In da startin blockz
Le Derby de la Destruction
Ah, quel nom magnifique ! Quel titre qui fleure bon la gomme de pneu laminant lherbe des champs, tel une pur moment de poésie ronronnante comme un moteur seize soupapes et dont les vers finiraient tous par Brrrroooommmm, Brrrroooommmm
Quel évocation de mon passé de gamer entré en âge de raison en même temps que dans un magasin afin de macheter la dernière console de Sony, la Playstation, la Psx, la Playstèche, le rectangle gris, la petite boîte issu de la grosse boite
Quelle époque
On y va, on en parle, et que les moteurs vrombissent ! Un
deux
trr
Ah, non, non, non pas encore
je me souviens de ce jeu qui était fait pour les joyeux bourrins, les amoureux des champs de course et de batailles, les adorateurs des bagnoles tagées daigles et dicônes Iron Maideniennes, mais avant tout pour les fans du vidéo-ludisme, les goûteurs de jeux qui ont marqués une machine au fer rouge
Avant les starting blocks, rendons-nous aux dicos ! Destruction, tout dabord. Ah, la destruction ! Voilà le lot des gamers. Ca, on connaît : Que se soit dans les labyrinthes de la forteresse ennemie, les marais dune obscure planète, les coursives pourries dun vaisseau spatial, les atmosphères exotiques des shoot them up ou des Doom-Like, sur les prairies quadrillées dun wargame ou dans les forêts profondément moîtes dun RPG, et même jusque dans la jungle vietnamienne recréée à loccasion dune simulation de guerre en gerborama, on en a bavé, on en a explosé des ennemis, on en a fait péter des structures vectorielles. Et cette destruction de masse crépite tout autour de nous
Enfin bon, quel boulot, on est crevé quoi
Cest le mot Derby qui est un peu plus dur à définir. Après une fatiguante investigation, je découvre que ce mot vient de la course de chevaux dEpsom se déroulant dans le doux pays de sa majesté Elizabeth number two ; Ce faisant, le nom propre lié à cette chère manifestation a certainement contaminé le langage courant pour caractériser un sport qui, selon le dictionnaire francophone en ligne, est "une rencontre opposant deux équipes sportives dune même ville ou de deux villes voisines". De ce point de vue, un match de foot entre l'Inter de Milan et le Milan AC est un derby, mais le Derby de la Destruction nest pas un jeu en équipe, loin de là. Sur le bitûme, vous êtes seul. Non pas dans le noir, mais bien au soleil des différents circuits infernaux que vous allez traverser tels les parcours du combattant de la mécanique automobile. Alors si Derby il y a, la course à laquelle on assistera en cette année 1996 sera quelque peu différente dune bête course de chevaux
1996 fut une année durant laquelle beaucoup commençaient déjà à voir juter les stock options de la net-économie naissante. Les gamers eux, se consacraient plutôt à la destruction jouissive des stock-cars de la game-économie
Bon, allons-y
Un
deux
trois, paar
Non, non, encore une chose au moins : Psygnosis ! Comment ne pas revenir sur cet incroyable éditeur qui a aidé à forger lâge dor de lAmiga pour plus tard créer Destruction Derby ? Cultissime. Dans le joyeux désordre, des softs comme la série des Shadow of The Beast, Awesome, Lemmings, Agony pour ne citer queux vont constituer des pierres-précieuses-angulaires de la ludothèque de la machine de Commodore (bon
noublions pas par pure justice lAtari ST sur lequel Psygnosis a aussi fait des merveilles). Si le brillant Agony était le fait des français de Art and Magic, le hit mythique de 1989 quest Shadow of The Beast est le fait dun développeur de Newcastle au sobre nom de Reflections. Reflections travaillera ensuite pour un autre éditeur, GT Interactive et continuera à signer les pages du livre dor de la Playstation grâce à des titres comme Driver et, sous légide de la boîte à la tête de chouette, Destruction Derby (DD) qui, pour ses premiers pas dans lère 32-bits, effectuait là une entrée remarquée
