenté, et Bushnell le charge pour le tester de programmer un petit jeu de tennis. Voyant le résultat, Bushnell adopte l’idée d’un jeu de tennis pour la première production d’Atari. Après quelques semaines de travail, Bushnell, Dabney et Alcorn aboutissent à la création de Pong, un jeu de tennis nommé ainsi parce que le nom de « Ping-Pong » est une marque déposée.
Pong
Pong tombe en panne.
Bushnell tente de vendre Pong à des distributeurs de jeux d’arcade. Bally se monte désintéressé, ainsi que tous les autres. Atari se chargera donc aussi de la distribution. Le jeu est mis en test au Andy Capps, un bar local. Après deux semaines, la machine tombe en panne, submergée par les joueurs et les pièces de 25 cents. Ce sera à n’en point douter un succès.
Magnavox lance la première console de jeu : l’Odyssey.
L’Odyssey n’est vendu dans un premier temps que dans les magasins à l’enseigne Magnavox, et les gens en déduisent qu’elle ne fonctionne qu’avec les téléviseurs de cette marque, ce qui est faux. Malgré ce malentendu, l’Odyssey se vend à 100000 exemplaires. Beaucoup de gens l’achètent car c’est le seul équivalent au jeu Pong que l’on peut avoir chez soi.
Les poursuites judiciaires commencent.
Magnavox attaque Atari en justice, déclarant que Pong est une copie d’un des jeux disponibles pour l’Odyssey. Ils viennent de découvrir la signature de Nolan Bushnell dans le livre d’or de la démonstration de l’Odyssey à Burlingame. Pour quelques centaines de milliers de dollars, Atari dédommage Magnavox et obtient l’autorisation inconditionnelle de fabriquer des unités Pong sous toutes les formes possibles.
1973
La competition.
Alors que Pong est un véritable phénomène en salles d’arcade, d’autres compagnies veulent entrer dans la danse et créer des jeux similaires, comme Nutting, qui regrette de ne pas s’être plié aux exigences de Bushnell. A la fin de l’année 73, 25 compagnies produisent des jeux d’arcade, coupant une partie des profits d’Atari. Ted Dabney, sentant qu’Atari est en danger, vend ses parts de la société à Bushnell.
1974
Un échec transformé en succès.
Atari lance un jeu d’arcade nommé Touch Me, dans lequel 4 boutons lumineux s’allument dans un ordre aléatoire, que le joueur doit restituer en les pressant à son tour, la séquence étant de plus en plus longue et rapide. Le jeu n’obtient aucun succès. Ralph Baer, l’homme à l’origine de l’Odyssey, décide d’en fabriquer un clone en ajoutant des notes de musiques diverses associées aux lumières. Il vend son prototype à Milton Bradley, qui le commercialise sous la forme d’un jeu portable nommé Simon, et obtient un des plus gros succès de l’histoire du jeu électronique. Plus tard, Atari tente de se rattraper en lançant sa propre version portable de Touch Me, mais ne trouve pas sa place sur le marché.

Simon et Touch Me
Atari vise les foyers américains.
Harold Lee propose à Bushnell de lancer une version domestique de Pong, adaptable à une télévision, inspirée de la console Odyssey. Malgré l’inexpérience d’Atari dans le marché de la grande consommation, Bushnell lui donne le feu vert.
1975
L’exclusivité pour Sears.
Tom Quinn, de Sears Roebuck, propose de racheter toutes les unités de Pong qu’Atari peut fabriquer. Il demande à Bushnell de doubler ses capacités de productions, et obtient les droits d’exclusivité sur Pong pour un an. Le jeu sera vendu avec le logo Sears Tele-Games, et devient la sensation de Noël 1975.
Console Pong
Le premier jeu « micro-informatique ».
Midway Games lance Gunfight, le premier jeu à utiliser un micro-processeur plutôt que des circuits électroniques à transistors. Développé par de Taito, Gunfight est aussi le premier jeu d’arcade d’origine Japonaise à connaître une exploitation mondiale.
