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L'Aigle d'or

Année : 1984
Systèmes : Oric 1 (version originale), Thomson MO5 et Amstrad CPC
Développeur : Louis-Marie Rocques
Editeur : Loriciels

 

Lors de sa sortie au milieu de l'année 1984, un jeu d'aventure destiné au micro-ordinateur Oric-1 fit beaucoup parler de lui. Son nom ? L'Aigle d'Or. Son auteur ? Louis-Marie Rocques, un jeune étudiant français, autodidacte dans l'art de la création vidéo-ludique, et dont il s'agit de la première réalisation en tant qu'auteur indépendant.

Le jeu est publié par l'éditeur Loriciels et se fait immédiatement remarquer grâce à sa réalisation et aux multiples actions possibles de faire accomplir au personnage qu'on dirige. À la fin de l'année, le magazine Tilt lui accorde même le "Tilt d'Or 1984" du meilleur jeu d'aventure et lui permet donc de monter les marches de la reconnaissance vidéo-ludique aux côtés de softs prestigieux comme Flight Simulator 2 ou Bruce Lee, également récompensés la même année.

En 1985, Louis-Marie Rocques adapte L'Aigle d'Or sur les micro-ordinateurs Thomson et profite de capacités de mémoire supérieures et d'un processeur plus rapide pour enrichir le contenu de son bébé et le rendre plus agréable à jouer. C'est de cette version, connue du plus grand nombre, que nous allons parler aujourd'hui.

 

L'Aigle d'or : la grande aventure !

L'écran d'introduction est accompagné de quelques notes
qui commencent déjà à faire frémir le joueur ...
Le texte d'introduction.

Jeune aventurier, fils spirituel d'Indiana Jones, vous pénétrez dans un ancien château médiéval situé au cœur de la Westphalie (région d'Allemagne). Votre but est d'acquérir savoir, richesse et puissance en vous emparant de 3 reliques sacrées : un manuscrit dans lequel repose une immense sagesse, un joyau bleu d'une valeur incalculable et surtout le mythique Aigle d'Or.

Mais il serait suicidaire de vous attaquer à cette tâche monstrueuse sans un minimum de préparation. Allez donc tout d'abord rendre visite au marchand qui vous proposera des objets indispensables à votre progression. Il vous faudra faire ici votre premier choix, qui se révèlera lourd de conséquences, car vos finances ne vous permettent pas de tout acheter. Votre préférence se portera-t-elle sur une fiole vous soignant vos blessures ? Sur un pied de biche qui offre la perspective d'ouvrir des portes récalcitrantes ? Sur une torche capable de vous apporter une lueur d'espoir quand vous serez au plus profond de l'obscurité ? Ou bien sur une corde capable de vous sortir d'un pétrin dans lequel vous ne manquerez sûrement pas de tomber ? Rassurez-vous cependant, si vous trouvez des richesses cachées dans le château, il vous sera possible de retourner chez le marchand en cours de partie... à condition que vous sachiez revenir sur vos pas !

Après ces préparatifs, l'exploration du château commence !

La première salle. Au fond : la porte permettant
de sortir du château et de retourner chez le marchand.
Il vous faudra une clé ou un pied de biche
pour ouvrir la porte de droite.

Que vous réserve cette mystérieuse demeure ? Des portes, des montres et des trésors ! Pas de quoi décontenancer une personne telle que vous qui s'est préparée à l'aventure en relisant ses "Livres dont vous êtes le héros" et en disputant de nombreuses parties de "Donjons et Dragons". Vous retrouverez ici nombre des ces éléments qui vous ont tant fait rêver. Les salles du château sont ornées de diverses armoiries et on y trouve quelques meubles, comme des tables, des chaises et des cheminées, ce qui n'offre que peu d'intérêt pour vous ... quoique, une cheminée à première vue quelconque pourrait bien se révéler être l'entrée d'un passage secret ! Si toutefois vous trouvez comment y accéder...

Un passage secret se trouve dans cette cheminée...

... vous voyez, je ne vous ai pas menti !

