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Shadow of the Beast
Année : 1989
Système : Amiga, Atari ST ...
Développeur : Reflections
Éditeur : Psygnosis
Genre : Action / Plate-forme
[voir détails]
Par Bruno & Tonton Ben (15 mars 2004)
La boîte du jeu. Merci au site Hall of Light !

Ha ! Je me souviendrai toujours le bonheur que procurait l'apparition à l'écran du logo Psygnosis, gage de qualité, durant la période Amiga. Tout comme celui de Reflections, petit groupe de développeurs qui furent les premiers à me faire comprendre que le jeu vidéo est un art à part entière.

Après des débuts sur Acorn BBC (Ravenskull, Codename Droid) et un premier hit sur Amiga intitulé Ballistix, Martin Edmondson et Paul Howarth (respectivement 21 et 20 ans à l'époque !) accouchent d'un jeu déjà mythique : Shadow of the Beast. Il faut bien comprendre que pour l'époque, Shadow of the Beast est totalement démesuré, et ce à tous les niveaux de sa réalisation. Comme un bond dans le futur... Il est aussi mon premier jeu culte.

Martin Edmondson (ici en 2004) est devenu après la série SOTB le dirigeant de Reflections, et en a fait un studio important, notamment grâce à la série Driver.
Roger Dean.

Après l'immense succès de Beast (amplement mérité), les ch'tits gars de Reflections s'illustreront notamment avec Shadow of the Beast 2 (1990), Awesome (shoot'em up complètement barge en 1990), Shadow of the Beast 3 (1992), Brian The Lion (1994) et à l'ère Playstation avec Driver. La série Shadow of the Beast représente un peu tout l'esprit du Psygnosis de l'époque, une ambiance qui m'a énormément marqué en tant que passionné par le domaine artistique, des mondes heroic-fantasy ou high-tech assez glauques et très originaux (Blood Money, The Killing Game Show, Leander et tant d'autres...) que l'éditeur anglais à abandonné en même temps que l'Amiga, ce que je ne m'explique pas. Un tel visuel, artistiquement si fort, aurait mérité de s'illustrer sur les machines de nouvelle génération. Un gros snif s'impose !

Les graphismes de Shadow of the Beast représentaient lorsqu'on les découvrit, comme je l'ai dit plus haut, un bond dans le futur. Tout d'abord au niveau technique : même aujourd'hui cela reste très impressionnant. La finesse des décors est bluffante avec des scrollings parallaxes à gogo (13 niveaux au total), 50 frames/seconde (l'Amiga ne sortant que du 50Hz, sans quoi c'eût été 60fps), sprites magnifiques (132 monstres différents), des pièges TRÈS impressionnants (les pics géants et les yeux par exemple), bref une énormeuuuuuuu claque comme les joueurs n'en vivent que trop rarement.

Vient ensuite le design et c'est là que Shadow of the Beast puise toute sa force visuelle. Comme je le soulignais plus haut, il représente parfaitement toute l'intensité des univers Psygnosis de l'ère Amiga. La plaine possède une ambiance merveilleuse et inquiétante à la fois, la grotte souterraine est un pur joyau, le château est magnifique, le niveau shoot'em up complètement enivrant et le dernier niveau vous replonge dans la plaine, devenue encore plus glauque. Un visuel difficilement descriptible par des mots, il faut le voir, c'est tout ! Artistiquement phénoménal et toujours innovant.

La bande-son de Shadow of the Beast tient une place tout aussi importante que ses graphismes. Anthologique ! Les morceaux sont si émouvants et poignants que je classe l'ensemble dans mes favoris (Turrican 2, Final fantasy 6, Valkyrie Profile et quelques autres...). On peut trouver aussi bien, comme les jeux cités précédemment, mais pas mieux ! Inoubliable ! Cette merveille auditive est l'œuvre du grand David Whittaker (célèbre musicien de l'univers micro européen des eighties, et plus tard superviseur de la bande-son du film Gladiator), qui atteint là son meilleur niveau.

Le seul hic vient de la difficulté du jeu, presque insurmontable pour un joueur occasionnel. À l'époque, certains qualifiaient Shadow of the Beast de grosse démo injouable, jugement assez exagéré, mais il est vrai que rarement un jeu fut si dur. Shadow of the Beast est un jeu d'arcade-aventure, le côté aventure se limitant à récupérer quelques objets pour accéder à certains niveaux qu'il faudra effectuer dans un ordre précis. C'est le peu d'énergie (une seule vie donc) et la cadence énorme d'ennemis et de pièges qui vous tombent dessus, ajouté à une jouabilité un peu « raide », qui fait toute le difficulté du titre. Pour joueur effréné !

L'écran de fin, vous êtes mort. Une superbe mélodie jouée à la flûte puis à la flûte de Pan se fait entendre.

Roger Dean a une grande responsabilité dans ce visuel que j'affectionne tant et dont Shadow of the Beast et les autres jeux Amiga de Psygnosis sont imprégnés. Roger Dean a réalisé les illustrations de la série, mais aussi le logo « Beast » et le lettrage qui va avec, l'illustration de la jaquette ainsi que ceux de la plupart des titres de la firme au hibou.

Illustration de Roger Dean, et packaging de la version Amiga : une boîte double largeur contenant les deux disquettes, la doc et un T-Shirt.

Ses travaux les plus célèbres sont des pochettes de disques, notamment pour Yes, dont il a illustré tous les albums dans les années 70, ainsi qu'Uriah Heep (l'album Magician's Birthday).

Quelques écrans de chargement, amenant le joueur à une nouvelle zone du jeu.Chaque fois, un petit texte décrivant l'ambiance défile en bas de l'écran.

Les adaptations furent nombreuses (Lynx, Sega Master System, C64, Spectrum, Atari ST, Megadrive, SNES, NEC Super CD-rom², CD32, FM-Towns Marty...). La meilleure version reste incontestablement celle de l'Amiga, l'originale, qui personnifiera longtemps le style Psygnosis, au point que le visuel du jeu apparaît en clin d'œil dans certains titres. L'adaptation la plus fidèle est sur Megadrive, avec une légère perte au niveau des graphismes mais pas de quoi crier au scandale, c'est presque identique. Le choc vient de la baisse de qualité des musiques, la Megadrive ne pouvant pas se permettre de restituer les sonorités typiques de l'Amiga. À noter, la très belle version sur FM-Towns (sortie après la trilogie) mais uniquement disponible au Japon.

Version Sega Master System, et niveau de Lemmings faisant référence à Beast.
Preview de la version CPC.

Un groupe de demomakers nommé The Logon System commença même en 1995 à adapter le jeu sur Amstrad CPC, juste pour la performance, mais la version ne fut jamais finie. Elle devait comporter autant de sprites et de niveaux de scrolling que l'original, un exploit inimaginable sur micro 8-bits.

Que dire de plus ? Je pense vous avoir bien résumé ce que je pense de ce joyau rare qu'est Shadow of the Beast. Sur ce, éclatez-vous bien !

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