

Elite
Elite est sans doute le jeu qui me tient le plus
à cœur. Peu de gens connaissent vraiment ce jeu mais il n'a pas laissé indifférent
tous ceux qui y ont joué. Le plus étonnant, c'est que même aujourd'hui je ne saurais
pas dire pourquoi j'ai tant accroché. Ce jeu qui a été développé à
l'université par David Braben et Ian Bell a été édité par Acornsoft
en septembre 1984 ; il semble donc qu'il ait été conçu sur une machine ésotérique
du nom d'Acorn Atom, dont je me souviens avoir vu des photos à l'époque dans le célèbre
magazine Tilt. Il a ensuite été porté sur plusieurs machines dont le BBC et le C64 (édité chez Firebird) sur lesquel il a remporté un succès immense auprès
de ceux qui, comme moi, attendaient inconsciemment un tel titre. En effet, l'imagination de David Braben
semble sans limite, et à chaque fois que dans le jeu, on pressentait un événement,
celui-ci ne manquait pas de se produire bien que non renseigné dans la documentation. Les graphismes
étaient dépouillés ou plutôt épurés, la 3D en fil de fer et la
difficulté démesurée au départ, aujourd'hui encore, après avoir passé
des centaines d'heures sur ce soft, je ne suis pas sur de pouvoir réussir un arrimage de mon vaisseau
« a la main » sur une station orbitale. Il faut préciser que le jeu a été entièrement
écrit et codé en assembleur, ce qui aujourd'hui paraît insensé mais devrait tout
de même donner à réfléchir à certains développeurs : en effet
le jeu n'occupait même pas entièrement la RAM du C64, soit 60 Ko, malgré cela il offrait
la possibilité de se déplacer sans contraintes dans plus de 100.000 systèmes solaires
qui possédaient tous leur caractéristiques propres !
Vous débutez le jeu dans une station spatiale du système « Lave »
avec 100 crédits et un vaisseau « Cobra Mk2 » flambant neuf mais sans options, où tout est manuel
et qui est pour le moins fragile ! Essayez donc de quitter la station, de vous retourner et de tirer sur
elle ; en trois secondes, vous serez cernés de vaisseaux de police qui auront tôt fait de
vous pulvériser ! Essayez donc plutôt de rentrer à nouveau dans la station, tant que
vous ne saurez pas vous y prendre, inutile d'aller plus loin. Le seul moyen de progresser au début,
est de faire du commerce. Les règles sont simples : acheter à bon marché dans certains
systèmes puis revendre cher dans d'autres ; ceci devrait vous permettre de vous équiper un
minimum et de prendre diverses options de carrière : continuer le commerce à grande échelle,
devenir trafiquant, rentrer dans la police, etc. ; où que vous alliez, vous n'aurez pas le même statut
selon vos actes passés, et je vous laisse découvrir le fond de l'histoire qui est une grande
partie de l'intérêt du jeu !!!
Plus tard est sortie une version Gold qui améliorait un peu les graphismes, et qui a été
portée sur PC et Amiga. Si vous mettez la main sur la boîte, vous trouverez à l'intérieur :
le guide de vol, un poster avec tous les vaisseaux, un petit roman sur le monde d'Elite, et une carte
de référence des touches dont la mémorisation impeccable est une des clés
de la survie à ce jeu !
Si vous êtes passé à coté de ce jeu à l'époque,
il est l'heure de combler cette lacune ; préparez-vous des vivres à coté de votre
clavier, baissez la lumière, lancez l'émulateur et régalez-vous
David braben et Ian Bell
Elite II - Frontier