Depuis cette époque (huit ans déjà), Psygnosis semble navoir plus rien en commun avec ce quon a connu lors de la période Amiga. A ce quil semble, la vaillante boite british se serait fait quelque peu engloutir par le géant nippon Sony au début de lère Playstation. Il suffit aujourdhui de taper http://www.psygnosis. com et atterrir sur le site Playstation pour sen convaincre. A linstar dAtari, pauvre nom décharné investi par Infogrammes comme un Alien investit le corps dun pote dEllen Ripley, il semble que lépoque contemporaine du jeu vidéo doive nous habituer à ce genre de regrettables appétits
Réminiscences Amgaiennes
Afin de ne pas commencer sur les chapeaux de roue sans prévenir, comme ça, le présent article ne parlera que de la version PS1 de Destruction Derby, et ne fera quun léger compte-rendu de toutes les versions de ce hit sorti sur bon nombre de machines
Bon, on peut y aller maintenant ? Pas encore ? Non ? Bon, alors puisquil faut encore ronger son frein avant la course et se perdre dans quelques précisions nécessaires, regardons de plus près lapparence graphique des menus pour se rendre compte quil y a comme un air de déjà-vu
Reflections, en effet, semble avoir eu du mal à se défaire de quelques habitudes esthétiques et peut-être que lépoque Amiga les aura suffisamment marqués pour quils en soient sortis graphiquement troublés, et mêmes heurtés. Ca tombe bien puisque des heurts, il y en a dans ce jeu mais le premier choc est pour le joueur : La réminiscence graphique ("Tiens, on se croirait un peu sur Amiga") a entraîné chez moi une joie mêlée de suspicion : Même si on est bien sur la mythique console de Sony, les premiers écrans annonçant léditeur et le concepteur du jeu ressemblent trait pour trait aux écrans de la machine de Commodore : Dégradés fins de plusieurs dizaines de teintes de couleurs froides aux dominantes blanches et azurées, aspect très métallique
franchement, pour un peu on croirait quon a ressorti les bonne vieilles disquettes bleues du placard !
Destruction Derby est dailleurs lune des premières incursions de Psygnosis sur la plate-forme Sony
Psygnosis sur PS1 ça sera une histoire en dent de scie avec des Wipe Out historiques mais inégaux et les décevants Lemmings 3D et Metal Conflict
Ceci est un autre débat qui nempêche pas daffirmer que comme pour l'Amiga, Psygnosis a contribué à bâtir la réputation de la Playstèche grâce à des softs accrocheurs, solides et historiques (et aussi grâce à la création dun kit de développement PSX pour PC qui aura permis den vulgariser lutilisation chez bon nombre de développeurs
voir larticle sur la Playstation). DD fait selon moi partie de ce genre de jeux dont laura dans le monde du jeu vidéo est toujours palpable.
A la conception du jeu, on retrouve Martin Edmondson, game designer en chef de léquipe Reflections, qui a débuté sur Acorn BBC. Vous pouvez profiter des fruits de son travail sur des jeux récents comme Driver 3 sur PS2.


Grand amateur de jeux de conduite, il a su bien sentourer à lépoque puisque la programmation est signée Mike & Robert Troughton, deux frères qui semblent aussi apprécier de plancher sur ce type de jeu : Ils travaillent désormais pour PitBull Syndicate qui, sous légide dInfogrammes, s'est illustré avec Test Drive 4. PitBull syndicate est aussi à lorigine de lautre grande référence de jeux de stock-car : Demolition Racer.
Un autre programmeur de DD, Russ Lazzari, a contribué quant à lui à Destruction Derby 2 et aussi à Stunt Man, la célèbre simulation de cascade. Les graphismes et textures de DD ont été pris en charge par Phil Baxter (il va ensuite aussi soccuper de DD2). La musique est signée Tim Swan qui a pour loccasion réalisé les effets sonores avec laide dune vraie association organisant des courses de stock-car aux States, le Macdonald Racing.