Gunfight
1976
Un des pères des jeux vidéo sauve Coleco.
Inspirées par le succès d’Atari, d’autres compagnies lancent des consoles de jeu, parmi lesquelles on retrouve Coleco, qui élargit son champ d’activités avec la console Telstar, un clone de Pong. La compagnie de Leonard Greenberg fait appel à Ralph Baer pour résoudre un problème d’interférence de la machine sur des fréquences radio réservées, et la Telstar peut-être commercialisée dans les temps voulus.
La console Telstar de Coleco
Naissances des jeux sur cartouches.
Fairchild Camera & Instruments lance son Video Entertainment System, rebaptisé à la dernière minute Channel F, la première console multi-jeu à utiliser des cartouches, support insérable contenant des mémoires où sont stockées les données logicielles du jeu. Celles-ci ont le même format que des cassettes d’enregistrement audio 8-pistes.
La Fairchild Channel F
La violence arrive dans les jeux vidéo.
Exidy Games lance Death Race 2000, un jeu d’arcade de course automobile inspiré du film du même nom sorti en 1975 (mis en scène par Paul Bartel, avec David Carradine et un Sylvester Stallone débutant, sorti en France sous le titre « Les seigneurs de la route »). Le joueur gagne des points en écrasant des piétons (comme dans le film !), et de nombreuses voix s’indignent contre le produit, qui est rapidement retiré du marché.
Atari est vendu pour 28 Millions.
Nolan Bushnell vend Atari à Warner Communications pour 28 millions de dollars, et reste à la tête de la société.
1977
Ouverture des Pizza Time Theatre.
Atari ouvre le premier Pizza Time Theatre, qui combine restaurant et salle d’arcade. On peut y admirer des animaux robotisés, jouer à des jeux électroniques ou des jeux d’arcades tout en mangeant une pizza. La mascotte de l’établissement est le rat Chuck E.Cheese. Bushnell a eu l’idée du concept trois ans auparavant en faisant la queue dans un fast-food.
Atari lance sa propre console à cartouches.
Celle-ci est baptisée le Video Computer System (VCS), et on peut l’acheter à Noël pour 250$.
L'Atari VCS
Bally pénètre le marché de la grande consommation.
Bally lance une console appelée Bally Professional Arcade. Vendu 350$, le système ne rencontre pas le succès escompté.
La console Bally Professional Arcade
1978–1981 : L’Age d’or.
1978
Bushnell quitte Atari.
Peu apprécié des dirigeants de Warner qui l’accusent d’être responsable des pertes d’Atari, Bushnell quitte la société qu’il a fondée. Il rachète à Atari les droits d’exploitation des Pizza Time Theatre, et en fait une chaîne de restaurants répandue dans tout les pays. Ray Kassar devient le PDG d’Atari.
Nintendo se lance dans le jeu d’arcade.
En Mars, Nintendo lance Computer Othello, un jeu d’arcade très simple d’accès basé sur le célèbre jeu de société.
Les trackballs entrent dans les salles d’arcade.
Atari lance le jeu Football, qui utilise un système de contrôle révolutionnaire basé sur une boule partiellement enfoncée dans la machine que le joueur fait tourner du bout de ses doigts. Le système est appelé Trackball, et son utilisation se généralisera à toutes les applications informatiques, au même titre que la souris.
Football
Un nouveau phénomène venu du Soleil Levant.
Midway importe Space Invaders, un jeu d’arcade développé par Taito. Le jeu connaît un succès historique. C’est, entre autres innovations, le premier jeu d’arcade à mémoriser le meilleur score.
Les deux succès du moment en salles d’arcade sont Football et Space Invaders, mais la popularité de Football aux USA s’évanouit avec la fin de la saison de football américain. Au Japon, le jeu Space Invaders est reconnu par le ministère de l’économie comme responsable d’une rupture des stocks nationaux de pièces de monnaies. Aux USA, on accuse le jeu de provoquer une recrudescence de l’absentéisme des élèves en classe.
Space Invaders.
