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Brève histoire des jeux vidéo (3/7)

 

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1996

Baisse du prix des consoles.
Sony, qui fait un carton historique avec la Playstation, fait tellement de bénéfices sur les ventes de jeux qu’il peut se permettre de baisser le prix de sa console à 199$, tout en annonçant une grande variété de nouveaux produits. Sega est obligé de s’aligner sur cette baisse, qui nuit encore à la rentabilité de la Saturn, déjà bien faible. Des rumeurs disent que Sega serait sur le point de laisser tomber la fabrication de consoles et se concentrerait sur les jeux d’arcade et leur adaptation sur différent systèmes, comme le PC, qui après s’être imposé (sous l’impulsion de Microsoft) comme le standard en micro-informatique (avec le Macintosh d’Apple), est en train de devenir une machine de jeux redoutable grâce au Pentium, ligne de processeurs toujours plus puissants produits par Intel, qui met ses capacités en matière de jeux au niveaux des consoles 32 et 64-bits.

De nouveaux jeux d’arcade.
Sega lance Virtua Fighter 3 au Japon et aux USA, qui propose des graphismes en 3d jamais vus ailleurs. Une version Saturn est immédiatement annoncée. Dans les salles d’arcade, la nouvelle mode est aux jeux de simulations : Ski, snowboard (surf des neiges), jetski, moto, voiture de course ou de rallye, vélo, voire des véhicules imaginaires comme cette machine volante à pédales aperçue dans certaines salles, permettent au joueur d’utiliser des dispositifs de commande révolutionnaires qu’on ne verra jamais dans les foyers, montés sur des systèmes animés par vérins, et proposant des conditions de jeu d’un réalisme total. Sega et Namco sont les deux grands noms de ce marché, qui envoie à la casse le jeu d’arcade traditionnel, devenu obsolète depuis que les consoles offrent des graphismes équivalents. Peu à peu, jouer à un jeu d’arcade s’apparente de plus en plus à faire un tour de manège, et les sensations physiques font partie des nouvelles exigences des joueurs, la palme dans ce domaine revenant à Sega et son G-Lock 360, un simulateur d’avion de combat dans la lignée d’Afterburner, équipé d’un siège monté sur une structure sphérique pouvant tourner sur 360° ! Les sensations procurées par l’engin (note de votre serviteur : j’ai essayé) sont si monstrueuses que bien peu s’y frotteront, et le G-Lock 360 sera vite remplacé par une version plus sage où le siège ne bouge que sur deux axes horizontaux.


Alpine Ski, de Namco

Premier résultats officiels de la Saturn.
Sega annonce que les ventes Japonaises sont bonnes, mais les ventes aux USA et en Europe sont très décevantes. Au banc des accusés : Une certaine obsolesence des méthodes marketing de Sega et surtout le manque de jeux disponibles, qui s'explique par la complexité du hardware de la machine, celle-ci étant causée par le fait que Sega à du pourvoir sa console de fonctionnalités 3d à la fin de son développement. Les développeurs ont du mal à adapter les hits de la Playstation (Tombraider, Resident Evil, Destruction Derby...) sur la 32-bits Sega sans que la qualité graphique s'en ressente, ce qui est d'autant plus bizarre que les exclusivités Saturn (Sega Rally Championship, Nights...) sont, en revanche, très impressionnantes. Cette énigme n'est toujours pas résolue et alimente des discussions passionnées entre amateurs de hardware.

Nintendo accuse des pertes.
Le géant Japonais annonce la vente de sa milliardième cartouche, en même temps, et c’est plus important, que des pertes lourdes causées par les méventes (relatives) de la N64. Acclaim, développeur de jeu préféré de Nintendo (Turok, NBA Jam, l’adaptation de Mortal Kombat) et ex-chouchou de Wall Street, s’associe à ces mauvais résultats.

Fin d’Atari.
Une page de l’histoire des jeux vidéo est tournée, Atari est racheté par JTS, un fabriquant de disques durs, et annonce la fin de la Jaguar, confirmant les rumeurs qui circulaient depuis des mois.

La Nintendo Atlantis.
Encore un projet de console 32-bit portable pour Nintendo, basée sur la technologie RISC (le nouveau mot à la mode), développée en sous-traitance par une société Européenne. L’Atlantis ne verra jamais le jour.

Nolan Bushnell is back !
Le fondateur d’Atari, père des jeux d’arcade et du jeu vidéo moderne, refait surface (il a 55 ans) avec Aristo, énième société qu’il monte, spécialisée dans les terminaux Internet / PC à usage des cybercafés.


Nolan Bushnell

Sortie US de la N64.
A sa sortie aux USA, la N64 se vend à 1.7 millions d’exemplaires en trois mois. Devant ce succès, les développeurs se mettent enfin au travail pour étoffer la ludothèque de la console qui va pouvoir s’envoler vers le succès.

Tout va bien pour Sony.
La Playstation rapporte 12 millions de $ par jour à Sony jusqu’aux fêtes de Noël, où elle est la star incontestée. Pour un coup d’essai dans le domaine des jeux vidéo, c’est un coup de maître, et Nintendo doit se mordre les doigts d’avoir laissé tomber cette console qui, rappelons-le, était à l’origine un simple lecteur de CD-ROM pour Super NES.

Un musée du jeu vidéo.
Videotopia, un musée retraçant l’histoire des jeux vidéo, s’ouvre à Pittsburgh, Pennsylvanie au Carnegie Science Center le 15 Juin.

Mort de la Virtual Boy.
La console portable de Nintendo est abandonnée, suite à de très faibles ventes au Japon. Nintendo attribue cet échec au concepteur de la machine, Gunpei Yokoi, 55 ans, à qui on devait déjà la Game Boy. Yokoi quitte Nintendo en disgrâce et fonde sa propre société.