Tim Swan est un personnage intéressant : Programmeur travaillant dans lindustrie vidéo-ludique depuis 1991, date à laquelle Digital Developments lui demande de réécrire la musique de Shadow Of The Beast de David Whittaker pour la version Atari Lynx, il programmera le second opus du même jeu pour le Mega CD de Sega et la version Megadrive de Lemmings 2. Cela ne lempêche pas dêtre aussi doué dans la composition de bandes-sons pour jeux : Ses talents de musicien et de programmeur combinés seront utilisés pour des jeux comme RIOT sur PS1 ou Rollcage Stage 2, un autre jeu de course délirant. Bien quayant travaillé principalement pour Reflections, Tim Swan na que rarement été en contact avec cette équipe, lui même étant plus proche de Attention To Detail, un autre développeur travaillant pour Psygnosis. Cest avec eux quil programmera Rollcage et aussi Lego Racer 2. Il fait aujourdhui partie dElectronic Arts.

Buckle Up
and Sit Tight !
Bouclez vos ceintures et enfoncez vous dans votre siège-baquet ! (cest en tout cas ma traduction de cette phrase qui sinscrit à lécran avant chaque course
). Ce quil faut encore savoir de Destruction Derby sur Playstation cest que ce jeu est la première version console dune franchise de simulation de stock-car acquise par Psygnosis. La première mouture du jeu était dailleurs censée reprendre les noms célèbres et autres circuits existants dans le véritable monde de stock-car. Reflections fera marche arrière (hem !), on ne sait trop pourquoi, pour offrir au joueur un jeu dont lunivers soriente de par son apparence vers une parodie béate et cool de lunivers des cinglés des autos-tamponeuses grandeur nature. Tout, en effet, est décalé, jusque dans la doc qui ne peut pas sempêcher de nous servir des phrases telles que "de nos jours la plupart des villes des pays du monde disposent de circuits de stock-car et celles qui nen nont pas, comme Athènes et Rome, y remédient en permettant aux autochtones dutiliser le réseau routier public". Cest élégamment dit
Bon, maintenant on peut y aller ? On peut enfin se jeter à pneus perdus sur le goudron chauffant au soleil de lenfer ? Oui ? Cest partiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Dès que lon commence à jouer, on ne peut que se dire que ça bouge vraiment pas mal. Les voitures, tout dabord, sont modélisées très correctement. Leur aspect de bolides que lon peut casser sans vergogne façon Hot Wheels est dailleurs très sympathique ; leurs formes font très cubes mais les emboutir reste un plaisir, même quelques années plus tard. Les décors eux, sont franchement laids et les couleurs parfois assez ternes voire mal choisies. Le moteur 3D aux textures énôôôrmes est véritablement dun autre âge, mais offre la rapidité que lon est en droit dattendre de la part dune course de bagnoles. Satisfaisant donc, mais à lépoque ce fut tout de même un sacré choc !


Commencer une course équivaut à ce quau début votre voiture en prenne plein le capot
le jeu restera dailleurs réputé pour ses collisions mémorables et sans pitié. En gros, le but est d'éliminer vos adversaires à coup de pare-chocs. Cest une jungle sur route : Il arrive bien souvent quon ne puisse effectuer une course jusquà la fin et dans le meilleur des cas, cest sur un champ de bataille quil faut évoluer ; la confusion qui peut y prendre place est telle quelle en devient parfois jubilatoire, tout le monde se percutant sans relâche dans un véritable torrent qui vous emporte
Rappelons le quota attribué dans cette compétition hors-norme : 10 points pour un adversaire envoyé à la casse (de la fumée noire sort de son capot
)
2 points pour un 90°, 4 pour un 180° et 10 pour un 360°. A savoir que les points sont doublés sil sagit de la voiture en tête de la course.
En plein cur de laction, on remarquera que la gestion des collisions est quelque fois assez aléatoire (il peut arriver que lon rentre quelques millimètres dans une voiture sans lémécher le moins du monde) mais lénervement suprême est de croire quun bon coup de paddle à droite ou à gauche derrière un concurrent va permettre de le faire diaboliquement chasser de larrière alors que la plupart du temps cette technique spontanée ne vous fait récolter quun magnifique plantage. Cest que Destruction Derby relève de tout un art et pour récolter des 360° vengeurs à tire-larigot, il faut être en mesure de faire tourner délicatement la voiture adverse comme une partenaire quon inviterait à tourbillonner dans une valse légère.