Atari attaque le marché des ordinateurs.
Pour concurrencer Apple, Atari lance les ordinateurs 8-bits Atari 400 et 800, qui ne sont guère pris au sérieux, le public associant Atari au jeu.
L'Atari 400
Magnavox lance la première console de jeu équipée d’un clavier.
Magnavox lance l’Odyssey 2, une console à cartouches munie d’un clavier à membrane. En Europe, l'Odyssey 2 est commercialisée sous le nom de Video Pac par Philips, mais elle est écrasée par l'Atari VCS 2600. La Video Pac est la première console multi-jeu jamais vendue en Europe.
L'Odyssey 2, Philips Video Pac pour nous Européens
Apparition des jeux vectoriels.
Cinematronics lance Space Wars, un jeu semblable à Spacewar et Computer Space. Le jeu utilise un affichage dit vectoriel, basé sur des segments lumineux, plutôt que des pixels (points lumineux), utilisés jusque là. On peut considérer qu’il s’agit là du premier pas vers un affichage à base de polygones, dont les faces seront plus tard munies de textures, animées dans des repères en trois dimensions, et aboutiront aux jeux en 3d d’aujourd’hui.
Space Wars
1979
Les jeux holographiques.
Atari développe Cosmos, une console portable qui utilise des hologrammes, c’est à dire des images animées en trois dimensions ne nécessitant aucun support (elle s’affichent dans l’air). Les hologrammes n’interviennent pas dans le jeu, et ne jouent qu’un rôle esthétique. Le jeu ne sera jamais commercialisé.
Atari lance Lunar Lander
Il s’agit du premier d’une série de jeux vectoriels sortis par Atari. Le joueur doit aider un module lunaire à alunir en douceur, en maîtrisant sa grand inertie de mouvement.
Lunar Lander
Asteroids succède à Lunar Lander.
En dépit de la popularité du jeu, Atari arrête la production de Lunar Lander, et se consacre à son nouveau jeu Asteroids. Ce jeu, prévu à l’origine pour fonctionner sur la console Cosmos et doté de graphismes vectoriels, est l’œuvre d’Ed Logg et Lyle Rains. Ce sera le jeu le plus vendu de l’histoire d’Atari, sur toutes sortes de supports : jeu d’arcade, cartouche pour VCS (très bonne adaptation avec des graphismes pixellisés) et adaptation sur différents autres systèmes. Asteroids introduit une nouveauté : la possibilité pour celui qui bat le meilleur score d’entrer son nom abrégé en trois lettres ! 80000 unités sont vendues aux USA, mais le jeu est moins populaire dans les autres pays.
Asteroids
Sega, de son côté, connaît son premier succès en salles d’arcade avec Monaco GP, une course de formule 1 vue de dessus, qui sera suivie d’une suite, Pro Monaco GP en 1980, et Super Monaco GP en 1989 avec des graphismes en 3d.
MB (Milton Bradley) lance la première console à cartouches portable.
Il s’agit de la console Microvision, équipée d’un affichage à LED.
La console MB Microvision
1980
Les envahisseurs sont parmi nous.
Atari lance une version pour sa console domestique (VCS) de Space Invaders, qui bat tout les records de vente et propulse la VCS en tête de peloton.
L’Intellivision de Mattel.
Mattel Electronics lance la console Intellivision, premier sérieux concurrent de la VCS. L’Intellivision à de meilleures possibilité graphiques, pour un prix à peine plus élevé de 299$. Mattel promet une ligne de périphériques qui permettront de convertir la console en micro-ordinateur.
L'Intellivision
Exode massive chez Atari.
Plusieurs programmeurs quittent Atari, lassés que leur nom soit absent de l’emballage des jeux qu’ils créent (Atari pratique la même politique que Walt Disney, tout leurs produits sont mentionnés comme des créations d’Atari, sans autre explication), et forment Activision, un rival sérieux pour l’équipe de développement d’Atari.
L’armée américaine aime les jeux vidéo.