1997

Nintendo et Sony commencent bien l’année.
Début 1997, Sony annonce qu’il y a 3.2 millions de Playstation utilisées aux USA, dont un tiers s’est vendu à Noël 96. Nintendo, de son côté, annonce 2.5 millions de N64 pour les USA, chiffre qui selon eux aurait pu être plus élevé si les stocks avaient été suffisants. En Avril, les chiffres mondiaux de la Playstation sont révélés. 5 millions d’unités au Japon, 4 millions aux USA, et 2.2 millions en Europe, tous ces chiffres étant pratiquement doublés 4 mois plus tard, le total atteignant 20 millions de machines vendues à travers le monde. Il s’agit de la console de salon la plus populaire de tous les temps, devant le VCS d’Atari qui détenait le record. Les analystes pensent que la console se vendra encore jusqu’à fin-98. (En réalité, elle ne sera retirée de la vente que fin 2003 ! Et encore, la demande était toujours bien présente). En Juillet, Sony lance le Yaroze, un système seulement disponible aux Japon qui permet de jouer aux jeux Playstation sur un compatible PC. En Europe, un tel système serait illégal sans l’accord de Sony, mais pas aux USA.

Nintendo lance une « nouvelle » console.
Nintendo surprend tout le monde en sortant aux USA une version compacte de la SuperNES, dont les jeux se vendent toujours, vendue 100$. Parallèlement, la sortie du jeu le plus attendu pour la N64, Legend of Zelda 64 (ou Ocarina of Time), est enfin annoncé. Le jeu doit d’abord sortir en CD-ROM, en même temps qu’un lecteur de CD-ROM adaptable sur la console appelé le 64DD, mais le jeu sort d’abord en cartouche. Nintendo annonce la sortie du 64DD pour fin 97, puis quelques semaines plus tard repousse cette sortie à Mars 98, puis Juin 98. En Europe, la CEE vote de nouvelles lois qui changent radicalement la politique de Nintendo. Auparavant, les développeurs qui travaillaient pour Nintendo devaient ne développer que pour les consoles Nintendo, et chaque jeu devait porter le label Nintendo. Ces clauses notifiées sur contrat sont désormais illégales en Europe.

Peut-être une nouvelle console Sega.
Les analystes prédisent que Sega va sortir une console 64-bits, pour faire oublier l’échec de la Saturn, qui serait équipée d’un modem, d’un lecteur de CD-ROM 8x, et beaucoup plus puissante que la Playstation et la N64. Sega dément ces rumeurs, même elles s’avèreront être fondées. Lockheed Martin a soumis plusieurs plans de consoles l’année précédente, mais c’est un système développé par Sega qui est retenu. Son nom de code est Black-Belt, et elle utilisera une carte 3dFX-2 pour l’affichage, un nouveau processeur SH-4 d’Hitachi, cadencé à 200 Mhz, et un lecteur de CD qui ne lira pas les DVD. La Black Belt est entièrement développé au sein de Sega of America, qui travaille aussi sur un successeur possible de la Saturn, appelé Dural, qui lui utilise un processeur graphique PowerVR, le concurrent de 3dFX, ce qui provoquera un procès de ces derniers pour rupture de contrat. Avant la fin de l’année, la Dural est rebaptisée Katana, et Sega prévoit de la sortir aux USA en Octobre 1998, au prix de 199$.

Des rumeurs sur une nouvelle console Sony.
Les rumeurs viennent de certains employés de chez Sony. Une nouvelle console 64-bits serait à l’étude, équipée de plus de RAM que la Playstation, d’un chip R4000 et d’un lecteur de DVD-ROM quadruple vitesse. Cette console serait compatible avec les jeux Playstation. Sans confirmer les rumeurs sur le hardware, Sony annonce la Playstation 2 pour fin 1998.

La guerre des prix.
Nintendo Japon annonce le 21 Février une baisse du prix de la N64, à 137$ (au Japon). Le 27, Sony suit et annonce que le prix de la Playstation descend à 200$ en Angleterre et en Australie. Une semaine plus tard, le 3 Mars, la Playstation descend aux USA à 149$. Nintendo renchérit dans la baisse, et le prix de la N64 aux USA est porté à 150 $.

La Saturn marche bien au Japon.
Bide total dans tous les autres pays, la Saturn est une belle réussite au Japon, et Sega finit par annoncer que les prochains jeux et extensions prévus pour la console ne sortiront que la-bas. On prévoit notamment un CD appelé Digital Dance Mix, qui combine des titre de la star Japonaise techno Namie Amuro et des animations en 3d.

Nouveaux jeux d’arcade.
Sega crée un nouvel évènement dans le jeu d’arcade avec Super GT Scud Race, un jeu de course en 3d aux graphismes époustouflants sorti seulement au Japon et aux USA dans un premier temps. Une version Saturn n’est pas prévue. Capcom lance le très attendu Street Fighter 3 au Japon, mais le jeu n’a pas le retentissement attendu. Il semble que l’ère des jeux de combats en 3d touche à sa fin.

Sega fusionne avec Bandai.
Sega et cet autre géant du jeu au Japon parlent de fusionner, ce qui obligerait Bandai à arrêter de développer des jeux pour Playstation. La nouvelle provoque un soulèvement des employés de Bandai, qui n’ont pas été consultés, la décision ayant été prise par le président Makoto Yamashima seul. Cette révolte l’oblige à revenir en arrière, et la fusion n’aura finalement pas lieu. La principale explication de ce revirement de politique est le Tamagotchi, célèbre animal virtuel doté d’une vie propre se présentant sous la forme d’un petit boîtier électronique à affichage LCD, que Bandai vient d’inventer, et qui a à lui seul renfloué la compagnie en difficulté grâce à ses ventes mirobolantes, rendant la fusion avec Sega inutile. Bandai a sorti le Tamagotchi aux USA en Mai, et 30.000 unités s’en sont vendues en 3 jours. C’est un véritable phénomène de société, qui va s’étendre au monde entier.

StarFox 64 bât des records.
Shigeru Miyamoto a encore frappé : Nintendo annonce que StarFox 64 est le meilleur jeu à être sorti sur quelque système que ce soit, et 300.000 copies sont vendues les 5 premiers jours de commercialisation, en Juin. On est cependant loin des scores de Legend of Zelda 64 (2 millions de copies en 3 jours au Japon).


