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Rocket Knight Adventures
Année : 1993
Système : Megadrive
Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Genre : Plate-forme
Par Jika (28 mars 2003)

Le nom de Konami, le célèbre éditeur japonais, est souvent associé à des titres comme Metal Gear Solid, Pro Evolution Soccer ou encore Silent Hill. Mais on a tendance à oublier que ce développeur de légende était spécialisé dans le temps dans un genre alors très en vogue à l'époque : le jeu d'action. Les célèbres softs de la série des Probotector (ou Contra sous leur nom japonais) tendent à prouver ce savoir-faire de Konami. Mais ce que beaucoup de gens ignorent, c'est que ces jeux-là étaient à cette époque des exclusivités Nintendo dans le monde des consoles. Heureusement pour les possesseurs de Megadrive, cette loi draconienne fut brisée en 1993 quand Konami sortit son premier jeu sur console Sega, j'ai nommé Rocket Knight Adventures.

Voici la seule différence entre la version japonaise et les autres : l'introduction (à droite la version japonaise)

Rocket Knight Adventures, c'est quoi ? De l'adrénaline pure. Du concentré d'action. Le genre de jeu auquel on commence à jouer sans trop de prétention, en se disant que ce n'est qu'un vulgaire jeu d'action, puis sur lequel on s'acharne, la bave aux lèvres, avec une seule idée en tête : aller plus loin. Ce type de soft est capable de vous faire passer dans les veines de l'excitation pure mêlée à un sentiment enivrant et magnifique : celui que ressent un joueur lambda devant un grand jeu. Un pur moment de joie vidéoludique, en quelques sortes...

Le premier niveau du jeu

Mais pourquoi cette excitation ? Qu'a donc Rocket Knight Adventures par rapport aux titres de la concurrence de l'époque ? La réponse est simple : tout. Tout est soigné, léché et réglé dans les moindres détails. D'abord, l'élément le plus important dans ce jeu est le charisme qu'il s'en dégage, comme en témoigne le design des décors et des ennemis tout simplement parfait. Mais là où Rocket Knight fait fort, c'est dans la personnalité débordante du héros : un opossum armé d'une armure bleue, d'un glaive tranchant et d'un jet pack dans le dos. Eh oui, ca paraît anodin comme héros, mais la magie opère. Notre mammifère australien, répondant au nom de Sparkster, a un style inimitable couplé à des animations de fort bonne facture. Comme on joue de nos jours à Devil May Cry pour admirer Dante, on jouait à Rocket Knight Adventures pour Sparkster. Les fans de Capcom et du célèbre chevalier aux cheveux blancs comprendront la puissance de la comparaison. Et du compliment qui en découle.

Le plus grand Rocket Knight du pays : Sparkster...

Sachez que ce brave chevalier Sparkster a des ennuis. En effet, le marsupial arboricole en question appartient à la garde du roi Zebulos mais ce dernier vient de subir la plus terrible des peines : sa fille, la princesse Sherry, vient d'être kidnappée par l'infâme empereur Devligus Devotindos, un immonde porc armé d'une répugnante armée de cochons. De plus, ce vil gredin a l'appui d'un des plus grands Rocket Knights (titre des chevaliers) du royaume qui vient de tourner sa veste : Axel Gear, le chevalier noir. Voilà le preux Sparkster parti dans sa quête qui se décomposera en quelques niveaux d'action pure et dure.

Face à face final avec le sombre Axel Gear
La fin du niveau 2 qui se déroule dans des mines.

Le jeu est en fait un titre d'action/plates-formes, type de jeu roi de l'époque des 8-bits/16-bits, dont les plus glorieux représentants sont les Megaman, à n'en pas douter. Sparkster a pour se défendre un glaive qu'il manie à la perfection, ainsi que son propulseur dorsal qui lui vaut ce titre de Rocket Knight. Notre héros se sert de ce jet pack pour se propulser dans les airs afin de passer certains endroits infranchissables sans cette aide, ainsi que pour fondre sur ses adversaires, l'arme au poing. Dans cette optique, le titre de Konami paraît simple et classique. Et il l'est. Dans son gameplay, Rocket Knight Adventures est traditionnel, malgré l'apport assez sympathique du jet pack que l'ami Sparkster porte dans son dos. Mais comme nous allons le voir, le soft devient original, donc intéressant, car il ose bousculer les bastions inoxydables des lois du jeu d'action.