Les dégâts que subit votre engin sont aussi une des particularités amusantes du jeu : Rien de plus fendard que de voir votre bolide se transformer peu à peu en boite à sardine acordéonnée, le capot replié de façon presque boudeuse, les pneus arrières frottant contre la carlingue et les essieux déglingués
Cependant cela a une incidence directe sur la réactivité de votre voiture car au-delà dun certains seuil, la direction ne sera plus utilisable et vous serez obligé denfoncer les tranches de la manette à donf pour pouvoir tourner. Si votre avant est touché, cest plus grave car cest le moteur le véritable talon dAchille de chaque véhicule. Inutile de compter le nombre de course où lon doit parcourir péniblement les quelques centaines de derniers mètres en marche arrière : un radiateur cassé en pleine course est par exemple une sacrée mauvaise nouvelle, généralement confirmée par la voix déchaînée et goguenarde du commentateur...
En fait pour pouvoir survivre dans ce jeu, il faut très tôt commencer à développer des stratégies et des réflexes de survie impitoyablement drastiques, conditionnés par ce que vous pouvez faire sur la piste et ce que vous ne pouvez pas faire
On ne pourra quêtre énervé par lincapacité de la voiture quon a entre les mains datteindre très vite la vitesse maximum et ainsi de très mal tourner, ce qui a comme résultat immédiat de se taper les bords de pistes avec les ailes avant, et comme résultat second de nous conforter dans lidée que DD nest pas véritablement un jeu qui se base sur le plaisir de dominer et dexceller dans la conduite de son bolide, ou en tout cas très peu
Il ny a aucune dimension de simulation ici car ce pour quoi le jeu est fait, cest la bestialité dun conducteur lancé dans une aire où les règles sont prédéfinies certes, mais dont la finalité est de transformer des lacets de bitumes entier en décors de Mad Max. Ce genre de libération salvatrice et motorisée, la Playstation en connaîtra encore de nombreux aspects, pas tous dans la veine stock-car. Citons en exemple, et aussi en hommage, le bon vieux Driver signé par la même équipe de concepteurs.
Another car on the wall
Destruction Derby nest pas un jeu où lon samuse à vouloir atomiser les records et les temps. Il ny a presque là aucun intérêt même si un mode de jeu Time Trial vous permet daffronter un autre bolide dans une course de vitesse. Les autres modes proposés sont le Wreckin racing qui vous lance dans une saison dont vous devrez sortir premier si vous voulez passer en division supérieure, le compte de vos points se faisant uniquement en fonction du nombre de dommages que vous aurez fait subir à vos 19 concurrents. Il y a cinq divisions en tout et finir premier de la division 1 nest pas donné à tout le monde quand on joue en mode normal ou difficile (Amateur ou Pro). Le mode Stock car racing calcule quant à lui vos points en fonction de votre classement darrivée. Inutile de dire quavec le Time Trial cest sans doute le mode de jeu le moins intéressant, puisque le fun de la destruction y prend moins dimportance
Snirf.


Il faut savoir que pour chacun de ces modes vous est offert le choix de vous exercer à une course, de commencer un championnat, de jouer en multi-joueur (par ici la seconde Playstation, le jeu noffre pas la possibilité de splitter lécran en deux) ou de faire des parties en duel contre lordinateur ou contre un ami (toujours via une seconde console), tous les deux seuls sur les circuits.. Le mode replay permet de revoir la course entière par le biais de plusieurs caméras ou dune caméra unique ou encore dune caméra surplombant la piste. Une option Direction permet de déplacer cette dernière. Enfin, une dernière option permet de disposer toutes sortes de caméras et de choisir ainsi vos propres angles de vue. Ce quon retiendra de ce mode replay est quil fait modestement son office, mais sans plus : On pourra lui reprocher principalement dêtre dépourvu dune interface véritablement claire et intuitive
Les niveaux de difficultés sont quant à eux au nombre de trois : Rookie, avec la voiture Psygnosis, Amateur avec la noire Grim Reaper, ou Pro avec la Smoothie
Que lon soit clair tout de suite : La particularité des bagnoles Amateur ou Pro est que ces dernières sont plus fragiles, tournent moins bien, et semblent aller moins vite que le stock-car rookie ! Cest vraiment bien la peine que je me fatigue sur mon siège pendant des heures de circuit pour écoper de telles catastrophes du bitûme, cest comme si on remerciait Schumarer davoir gagné le championnat du monde en lui donnant à conduire un karting pour la prochaine saison ! Bon, ne soyons pas mauvais public puisque cest vrai quau bout de quelques jours de jeu intensif, le mode rookie atteint ses limites (la voiture est par exemple remise automatiquement dans la bonne direction dès quelle fait un tête à queue) et pouvoir conduire les voitures suivante relance le challenge.
