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Une
présentation rapide mais efficace, et soignée
de surcroît, pour un titre estampillé Bullfrog,
ça ne se refuse pas ! |
Quel
est le meilleur moyen de s’assurer un maximum de lecteurs
sur Grospixels ? Très simple : il suffit de disserter
sur un jeu Bullfrog. Avec une accroche comme ça, on est
toujours à peu près sûr que les lecteurs
vont cliquer par réflexe, tant cette firme a enchaîné
les jeux culte. Et après Populous,
Theme Park,
Magic Carpet,
Syndicate,
quels sont les titres de la p’tite grenouille qui n’ont
pas été évoqués ? Hi-Octane.
Non, ne partez pas si vite, restez !
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Les menus clairs font tourner
sur eux-mêmes les circuits, variés, comme
les véhicules, aux caractéristiques différentes. |
Il
est vrai que l’équipe de Peter Molyneux, habituée
à nous surprendre avec des concepts les plus originaux
qu’il nous ait été donné de voir
dans le milieu, s’attaque ici à un style plutôt
classique : la course de vaisseaux futuristes. On aurait pu
s’attendre à la gestion économique d’une
colonie de pingouins sur la banquise, ou à un simulateur
de château d’eau (vous n’imaginez pas à
quel point la vie d’un château d’eau est trépidante
– ceci dit, moi non plus), eh ben non, juste un bête
tournoi de machos de la vitesse. Ah. Bon, il doit y avoir un
super scénario, alors ! Sauver la Terre en gagnant des
ronds au moyen de courses illégales, afin de payer le
carbu et les paquets de chips nécessaires au voyage interstellaire,
avant que la planète n’explose ? C’est ça,
hein ?
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On
commence à peine, et ils s’accrochent déjà,
les rascals ! |
La vue intérieure
est saisissante de vitesse. |
Même
pas. Constat affligeant de prime abord, Hi-Octane
nous est livré sans intrigue. Rien. Que dalle. Nada.
En d’autres termes, il s’agit juste d’une
bête course de vaisseaux. J’ai l’impression
de me répéter, mais de la part de Bullfrog, c’est
franchement surprenant. Ah, si, on a quand même droit
à une chouette introduction résumant assez bien
l’esprit du titre et ses caractéristiques : courses,
vitesse, violence et explosion. Allez, on est parti pour une
découverte en profondeur de la bestiole. Au menu, training,
course libre, et bien sûr, championnat ; rien que du très
classique. Le jeu possède au total six circuits, qui
sont disponibles dès le départ ; pas de courses
à débloquer, pas de carotte pour le joueur.
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Quelques
roquettes bien senties, et un adversaire
sur le carreau, un ! |
Là,
par contre, je me fais allumer sévère à
la gatling.
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Et
qu’est-ce qu’on met sur les circuits ? Bah des vaisseaux,
pardi ! Au nombre de six, ils ont l’avantage de ne pas
se ressembler, au point de proposer des formes et caractéristiques
opposées. Ainsi, les maniaques de la vitesse pure peuvent
opter pour l’Outrider, rapide, maniable, comme une coque
de noix ; au contraire, les camionneurs dans l’âme
vont se rabattre sur le Berserker, au design massif peu aérodynamique.
Attention, car le choix de la monture ne va pas simplement déterminer
l’accélération, la rapidité, et la
maniabilité, mais également la résistance
aux chocs. Car non seulement les collisions avec le décor
ou les autres concurrents sont gérées, il est
possible de se faire gravement endommager par les tirs ennemis.
Entre nous, c’est ce qu’il manque à la Formule
1 pour redevenir attractive…
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Les
circuits sont truffés de pasages secrets automatiques,
ou à déclenchement par roquette. |
Il
faut également chercher à monter un peu
n'importe où
au détour d'un virage pour des bonus. |
Car
tous les vaisseaux, y compris le vôtre, sont équipés
de canons rotatifs, ainsi que de roquettes. Cependant, il faudra
gérer les munitions : soit en ramassant les options adéquates
présentes sur le circuit (et même dans des passages
secrets), ou en s’arrêtant au stand, qui recharge
autant les armes que le blindage, et surtout le carburant. La
jauge de fuel est à surveiller, et des situations peuvent
se renverser si les tactiques de courses ne prennent pas en
compte les arrêts au stand. Les qualités de l’intelligence
artificielle sont variables selon le niveau de difficulté,
mais le challenge est souvent bien dosé : si les débuts
sont faciles, les dernières épreuves demanderont
au joueur de gros efforts de pilotage et de tactique pour s’assurer
la victoire. Et là où Hi-Octane
prend tout son sens, c’est avec l’option deux joueurs
! En mode splitté horizontal, deux joueurs peuvent s’affronter
sur la même machine. Si la visibilité en pâtit
un peu, le plaisir est là. Quant à l’option
réseau, elle permet des affrontements survitaminés
jusqu’à huit joueurs.
