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Bumpy
: mon copain rebondissant.
Créé par un certain Jean-François Streiff,
Bumpy est un jeu qui m'a toujours été
familier sans pour autant que je puisse me souvenir exactement quand
et où je l'ai rencontré pour la première fois.
Partout où la muse vidéo-ludique guidait mes pas,
je croisais la route de la petite balle bondissante aux grands yeux.
Sur les Amstrad CPC de mes copains
chez qui j'allais jouer les mercredi après-midi après
les cours, sur le PC en CGA du bureau
où travaillait mon père, puis plus tard sur la gameboy
qui m'accompagnait lors de mon travail de nuit. Et quand j'ai commencé
à explorer la ludothèque de diverses machines par
le biais de l'émulation, Bumpy était
encore une fois au rendez-vous. J'y ai joué tant de fois,
sur tant de machines différentes, qu'il est devenu à
mes yeux un classique des jeux vidéo multi-supports, au même
titre que Bomberman ou Lemmings.
Et pourtant, Bumpy demeure largement moins connu
que ces deux références. Les années passant,
on peut même dire qu'il a carrément sombré dans
l'oubli. Rendez-vous compte qu'à l'heure où j'écris
ces lignes, aucune page Wikipedia en français ne lui est
consacrée alors qu'on doit pourtant le jeu à notre
bonne vieille boîte d'édition Loriciels, les "frenchies"
responsables de l'Aigle d'Or
ou de Tennis Cup.
Heureusement que Grospixels est là pour réparer cette
injustice ...
Bumpy
(Amstrad CPC / ZX Spectrum / Atari ST / PC (MS DOS) / MSX
- 1989) |
Que
ce soit à cause de limitations graphiques, ou parce qu'un
objet rond plus ou moins élastique et rebondissant offre
de nombreuses perspectives de concepts ludiques, les balles, billes
et autres blobs ont toujours eu une place de choix dans le monde
des jeux vidéo. De Pong à Super
Monkey Ball en passant par Breakout,
Marble Madness, Cameltry,
Trailblazer, Helter Skelter,
Airball, Kororinpa et tant
d'autres, on ne compte plus le nombre de titres rondouillards qui
nous ont fait bondir de joie.
Sorti
en 1989, Bumpy fait partie de cette grande famille
et nous propose donc de diriger une petite balle avec de grands
yeux à qui il faudra faire traverser 100 tableaux à
la difficulté croissante.
L'objectif de chaque tableau est d'amener la petite balle à
ramasser un nombre imposé d'objets dispersés ici et
là, ce qui fera apparaître la sortie vers le niveau
suivant. Pour passer certains obstacles, il faudra se servir de
trois objets spécifiques qu'on peut accumuler d'un niveau
à l'autre.
Ainsi, les marteaux permettront de briser les murs de pierre, les
gouttes éteindront les plateformes enflammées et les
clés ouvriront certains portails qui séparent deux
plateformes. Il y a souvent plusieurs manières de terminer
un tableau, c'est au joueur de déterminer quel chemin lui
permettra de conserver un maximum d'objets utiles qui faciliteront
son aventure dans les niveaux suivants, ou qui lui permettront d'engranger
le maximum de points, Bumpy étant un jeu
qu'on pratique également pour le score.
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Le
second niveau : Bumpy commence au centre de l'écran.
Il faut prendre le marteau à gauche avant de sauter
vers la droite et de briser le mur pour passer en haut et
continuer vers la gauche. Attention, la plateforme sur laquelle
se trouve la clé va disparaître après
quelques rebonds, risquant de précipiter Bumpy dans
les flammes s'il manque son saut vers la gauche. (Amstrad
CPC) |
Le
troisème niveau : Bumpy commence en bas à gauche.
Il faut incliner le joystick vers la droite au sommet du saut
pour passer par dessus les portails. Si vous manquez votre
coup, vous aller gaspiller une de vos clés récoltées
dans les deux premiers niveaux, ce qui va modifier votre façon
de jouer dans les niveaux suivants. (Amstrad CPC) |
Une
grosse part de réflexion est donc au menu dans Bumpy
mais le plat de résistance se compose d'adresse et surtout
de "timing". La balle qu'on dirige rebondit donc de plateforme
en plateforme. Lorsqu'on appuie sur le bouton du joystick, la balle
s'élance bien plus haut vers les cieux et le joueur peut
influer sur sa direction pendant sa phase ascendante. Il faut alors
se diriger vers la gauche ou la droite au bon moment (il est aussi
possible de ralentir en plein saut en mettant le joystick vers le
bas).