Mais n'oublions pas dans lhistoire un dernier mode de jeu appelé sobrement Destruction Derby et qui vous place dans une arène avec 19 autres véhicules dont un seul sortira vivant. La chose en question se passe dans The Bowl.
Another Car on the Bowl
Alors que les moteurs ronronnent, il est temps de parler un peu plus du The Bowl de Destruction Derby de Pââriiiiiiiiss
The Bowl dans le monde vidéo-ludique mériterait des éloges. Ca tombe bien, jai envie de lui en faire un. Chanter les louanges de lieux qui nexistent pas est vraiment le luxe du gamer, et cest en ceci quil se rapproche du rêveur ou du poête, alors pourquoi se priver ? The Bowl est un lieu de charpie ferraillée, de sauvagerie ludique à fond les turbines... Au fur et à mesure jai fini par avoir des griefs contre lui. Je lui ai vu presque des défauts ou des choses que les créateurs du jeu auraient dû creuser et imaginer en extrapolant sur tout un tas de trucs et de fioritures quon aimerait retrouver dans nos jeux fétiches
celles qui ne servent à rien mais qui permettent de faire de ces lieux qui nexistent pas des endroits presque réels avec ce qu'il faut dâme pour quils acquièrent un caractère unique, bien à eux. Jaurais aimé savoir combien de spectateurs il y a dans les gradins ? Comment sappelle la montagne qui surplombe The Bowl ? Ya t-il des commentateurs dans la tour des gradins ? Ya t-il un resto ? Dans quel pays cela se situe ? Et surtout
comment les voitures arrivent-elles là puisquil sagit dun endroit purement fermé, un colisée
grâce à des grues ? Ah, merci mon imagination de me répondre et de pallier à tout ça !
Ludiquement parlant, The Bowl est un exercice de style à lui tout seul. Cest de la sauvagerie tout dabord, puis un long travail de patience si on arrive à bien se débrouiller
99 points, voilà le quota indépassable de toute course de DD. Ce chiffre peut être atteint dans The Bowl si lon a assez de style, de nerf, de doigté, bref de talent. Cest là que lhomo ludus y atteint un de ces genres daccomplissements personnels qui émaillent fréquemment sa vie en essayant de relever le défi permanent de lordinateur
Bref, cette séance de torture automobile commence quand les 20 voitures disposées tout le long de la circonférence de ce circuit tout rond se lancent à tôle perdue les unes contre les autres
et là inutile de décrire la suite, le paysage se déchire et se fend littéralement de milliers de morceaux triangulaires colorés et le jeu subit là quelques ralentissements quon lui pardonnera aisément étant donné le véritable chaos graphique qui règne. Ce mode Destruction Derby vous propose de jouer un championnat uniquement composé dune suite de The Bowl. Pour tout dire, cest un peu usant et beaucoup auront du mal à trouver un réel intérêt à ce mode puisque faire un The Bowl à chaque fin de saison est déjà une gageure en soi
Damned, un drapeau à damiers !
Destruction Derby est pour moi un grand jeu au charme difficilement définissable. On pourra lui reprocher bon nombre de choses et pour beaucoup il reste un soft mineur et médiocre. Cest vrai que les graphismes aux aspects parfois trop cubiques ou froids, à côté dun rythme endiablé tendant vers larcade et dune musique technoïde bizarre font un sacré cocktail, mais DD est lun des meilleurs jeux-défouloirs que je connaisse. Le plaisir quil procure ne réside pas dans la conduite qui offre des sensations tout compte fait assez éprouvées et classiques, mais plus dans le vertige et létourdissement qui sabat ça et là au détour dun virage ou à loccasion dune charge violente contre une autre voiture. Il ne sagit pas dun jeu où lon se chronomètre, ni dans lequel on recherche la meilleure courbe possible afin de passer un virage, seule livresse brute et sauvage compte, et cest ça qui sauve Destruction Derby, cet instinct de destruction qui anime chaque gamer sy frottant.