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Les
impacts sur le pare-brise signalent des tirs de
mitraillette reçus. |
Chaque
virage sollicite le moteur qui offre de
magnifiques perspectives renversantes. |
Bon,
on ne baigne peut-être pas dans l’originalité
la plus folle, mais pour bien comprendre l’intérêt
du titre, il s’avère nécessaire de le remettre
dans son contexte : nous sommes en 1995, une époque où
WipeOut, la référence dans le
genre, vient à peine de sortir sur PlayStation,
et nous sommes sur Pécé, parent pauvre
des jeux d’arcade. En créant un jeu de ce genre
sur une telle machine, Bullfrog vient combler un vide et répondre
à une vraie demande, surtout lorsqu’ils se servent
du moteur de Magic
Carpet pour le réaliser.
Et
là, le résultat est très fort : le moteur
troidé, très convaincant dans l’impression
de volume qu’il crée, tourne au poil même
sur des machines modestes, et tire pleinement parti, comme avec
Magic Carpet,
des capacités du Pentium (pour les plus nantis), et ce
en SVGA 640x480 ou en VGA 320x240. Le cadeau bonus consiste
en l’utilisation des techniques de terraforming du moteur
: certaines parties des circuits se modifient en temps réel,
des passages s’ouvrent, d’autres se referment. Sur
l’ambiance sonore, c’est musique techno et bruitages
de destruction, un mélange détonnant qui colle
tout à fait à l’action.
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Joies
du data-disk, trois circuits supplémentaires
difficiles (le dernier est assez expérimental). |
Sur
le terrain, entre les ennemis et les passages étroits,
il faut savoir manœuvrer. |
Si
Hi-Octane manque un peu de profondeur, et ne
correspond pas exactement au catalogue habituel de Bullfrog,
c’est sûrement parce que Peter Molyneux n’a
pas participé au projet, ou peut-être aussi, comme
le veut la légende, que ce titre aurait été
développé en deux semaines histoire de faire patienter
Electronics Arts jusqu’à Dungeon Keeper.
Le jeu étant sorti à une époque où la troidé
se cherchait encore, ses capacités techniques auraient
dû le consacrer comme il se devait. Mais il a été
considéré par la presse spécialisée
comme un titre à l’objectif purement commercial,
justifié par la rentabilité du moteur de Magic
Carpet (ce qui en soit n’est peut-être
pas faux, mais cette image lui a porté préjudice)
; et d’autre part, un gros concurrent, Slipstream
5000 (sorti la même année) lui a volé
la vedette, en proposant un nombre de circuits plus fourni,
et une gestion plus importante de la hauteur. Hi-Octane
est donc passé rapidement à la trappe, et ce malgré
un add-on gratuit mis à disposition rapidement, qui lui
rajoutera le mode deux joueurs, trois circuits de plus, et des
modes de jeux vraiment pertinents. Cette version améliorée
sera même proposée rapidement et gratuitement dans
les magazines, comme pour tous les bons jeux qui n’ont
pas connu un très fort chiffre de ventes.
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Le
9ème circuit est une grande ligne droite propice
aux chassés-croisés musclés. |
Le
mode deux joueurs est excellent. Dommage que
les affichages prennent autant de place ! |
Histoire
également de rentabiliser le titre, Hi-Octane
a été porté sur Playstation et
sur Saturn ; le résultat est convaincant et
adapté au support, malgré la concurrence directe
de WipeOut. Évidemment, seule la résolution
basse est proposée, mais après tout, qu’importe,
puisque même dans ces conditions, le jeu procure de bonnes
sensations. Et puis, pas cabots, Bullfrog a fendu les consoleux
de la version complète avec les neuf circuits et les
modes de jeu supplémentaires.
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Les versions consoles n’ont
pas à rougir de leurs conversions, très
bien réalisées et gardant
tout leur potentiel ludique (PSX à gauche, Saturn à droite).
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Faisons
donc taire la rumeur une bonne fois pour toutes, et acclamons
bien haut Hi-Octane, qui se veut un vrai titre
de course, et qui bénéficie, sur le plan de la
réalisation et du fun, de la paternité Bullfrog.
Si je vous dis en plus qu’il tourne à merveille
en haute résolution avec Dosbox (parce que les potes
à Molyneux, ils programment vraiment comme des bêtes),
il n’y a aucune raison de ne pas vérifier tout
ce que je viens de vous exposer, et de me rejoindre dans la
réhabilitation d’un des meilleurs jeux de courses
futuristes que j’ai vus sur Pécé.
Tonton
Ben