À
l’époque où Core Design enchaînait
les Mégahits sur Amiga (Chuck Rock, Heimdall,
Rick Dangerous,
Wonder Dog...),
une de leurs productions n’a pas connu les adaptations
habituelles sur d’autres supports (comme le ST
ou la Megadrive), et est tombée quelque peu
aux oubliettes : Premiere.
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L’intro, magnifique. Une des
meilleures du genre sur Amiga. |
Et
un écran de titre très Hollywood (avec le
logo Core !). |
Ce
jeu de plates-formes classique, marque de fabrique de la maison
de développement à l’époque, met
en scène Clutch Gayble (roooh le jeu de mots), réalisateur
hollywoodien en plein rush sur sa dernière création.
Ayant passé une énième nuit blanche sur
les ajustements finaux du montage, il s’écroule
de fatigue sur son bureau, le travail accompli. Car demain se
déroule la grande Première du film, la séance
qui consacrera l’ami Clutch ! MAIS... pendant son sommeil,
un vil personnage s’empare des bobines et s’en va
les semer aux quatre coins des studios ! Est-ce la fin de notre
sympathique héros ? Saura-t-il rassembler son œuvre
avant le début de la projection ? Et surtout, va-t-on
enfin passer au paragraphe suivant ?
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Un
démarrage sur fond de western... |
...pour
continuer sur les films d’aventure en noir et blanc. |
Ce
flim n’est pas un flim sur le cyclimse.
Toute l’histoire est présentée par une séquence
d’introduction magnifique, ambiance superproduction, dans
un style cartoon qui va caractériser l’ensemble
du soft, et qui s’inscrit dans la continuité des
productions Core Design. Le jeu est réparti en six niveaux,
axés chacun sur un thème récurrent du cinéma
: western, noir & blanc, épouvante, cartoon, science-fiction,
et héroic fantasy. Les parcours entraînent le joueur
des deux côtés du décor, traversant bon
nombre de portes, souvent ouvertes au moyen de leviers disséminés
çà et là. Beaucoup de ces leviers, d’ailleurs,
feront plus de mal que de bien. Difficile de ne pas se perdre,
les studios sont vastes, et sur plusieurs niveaux de hauteur.
Les graphismes sont colorés et chatoyants (sauf pour
le deuxième niveau en noir & blanc, évidemment
!), et on s’imprègne immédiatement de l’ambiance
Actor’s Studio.
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On
n’est pas plus en sécurité dans les
flims de pègre ! |
Un
accueil plutôt glacial. |
Les
actrices ne lui disent pas merci.
Les metteurs en scène ne doivent pas être très
appréciés des acteurs, car tous ceux que l’on
rencontre dans Premiere sont du genre hargneux.
Dès que la caméra est coupée, les acteurs
se ruent de rage sur notre héros, sûrement pour
une histoire de gros sous. Bref, le gratin Hollywoodien en veut
à Clutch, et la progression dans les décors en
carton n’est pas des plus aisées. Tout le monde
lui saute à la gorge : shérifs, actrices muettes,
spationautes... Sans parler des boss de fin, les acolytes de
notre mystérieux voleur. Ceux-ci sont très originaux
pour le genre, puisque l’on ne se contentera pas d’occire
comme à l’accoutumée une bestiole un peu
plus grosse que les autres ; non, ici, il s’agit de vrais
challenges, comme un duel pour le niveau western, où
Clutch doit dégainer plus vite que son adversaire trois
fois de suite, ou encore la poursuite du train du deuxième
niveau, sur un parcours semé d’embûches.
Les idées sont excellentes et novatrices, ce qui renouvelle
vraiment le genre.
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Ambiance
Famille Addams... |
Même
les cartoons veulent votre peau. |
Urgent
: engage doublure Bruce Lee pour prendre coups à ma place.
Partant du fait que Clutch ne possède que 2 vies composées
de 6 barres d’énergie, comment faire pour affronter
tout ça ? Deux méthodes : la première,
classique, est l’affrontement direct avec les risques
que cela comporte. Clutch sait se battre avec ses poings, mais
il peut ramasser quelques armes (comme de la dynamite, des sacs
de farine, ou encore des bombes à eau bénite…)
plus efficaces et moins corps à corps. Elles sont néanmoins
en nombre limité, et le gaspillage s’avère
vite pénalisant, surtout que certains ennemis sont très
durs à étaler à coups de tarte à
la phalange. La seconde méthode consiste en l’art
subtil de l’esquive : détail unique de Premiere,
le jeu se déroule sur deux plans de déplacement
! En combinant le bas et le tir, Clutch passe du premier plan
au second plan, et vice-versa. Aussi, il devient possible, avec
un peu de pratique, de feinter l’ennemi afin de l’éviter.
Néanmoins, certains passages obligeront le personnage
à changer de plan pour progresser, et d’autres
supprimeront l’un des deux, rendant le contournement des
vilains impossible.
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Chaque niveau alterne endroits et
envers du décor (avec quelques clins d’œil). |
Duel au soleil face au boss du premier niveau... |
Des
scènes entièrement bruitées à la
bouche.
Question ambiance sonore, rien à redire, les mélodies
sont agréables et entraînantes. Elles collent parfaitement
à l’action, et sont toujours en rapport avec le
thème du niveau en cours. Les bruitages quant à
eux, se limitent au minimum syndical, soit l’introduction.
Pour le jeu, c’est nada, un point noir dans ce joli tableau.
Il y a même des voix digitalisées dans l’intro
(enfin, voix n’est peut-être pas le terme approprié).
Tout cela contribue à former un ensemble homogène,
où l’action et l’exploration vont de paire,
et la difficulté bien présente. Méfiez-vous,
Première ne se finit pas facilement,
et installe un niveau de jeu élevé dès
les premières scènes, le tout avec un temps limite
(pas trop méchant ceci dit, on a connu pire) comme pour
beaucoup de jeux de plates-formes. De plus, l’absence
de sauvegardes ou de mots de passe oblige le joueur à
s’appliquer pour progresser. Bref, un vrai jeu Amiga
qui mérite vraiment qu’on s’y intéresse.
Tonton Ben,
abonné à Premiere (raaah le calembour facile !!).