StarFox 64

Tiger lance un concurrent pour la Game Boy.
La société Tiger lance le game.com, une console portable capable de lire des jeux sur cartouche comme la Game Boy, et qui présente des fonctions résidentes intéressantes : organiseur personnel, quelques jeux (solitaire, démineur), calculatrice, et même la possibilité de se connecter sur une ligne téléphonique via le modem d’un ordinateur PC à un service de courrier électronique. Elle est équipée d’un stylo optique pour accéder à des fonctions sur son écran LCD. Très en avance sur son temps, la game.com ne connaîtra qu’une diffusion limitée.


La Tiger game.com

Le père de la Game Boy meurt dans un accident stupide.
Le 4 Octobre 1997, Gunpei Yokoi, l’inventeur de la Game Boy, qui rappelons le est un des deux ou trois plus gros succès de l’histoire de Nintendo, a un petit accrochage avec la voiture qui le précède à carrefour. Il sort de sa voiture pour inspecter son pare-chocs et se fait faucher par une autre voiture qui arrivait à une vitesse excessive sur l’autre voie. Il meurt avant son arrivée à l’hôpital, à l’âge de 56 ans. En dehors de la Game Boy, Yokoi s’était déjà rendu responsable de l’invention des jeux Game&Watch, jeux portables à écran LCD vendus par Nintendo dans les années 80, qui avaient rapporté des milliards à la compagnie. C’est aussi à lui que l’on doit l’invention du game-pad, système de contrôle à base de boutons directionnels venu des Game&Watch qui a supplanté le joystick pour les consoles.


Gunpei Yokoi

Nintendo reparle de l’Atlantis.
Nintendo annonce que l’Atlantis va finalement être lancée, maintenant que la Game Boy arrive en fin de carrière. L’Atlantis sera équipée d’un processeur 32-bit, et pourra fonctionner 30 heures avec le même jeu de piles. Des kits de développements à usage des créateurs de jeux devraient être distribués avant la fin de l’année.

La Jaguar n’est pas morte. (en fait si).
La société Telegames surprend tout le monde en sortant 6 nouveaux jeux pour Jaguar, comme Breakout 2000, et deux jeux pour Lynx. Les jeux reçoivent de très mauvaises critiques, et disparaissent très vite du marché.

La M2 refait surface.
En Juillet, un journal Japonais rapporte que durant une interview, un officiel de Matsushita à mentionné que la M2 (qui devait succéder à la défunte 3DO), est abandonnée et que son équipe de développement est démembrée. Matsushita publie immédiatement un démenti et annonce que la M2 est prête à être lancée avec un catalogue de dix jeux, et que la compagnie ne la retarde que pour cause de saturation du marché. Finalement, et ce sera confirmé par le président de Matsushita, Yoichi Morishita, la M2 ne sortira pas en tant que console de jeux, mais sa technologie sera utilisée pour développer un système à vocation multimédia (jeux, vidéo, hi-fi, cinéma, applications éducative, télématique et Dieu sait quoi encore), dans le genre du CD-I de Philips ou du CDTV de Commodore, deux beaux projets qui se soldèrent par des bides historiques et des licenciements à la pelle.

VM Labs donne dans l’effet d’annonce.
En Novembre, la société VM Labs, vieille d’à peine trois ans, annonce un projet de console de jeu disponible fin 98. Le président Richard Miller annonce que le « Projet X » est une réalité, mais ne donne aucune spécification technique de la console, se contentant de dire qu’elle sera développée par plusieurs laboratoires, comme c’était le cas de la 3DO.

Rions un peu avec : La censure en Arizona.
En Arizona, un projet de loi est présenté au Rules Comittee (qui entérine les lois au niveau d’un état américain, avant que celles-ci ne soient proposée au niveau fédéral). Il s’agit d’apposer sur certains emballages ou publicités de jeux (principalement des jeux pour PC, qui sont en général sans limites dans la violence, comparé aux jeux pour consoles) une étiquette mentionnant (prenez votre souffle) : « Jeu strictement interdit aux mineurs, contenant de la violence graphique, des descriptions sanglantes de scènes de torture, des représentations réalistes d’agressions sexuelles, du cannibalisme, des mutilations, des meurtres, et des déjections d’urine et de matière fécale dans un contexte morbide et violent ». Si un jeu présentait tout ça en même temps sur sa boîte, il ferait à n’en point douter un carton, mais heureusement le projet de loi sera rejeté. Curieusement, à la même époque, les sénateurs Kohl et Liebermann, grands défenseurs de la censure pour les jeux vidéo, publient le rapport de leur enquête qui n’est pas si défavorable à l’industrie du jeu vidéo. Fin 97, la plupart des jeux figurent clairement sur leur emballage un classement sur leur échelle de « violence et subversion ». Les deux sénateurs s’énervent juste un peu contre les revendeurs qui continuent à vendre n’importe quel jeu à n’importe quel mineur sans prêter attention aux avertissements. L’industrie du jeu d’arcade échappe au classement, les salles d’arcade étant principe interdites d’entrée au mineurs (sans blague !).
 

1998-1999 : L’ère moderne.
 

1998

Nouvelle console Sega.
Sega recentre ses projets sur une console 128-bits nommée Katana qui regroupe les deux projets précédents de la compagnie, la Dural et la Black Belt, en un seul. La Katana devrait utiliser Windows CE, le système des PC adapté à un usage sans souris ni clavier, afin que les versions PC et Katana des jeux soient les mêmes. Il faut savoir que le PC est maintenant une force égale aux consoles dans le domaine des jeux vidéo, qui permet outre des graphismes et des animations 3D supérieures, une interactivité plus grande, et des jeux plus complexes et riches (sur le papier), permettant de jouer en réseau local ou sur Internet. Les possesseurs de PC constituent un public supposé plus mûr en matière de jeu vidéo que celui des consoles. Dans bien des cas, ce sont ces dernières qui doivent être maintenues au niveau en proposant des adaptations des jeux incroyables développés sur PC, alors que c’était le contraire auparavant.

