Note
de la rédaction : Pour de pures raisons d'éthique
journalistique, nous avons laissé certaines image de
cet article en grand format. Toutes nos excuses aux oubliés
du haut-débit.
La société Palace Software est connue des joueurs de l'époque
C64/Amstrad. Si on devait trouver un seul titre avant Barbarian,
ce serait facile : Cauldron
! Mais Palace Software a édité de nombreux autres
hits, tels que (pêle-mêle) : Barbarian puis Barbarian
II - The Dungeon of Drax, Cauldron
2, L'Armure Sacrée d'Antiriad, Rimrunner,
Cosmic Pirate, Swap...
Un de leurs hits fut donc Barbarian, the Ultimate Warrior
(Le Guerrier Absolu). D'abord sorti sur 8-bits, ce jeu fut adapté
sur la plupart des machines de l'époque et fit un vrai carton
malgré les scènes violentes qu'il offrait aux joueurs. Un vrai
succès sur toutes les machines ! À noter qu'il fut édité
outre-Atlantique sous le nom de Death Sword, et distribué
par Epyx.
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Il
n'a pas l'air commode le barbare. Par contre la fille... |
Lors
de sa sortie, Barbarian fit scandale. D'abord
à cause de sa violence comme je le disais plus haut (et comme
vous le verrez plus loin), ensuite... parce que sur la jaquette,
la Princesse est pratiquement toute nue ! Et en plus... Dans
la boîte il y a un poster de la belle ! Ahlala, ces barbares
tout de même... Saluons Maria Whittaker et Michael van Wijk
qui prirent ici une des premières poses les plus controversées
de l'histoire des jeux vidéo...
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Une
autre version de la jaquette... |
...
avec la dame de l'autre côté... |
Merchandising,
quand tu nous tiens... Je ne sais pas si vous, vous pensez que
ce genre d'illustration booste les ventes d'un jeu. Allez savoir
si l'engouement pour Barbarian était réellement dû
à la photo, ou simplement si le jeu était suffisamment bon pour
justifier son succès... La rumeur maintient en tout cas que
la jaquette (et le poster) furent déterminants !
Venez,
ça va saigner !
Et
l'histoire dans tout ça ? La voici. Drax est un méchant. Pas
de doute, il a même enlevé la Princesse Mariana pour le prouver
aux autres. Il ne l'a pas enlevée comme ça, bien sûr : La menace
pèse sur tous les habitants de la ville d'être
les victimes d'une petite manifestation de son pouvoir maléfique.
Et ils ont eu peur, les lâches ! Je ne sais pas si ce sont eux
qui ont livré la Princesse à Drax, ou si elle s'est livrée elle-même
comme toute Princesse civique qui se respecte, mais le fait
est là : elle est prisonnière du sorcier, point. Et comme Drax
est un méchant vraiment méchant, pas une brute épaisse (lui),
il accorde la liberté à la princesse s'il se trouve un champion
capable de vaincre ses gardes. Je ne vous le fais pas dire :
c'est facile comme marché, vu que personne jusque là n'a réussi
à en égratigner un.
Et
puis... Un jour...
Un
barbare inconnu arrive, depuis des terres lointaines inconnues...
Et si on ne sait rien de lui, une chose est sûre : c'est un
guerrier hors-pair... Y'a qu'à voir comment il manie son épée.
Alors ? Est-ce que lui va arriver là où tous les autres ont
échoué ? Pourra-t-il vaincre les Forces des Ténèbres, accessoirement
Drax, et libérer la Princesse Mariana (voire plus si affinités) ?
Les
commandes
Au lancement du jeu sur Amiga, l'écran de présentation
est triste. Une simple page de scores.
