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Brève histoire des jeux vidéo
Un condensé de toutes les grandes dates, avec images et commentaires. A lire avant de commencer à surfer sur le site.

1971-1977 : l’ère des jeux vidéo commence
Où l'on découvre qu'au départ, c'est surtout aux USA que ça se passe.

- 1971 -

Nutting Associates lance le premier jeu d’arcade de l’histoire : Computer Space.
1500 unités sont fabriquées. Les composants sont enfermés dans un caisson au look très audacieux, équipé d’un écran noir et blanc 13 pouces. Le public boude Computer Space, trouvant peut-être le jeu trop difficile et complexe à utiliser : il s'agit de contrôler un vaisseau de la même façon que dans Spacewar (rotation + accélération), et de tirer sur des ennemis qui se promènent sur l'écran en zig-zag, tout en évitant leurs projectiles. Le concept est très similaire à celui de Steve Russel, mais adapté au jeu en solo.

A gauche, une publicité pour Computer Space datant de 1971. Le produit passe alors pour si futuriste que, deux ans plus tard, il apparaitra tel quel dans le film Soleil Vert, censé se dérouler en 2022. A droite, le détail du jeu en fonctionnement sur un émulateur. Les deux ennemis sont à l'extrême-gauche de l'écran, le vaisseau du joueur tout en haut.

- 1972 -

Magnavox commence à fabriquer l’Odyssey.
Le système de jeu sur télévision de Ralph Baer est fabriqué en série. Sanders et Magnavox commencent à le montrer à différents distributeurs.

L’Odyssey est dévoilée.
Le 24 Mai 1972, Magnavox présente l’Odyssey lors d’une convention à Burlingame, Californie. Les gens de Nutting, persuadés d’être les seuls à travailler sur un concept de jeu vidéo, envoient Bushnell voir la machine. Celui-ci passe quelques minutes à jouer avec, et rapporte à ses patrons que l’Odyssey est un jeu inintéressant qui ne risque pas de leur faire grande concurrence.

L'Odyssey.

Nolan Bushnell quitte Nutting Associates.
Computer Space se vend mal, et Bushnell comprend qu’il s’est trompé, que son jeu n’est pas assez abordable pour des joueurs qui découvrent ce type de produit pour la première fois. Il demande le feu vert à Nutting pour concevoir un nouveau jeu, plus simple, mais exige cette fois une part plus large des profits sur le contrat, dans la mesure où il est à l’origine du concept. Les dirigeants de Nutting refusent et Bushnell donne sa démission.

Naissance d'Atari.
Nolan Bushnell et Ted Dabney décident de créer leur propre entreprise pour la conception et la distribution de leur prochain jeu. Ils pensent l’appeler Syzygy (le mot désigne l’alignement de trois corps célestes), mais ce nom est déjà utilisé, alors ils optent pour Atari, terme issu du jeu de Go, que Bushnell pratique avec passion.

Développement de Pong.
Bushnell engage Al Alcorn dans son équipe de développement. Celui-ci est inexpérimenté et Bushnell le charge, pour le tester, de programmer un petit jeu de tennis. Voyant le résultat, Bushnell adopte le concept pour la première production d’Atari. Après quelques semaines de travail, Bushnell, Dabney et Alcorn aboutissent à la création de Pong, nommé ainsi car "Ping-Pong" est une marque déposée. Le jeu reprend tel quel le concept imaginé par Ralph Baer pour l'Odyssey, à savoir deux bâtons représentant des raquettes que les joueurs font monter et descendre avec une molette, qui est ici l'unique commande de jeu afin que la prise en main paraisse plus abordable que sur Computer Space.

La borne d'arcade Pong.

Pong tombe en panne.
Bushnell tente de vendre Pong à des distributeurs de jeux d’arcade. Bally se monte désintéressé, ainsi que tous les autres. Atari se chargera donc aussi de la distribution. Le jeu est mis en test au Andy Capps, un bar local. Après deux semaines, la machine tombe en panne, submergée par les joueurs et les pièces de 25 cents. Ce sera à n’en point douter un succès.

Magnavox lance la première console de jeu : l’Odyssey.
L’Odyssey n’est vendue dans un premier temps que dans les magasins à l’enseigne Magnavox, et les gens en déduisent qu’elle ne fonctionne qu’avec les téléviseurs de cette marque, ce qui est faux. Malgré ce malentendu, l’Odyssey se vend à 100.000 exemplaires. Beaucoup de gens l’achètent car c’est à ce stade le seul équivalent au jeu Pong que l’on peut avoir chez soi.

Les poursuites judiciaires commencent.
Magnavox attaque Atari en justice, déclarant que Pong est une copie d’un des jeux disponibles pour l’Odyssey. Ils viennent de découvrir la signature de Nolan Bushnell dans le livre d’or de la démonstration de l’Odyssey à Burlingame. Pour quelques centaines de milliers de dollars, Atari dédommage Magnavox et obtient l’autorisation inconditionnelle de fabriquer des unités Pong sous toutes les formes possibles.