David
Braben ne s'est pas arrêté sur sa lancée et a continué à travailler
dur pour offrir à ses fans la suite d'un jeu pourtant parfait et auquel il ne manquait pourtant
rien. L'effort est énorme, à l'image de l'univers dans lequel vous pouvez évoluer :
250 000 lignes de code assembleur sur ce processeur magique qu'est le 68000 dont était équipé
par exemple l'Amiga. C'est le plus gros programme de jeu écrit entièrement en assembleur
à ce jour, et malgré cela, il tient sur une disquette de 720 Ko. Il sera porté plus
tard sur PC par Chris Sawyer qui a lui aussi réalisé un travail de fourmi ! Les progrès
sont énormes, tout est en 3D temps réel et en couleur on peut maintenant se poser à la
surface des planètes et admirer les bâtiments des villes et des stations ; vous pouvez vous
déplacer dans rien moins que toute la galaxie, dont la géographie est parfaitement respectée,
les missions sont plus nombreuses, les possibilités plus grandes, l'histoire encore plus captivante ;
bref les quelques rares joueurs qui étaient restés sur leur faim à la fin du premier
opus sont définitivement convertis par Frontier, jeu paru en 1993 avec un petit bug en ce qui concerne
l'extraction minière et qui a rapidement été corrigé.
Elite III - Frontier - First Encounters


L'histoire de ce jeu est sombre et sujette à
polémiques ; en effet on voit ici les limites d'un projet mené de front par un seul individu,
doué d'un talent extraordinaire en ce qui concerne la programmation mais totalement novice en matière
de marketing. Sous la pression de l'éditeur (Gametek), le jeu sort en 1995 alors qu'il n'est pas
terminé, truffé de bugs qui déclenche un raz-de-marée au niveau du support
technique et des retours en garantie ; le jeu est retiré des rayons trois semaines plus tard, totalement
décredibilisé. Braben travaille comme un fou et corrige un a un tous les bugs incriminés
et termine le jeu tant bien que mal sous les articles d'une presse spécialisée déchaînée
contre lui alors qu'on imagine bien qu'il n'aurait jamais voulu sortir un produit qui ne serait pas fini.
Dans les semaines qui suivirent, la politique de Gametek prenait tout son sens puisque arrivait dans les
rayons le jeu Privateer, un jeu Origin dérivé de l'univers des Wing Commander qui avaient
connu un succès énorme. Privateer est une copie éhontée de First Encounters développée avec de gros moyens et par une boîte solide. Même si l'esprit du jeu rappelle
quelque peu First Encounters, il est bien loin de donner les mêmes frissons. Quoi qu'il en soit,
ce fut le chant du signe pour Gametek qui s'effondra un peu plus tard. David Braben eut longtemps des
démêlés en justice avec eux mais tout est aujourd'hui rentré dans l'ordre.
Pour ceux qui ont eu la patience d'attendre la remise en rayon d'un version « propre » d'Elite III, une
légère déception était au rendez-vous, car le temps que ces problèmes
annexes se règlent, le temps avait passé et les machines avait évolué. D'autres
éditeurs commençaient à sortir des jeu magnifiques, avec des séquences cinématiques
énormes dues à la démocratisation des lecteurs de CD-ROM, alors que l'essence même
des jeux de la lignée des Elite porte sur l'optimisation du code et le peu de ressources demandées
aux machines.
First Encounters reste néanmoins un jeu à découvrir
pour sa richesse et son interêt. D'innombrables patches sont disponibles afin de faire tourner ce
dernier opus dans les meilleures conditions

Vers un Elite IV ?
Quelques sites sur Internet parlent beaucoup
d'un Elite IV qui serait en cours de développement. David Braben, qui possède aujourd'hui
de nouveau les droits sur toutes ses créations ainsi que sa propre boite de développement
reste très discret sur ce projet, même si il ne le dément pas. Les rumeurs vont bon
train et il faut savoir que cet homme est très à l'écoute des joueurs et des fans
d'élite. Il participe d'ailleurs activement au forum alt.fan.elite sur Usenet.
Son site est ici : http://www.frontier.co.uk
Si comme moi vous êtes fasciné par son imagination, vous pouvez même lui envoyer un
petit mail pour l'encourager: dbraben_web@frontier.co.uk
Je me souviens lui avoir envoyé quelques mots pour le supporter lorsqu'il rencontrait les problèmes
expliqués plus haut avec son ancien éditeur Gametek ; il m'avait gentiment répondu
et remercié en ajoutant qu'il tiendrait bon et qu'il ne laisserait pas tomber « Le projet Elite ».
Phyl