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Rien
de particulier pour une fois... Le spectacle est ailleurs. |
Il
faut appuyer sur F1 pour un joueur, ou F2 pour deux joueurs,
ou alors la démo démarrera et vous pourrez regarder deux combattants
se mettre tout ce qu'ils peuvent sur la tronche. 16 mouvements
sont disponibles, soit 8 sans appuyer sur le bouton de tir,
et 8 en le laissant appuyé (je vous conseille vivement de jouer
au joystick). Voici le tableau pour le joueur de gauche (celui
qu'on dirige quand on joue seul). Évidemment, quand on incarne
le joueur de droite, ou si les deux personnages ont inversé
leurs positions, il faut tenir compte des directions droite/gauche
inversées.
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Mouvements
sans appuyer... |
...
et en appuyant sur le bouton de tir. |
Je
me souviens que ce jeu mettait à dure épreuve nos braves joysticks
de l'époque. En plus, personnellement, j'utilisais un Quickshot,
genre manche à balai (à l'époque, j'adorais les simulateurs
de vol), et ma manette grinçait fortement quand je jouais !
Impossible de faire mieux, et plus simple. Pas moyen de faire
plus de mouvements. Les combos n'existaient pas encore, c'est
vrai que ça aurait pu être marrant des combinaisons... Mais
bon, la décapitation en elle-même est un spectacle qui vaut
tous les combos du monde ! (NdL : La roulade avant propulse
l'adversaire à terre, et il perd un peu d'énergie.
Il est alors possible d'enchaîner sur une autre roulade
avant qu'il ait pu se relever, et ainsi de suite jusqu'à
sa mort. C'est une faille du jeu qui permet de battre tous les
adversaires jusqu'à Drax)
Le
combat
Au
début, votre guerrier (peau claire et tunique grise) s'approche
de la droite de l'écran. En face, un autre guerrier, dont les
couleurs de peau et de tuniques sont différentes. En effet,
ces deux éléments seront les seuls changements entre les adversaires
que vous affronterez : pas de petit ni de grand, de gros ni
de maigre : les barbares sont tous identiques physiquement.
De vrais clones. De vous d'ailleurs...
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Le
premier combat. les guerriers s'avancent. "Prepare to
Die !" |
Votre
résistance est symbolisée par 6 ronds rouges, au-dessus de la
tête du serpent qui se trouve du côté où vous avez fait votre
entrée à l'écran (attention, les serpents ne changent pas de
côté quand les guerriers ont inversé leur position).
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Les
choses sérieuses commencent. |
Moulinet
à gauche, coup en hauteur à droite. |
À
chaque coup encaissé, vous perdez un demi rond. Ce qui fait,
si je ne me trompe pas, 12 coups que vous pouvez encaisser,
comme le permis de conduire. Ça peut paraître beaucoup, mais
parfois vous vous retrouvez acculé et les points disparaissent
à toute vitesse. À part la décapitation (voir plus loin), tous
les coups sont aussi puissants, et chacun coûte 1/2 rond.
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Le
serpent hurle : le guerrier a mal. |
Le
coup de boule, très rapide. |
Les
combats sont très rapides. Il n'y a pas le moindre temps mort.
Si vous jouez contre l'ordinateur, les adversaires sont paraît-il
de plus en plus subtils, mais honnêtement : dès le premier vous
aurez affaire à forte partie. Et puis, il y a toujours
moyen de les décapiter par surprise, et tous sont autant susceptibles
de se faire étêter !
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Un
coup de pied en pleine figure. |
Un
des guerriers s'écroule, vaincu. |
Une
fois qu'il y a un vainqueur et un vaincu (j'espère de tout cœur
que c'est vous le vainqueur), un rire sardonique se fait entendre.
Et soudain, un petit gnome vert apparaît de la gauche de l'écran
et emporte tranquillement le cadavre pour... pour en faire quoi
d'ailleurs ? La suite ne nous regarde pas. Le vainqueur, lui,
sort de l'arène. En piste pour un nouveau combat !