Toute la difficulté provient de la nature de certaines plateformes
qui viennent compliquer la tâche du joueur : certaines disparaissent
après avoir subi quelques rebonds (souvent un seul : pas
droit à l'erreur), d'autres sont inclinées et envoient
la balle à un endroit précis, d'autres encore sont
recouvertes de colle et ne permettent pas à la balle de faire
de longs rebonds.
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Deux
niveaux avancés avec des plateformes inclinées,
de toutes petites plateformes qui disparaissent très
vite et quelques pièges pas évident à
déceler au premier coup d'oeil qui vous obligeront
à bien réfléchir pour trouver l'ordre
dans lequel les objets doivent être ramassés.
(Amstrad CPC) |
Le
level-design, toujours efficace, garantit que tous ces éléments
seront exploités au mieux pour créer des niveaux toujours
intéressants ... mais qui deviennent rapidement incroyablement
difficiles ! Très vite, il faudra réagir au quart
de seconde afin de ne pas perdre une vie alors que l'action vient
à peine de débuter. Heureusement il est possible d'observer
le niveau à loisir, avant de commencer à bouger.
En revanche, il n'y a ni sauvegardes ni mots de passe, et le joueur
devra reprendre tout depuis le début après avoir perdu
toutes ses vies ! N'hésitez pas à recourir aux save-states
en émulation ... et si vous jouez sur le support original,
sachez qu'en appuyant sur la lettre D du clavier, le prochain niveau
sera choisi aléatoirement parmi les 100 tableaux disponibles
: de quoi varier les plaisirs.
Les
différentes versions de Bumpy.
Bumpy est vraissemblablement sorti tout d'abord
sur Amstrad CPC. Les graphismes sont certes faibles, et
manquent cruellement de couleurs, mais l'animation de la balle est
très correcte, très rapide en fait, rendant le rythme
du jeu particulièrement nerveux, et l'action est remarquablement
lisible (l'absence d'arrière-plan est plutôt une bonne
chose !). La musique d'intro est entraînante mais les bruitages
énervants pendant le jeu risquent d'avoir raison de vos nerfs
(boing, boing !). Bien entendu, ce type de jeu ne nécessite
pas une réalisation éblouissante pour être efficace
et la presse de l'époque a généralement bien
accueilli Bumpy tel quel.
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Le
premier niveau, sur Amstrad CPC à gauche et sur Atari
ST à droite. |
La
version Atari ST dispose d'une
allure un peu plus engageante que celle dédiée au
CPC. C'est pour autant loin d'être une oeuvre d'art
et si les arrière-plans (pas trop) colorés ne gênent
pas la lisibilité, ils sont peu esthétiques. La musique
d'intro est la même que sur CPC, mais mieux rendue,
tout comme les bruitages largement plus supportables.
Cette version ST dispose également d'une nouveauté
qui a son importance : la présence d'ennemis dans la plupart
des niveaux ! Ces derniers se déplacent en suivant un chemin
pré-défini et le moindre contact avec l'un d'eux est
mortel. Bumpy sur ST est donc ENCORE plus
difficile, si si, c'est possible ! Mais il est également
plus intéressant avec cet ajout, c'est certain.
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Entre
les deux rangées de plateformes encadrées par
des portails, un hamburger (!) se déplace de gauche
à droite. C'est un des fameux ennemis ajoutés
pour cette version 16 bits. (Atari ST) |
Attention,
chacune des plateformes de ce niveau va disparaître
après deux ou trois rebonds ! (Atari ST) |
Enfin,
notons que l'éditeur de tableaux, également présent
sur CPC mais uniquement en version disquette, se révèle
largement plus agréable à utiliser avec l'interface
et la souris du ST. Permettant de disposer à loisir
les plateformes, les ennemis et les objets, ainsi que de choisir
ou placer la sortie, il apporte une réelle plus-value au
jeu, à la manière du classique Lode
Runner.
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L'éditeur
de niveaux. (Atari ST) |
Bumpy
sur ZX Spectrum. La version MSX est identique. |