La Katana (c'est encore un nom de code) est présentée en Mai, et l’un de ses aspects les plus novateurs est le VMS (Visual Memory System), un système de sauvegarde sur une carte qui se branche dans le joypad de la console, équipée d’un écran LCD qui permet de lui attribuer quelques fonctions interactives ou d’afficher les noms des parties sauvegardées, voire des petits jeux genre Tamagotchi.
La Katana est supposée sortir au Japon en Novembre, les USA et l’Europe devant attendre 1999. Le lancement devrait coûter au total 100 millions de dollars, Sega jouant son va-tout sur cette console, dont le nom définitif sera Dreamcast.

La console est très attendue, et sort au Japon le 27 Novembre. Les 150.000 unités initialement fabriquées sont très vite vendues, ainsi que 130.000 copies du jeu Virtua Fighter 3.
Une version arcade de la Dreamcast est aussi annoncée, appelée Naomi, qui devrait avoir les mêmes capacités que les jeux d’arcade Sega précédents, tout en coûtant 3 fois moins cher à fabriquer grâce à la fabrication en grande série de la Dreamcast. Les conversions de jeux d’arcade vers la console seraient évidemment très simple à réaliser, et les machines d’arcade en question pourraient même lire les cartes de sauvegardes VMS. L'ère des 128-bits est sur le point de commencer, avec tout ce que cela implique de renouvellement créatif et de reconnaissance artistique pour les jeux vidéo, et la Dreamcast en sera l'indiscutable pionnier.

La Playstation 2, suite du feuilleton.
Les rumeurs concernant le développement de la Playstation 2 abondent, surtout depuis qu’Internet est devenu un bien de consommation courante. Sony garde le silence, tout en laissant échapper quelques informations, avec une science du marketing infaillible basée sur l'imagination (fertile) des joueurs et leur volonté de plus en plus marquée d'en avoir pour leur argent. En Juillet, la nouvelle du développement de la console est confirmée officiellement. Elle sera basée sur l’utilisation du DVD, si ce support s’impose comme un nouveau standard. En attendant, la console est mise en attente jusqu’en 2000. Sony prend le risque de laisser la Dreamcast s’installer sur le marché sans concurrence, mais s’arrange pour qu’il soit en permanence question de sa future console et de ses capacités incommensurables afin d’augmenter l’effet d’attente. La carte mère de la console sera selon les rumeurs produite par Toshiba, et le processeur devrait tourner à 250 Mhz. Ces dernière informations ne sont pas confirmées par Sony.

Encore du retard pour le 64DD.
Le lecteur de CD-ROM pour N64 n’est pas présenté à l’E3 comme prévu, et on raconte qu’il ne sortira jamais. Nintendo lance tout de même le N64 Expansion Pack, qui se branche sur le port d’extension de la console et double la mémoire à 8 Mo. Le jeu Legend of Zelda – Ocarina of Time sort le 23 Novembre. 325.000 cartouches ont été commandées avant que le jeu ne sorte, ce qui est un record, et ceux qui ont ainsi pré-commandé le jeu sont privilégiés en recevant une cartouche en plastique doré dite « gold cartridge ». Au cours de l’année, le jeu se vendra à 2.5 millions d’exemplaire, rapportant 150 millions de dollars, ce qui est mieux que le film le plus rentable de l’année au box office, « 1001 pattes », qui ne rapporte à Walt Disney « que » 114 millions de $. On commence à comparer l'argent que brasse l'industrie des jeux vidéo avec les montagnes de dollars qui entrent et sortent d'Holywood. C'est tout ce qui manquait pour que la machine médiatique se déchaîne.


Zelda - Ocarina of Time

Le phénomène Pokemon.
Nintendo annonce que ses Pokemons vont arriver aux USA, après avoir cartonné au Japon. Les Pokemon (abréviation de Pocket Monsters) sont les personnage d’un dessin animé (dont Nintendo est possesseur des droits) qui ont beaucoup fait parler d’eux dans le monde entier après avoir provoqué 700 crises d’épilepsie au cours d’une diffusion télé Japonaise, les gamins ayant été victimes des flashs lumineux ininterrompus provoqués par les apparitions de Pikachu, le Pokemon le plus populaire. Après avoir quelque peu fait retoucher les épisodes suivants pour éviter que cela ne se reproduise, provoqué l’apparition d’avertissements sur l’épilepsie sur les jeux vidéo du monde entier, et dédommagé les familles des enfants atteints, Nintendo flaire le coup médiatique juteux et décide d’exploiter ce sous-sous-sous-(ajouter autant de sous que vous voudrez)-produit de la culture Japonaise au niveau mondial. En Septembre, le jeu Game Boy arrive en deux versions, ainsi qu’un Tamagotchi appelé Pocket Pikachu. Durant les deux années suivantes ce seront une somme incroyable de produits dérivés des dessins animés Pokemon qui envahiront la planète, des jouets vendus pour la plupart à des prix surréalistes qui rendront Nintendo plus riche et prospère qu’il ne l'a jamais été.

Pendant ce temps, la Game Boy arrive à ses dix ans d’existence avec la sortie de la Game Boy Light, une nouvelle version équipée d’un rétro-éclairage de l’écran fort bienvenu, ainsi que des périphériques pour Game Boy, comme une caméra et une imprimante, qui malgré la faible résolution de la console connaîtront un grand succès. Néanmoins, la Game Boy Light va être rapidement assassinée par la sortie de la Game Boy Color, qui en plus d’être compatible avec les jeux Game Boy existant, va vite se rendre indispensable aux fans grâce aux jeux colorisés ne pouvant tourner que sur elle.


La Game Boy Color

Il n’y pas que Nintendo, Sega et Sony.
D’autres marques continuent d’essayer de se maintenir sur le marché des consoles de jeu :

- Tiger continue envers et contre tout de fabriquer et soutenir la Game.com, dont les ventes ne décolleront jamais, et sort même la Game.com Pocket Pro.
-
Bandai sort le Wonderswan, une console portable partiellement développée par le regretté Gunpei Yokoi, qui peut afficher des jeux sur écran monochrome intégré, et espère en vendre 3 millions (pour 40 $) avant Mars 1999.
-
SNK annonce la Neo-Geo Pocket, une version portable de la Neo-Geo, équipée d’un écran LCD monochrome supérieur à celui de Game Boy, compatible avec les jeux du VMS de la Dreamcast, et livrée avec un petit joystick pour 50$. Elle n’est prévue de n’être commercialisée qu’au Japon, mais les (nombreux et fidèles) fans européens de SNK sont déjà sur le pied de guerre.