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Le
gagnant lève son épée en signe de victoire. |
Le
gnome surgit et emporte le cadavre... |
Vous
devrez combattre dans 4 environnements : la forêt, les montagnes,
la Salle du Trône de Drax, qui vous surveille sans mot dire,
et enfin la Fosse. Dans ce dernier niveau, Drax est accompagné
de Mariana, et tous deux vous regardent depuis le haut de la
fosse. C'est dans ce dernier décor que vous devrez affronter
Drax lui-même... Et lui, n'est pas armé d'une épée. C'est un
sorcier, je vous le rappelle !
La
décapitation
Impossible
de vous parler de ce jeu sans vous décrire cet acte innommable,
barbare (ça tombe bien) et répugnant. Si ça vous dégoûte déjà,
allez au paragraphe suivant.
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Swiiish.
Boum. Tac tac tac... |
Le
barbare fait un tour sur lui-même, et fait tournoyer d'un geste
son épée au niveau du cou de son adversaire. Si les conditions
sont réunies, la tête de son ennemi vole dans les airs avec
un jet de sang. L'homme s'écroule et la tête roule un peu plus
loin. Le gnome, non content d'emporter le cadavre, shoote dans
la tête ! On n'en revenait pas à l'époque. Aujourd'hui, je suis
même un peu surpris que le jeu n'ait pas été retiré de la vente
: c'était différent de ce qu'on voit maintenant, pas aussi immoral
que certains jeux sortis depuis mais plus violent visuellement
(regardez GTA3 : c'est bien pire sur de nombreux
aspects, mais pas la moindre trace de sang). Et puis, finalement,
je me dis que ce n'est qu'un jeu, comme bien d'autres : il faut
savoir faire la part des choses entre le jeu et la réalité,
et surveiller qui y joue. De toute façon il est inutile
de rentrer dans la polémique : Barbarian est
sorti il y a déjà 16 ans !
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Un
replay de l'action. |
Mais
honnêtement... Quand on joue... Quelle joie d'avoir pu terminer
le combat en un seul coup. Surtout quand on joue contre un adversaire
humain, voir sa tête effarée (encore en place, elle !) est un
pur moment de bonheur !
La
réalisation
Le
jeu, sorti d'abord sur des machines 8-bits, offre un aspect
graphique carré, qui sera légèrement amélioré au niveau des
adaptations 16-bits. Les gros points forts de ces versions,
ce seront une animation fluide et des bruitages excellents.
Mais toutes les versions sont de véritables réussites compte-tenu
des machines sur lesquelles elles tournent.
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Version
C64. |
Version
Amstrad CPC. |
La
version Amiga étant la seule que je connais, je vais
vous dire ce que j'en pense techniquement.
-
Graphiquement, on aurait sûrement pu améliorer le passage des
8-bits aux 16-bits, mais ce n'est pas trop grave. Par contre,
les décors sont jolis, simples mais artistiquement colorés.
De toute façon, quand on joue, on se fiche du décor : on n'a
pas le temps de regarder le paysage !
- Au niveau animation, rien à redire. Elle est fluide et parfaite.
Les commandes sont exemplaires, et une fois qu'on se souvient
des coups, on les enchaîne sans forcer.
- C'est surtout le son qui est génial, avec les cris de douleur
des barbares, le tintement des armes qui se heurtent... Le shoot
du gnome dans la tête ! Inoubliable. Les cris des barbares ont
été samplés dans le film Kalidor
(Red Sonja aux USA), de Richard Fleisher, avec Arnold
Shwarzenegger et Brigitte Nielsen.
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Version
Spectrum. |
Version
PC, CGA hein ! |
-
Mais à part ça, si on regarde le jeu avec du recul, on se rend
compte que Barbarian est extrêmement répétitif.
Vous allez combattre au moins 12 fois le même barbare, habillé
différemment, et pratiquement aussi costaud au début qu'à la
fin. La seule chose qui change, c'est les probabilités de vous
en sortir et votre endurance. C'est pour ça qu'il est tout à
fait possible de triompher sans problème de 10 guerriers et
de se faire laminer par le 11ème, tout comme il est possible
de se faire décapiter au bout de 30 secondes de jeu. Les décors,
qui changent un peu, brisent la monotonie, et surtout l'action
tellement soutenue fait qu'on essaie d'avancer à tout prix.