Mais attention à ne pas confondre passage secret et puits sans fond ! Vous aurez tôt fait de poser vos pieds ou il ne faut pas et de tomber dans une oubliette. Avez-vous une corde sur vous ? Sans cela, j'ai bien peur que vous ne soyez condamné...

Une chute qui pourrait s'avérer mortelle...

... sauf si vous avez une corde sur vous.

Et puisqu'on parle de dangers mortels, je dois sans plus attendre vous mettre en garde contre les chauve-souris suceuses de sang qui se précipiteront sur vous ! À moins que vous ne décidiez de traverser les salles dans l'obscurité totale ? Ainsi vous ne dérangerez pas les dangereux habitants de ces lieux, mais qui sait dans quels pièges vous risquez encore de tomber ?

Vous pouvez tenter de progresser à l'aveuglette...
comptez les pas !

La chauve-souris n'aime pas la lumière.

Mais tout ceci n'est rien face aux plus terribles horreurs qui se cachent au plus profond du château. Vous n'avez pas peur des fantômes au moins ? Non ? Tant mieux. Ah, mais c'est parce que vous pensez qu'ils n'existent pas ? Dommage ! Ces êtres haineux issus de l'âme d'une personne trépassée ne manqueront pas de s'en prendre à vous ! Aurez-vous préalablement trouvé un objet vous permettant de les combattre ?

La croix que vous portez à la main
vous protègera-t-elle du mal ?

Tant d'épreuves vous attendent ! Et de plus votre temps est limité : votre force s'épuise progressivement tout au long de votre périple. Les minutes qui s'égrèinent tout comme les attaques des monstres ou les chutes dans les oubliettes vous rapprocheront inéluctablement d'une fin tragique, à moins qu'une fiole de jouvence ne vienne vous redonner force et ardeur. Méfiez-vous tout de même avant de lever le coude : si les fioles achetées au marchand sont garanties sans additifs nocifs, celles trouvées dans le château peuvent se révéler être empoisonnées.

Une fiole près d'un squelette.
J'aime pas beaucoup trop ça...

Heureusement, quelques précieuses informations écrites sur d'antiques parchemins vous enverrons peut-être dans la bonne direction... à condition de lire l'allemand !

Si vous aviez pris allemand première langue en 1985,
pas de problème !

Si c'est le cas, vous apprendrez entre autre que les apparences sont trompeuses. Ainsi cette superbe bague surmontée d'un saphir que vous avez peut-être déjà ramassée (terrible erreur !) risque de vous attirer bien des mésaventures en vous rendant aveugle à certains dangers. Mais si vous persévérez et ne perdez pas courage, vous finirez par vous approcher toujours plus près de votre but. Ne baissez jamais votre garde cependant : en vous emparant ENFIN d'un trésor tel que le diamant bleu tant convoité, une flèche empoisonnée venant du mur opposé risque de briser tous vos efforts si vous n'avez pas le réflexe de vous abaisser pour l'éviter.

Le diamant bleu, de quoi arrondir vos fins de mois !

Attention derrière toi, c'est affreux !

Et si vous parvenez ainsi à acquérir le précieux volatile, mais également le livre sacré et le diamant bleu, vous aurez GAGNÉ... le droit de chercher un moyen de sortir vivant du terrible château !

 

L'Aigle d'Or : un classique du Thomson

Peu de couleurs utilisées mais les graphismes sont fins
et parfaitement identifiables.

Après s'être fait remarquer sur Oric, L'Aigle d'Or est également un hit sur les micros de la marque française. Et ce pour les mêmes raisons : des jeux proposant autant de liberté d'action et de si jolis graphismes sont bien rares sur ces machines. Je sens que la dernière partie de ma phrase précédente risque d'en faire sourire certains... L'Aigle d'Or n'est pas un jeu magnifique, les murs du château sont tracés en "fil de fer" avec une unique couleur : le rose. Et les salles comportent peu d'objets, qu'ils soient décoratifs ou pas. Mais même si les MO5 et autres TO7 sont capables de meilleurs graphismes, il faut avouer que les jeux en tirant parti sont très rares et L'Aigle d'Or se trouve ainsi dans le très haut du panier des softs sortis en 1985 et avant.