En effet, si le jeu d'action avait comme référence les tables de la loi, alors ces dernières comporteraient en lettres d'or ces lignes là comme premier commandement : « A la fin des niveaux, les boss tu trouveras ». Et Megaman, l'illustre Megaman, serait alors l'apôtre de cette doctrine. Eh bien Sparkster bouscule tout : l'ordre des niveaux est totalement original. Par exemple, le second monde de ce soft commence par un boss. Déroutant, mais surtout très prenant, car on navigue ainsi de surprise en surprise. L'anarchie dans le déroulement des niveaux a alors pour effet de captiver le joueur. De plus, afin de se démarquer définitivement de la concurrence, le soft propose des niveaux de shoot'em up, avec un Sparkster volant dans les cieux grâce à son jet pack. Certes, ces phases là n'ont pas la puissance d'un R-Type ou d'un Thunder Force, mais elles ont le mérite d'exister et de rompre le déroulement du jeu afin d'éviter encore plus la monotonie.

Konami est aussi l'éditeur de grands shoot'em up comme Parodius et le montre ici
Le magnifique début du troisième niveau avec cette réflexion sur la lave

D'un point de vue technique, le bilan est tout aussi bon : les graphismes sont colorés et agréables, les sprites sont grands, les musiques mélodieuses (toute proportion gardée pour de la Megadrive) et les animations sont amusantes et bien décomposées. On sent que Konami exploite les capacités de la belle dame en noir de Sega, et cette dernière permet alors certains des plus beaux effets vus à cette époque comme la distorsion du décor dans le niveau de la grotte (donnant l'impression de chaleur) ou du multi-scrolling dans la plupart des levels. Comme quoi, une Megadrive bien programmée pouvait rivaliser avec la Super Nintendo en terme de technique pure. Quelle magnifique machine, cette Megadrive...

Rassemblons nos esprits et essayons de donner un avis général sur ce titre... C'est que Rocket Knight Adventures donne le tournis de par sa qualité intrinsèque. Pour son arrivée sur Megadrive, Konami frappa fort : réalisation en béton, gameplay accrocheur, rythme effréné et idées à la pelle, Sparkster réussit brillamment son entrée dans le microcosme des héros de jeu vidéo... avant d'en disparaître inexplicablement. En effet, le jeu connut une suite sur Megadrive ainsi qu'une autre sur Super Nintendo (toutes deux intitulées fort logiquement Sparkster) puis disparut dans l'oubli. Pourquoi ? Excellente question... Les choix des éditeurs sont parfois incompréhensibles. Par contre, une poignée de fans n'a pas oublié le courageux opossum, et quelques sites Internet lui rendent hommage. Et là où ma surprise fut grande lors de leur consultation, c'est quand l'un d'eux m'apprit que Konami avait annoncé à ce dernier qu'une suite sur Game Cube était en préparation. Une info à prendre au conditionnel, bien sûr, mais si cela s'avère exact, on est en droit d'attendre une future « killer-ap » pour la plus cubique des 128-bits (NB : Une pétition en faveur d'un nouveau Sparkster existe : http://www.petitiononline.com/s5233/petition.php).

Une des multiples idées du soft : un combat de porc mécanique...
Le générique de fin, arrivant hélas beaucoup trop vite.

J'espère vous avoir prouvé tout au long de ce test que Rocket Knight Adventures est une bombe indémodable. Un jeu que l'on ressort 10 ans après, et dont l'éclat demeure intact. Certes, le jeu n'est pas parfait de par sa durée de vie plus que faiblarde et de par sa relative facilité, mais il procure des sensations que je conseillerais aux possesseurs de la grandiose Megadrive. Un titre d'action brute rappelant l'âge d'or de ce style béni du début des années 90. Incontournable, incontestablement.

Jika
(28 mars 2003)
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