C'est ça qui a fait le succès de ce jeu : une action trépidante,
et les éléments cités plus haut.
Et surtout, autre raison du succès : contre un adversaire humain,
Barbarian bat tous les records de fun. On ne
se lasse pas de faire un combat contre un ami. Enfin, si : on
se lasse si on s'est fait massacrer 10 fois de suite sans avoir
pu faire quoi que ce soit ! À part ça, Barbarian est le type
même de jeu pour deux joueurs. Une réalisation parfaite, une
réponse immédiate du personnage, un must !
Un
mot à part sur la notation
...
Parce que c'est un peu plus compliqué que d'habitude. Barbarian
fut testé partout, dans plein de versions différentes.
Tilt
: là, je dois avouer qu'il y a plein de bizarreries. Curieusement,
aucun test en "Tilt Parade" où se trouvaient les meilleurs jeux
du moment, comme on aurait pu l'espérer au vu des qualités de
Barbarian et des impressions des testeurs ;
Non, tous les tests sont dans la rubrique "Rolling Soft" (un
peu la rubrique "fourre-tout" des autres jeux) voire pire, dans
la rubrique "Coup d'Oeil" qui servait à référencer les nouvelles
versions sans s'étendre sur le sujet...
- versions C64 et Amstrad : Tilt n° 44 (Avril
1987), "Rolling Soft" : 16/20 ;
- version ST : Tilt n° 50, "Coup d'Oeil" : 12/20
;
- version Amiga : Tilt n° 56 (Juillet/Août 1988), "Rolling
Soft", mais pas de bol, c'est la photo du Barbarian
de Psygnosis qui est affichée : 15/20.
Le
plus curieux de tout, c'est que dans Tilt n° 60 (Décembre 1988),
le Hors-Série qui regroupe tous les titres de l'année, on retrouve
toutes ces versions dans la catégorie "Action", avec une note
identique de 16/20... Je n'ai pas trouvé trace d'une version
PC ou Spectrum dans Tilt.
Gen4
: plus facile car ne testant que les jeux 16 bits.
- version ST dans le n°2 (Janvier/Février 1988), 91%
;
- version Amiga dans le n°4 (été 1988) en "nouvelles
versions", 91%.
Et
ensuite ?
La
suite, j'en parlais plus haut, est Barbarian
II. C'est un jeu d'aventure/action, dans lequel on peut
incarner au choix le héros ou l'héroïne,
avec des combats acharnés contre plein de bestioles plus délirantes
les unes que les autres.
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Barbarian
II, la suite : un labyrinthe couplé d'un jeu de
combat. |
Un jeu sympa, mais moins bourrin et donc peut-être
moins prenant. Il ressemble plus à Barbarian
de Psygnosis pour le principe général, sauf qu'ici ce n'est
pas le timing qui permet de se débarrasser en un coup de ses
adversaires : chaque combat contre un monstre est une lutte
de longue haleine. Je vous invite à lire le test complet
pour en savoir plus. :-)
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Barbarian
II (sur Amiga). |
Pour
finir, signalons que le studio français Titus a tenté
en 2003 le pari du revival en 3d, Barbarian
(développé par Saphire), sur PS2, Xbox,
Game Cube et GBA (la version GBA
est en 2d, mais n'a rien à voir avec le Barbarian
d'origine). En résulte un jeu bien réalisé
mais assez moyen côté gameplay, qui a reçu
des critiques mitigées et n'a guère bénéficié
de l'effet nostalgie. Rien à faire, seul le premier Barbarian
fut un gros succès, sans doute parce que c'est le meilleur
jeu de la série. Le marketing ne fait peut-être
pas tout...
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Barbarian,
de Titus (2003) : Versions PS2 et sur GBA. |
En
tout cas, Barbarian de Palace est un grand
jeu, sans aucun doute. Comme on n'en verra plus de nos jours,
sans aucun doute non plus !
JPB