Les décors sont dépouillés mais ça sert l'ambiance du jeu.

De plus, le jeu est dessiné avec beaucoup de goût : avec quelques éléments seulement, l'auteur parvient à instaurer une ambiance, tout est toujours lisible et le sprite suffisamment grand et bien animé (pour l'époque) afin qu'on puisse prendre plaisir à le voir exécuter toutes les actions rendues possibles par le jeu.

Et elles sont nombreuses ! Jugez plutôt :

Pas mal pour 1985 !

L'Aigle d'Or se joue donc au clavier, bien qu'il soit également possible de diriger le héros à la manette. Les multiples actions possibles attribuées aux touches du clavier rappellent, dans un registre de jeu similaire, Aztec sur Apple 2. Bon, on n'atteint pas la complexité de ce dernier mais, pour un jeu 8-bits de cette époque, c'est tout de même remarquable. Pouvoir exécuter autant d'actions dans un jeu vidéo était réservé à des jeux de rôle ou des aventures textuelles, et leur représentation se faisait simplement par l'affichage d'un texte. Ici, on voit son héros s'animer et accomplir ces actions sous nos yeux ébahis. D'autant que le personnage répond au doigt et à l'œil (surtout au doigt, en fait) lorsqu'on lui demande de s'abaisser, de courir ou de sauter, chose qui n'était pas toujours le cas sur Oric.

Toutes ces actions sont intelligemment mises en scène dans le jeu. S'abaisser permettra ainsi d'échapper à quelques projectiles ou de s'engouffrer dans un passage secret. Sauter en longueur est indispensable pour ne pas tomber dans une oubliette. Sauter en hauteur vous servira tout d'abord à allumer votre torche en vous plaçant sous l'une de celles fixées au mur, mais vous découvrirez tôt ou tard une autre utilité à ce mouvement... voir la section "trouver l'aigle d'or" pour en savoir plus.

Un saut en longueur réalisé avec souplesse et aisance.

Sauter sous une torche allumée
permet d'enflammer la sienne.

Si le jeu ne dispose pas de centaines de salles, il tiendra quand même les joueurs longtemps en haleine. Déjà parce que leur agencement labyrinthique et pas toujours logique nous oblige à dessiner un plan sous peine de se perdre rapidement (il est cependant possible de s'en sortir sans plan après quelques parties à condition d'avoir une très bonne mémoire !) Ensuite parce que vous vous rendrez compte que, si vous êtes libre au début d'explorer à votre guise en allant ou vous voulez, il faudra ensuite ramasser les objets dans un ordre précis sous peine de se retrouver bloqué. Enfin, parce que le château fourmille de pièges vicieux qui vous feront trépasser en un instant, vous obligeant à reprendre votre partie depuis le début, puisqu'il est bien évidemment impossible de sauvegarder au cours de l'aventure. Sans parler des pieds de biche qui se cassent, des torches qui se consument et des oubliettes invisibles vous obligeant à connaître certaines salles par cœur.

Notre héros survivra-t-il à une chute dans l'oubliette
qui se trouve juste devant lui ?

Bin non...

Venir à bout de ce jeu n'était pourtant pas mission impossible en 1985. Sur micros Thomson toujours, un soft comme Mandragore se révélait bien plus ardu. De nos jours cependant, ne risque-t-il pas d'en décourager plus d'un ? Pas forcément, car il garde une jouabilité assez correcte, avec son personnage qui ne se déplace pas trop lentement et son niveau de difficulté qui se révèle bien dosé et surtout progressif, avec une navigation dans les premiers écrans qui se déroule sans mauvaise surprise dans chaque coin, chose qui était loin d'être systématique dans les jeux micro des années 80.

Alors il faut certes être un minimum rétro-gamer dans l'âme si on souhaite se replonger dans L'Aigle d'Or, mais la progression se déroule sans frustration et le plaisir de jeu est toujours présent, même si la claque graphique n'est plus qu'un lointain souvenir. Mais le jeu conserve toujours sa capacité à créer une ambiance avec ses lieux lugubres et ses quelques bruitages, qui se limitent pourtant la plupart du temps au son des pas du héros sur le sol froid des pièces du château.