La Wonderswan de Bandai.

Hasbro boulimique de licences.
Après le succès obtenu par son remake 3D de Frogger sur PC et Playstation, Hasbro Interactive rachète plusieurs sociétés impliquées dans le marché du jeu vidéo. La première est Tiger Electronics, fabriquant de divers jeux électroniques et de la Game.com. Hasbro annonce aussi le rachat d’Atari pour 5 millions de dollars. Des rumeurs circulent sur une éventuelle réapparition de la Jaguar et de la Lynx, mais Hasbro annonce n’être intéressé que par les jeux du catalogue Atari, parmi lesquels Centipede, dont une version PC est éditée, ainsi qu’une version Playstation qui ne verra jamais le jour suite à l’insuccès de la précédente.

La nostalgie, une valeur sure.
Activision sort une compilation de 30 jeux pour VCS 2600 adaptés sur Playstation, ainsi q’une version améliorée d’Asteroids pour PC et Playstation, qui reçoivent un accueil encourageant. A Las Vegas, l’exposition annuelle World of Atari, abandonnée depuis longtemps, refait surface. En fait, elle célèbre les classiques du jeu vidéo dans leur ensemble, pas seulement ceux d’Atari. Plus tard dans l’année, un CD intitulé Intellivision Lives sort, qui contient une collection de 50 jeux Intellivision fonctionnant en émulation de la console sur un PC ou un Mac.

VM Labs, toujours un mystère.
Durant les deux premiers trimestres 1998, VM Labs ne se presse pas pour sortir sa nouvelle console, toujours appelée Project X. Les rumeurs disent qu’il s’agit d’un système multimédia à la CD-I, qui permettra de jouer et d’utiliser des applications éducatives. Tout change après l’E3, où il est annoncé que le Projet X ne sera pas une console, mais une extension pour lecteurs DVD permettant de mieux utiliser les applications interactives du DVD. En Juillet, VM Labs annonce que le Project X sera intégré en série dans les lecteurs de DVD Thomson et Toshiba, et que des jeux sur DVD utilisables sur ces lecteurs, et tous ceux équipés de l’extension Project X, seront développés par Activision, Capcom et Hasbro. A la fin de l’année, le système trouvera son nom définitif : NUON.

L’IDSA sur tous les fronts.
L’Interactive Digital Software Association, un groupe de défense des intérêts des compagnies oeuvrant dans le jeu vidéo, annonce qu’en 1998, le marché s’est accru de 30 %. Cela dit, cet accroissement des ventes ne concerne que les consoles et les micro-ordinateurs, le marché du jeu d’arcade étant lui en déclin, à l’image de la société Acclaim qui vient de s’en retirer. L’IDSA se met à lutter contre un autre phénomène : l’émulation.

En gros, il s’agit de faire fonctionner sur un PC ou un Mac des logiciels (principalement des jeux) développés pour d’autres machines en en reproduisant fidèlement le fonctionnement par des trésors de programmation. Au début, cela ne concerne que les vieux jeux d’arcade et les consoles ou micro-ordinateurs dépassés et plus du tout commercialisés, mais avec le temps et la surpuissance des PC, des émulateurs de consoles encore présentes sur le marché comme la Playstation, la N64 ou même la Dreamcast commencent à voir le jour. De plus, ces émulateurs n’ont rien d’illégal s’il ne sont pas fournis avec les fichiers de fonctionnement interne indispensables de ces machines, et des copies déplombées des jeux. Il est très simple de trouver sur Internet tout cela sur des sites séparés, et l’IDSA se bât pour faire fermer des sites qui confondent nostalgie et piratage pur et simple. D’un point de vue juridique, tout cela est complètement flou bien entendu, et le caractère mondial d’Internet empêche toute unité des règles d’un pays à l’autre, d’un utilisateur à l’autre. Il existe même un émulateur Playstation (bleem!) pour console Dreamcast !

1999

Nintendo se joint à IBM pour sa nouvelle console.
Nintendo annonce la Game Boy Advance, une console 32-bit couleur portable, capable de se connecter à Internet en la couplant à un téléphone cellulaire (un portab', pardon). Elle devrait être compatible avec les précédentes Game Boy, et être développée en partenariat par Nintendo et IBM.


La Game Boy Advance

Adieu JTS.
Le fabriquant de disques durs qui avait racheté Atari à fait faillite début 99.

Microsoft annonce sa console.
Le géant de la micro-informatique annonce, c’était à prévoir, le développement d’une console de jeu, la XBox, basée sur Windows CE comme la Dreamcast et équipée d’un processeur Intel Pentium III et d’une carte vidéo Nvidia de type GeForce 3, les derniers composants les plus en vue sur les PC haut de gamme. Ce sera par ailleurs la première console de l'histoire à être équipée d'un disque dur.


Bill Gates va se gaver !

Pac-Man vaincu.
Pour la première fois depuis la sortie du jeu il y a plus de quinze ans, un joueur arrive à la fin du dernier labyrinthe sans tricher sur une borne d’arcade de Pac-Man. Il s’appelle Billy Mitchell, c’est un américain et son score final est de 3.333.360 points !


Billy Mitchell à l'ouvrage

Les données de la Playstation 2 révélées.
Les informations sur la Playstation 2, qui n’en finit plus de se faire désirer, sont révélées. Elle sera équipée d’un processeur Toshiba cadencé à 250 Mhz appelé l’Emotion Engine, coûtera 800$ environ, sera compatible avec les jeux Playstation, lira tous les DVD, et sortira au Japon en Mars 2000 et aux USA et en Europe fin 2000.

