Par
Bruno
(SOTB1) et Tonton
Ben (SOTB2, SOTB3, Bonus) - Décembre
2006
| Shadow
of the Beast
Année
: 1989
Systèmes
: Amiga, Atari ST, Megadrive, Sega Master System, Spectrum,
C64, Lynx...
Programmation :
Paul Howarth
Graphismes : Martin Edmondson
Musique : David Whittaker
Illustrations : Roger Dean
Développeur : Reflections
Editeur : Psygnosis
Support : disquettes
- cartouche |
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La
boîte du jeu. Merci au site Hall of Light ! |
Reflections, chapeau les
artistes !
Ha
! Je me souviendrai toujours le bonheur que procurait l'apparition
à l'écran
du logo Psygnosis, gage de qualité,
durant la période Amiga. Tout comme celui de
Reflections, petit groupe de développeurs qui furent
les premiers à me faire comprendre que le jeu vidéo
est un art à part entière.
Après
des débuts sur Acorn BBC (Ravenskull,
Codename Droid) et un premier hit sur Amiga
intitulé Ballistix, Martin Edmondson et Paul Howarth
(respectivement 21 et 20 ans à l'époque !) accouchent
d'un jeu déjà mythique : Shadow of the Beast.
Il faut bien comprendre que
pour l'époque, Shadow of the Beast est
totalement démesuré, et ce à tous les niveaux
de sa réalisation. Comme un bond dans le futur... Il
est aussi mon premier jeu culte.
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Martin
Edmondson (ici en 2004) est devenu après la série
SOTB le dirigeant de Reflections, et en a fait un studio
important, notamment grâce à la série
Driver. |
Roger
Dean. |
Après
l'immense succès de Beast (amplement
mérité), les chtits gars de Reflections s'illustreront
notamment avec Shadow of the Beast 2
(1990), Awesome (shoot'em'up complètement barje
en 1990), Shadow of the Beast 3
(1992), Brian The Lion (1994) et à l'ère
Playstation avec Driver. La
série Shadow of the Beast représente
un peu tout l'esprit du Psygnosis de l'époque, une ambiance
qui m'a énormément marqué en tant que passionné
par le domaine artistique, des mondes héroic-fantasy
ou high-tech assez glauques et très originaux (Blood
Money, The Killing Game Show, Leander
et tant d'autres...) que l'éditeur anglais à abandonné
en même temps que l'Amiga, ce que je ne m'explique
pas. Un tel visuel, artistiquement si fort, aurait mérité
de s'illustrer sur les machines de nouvelle génération.
Un gros snif s'impose !
Choc visuel et auditif
!
Les
graphismes de Shadow of the Beast représentaient
lorsqu'on les découvrit, comme je l'ai dit plus haut,
un bond dans le futur. Tout d'abord au niveau technique : même
aujourd'hui cela reste très impressionnant. La finesse
des décors est bluffante avec des scrollings parallaxes
à gogo (13 niveaux au total), 50 frames/seconde (l'Amiga
ne sortant que du 50Hz, sans quoi c'eût été
60fps), sprites magnifiques (132 monstres différents),
des pièges TRÈS impressionnants (les pics géants
et les yeux par exemple), bref une énormeuuuuuuu claque
comme les joueurs n'en vivent que trop rarement.
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Vient
ensuite le design et c'est là que Shadow of the
Beast puise toute sa force visuelle. Comme je le soulignais
plus haut, il représente parfaitement toute l'intensité
des univers Psygnosis de l'ère Amiga. La plaine
possède une ambiance merveilleuse et inquiétante
à la fois, la grotte souterraine est un pur joyau, le
château est magnifique, le niveau shoot'em'up complètement
enivrant et le dernier niveau vous replonge dans la plaine,
devenue encore plus glauque. Un visuel difficilement descriptible
par des mots, il faut le voir, c'est tout ! Artistiquement phénoménal
et toujours innovant.
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La
bande-son de Shadow of the Beast tient une
place tout aussi importante que ses graphismes. Anthologique
! Les morceaux sont si émouvants et poignants que je
classe l'ensemble dans mes favoris (Turrican
2, Final fantasy
6, Valkyrie
Profile et quelques autres...). On peut trouver aussi
bien, comme les jeux cités précédemment,
mais pas mieux ! Inoubliable ! Cette merveille auditive est
l'œuvre du grand David Whittaker (célèbre musicien
de l'univers micro européen des eighties, et plus tard
superviseur de la bande-son du film Gladiator), qui atteint
là son meilleur niveau.
Un
gameplay pour gladiateur.
Le
seul hic vient de la difficulté du jeu, presque insurmontable
pour un joueur occasionnel. À l'époque, certains
qualifiaient Shadow of the Beast de grosse
démo injouable, jugement assez exagéré,
mais il est vrai que rarement un jeu fut si dur. Shadow
of the Beast est un jeu
d'arcade-aventure, le côté aventure se limitant
à récupérer quelques objets pour accéder
à certains niveaux qu'il faudra effectuer dans un ordre
précis. C'est le peu d'énergie (une seule vie
donc) et la cadence énorme d'ennemis et de pièges
qui vous tombent dessus, ajouté à une jouabilité
un peu "raide", qui fait toute le difficulté du titre.
Pour joueur effréné !
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L'écran
de fin, vous êtes mort. Une superbe mélodie
jouée à la flûte puis à la
flûte de Pan se fait entendre. |
Roger
Dean.
Cet
homme a une grande responsabilité dans ce visuel que
j'affectionne tant et dont Shadow
of the Beast et les autres
jeux Amiga de Psygnosis sont imprégnés.
Roger Dean a réalisé les illustrations de la série,
mais aussi le logo "Beast" et le lettrage qui va avec, l'illustration
de la jaquette ainsi que ceux de la plupart des titres de la
firme au hibou.
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Illustration
de Roger Dean, et packaging de la version Amiga : une
boîte double largeur contenant les deux disquettes,
la doc et un T-Shirt. |
Ses
travaux les plus célèbres sont des pochettes de
disques, notamment pour Yes,
dont il a illustré tous les albums dans les années
70, ainsi qu'Uriah
Heep (l'album Magician's Birthday).
Un
succès international bien mérité !
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Version
Sega Master System, et niveau de Lemmings faisant référence
à Beast. |
Les
adaptations furent nombreuses (Lynx,
Sega Master System, C64,
Spectrum, Atari
ST, Megadrive, SNES,
NEC Super CD-rom², CD32,
FM-Towns Marty...). La meilleure version reste incontestablement
celle de l'Amiga, l'originale,
qui personnifiera longtemps le style Psygnosis, au point que
le visuel du jeu apparaît en clin d'œil dans certains
titres. L'adaptation la plus fidèle est sur Megadrive,
avec une légère perte au niveau des graphismes
mais pas de quoi crier au scandale, c'est presque identique.
Le choc vient de la baisse de qualité des musiques, la
Megadrive ne pouvant pas se permettre de restituer
les sonorités typiques de l'Amiga. À
noter, la très belle version sur FM-Towns (sortie
après la trilogie) mais uniquement disponible au Japon.
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Preview
de la version CPC. |
Un
groupe de demomakers nommé The Logon System commença
même en 1995 à adapter le jeu sur Amstrad CPC,
juste pour la performance, mais la version ne fut jamais finie.
Elle devait comporter autant de sprites et de niveaux de scrolling
que l'original, un exploit inimaginable sur micro 8-bits.
Que
dire de plus ? Je pense vous avoir bien résumé
ce que je pense de ce joyau rare qu'est Shadow of the
Beast. Sur ce, éclatez-vous bien !
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