Et si vous souhaitez vaincre, veuillez lire la section suivante qui va vous donner quelques conseils...

 

Trouver l'Aigle d'Or

Voici quelques "trucs et astuces" pour vous aider à finir l'aventure. Mais si vous voulez vous attaquer au jeu "à la loyale", veuillez passer directement à la section suivante de cet article.

- Tout d'abord, lorsque vous êtes chez le marchand, vous devrez acheter un pied de biche et une torche. Inutile de céder à l'appel de la boisson et de gaspiller vos précieuses pièces d'or sur les fioles : vous en trouverez dans le château.

Un héros intrépide ne se sépare jamais de...
son pied de biche.

- Des indices précieux vous seront dévoilés sur des parchemins, mais ils sont écrits en vieil allemand. En voici la traduction :

1. La bague te cachera le mal : cela signifie que, si vous ramassez la bague en saphir, certains pièges ne seront plus visibles !

2. Celle d'or t'ouvrira la voie du feu : ce texte nous révèle l'existence de passages secrets, la "voie du feu" faisant référence aux cheminées.

3. L'aigle de vil métal noble deviendra : ici nous apprenons qu'il nous faudra trouver un aigle de plomb sans lequel l'acquisition de l'aigle d'or se révèlera impossible.

OK, ce n'est pas celui que vous êtes venus chercher mais...

- Votre premier objectif sera de trouver la clé en fer et la clé en or. La première ouvrira certaines portes, la seconde vous permettra d'emprunter les passages secrets dans les cheminées. Pas toutes, attention ! Il existe seulement 3 passages, qui servent en fait de raccourcis. Pour les utiliser, vous devez les "ouvrir" avec la clé d'or, en vous plaçant sur le coté gauche, puis vous abaisser devant le passage qui se révèle.

Votre premier objectif : trouver la clé de fer.

- Ensuite, il faudra trouver le crucifix. Ce dernier sera indispensable pour passer les salles ou se trouvent les fantômes. Armé du crucifix, vous pourrez en effet renvoyer leurs rayons maléfiques en sautant (en hauteur) au bon moment. Notez d'ailleurs que sauter en hauteur avec une torche allumée vous permettra de vous débarrasser des chauve-souris ! Mais dans les 2 cas, le répit est de courte durée car ces ennemis réapparaissent sans prévenir.

Le crucifix vous permet de détruire les fantômes
en renvoyant leur attaque.

- Après avoir récupéré les objets précédemment cités, vous devriez avoir obtenu suffisamment d'argent en ramassant les bourses sur votre chemin pour retourner faire des emplettes au magasin. Achetez alors un nouveau pied de biche, celui que vous portez ne devrait plus tarder à rendre l'âme, et 2 cordes. Si vous avez suffisamment d'argent, achetez également une torche. Sinon, prenez bien l'habitude de ne pas utiliser cette dernière et de vous déplacer "en aveugle" dans certaines salles dont vous aurez retenu l'agencement lors d'un précédent passage.

- En vous plaçant sur l'étoile qui se trouve dans la salle du diamant bleu et en utilisant une corde (touche "grimper"), vous parviendrez à la salle de l'Aigle d'Or !

Jeter votre grappin en vous tenant sur l'étoile...
... pour enfin parvenir à l'aigle d'or tant convoité !

Et surtout, surtout, faites un plan ... et amusez vous !

J'aurais pas dit mieux.

 

Les autres versions

L'Aigle d'Or est donc sorti tout d'abord sur Oric-1. Ce micro-ordinateur britannique a eu un succès considérable en France de par son rapport qualité/prix imbattable dans nos contrées. L'Aigle d'Or est certainement l'un des plus beaux, si ce n'est le plus beau jeu sorti sur cette machine.

