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Agony
Année : 1991
Système : Amiga
Développeur : Art of Magic
Éditeur : Psygnosis
Genre : Shooter
Par Bruno (24 mars 2002)

La mascotte de Psygnosis héroïne d'un shoot'em'up, c'est possible ? Bien sur et c'est à Art and Magic qu'on le doit !

Du neuf avec du vieux

Sur le fond, Agony fait dans le classique. Comme dans tout les shoots de l'époque, le joueur blaste tout ce qui bouge et affronte courageusement un boss de fin hargneux comme tout. On retrouve les traditionnelles options, seul petit défaut du soft car elles sont peu nombreuses pour un habitué du genre. Rien de bien méchant, et cela ne nuit aucunement au plaisir que procure le jeu. Alors oui, Agony se déroule de manière classique mais sur la forme, les artistes de Art and Magic frappent une fois de plus un grand coup en nous offrant une réalisation originale et hors

L'écran du loading pour le premier stage et ce dernier dans toute sa splendeur. Séquence émotion.

Une réalisation dantesque

Boss du premier niveau.

Mazette que c'est beau ! On reconnaît bien là les créateurs d'Unreal. Le hibou (ou la chouette, c'est selon) ultra charismatique, tout droit sorti du logo de Psygnosis, vole admirablement bien. Un soin tout particulier a visiblement été porté à l'animation du volatile.

Les trois plans de scrolling comportent des animations fabuleuses, et à ce propos il faut voir l'animation de la mer au premier niveau pour le croire, du jamais vu à l'époque. Le design, complètement décalé, donne une ambiance unique au titre.

Poétique et grandiose, voila comment je qualifierais le visuel d'Agony. Les ennemis restent fidèles au look des jeux Psygnosis de l'ère Amiga, soignés et joliment glauques. N'oublions pas les sublimes écrans de chargement entre chaque stage, le top dans le genre sur la machine de Commodore. Ces illustrations sont signées Franck Sauer, également musicien sur le jeu (respect !). L'incontournable Roger Dean est également mis à contribution, crédité pour les illustrations de boîtier (notamment le logo Agony).

Le premier niveau : admirez-moi le look du hibou, la grande classe !À droite, notre ami s'est servi de la potion d'invulnérabilité.

Une bande son merveilleuse

Les compositions d'Agony sont inoubliables, tout simplement. Le thème de l'écran titre, tout au piano et d'une longueur incroyable, émeut le joueur d'entrée. Idem pour celles accompagnant les écrans de loading, très recherchées. Les musiques des stages ne sont pas en reste, sublimes en tout point, elles sont chacune teintées d'un ambiance particulière et magistrale. Les mots ne sont pas trop forts. On croirait entendre un véritable orchestre symphonique !

Le design général est tout simplement fabuleux !

Vu le staff musical, Agony ne pouvait que nous en mettre plein les oreilles. Tim Wright (Shadow of the Beast 2 et 3) et Franck Sauer signent le fabuleux morceau de l'écran titre. Martin Wall et Robert Ling le thème de fin et des loading-screens. Toujours pour les loading, Matthew Simmonds, Martin Iveson et Alister Brimble apportent leur contribution. Enfin, Jeroen Tel (Wave de Maniac of Noise, la team qui se chargea de la BO d'Unreal) crée les ziques des niveaux. Une équipe prestigieuse pour un jeu qui ne l'est pas moins.

D'autres écrans de chargement : merci Franck Sauer.

Le testament de Psygnosis

Agony est sorti en 1992, alors que l'Amiga commençait un long déclin. Psygnosis ne cessera jamais, pendant cette période, de développer des jeux pour l'ordinateur copine, d'une qualité toujours croissante. Avec ses graphismes qui évoquent parfois lourdement Shadow of the Beast (les ennemis, et les arbres au second plan dans le premier niveau), son hibou représentant la firme, et son équipe de musiciens composée de quelques-uns de meilleurs artisans de l'époque, Agony semble avoir été créé pour faire office de "best of" de Psygnosis. On y retrouve pèle-mêle toutes les composantes du style original si particulier que le studio avait établi sur Amiga, et qu'il a hélas totalement abandonné par la suite. Il est donc assez étonnant de retrouver derrière un tel titre les futurs auteurs d'Outcast, alors qu'en dehors des loading-screens, le jeu évoque plutôt l'œuvre des auteurs de Beast ou Leander. Il serait intéressant de savoir dans quelles conditions un tel jeu fut développé, mais hélas tout cela est bien loin de ce que font aujourd'hui les personnes concernées.

Agony fait partie des jeux qui ont marqué l'Amiga, c'est un titre culte et indispensable. Le finir n'est pas chose aisée, ho que non ! Mais avec de la persévérance, on y arrive, la jouabilité ne présentant aucun défaut. À vous de jouer !

Bruno
(24 mars 2002)
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