Absente, cette possibilité de carnage vidéo-ludique ne nous laisserait à jouer quun titre sans réel intérêt, qui naurait pas séduit un aussi grand nombre de joueurs. Car DD fut non seulement lun des premiers jeux européens sur Playstation, mais aussi lun des premiers à avoir atteint en quelques semaines le million dexemplaires vendus. Il reste lun des grands classiques de la PS1 et exerce sur moi une fascination qui tient de la notalgie mais se projette aussi dans lavenir puisque avec ce genre de jeu, on est en droit dattendre de futurs développements vidéo-ludiques où la possibilité dengendrer un nombre incroyable de détails et deffets réalistes renforcera le désir innocent dassister à un festival danéantissement et de désintégration virtuelle.
A la place de simples rambardes de sécurité pixelisées il y aura par exemple des milliers de pneus usagés qui senflammeront avec les moteurs en sautant dans lair comme des bulles de savon, et on aura affaire non pas à de simples pixels colorés pour figurer des morceaux de tôles mais bien à une infinités déléments véritables de voitures : Des jantes, des pistons, des radiateurs, tous facilement reconnaissables lorsquils sécrasent sur le bitume ; On pourra voir des pilotes plus vrais que nature qui quittent la piste en sautant dans lherbe avant lexplosion de leur engin, et retrouver ainsi lesthétisme exquis des cascades de ciné et des accidents spectaculaires sans conséquences graves quon a adoré voir à la télévision étant jeune pendant les bêtisiers sportifs
Eh bien quoi ? On peut toujours rêver aux prochains jeux qui débarqueront un jour, non ? Ca aussi ça fait partie du luxe du gamer
Le cinéphile, lui, ne peut rêver de manière aussi complète et globale aux futurs promesses du cinéma
Larrivée de DD sur PS2 se rapproche dailleurs de plus en plus de cet rêve éveillé : A l'heure ou ces lignes sont écrites, Destruction Derby Arena est sorti et il possède, en plus de la présence du mode Online (et enfin dun écran splitté pour le mode multi-joueur), tous les perfectionnements graphiques quon était en droit dattendre dune console 128-bits.
Après le second opus, Destruction Derby 2 (dont une version optimisée pour Matrox Mystique était vendue en pack avec cette carte, de loin le plus beau DD qu'on ait vu), apparaît Destruction Derby Raw en 1996 qui intègre la possibilité aux véhicules de décoller littéralement du sol, Reflection aura sorti une manne dépisodes sur différentes consoles tel le Destruction Derby Raw Platinum nouvelle mouture toujours sur PS1 ou Destruction Derby 64 sur Nintendo 64 (éditeur Ubi Soft). Noublions pas non plus la version Saturn, qui est cependant loin de valoir son homologue de chez Sony. La version de DD1 sur PC est aussi à mentionner puisque le jeu a subi à lépoque quelques améliorations, graphiques mais aussi au niveau du Gameplay. La conduite savère beaucoup plus maniable et aisée que sur console . Les sons et la musique sont quant à eux, très en dessous de la moyenne sur PC. Enfin, il est à noter quun jeu éponyme a existé jadis. Destruction Derby est un jeu d'arcade conçu par Exidy, qui date de 1975 (à ne pas confondre avec Demolition Derby, de Bally Midway, sorti en 1984 et émulé par MAME)...
Je ne peux pas finir ce ptit article sans délivrer, pour ceux qui les auraient loupés les cheat codes les plus fameux de Destruction Derby sur PS1. Au moment dentrer votre nom, saisissez ! DAMAGE ! pour une voiture indestructible, REFLECT ! pour accéder au circuit caché du monastère, et NPLAYERS pour choisir le nombre de concurrents.
Gregoss