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XBOX
LIVE ARCADE

(1re partie : 2004)

 



On l'a vu dans le dossier qui lui est consacré, le jeu on-line sur console a brutalement pris son envol avec la création en 2002 du Xbox Live, service de jeu en ligne sur la 128bits de Microsoft. D'abord jugé avec scepticisme, condescendance voire mépris, le concept trouve petit à petit son public, et ce malgré les 60€ annuels qu'il faut débourser pour pouvoir jouer en ligne avec ses jeux préférés. Le mérite en revient à un système convivial (présence d'un micro-casque pour converser avec ses amis/adversaires/coéquipiers, gestion d'une liste d'amis, etc.). Le "Live", et sa popularité grandissant grâce à des titres rassembleurs comme Halo 2, finira même par faire des émules chez la concurrence. Ainsi, la voie timidement ouverte par Chu Chu Rocket sur Dreamcast porte ses fruits : le on-line console est en marche.

Mais Microsoft, désireux de conserver son avance sur ce nouveau marché, ne va pas s'arrêter là. Le Xbox Live ne sert pas seulement à des parties en multijoueurs, on peut aussi télécharger d'éventuels contenus supplémentaires, souvent gratuits mais parfois payants, pour ses jeux préférés. Ce système d'achat virtuel a ses avantages et ses inconvénients, mais une fois n'est pas coutume, c'est une option assez novatrice dans le monde des consoles et Microsoft va tenter de la développer non plus uniquement sur du contenu additionnel, mais carrément sur des petits jeux complets. Le 3 novembre 2004, le Xbox Live Arcade (XBLA) voit le jour.


Live Arcade Version 1

Le système Live Arcade n'ayant pas été inclus dans le système de la console, il faut pour en bénéficier acquérir un CD d'installation sur lequel se trouvent l'interface Live Arcade (bien entendu) et un jeu gratuit, Ms. Pac-Man. Une fois le système lancé, le joueur n'a plus qu'à se connecter au Live pour télécharger des démos des jeux disponibles ou/et acheter les versions complètes. Les prix des jeux sont variables, allant de 5€ pour les portages rétro à 15€ pour les jeux plus ambitieux.

L'interface est claire et pratique. Les démos et jeux téléchargés sont classés par genre, et une petite image ainsi qu'un résumé sont disponibles pour chacun des softs. Au total, ce sont 27 jeux qui vont être mis à disposition durant l'année d'existence du Live Arcade sur la première Xbox. Pour plus de clarté, et avec le recul, on peut les classer en trois catégories : Les jeux qui resteront "exclusifs" à la première Xbox, par opposition à ceux qui seront adaptés ou verront naître une suite durant les débuts de la Xbox 360, et enfin les jeux rétro (on pourrait toutefois chipoter sur le fait que certains jeux nouveaux s'inspirent parfois très fortement de vieux classiques de l'arcade).

Note : Survolez les images avec le curseur de votre souris pour faire apparaître une description détaillée du jeu correspondant

Alien Sky

Atomaders

Bookworm

Dangerous Mines

Dino & Aliens

Fuzzee Fever

Guardian

Hamsterball

Orbz

Pipeline

Ricochet Lost Worlds

Super Collapse! II

Think Tanks

Plusieurs des jeux XBLA de la première Xbox se retrouveront aussi sur Xbox360. Certains jeux 360 seront des "suites" plus ou moins originales comparé aux épisodes précédents, d'autres seront identiques ou tout comme. Voici donc les huit jeux que les joueurs n'ayant pas eu accès au Live Arcade à l'époque de la Xbox1 pourront (re)découvrir sur 360. Là encore, les jeux en question sont aussi disponibles en shareware sur PC, PDA voire Mac. Certains de ces jeux, notamment ceux développés par PopCap Games, ont même une version jouable en ligne gratuitement, moyennant quelques publicités imposées.


Astropop

Bankshot Billiards

Bejeweled

Feeding Frenzy

Hardwood Solitaire

Marble Blast

Mutant Storm

Zuma Deluxe

Le XBLA propose pour terminer quelques jeux rétro, tels que Gauntlet, Joust, Ms. Pac-Man, "Namco Vintage" (qui regroupe Pole Position, Dig Dug et Galaga), le brillant Robotron (qui va inspirer beaucoup de développeurs sur le Live Arcade par la suite), et Smash TV. Tous ces jeux issus de l'arcade sont vendus 4.99€, hormis Ms. Pac-Man qui est gratuit, et Namco Vintage qui coûte 14.99€ (logique puisqu'il s'agit d'une compilation de 3 jeux). A noter enfin qu'à l'exception de Pole Position, tous ces jeux seront eux aussi réédités par la suite sur le Live Arcade de la Xbox360.