Voir un personnage aussi grand s'animer et exécuter autant d'actions était hallucinant en 1984. Louis-Marie Rocques n'a cependant pas pu mettre dans son jeu tout ce qu'il souhaitait, à cause de la faible capacité mémoire. L'apparition des fantômes et la quête du crucifix qui y est liée devront attendre la version Thomson. L'auteur souhaitait aussi nous faire affronter des araignées et des loups-garous mais ces deux-là passeront définitivement à la trappe (à l'oubliette ?) La version Oric dispose d'un peu moins de salles que les versions futures et ces dernières sont agencées différemment.

Si le jeu est vraiment excellent pour l'époque, le découvrir après avoir beaucoup joué à la version Thomson est une expérience assez difficile. Les graphismes à peine moins détaillés (mais vraiment à peine) passent sans soucis mais la lenteur du jeu risque elle de poser problème. Le personnage se déplace lentement et répond parfois avec un petit temps de retard à l'appui d'une touche. Et puis l'entrée dans une salle déclenche l'apparition d'un petit texte en haut de l'écran qui ralentit encore un peu le déroulement (ces textes seront supprimé sur Thomson). À noter qu'on peut ici nommer son héros au début de l'aventure, ce qui ne sera plus possible dans les autres versions.

En 1986, L'Aigle d'Or sort sur Amstrad CPC, l'ordi en vogue du moment dans de nombreux pays européens. Cette adaptation n'est pas programmée par Louis-Marie Rocques qui préfère se consacrer à des jeux originaux comme nous allons bientôt le voir. Ça n'empêche pas cette version, réalisée par Vincent Grenet, d'être de qualité, surtout techniquement :

Louis-Marie Rocques n'a pas réalisé cette adaptation.
Dès la première salle, on sent la différence graphique !

Le ton est donné dès l'intro avec une musique, une VRAIE musique là ou l'Oric et les Thomson se contentaient de cracher une poignée de notes peu harmonieuses. Après cette entrée en matière sympathique, on pénètre dans le château qui a pris des couleurs. Quelques briques apparaissent sur les murs, le mobilier est un peu plus présent, et les portes sont désormais colorées, leur donnant une apparence robuste et boisée. Le héros a également pris de l'envergure et on peut plus nettement distinguer quelques détails composant son sprite. Et bonheur : il se déplace rapidement, plus rapidement encore que sur Thomson, pour un confort de jeu encore amélioré, même si de ce côté-là la concurrence est bien plus rude sur CPC que sur Thomson et Oric et on trouve tout de même bien mieux sur cette machine. Si l'aventure ne s'est en revanche pas enrichie de nouvelles salles ou de nouveau pièges, leur agencement a encore changé. Il va falloir refaire un plan !

Les animations sont un peu plus détaillées dans cette version. Remarquez les colonnes en arrière-plan.
Une bien jolie cheminée.

L'Aigle d'Or sur CPC serait donc la version de référence ? Mmmmh, pas forcément. Certains, dont je fais partie, pourront lui reprocher des visuels et des couleurs qui rendent l'ambiance moins pesante, moins mystérieuse, et l'immersion moins efficace. Et si les graphismes sont plus colorés que sur MO5, ils sont en revanche moins fins à cause de la résolution utilisée. Certains choix de design graphique sont aussi discutables : là où les chauve-souris étaient noires comme la nuit auparavant, elles apparaissent désormais en arborant des couleurs violettes assez étranges. Et puis on regrettera l'absence totale de bruitages et la disparition des textes à l'écran pour signaler qu'une porte est verrouillée par exemple, ou qu'elle résiste à nos coups de pied de biche. On ne sait donc pas si on est face à une porte inviolable, si notre personnage est mal placé ou si il nous faut au contraire insister pour forcer son chemin.

À ce propos, il faut raconter une anecdote... Qui dans la salle peut se vanter d'avoir terminé l'Aigle d'Or sur Amstrad CPC ? Allez, levez vos mains. Mmmmh, pas grand monde, n'est-ce pas ? Et ce n'est pas étonnant car l'une des versions du jeu est buggée : une porte située vers la toute fin de l'aventure refuse de s'ouvrir, quoi qu'on fasse. Or il se trouve que c'est cette version qui a circulé sous le manteau dans les réseaux pirates un peu partout. Dommage !

 
 
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