Dernières nouvelles de Sega.
Un lecteur Iomega ZIP pour Dreamcast permettant de sauvegarder des données (le point faible de toutes les consoles en attendant la XBox) est prévu d’être disponible. Sega va produire des jeux pour Game Boy et WonderSwan, ne s’estimant pas en concurrence avec ces produits. La Dreamcast, dont le succès ne saurait plus être contesté maintenant, va voir son prix baisser de 250$ à 164$ au Japon, tout en restant à 200$ aux USA. Les video-clubs Hollywood Video, très célèbres aux USA, sont autorisés à louer des consoles Dreamcast, contre un paiement de 350$ par machine à Sega, et à la condition que le seul jeu fourni soit Sonic Adventure. Il s’agit de promouvoir la console et le jeu, et non pas de les rendre utilisables à bas-prix. Un pistolet optique pour Dreamcast était prévu, mais son lancement est annulé suite à plusieurs tueries aux USA impliquant des adolescents. La compagnie s’autocensure, ce qui est devenu une habitude dans le monde des consoles, mais certes pas pour les éditeurs de jeux sur PC, qui vont de plus en plus loin dans la violence, le gore bien gras et la grossièreté (Kingpin, Soldier of Fortune), au détriment de l'imagination...

Les émulateurs, encore.
Connectix Corporation lance le Virtual Game Station, un logiciel qui permet de jouer aux jeux Playstation sur un Mac en émulation Playstation avec un rendu supérieur à celui de la console elle-même. Les méandres du système judiciaire américain empêchent Sony de faire arrêter cette vente, comme ce fut jadis le cas pour Coleco et son adaptateur de jeux VCS pour Colecovision. Sur le net, le monde de l’émulation délire totalement, des émulateurs Game Boy Advance et Playstation 2 étant annoncés en même temps que la sortie de ces consoles !

2000

Etat des lieux
La Playstation 2 est sortie pendant l'été, et il est encore trop tôt pour en parler. Nintendo annonce sa Game Cube, une console avec lecteur DVD visant à remettre en selle l’ex-leader du marché, et Microsoft n’arrête pas de revoir à la hausse le hardware de la XBox qui se présente comme un PC (sans clavier) surpuissant pour les jeux, aussi encombrant ou presque que l’unité centrale d’un PC haut de gamme. La Dreamcast maintient une bonne vitesse de croisière, mais les développeurs commencent à connaître quelques difficultés à adapter dessus les jeux PC toujours plus gourmands. La micro-informatique ludique, elle, se résume au PC, qui se décline en une infinité de configurations différentes aux composants dont la puissance et le prix grimpent encore et encore.

XBox : Ca frémit.
La sortie de la XBox est retardée à la fin-2001, mais on en sait déjà un peu plus : La console n'utilisera que des jeux prévus spécialement pour elle, et pas les jeux PC. Bien qu'équipée en série d'un lecteur de DVD, elle ne pourra lire les films en DVD qu'avec une extension vendue séparément (il s'agit en fait d'une simple télécommande). Son processeur sera finalement un Pentium III 766, et sa carte vidéo un modèle de NVidia GeForce 3 spécifique (différent de ceux pour PC, donc). Elle sera aussi équipée d'un disque dur de 8 Go, le tout pour un prix d'environ 3000 f. Enfin, la présence en son sein d'une carte Ethernet devrait permettre à Microsoft de mettre en place un service de jeu en ligne. Son boîtier sera plus imposant et lourd que celui d'une PS2, mais pas autant que ce que les premières photos laissaient envisager. Quant à la mascotte de la console, il s'agira de Munch, le héros du jeu Oddworld: Munch's Oddisee, dont les aventures sont devenues une exclusivité des consoles Microsoft (il va falloir s'habituer à lire des choses dans ce genre !).


La XBox

Sega vs PS2
Pendant ses premières semaines d'exploitation commerciale, la PS2 brille surtout par la difficulté à s'en procurer une et l'absence de titres forts dans sa ludothèque. Certaines cérémonies organisées à l'occasion de la sortie officielle se sont soldées par des émeutes honteuses dont les responsables marketing de Sony sont entièrement responsables, notamment au Virgin Megastore à Paris, où des gens se sont fait piétiner ou frapper. Ce genre de choses scandalise tous les joueurs et génère un courant de pensée anti-Sony qui n'existait pas du temps de la Playstation 1. Pour calmer le jeu, le constructeur annonce une production massive en vue des fêtes de Noël. Sega prépare la contre-attaque en baissant le prix de la Dreamcast, et en la vendant accompagnée de nombreux accessoires (un lecteur de DVD est même prévu) et d'un jeu (alors que la PS2, deux fois plus chère, est livrée nue). Les fêtes passées, on s'apercevra que Sega a réussi à endiguer le raz-de-marée, aidé il est vrai par la déception que provoque la découverte des premiers jeux sur PS2 (Hélas, l'inéluctable ne sera pas empêché, voir plus loin, en 2001). La PS1, toujours à la page sur le plan ludique et peu coûteuse, trouve encore quelques clients, d'autant plus que les jeux les plus importants du moment (Final Fantasy IX en tête) sont encore développés dessus (ce qui laisse un goût amèr à ceux qui viennent de débourser 3000f pour une PS2).


La Playstation 2

Tempête glaciale
En Mai, la sortie de Diablo II, de Blizzard, sur PC, constitue un évenement gigantesque : deux millions d'exemplaires sont déjà pré-commandés, et le jeu ne va pas décevoir les attentes (malgré des différences radicales avec ce qui avait été annoncé, et des graphismes anachroniques).


Diablo 2

Quake III sur Dreamcast : et si on s'était moqué de nous ?
La conversion du hit de Id sur Dreamcast fait l'effet d'une bombe : graphismes magnifiques, et vitesse de jeu très satisfaisante. Sur PC, le jeu exige, pour un tel rendu, une configuration beaucoup plus puissante que celle de la console. La nouvelle fait d'autant plus de bruit que Q3 est le jeu universellement utilisé pour tester la puissance des configs PC, et les joueurs du monde entier se posent des questions sur la crédibilité des données techniques dont les constructeurs de matériel PC les gavent.