Pour le meilleur et pour le pire

Au bout d'un an, l'heure est au bilan. Le Xbox Live Arcade se révèle être un système de console virtuelle efficace. Télécharger un jeu se révèle simplissime, on peut tester des versions démo avant l'achat, et les jeux possédés sont classés de façon claire. Bref, sur le papier les choses sont idylliques. Par contre en pratique, on peut se poser pas mal de questions : à de trop rares exceptions près, les jeux proposés sont déjà disponibles sur PC et malgré leurs qualités intrinsèques, bien peu font réellement honneur aux capacités de la Xbox. En outre, le prix des jeux est souvent très exagéré.

En fait le problème du prix est plus complexe que "c'est trop cher pour ce que c'est". Il ne faut pas se leurrer, créer un jeu (ou même simplement le porter d'un système à un autre) engendre des dépenses incompressibles, et des développeurs sortant un seul jeu, même avec des sons, graphismes et gameplay d'un autre temps, ne peuvent pas le vendre 1$. A côté de ça, moins chers sont les jeux, et plus le joueur peut en acheter; sauf que le temps total passé à jouer ne change pas, et un joueur moyen, durant l'existence d'une console (disons sur 5 ans) va jouer à 30 ou 40 jeux différents au maximum. Pour qu'une telle équation soit rentable pour l'éditeur, il ne faut pas voir sortir des tonnes de jeux durables à des prix sacrifiés, c'est logique... Le XBLA se retrouve de facto avec des "petits" jeux, qui ne doivent pas tenir le joueur aussi longtemps que les softs vendus en boite à 60€.

Le hic, c'est que Microsoft et les éditeurs impliqués dans le XBLA tirent trop sur la corde. On peut comprendre que même Dangerous Mines ait engendré des frais de développement et d'hébergement sur serveurs, mais pas au point de le vendre 10€. Le joueur n'a pas acheté la Xbox puis ne s'est pas abonné au Live pour finalement payer encore une fois afin de jouer à un stupide démineur, surtout que, au même moment, des jeux comme Grabbed by the Ghoulies se vautrent en terme de vente et finissent en neuf à 5€ sur internet, des jeux "anciens" venus eux aussi du PC comme The Fall of Max Payne sont disponibles à la même adresse et au même prix... Comment acheter Zuma ou Bejeweled à 15€ après ça, malgré toutes les qualités qui les caractérisent, quand on sait qu'un jeu en téléchargement permet de réduire à zéro le budget packaging / distribution / revendeur local ? Entre les frais minimums et le prix effectivement pratiqué, il y a un juste milieu, et ici il n'est pas atteint. Les jeux rétro sont encore plus alarmants : il s'agit d'émulation. Si on admet que développer un émulateur peut exiger un paiement minimum, l'émulateur en question peut dans bien des cas resservir gratuitement sur tous les autres jeux. En d'autre terme, le premier jeu XBLA de Namco (par exemple) demande un investissement, mais les 10 suivants ne coûtent quasiment rien. Or, ça ne se répercute absolument pas sur le prix des jeux, les éditeurs ayant parfaitement envisagé tout le caractère nostalgique de la chose (il y aura toujours LE jeu qui vous fera craquer même si vous le trouvez trop cher)...

Et pourtant, le XBLA est un principe absolument prodigieux en théorie : on se surprend à rêver à ce qu'un tel système pourrait donner avec un catalogue conséquent. Si les jeux sortis sur des consoles Nintendo et Sony sont, pour des raisons évidentes, inaccessibles à Microsoft, ce ne sont pourtant pas les systèmes rétro qui manquent : Sega, par exemple, couvre une immense période allant de la Master System à la Dreamcast. Du côté des ordinateurs, c'est toute la ludothèque Commodore, Amiga en tête, qui fait fantasmer. Sans oublier le Sinclair ZX Spectrum et bien entendu les milliers de jeux sortis en arcade... C'est aussi la plate-forme idéale pour laisser leur chance à de jeunes développeurs de génie ou/et pourquoi pas voir réémerger l'ancienne génération (citons Jeff Minter en exemple, puisqu'il reviendra justement sur Xbox360).

Le résultat est donc mitigé. Un système génial, indéniablement, mais qui laisse déjà entrevoir très, trop clairement ses risques de dérive aux dépends du joueur... En fait à ce stade, la seule chose qui manque réellement au XBLA, c'est un concurrent.


 
 
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