- 1973 -

La competition.
Alors que Pong est un véritable phénomène en salles d’arcade, d’autres compagnies veulent entrer dans la danse et créer des jeux similaires, comme Nutting, qui regrette de ne pas s’être plié aux exigences de Bushnell. A la fin de l’année 73, 25 compagnies produisent des jeux d’arcade, coupant une partie des profits d’Atari. Ted Dabney, sentant qu’Atari est en danger, vend ses parts de la société à Bushnell.

Touch Me et Simon.

- 1974 -

Un échec transformé en succès.
Atari lance un jeu d’arcade sans écran nommé Touch Me, dans lequel 4 boutons lumineux s’allument dans un ordre aléatoire, que le joueur doit restituer en les pressant à son tour, la séquence étant de plus en plus longue et rapide. Le jeu n’obtient aucun succès. Ralph Baer, l’homme à l’origine de l’Odyssey, décide d’en proposer sa vision, en ajoutant des notes de musiques et des couleurs aux différents boutons à presser. Il vend son prototype à Milton Bradley, qui le commercialise sous la forme d’un jeu portable nommé Simon, et obtient un des plus gros succès de l’Histoire du jeu électronique. Plus tard, Atari tente de se rattraper en lançant sa propre version portable de Touch Me, mais ne trouve pas sa place sur le marché.

Atari vise les foyers américains.
Harold Lee propose à Bushnell de lancer une version domestique et abordable de Pong, adaptable à une télévision, inspirée de la console Odyssey. Malgré l’inexpérience d’Atari dans le marché de la grande consommation, Bushnell lui donne le feu vert.

- 1975 -

L’exclusivité pour Sears.
Tom Quinn, de Sears Roebuck (célèbre entreprise de vente sur catalogue), propose de racheter toutes les unités de Pong qu’Atari peut fabriquer. Il demande à Bushnell de doubler ses capacités de productions et obtient les droits d’exclusivité sur Pong pour un an. Le jeu sera vendu avec le logo Sears Tele-Games, et devient la sensation de Noël 1975.

Console Pong d'origine et version Tele Games.

Le premier jeu "micro-informatique".
Taito, entreprise japonaise créée en 1953 par un occidental pour distribuer des machines à sous (tout comme Sega), lance Western Gun, premier jeu d'arcade à utiliser un micro-processeur plutôt que des circuits électroniques à transistors. Développé par Tomohiro Nishikado, Western Gun est aussi le premier jeu d’arcade d’origine japonaise à connaître une exploitation mondiale. Enfin, c'est le premier jeu vidéo à mettre en scène un combat entre deux êtres humains, en l'occurence deux cow-boys qui se livrent à un duel au pistolet. Aux USA, il est distribué sous le titre Gun Fight par Midway qui en vend plus de 8000 exemplaires.

Gun Fight et son créateur Tomohiro Nishikado

- 1976 -

Un des pères des jeux vidéo sauve Coleco.
Inspirées par le succès d’Atari, d’autres marques lancent des consoles de jeu parmi lesquelles on retrouve Coleco, qui élargit son champ d’activités avec la console Telstar, un clone de Pong. Ralph Baer, qui était opérateur radio avant de devenir ingénieur, est appelé à la rescousse pour résoudre un problème d’interférence de la machine sur des fréquences réservées, et la Telstar peut-être commercialisée dans les délais souhaités.

La console Telstar de Coleco

Naissances des jeux sur cartouches.
Fairchild Camera & Instruments lance son Video Entertainment System, rebaptisé à la dernière minute Channel F, conçu par Jerry Lawson. C'est la première console multi-jeu à utiliser des cartouches, support insérable contenant des mémoires où sont stockées les données logicielles du jeu. Celles-ci ont le même format que les cassettes d’enregistrement audio 8 pistes de l'époque.

La Fairchild Channel F

La violence arrive dans les jeux vidéo.
Exidy Games (un grand nom du jeu d'arcade à l'époque) lance Death Race 2000, une borne inspirée du film satirique du même nom sorti en 1975 (mis en scène par Paul Bartel, avec David Carradine et un Sylvester Stallone encore tendre, sorti en France sous le titre Les seigneurs de la route). Le joueur gagne des points en écrasant des piétons (comme dans le film !), et de nombreuses voix s’indignent contre le produit, en particulier la célèbre émission 60 minutes de la chaîne CBS. Death Race 2000 est rapidement retiré du marché (seulement 500 bornes distribuées).

Atari est vendu pour 28 Millions.
Nolan Bushnell vend Atari à Warner Communications pour 28 millions de dollars, et reste à la tête de la société.

- 1977 -

Ouverture des Pizza Time Theatre.
Atari ouvre le premier de ces établissements qui combinent restaurant et salle d’arcade. On peut y admirer des animaux robotisés, jouer à des jeux électroniques ou des jeux d’arcades, tout en mangeant une pizza. La mascotte en est le rat Chuck E.Cheese. Bushnell a eu l’idée du concept trois ans auparavant en faisant la queue dans un fast-food.

Atari lance sa propre console à cartouches.
Celle-ci est baptisée le Video Computer System (VCS), et les Américains peuvent l’acheter à noël pour 250$.

L'Atari VCS.

Bally pénètre le marché de la grande consommation.
Bally lance une console appelée Bally Professional Arcade. Vendu 350$, le système ne rencontre pas le succès escompté.

La console Bally Professional Arcade
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