Quake 3

NVidia : une terre, un roi.
Bouleversements sur le marché des cartes vidéo haut de gamme pour PC. La fin de 3dFX est annoncée (racheté par NVidia), et le succès grandissant des cartes NVidia est au premier plan des remaniements du marché qui l'ont provoqué. Sur le marché des cartes dédiées au jeu, ne reste qu'ATI pour contester l'hégémonie (avec la série Radeon). Même le Mac, jusqu'ici domaine réservé d'ATI, commence à faire les yeux doux aux GeForce, plus puissante sur le papier et aux drivers plus stables. On commence à parler de la GeForce 3, une carte qui devrait mettre tout le monde d'accord, et refaire passer le PC dans la catégorie des joujoux hors de prix après une jolie percée grand public en 98-99.

Counterstrike : on se calme.
Le jeu en réseau (sur Internet ou réseau local), qui est devenu une donnée incontournable, aussi bien sur PC que sur consoles, se voit révolutionné par un mod (une extension gratuite) de Half-life nommé Counterstrike. Alors que jusqu'ici le mode de jeu le plus pratiqué était le deathmatch, dans lequel les joueurs s'affrontent dans une ambiance de tuerie frénétique, Counterstrike joue la carte du réalisme, du jeu en équipe, et des missions militaires complexes lors desquelles la discrétion et la tactique priment sur l'attaque frontale et la force de frappe. Les joueurs adorent, et tous les développeurs se mettent au diapason de cette nouvelle façon de jouer en réseau, à commencer par ceux qui oeuvrent pour Quake III et Unreal Tournament, les deux stars du FPS orienté multi-joueur.

Game Cube à l'horizon.
Alors que les spécifications techniques de la future consoles de Nintendo se révèlent, on se rend compte que cette fois, la compagnie de Yamauchi, qui vient de prendre sa retraite (Yamauchi, pas la compagnie), ne cherche pas la supériorité technologique à tout prix, mais plutôt le fun garanti et le recentrage sur l'identité vidéoludique de sa machine. Conçue sous la coupe de Shigeru Miyamoto, la GC sera équipée d'une carte graphique ATI, d'un processeur cadencé à 350 Mhz, et utilisera des mini-DVD, support encore une fois unique mais moins coûteux que la cartouche et garantissant, par sa petite taille, des temps de chargements très rapide (la cellule du lecteur se déplace sur une surface plus petite, donc ça va plus vite). Shigeru Miyamoto monte en première ligne et s'implique énormément dans le développement de cette console, dont le prix de vente devrait être bien inférieur à celui des XBox et PS2. Les premiers jeux annoncés, par contre, restent dans les sempiternelles franchises Nintendo. Heureusement, il y a la garantie d'un Zelda.... Quant à la Game Boy Advance, il faudrait avoir un certain esprit de contradiction pour ne pas prédire un avenir doré à cette console, vu son faible prix, sa technologie impressionnante et la qualité prévue des jeux.
 


La Game Cube

2001

So long Dreamcast
Malgré un succès indéniable et une grosse cote auprès des authentiques joueurs, la Dreamcast coûte trop cher à Sega et n'a conquis que 30 % des parts de marché. Plus de 500 millions de dollars de budget promotionnel, ajoutés aux pertes financières endurées pendant les précédentes années (lancement raté de la Saturn sur le plan mondial, désaffection notable pour les salles d'arcade) conduisent en Février la firme à abandonner la production de consoles pour se donner un peu d'oxygène. La Dreamcast est ainsi sacrifiée, ainsi que des projets de jeux qui étaient quasiment prêts à être lancés, comme Half-life, et qui se voient reportés à l'année suivante sur XBox et PS2.

Même si le le support technique est assuré jusqu'à la fin de l'année et qu'une dizaine de nouveaux titres DC sont confirmés (notamment les très attendus Shenmue 2, Rez et Headhunter), ça sent le sapin pour cette console. Les fans du monde entier sont consternés, et rendent Sony et son marketing tentaculaire responsables de ce malheur, ce qui entraîne des réactions souvent démesurées sur le net, mais qui confirment leur attachement à la Dreamcast, une console qui par ses possibilités impressionnantes aura suscité un effort de développement (plus de 350 titres) apte à marquer de son empreinte toute la production vidéoludique à venir, tant les titres concernés sont réussis et innovants (Shenmue, Sonic Adventure, Jet Set Radio, F355, MSR, Power Stone, Skies of Arcadia... tous les styles y sont passés, et la technologie 128-bits a permis une vraie révolution).

Sega, libéré de toute contrainte quant au support sur lequel il peut éditer, annonce ainsi que ses futurs jeux majeurs sortiront sur PS2, Game Cube et XBox, ce qui bouleverse complètement les habitudes de ses fans. Son intention est de devenir le premier éditeur mondial de jeux vidéo. La Dreamcast, de son côté, restera la console de toutes les ouvertures, grâce au nombre incroyable d'applications développées par des amateurs et circulant sur le net (émulateurs, lecteurs de mp3 ou DivX, browsers Internet...) et le fait qu'elle est la dernière console à utiliser le support CD-ROM facile à graver. Les petits malins se dépêcheront de s'en procurer une et de profiter de la vente des stocks de jeux à vil prix. Cette histoire reste tout de même le plus beau gâchis de l'histoire des jeux vidéo.


Headhunter sur Dreamcast

La GBA cartonne
Quelque soient les résultats qu'engendrera la NGC, Nintendo va pour le mieux, car la Game Boy Advance est une énorme succès. Soutenue par une campagne promotionnelle bien menée (et très chère), cette console est le produit qui arrive au moment où il le faut. Avec ses jeux un peu rétro (du réchauffé disent les détracteurs) vendus au prix (très) fort et sa ludothèque tout de suite énorme, elle fait le plein de fans grâce à son prix de vente abordable (environ 800f) et sa puissance technologique incroyable compte tenu de sa petite taille. Seul bémol : l'écran LCD, non rétro-éclairé (toujours pour des raisons d'autonomie), sur lequel on voit pas grand chose malgré son excellente qualité.  La console est si bien accueillie que personne ne songe à énumérer les mille et un petits détails et autres modalités de vente sur lesquels Nintendo arnaque l'acheteur dans l'affaire. Ca s'appele le génie commercial.