Un designer d’Atari, Ed Rottberg, crée Battlezone, le premier jeu en vue subjective 3d de l’histoire, dans lequel le joueur pilote un char dans un champ de bataille. Le ministère de la défense demande à Atari d’étudier une version améliorée du jeu pour l’entraînement de ses soldats.
Battlezone
Arivée de Pac-Man.
Namco lance Pac-Man, le jeu vidéo le plus populaire de tous les temps. 300000 unités du jeu d’arcade sont vendus à travers le monde, et on peut compter au moins autant de contrefaçons, dont 100000 rien qu’aux USA. Parmi les faits les plus notables de l’histoire de Pac-Man, signalons que c’est le premier jeu à avoir eu du succès auprès des femmes, et que le jeu devait s’appeler à l’origine Puck-Man, mais fut rebaptisé par craintes des mauvais jeux de mots.
Pac-Man
Sega licence des jeux Atari.
Missile Command, une création d’Atari, est le premier jeu que Sega fabrique sous licence.
Missile Command
Débuts de Nintendo of America.
Minoru Arakawa, beau-fils du patron de Nintendo Hiroshi Yamauchi ouvre Nintendo of America à New York, puis se déplace à Seattle, et enfin Washington. Cette filiale américaine du géant Japonais ne connaît guère de succès dans ses premières production, des jeux électroniques portables.
Bally abandonne les consoles.
Le système Professional Arcade est vendu à Astrovision, qui le rebaptise Astrocade.
Un monde virtuel.
Williams, une société basée à Chicago qui produit des flippers, lance un jeu d’arcade conçu par Eugene Jarvis nommé Defender, un jeu de tir à défilement horizontal qui figure le premier monde virtuel cohérent à apparaître dans un jeu vidéo, avec un radar qui indique au joueur ce qui se passe hors-champ. Le jeu devient rapidement un gros succès.
Defender
1981
Nintendo joue bien le coup.
A la demande des dirigeants de Nintendo qui en ont marre que la société ne décolle pas dans le domaine du jeu vidéo, un jeune artiste Japonais nommé Shigeru Moyamoto crée Donkey Kong. Le héros, originalement nommé Jumpman, est un charpentier qui doit sauver sa petite amie Pauline des mains d’un gorille déchaîné qui lui balance des barils d’essence du haut d’un échafaudage. Jumpman sera rebaptisé Mario par l’équipe de Nintendo of America, en raison de sa moustache qui le fait ressembler au propriétaire des locaux où ils travaillent, un certain Mario Segale.
Donkey Kong
Des programmeurs d’Atari et de Mattel s’unissent.
La société Imagic est fondée par des programmeurs démissionnaires d’Atari et de Mattel, qui travaillaient sur la VCS et l’Intellivision, et qui encore une fois en ont eu marre que personne ne reconnaisse leur travail. Imagic produit des jeux pour VCS et Intellivision.
Atari fait fortune avec les créations des autres.
En achetant à répétition des licences de jeux d’arcades, comme Pac Man, et en les adaptant à la va-vite sur VCS, Atari engrange des millions de dollars et invente un nouveau marché.
Des vecteurs colorés.
Atari lance Tempest, un jeu crée par Jeff Minter, qui utilise pour la première fois un processeur graphique vectoriel capable d’afficher plusieurs couleurs. En raison de l’instabilité matérielle de celui-ci, l’expérience s’arrêtera là, mais le jeu est un énorme succès.
Tempest
Première victime d’un jeu vidéo.
Un homme meurt d’une crise cardiaque en jouant à Berzerk, un jeu d’arcade qui, comme son nom l’indique, met en scène un soldat contre une armée de robots dans une action frénétique.
Berzerk
Le règne des jeux d’arcade.
Les jeux d’arcade (tous confondus) réalisent aux USA pour l’année 1981 des profits estimés à 5 milliards de dollars, un record absolu.
Le premier magazine de jeux vidéo.
Arnie Katz et Bill Kunkel fondent aux USA le tout premier magazine dédié aux jeux vidéo, Electronic Games.
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