Super Mario Advance sur GBA

La PS2 sur la sellette
Les mois passent et on attend toujours de voir tourner sur PS2 un jeu qui justifie le tapage autour de cette console. Il ya du nouveau, cependant, avec Gran Turismo 3. Très attendu, ce troisième volet de ce qui est considéré comme le meilleur jeu de course automobile sur consoles ne déçoit pas. Les graphismes sont somptueux, le jeu est passionnant et sa durée de vie est énorme grâce à une difficulté plutôt élevée et de nombreux challenges à relever. D'un point de vue technique, c'est une réussite qui prouve qu'à défaut de laisser loin derrière elle la Dreamcast, la PS2 est tout de même la plate-forme d'avenir qu'on espérait. On attend par ailleurs Silent Hill 2 et Metal Gear Solid 2 pour la fin de l'année.


Gran Turismo 3

Asta luego SNK
2001 est une véritable hécatombe pour le monde des jeux vidéo.  Après la DC, c'est SNK qui annonce cette fois une faillite pure et simple. Depuis la Neo Geo en 1990 et sa version portable la Neo Geo Pocket, SNK n'avait pas sorti de produit vraiment neuf, et s'était tenu à l'écart de l'évolution technique des jeux vidéo vers la 3d systématique. Du coup, la marque était devenue une des plus vénérées au monde et faisait office de dernier bastion du jeu à l'ancienne. Avec des titres comme Metal Slug ou la série des King of Fighters, la Neo Geo (et son équivalent en borne d'arcade le MVS), en mettait plein la vue tout en continuant à n'utiliser que des sprites, des scrollings et une architecture 16-bits. La mort de SNK marque donc la fin d'une époque. L'émulation Neo Geo étant très bien installée sur le net, certains lui attribuent une part de responsabilité dans ce qui s'est passé, mais en même temps, elle contribue à perpétuer à la fois la mémoire de SNK et celle du jeu en 2d en général.


Metal Slug sur Neo Geo

Max Payne
Il s'appelle Max Payne, c'est un flic, et il n'est pas content. Dépositaires de toute une culture cinématographique basée sur la stylisation de la violence, les Finlandais de Remedy (anciens démo-makers) secouent les puces du marché des jeux 3d avec cette bombe pour PC et PS2 (et plus tard XBox) qui ne laisse personne indifférent (le jeu est même censuré en Allemagne). Moteur graphique révolutionnaire, gameplay jouissif utilisant le ralenti comme élément ergonomique, scénario passionnant, Max Payne est le jeu de l'année.


My name is Payne

Le Fujiama sur le maillot de l'OL
Les fans de foot qui pratiquent les jeux vidéo depuis la grande époque font un bond sur leur canapé en apercevant le logo Atari sur le maillot des joueurs de l'Olympique Lyonnais. Il faut dire que Infogrames, qui finance le club, a racheté la marque, et compte bien utiliser la vague rétro pour en tirer quelques bénéfices. Des compilations de vieux titres Atari dans des versions très fidèles aux originaux font aussitôt leur apparition dans la ludothèque PSX. Le précédent propriétaire de la marque Atari, Hasbro Interactive, avait déjà tenté de jouer la carte du revival deux ans auparavant, mais sous la forme de versions 3d modernisées de vieux hits comme Missile Command ou Breakout. Dans les deux cas, les fans de jeux rétro font la moue et retournent vers leurs sites de download préférés.

On-line or die
Les connexions Internet haut-débit se généralisent, même en France (c'est vous dire si elles se généralisent), et le jeu on-line devient de plus en plus pratiqué. De gros titres comme Anarchy Online ou Everquest, basés sur des univers persistants, obtiennent un succès phénoménal. Citons également dans le même registre Bomberman Online et Phantasy Star Online sur Dreamcast, qui sont les seuls jeux on-line massivement pratiqués sur consoles, en l'occurence sur Dreamcast. On parle alors aussitôt de kits pour connexion ADSL pour PS2 et XBox.

Dieux virtuels de qualité s'achètent chez Molyneux
Le créateur de Dungeon Keeper, fondateur de Bullfrog et vénérable sage de la conception de jeux vidéo depuis une quinzaine d'année s'appelle Peter Molyneux. Après avoir ouvert en 1997 son propre studio de développement, il lance le premier jeu qui lui ressemble à 100 %. Ca s'appelle Black&White, ça met le joueur dans la peau d'un dieu qui peut tout faire de ses propres mains et doit se faire vénérer par ses sujets, et c'est dans une superbe 3d qui requiert un ordinateur un milliard de fois plus puissant que le premier chef-d'oeuvre de Molyneux, Populous.

Flight Simulator : polémique indigne.
Après les évènements du 11 Septembre, tout élément qui aurait pu servir à l'organisation de l'attentat est considéré comme une aide au terrorisme international. C'est une véritable psychose, et quelqu'un soulève l'hypothèse que les kamikazes du World Trade Center se seraient entraînés sur Flight Simulator, à l'aide du scénario New York qui est très réaliste.
Heureusement, l'affaire ne va pas bien loin.

Game Cube : Sortie en silence
En Septembre, la Nintendo Game Cube sort au Japon alors que le monde entier à bien d'autres chose plus graves en tête. Le succès est au rendez-vous, même si ce n'est pas le raz-de-marée annoncé. Les jeux NGC sont très prometteurs, mais ce ne sont que des promesses. On attend encore de voir ariver les grands noms comme Zelda ou Mario. Pour patienter, les plus férus se procurent déjà des consoles importées du Japon.


Luigi's Mansion sur NGC

Lankhor : au-revoir
Le studio de développement français Lankhor, coupable d'avoir amusé et fait rêver des millions de joueur depuis 15 ans, est condamné début Décembre par le tribunal de la conjoncture économique à fermer ses portes. Encore une triste date pour une année décidément catastrophique. Lankhor éditera un dernier titre en Février 2002 : Ski Park Manager. 


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