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Un
bel écran d'introduction. |
Ouh
le zouli écran titre ! |
Allez,
pour commencer ce test, une petite addition s’impose.
Prenez un éditeur de jeux à succès tels
que Prehistorik,
The Blues
Brothers, Moktar,
et la série Crazy
Cars : Titus Software. Ajoutez-y une série
réussie de chez Palace Software commencée en 1985
par Cauldron,
et poursuivie en 1986 avec Cauldron
II. Mélangez le tout, et vous obtenez un
jeu de plates-formes peu connu par la boîte française
au renard : Super Cauldron.
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Attention
! Les plantes carnivores ! |
On
n'est plus en sécurité, ici. |
Super
quoi ? Jamais entendu parler.
Il
est vrai que ce troisième opus de la série Cauldron
est assez méconnu, et surtout très dur à
trouver de nos jours. Le scénario est assez simple :
notre sorcière bien-aimée, qui a un peu rajeuni
pour le coup (il doit s’agir de la petite-fille de celle
que nous connaissions dans les deux premiers volumes), cherche
à remettre la main sur ses sorts qui lui ont été
dérobé par le sorcier local. Commence alors une
aventure qui va mener notre charmante héroïne depuis
la forêt où elle a élu domicile, vers la
rivière qu'elle devra traverser, jusqu’au village
local et, enfin, au château de l’infâme usurpateur.
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Que
c'est beau, un village, sous la neige... |
Il
fait un peu plus chaud dans les parages. |
La
suite de quels jeux, vous dites ?
Nous
avons donc affaire ici à un jeu de plates-formes, genre
dans lequel Titus Software a déjà sévi.
Mais Super Cauldron possède ses propres
caractéristiques, et profite de quelques innovations
très intéressantes. En effet, si la maniabilité
du personnage n’a pas réellement évolué
- comprenez ici que la héroïne ne souffre d’aucune
inertie, se déplace rapidement, peut ramper, et surtout
répond (un peu trop, comme d’habitude) au doigt
et à l’œil -, le titre se démarque
de ses prédécesseurs. Premièrement, finis
les objets à ramasser pour les envoyer sur les ennemis,
notre sorcière possède ses propres sorts, qu’il
faudra collecter au fur et à mesure de l’aventure.
Si l’on commence avec un simple lancer de pierre, jusqu’à
onze sorts supplémentaires seront à découvrir
: certains sont dévoués à l’attaque
(lancer de feu, orage, boule de bowling), d’autres aident
au déplacement (création de plates-formes dans
plusieurs directions, téléportation) ou ont des
fonctions multiples (les bombes détruisent les murs et
les ennemis). Une simple pression sur la touche Entrée,
et le bouquin de sorts apparaît, qui affiche également
les clés ramassées, nécessaires à
l'ouverture de certaines portes.
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Agressifs,
ces gardes ! |
Le
livre de sorts, au complet. |
Titus
Software ? Connais pas.
Le
deuxième point qui tranche radicalement avec The
Blues Brothers et Moktar,
c’est la construction des niveaux. Les recoins de chaque
monde sont à découvrir librement. En fait, la
première difficulté consiste à trouver
les sous-niveaux qui amènent au boss : les portes ne
sont pas visibles, sauf dans les deux premiers mondes, constitués
de portes apparentes. L’architecture d'un monde repose
toujours sur un niveau principal, que le joueur explore pour
accéder à des sous-niveaux contenant les sorts
et les clés indispensables à l'ouverture de la
porte finale. Lors des premières parties, découvrir
les passages planqués - mais néanmoins obligatoires
! - aboutit toujours à l’arrachage de cheveux.
Bonne nouvelle néanmoins : des balais sont disponibles
et permettent, dans les niveaux principaux, de parcourir l’ensemble
du terrain avec un peu plus de facilité.
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La
cathédrale n'est pas un lieu de paix. |
Une
escapade sous le soleil couchant... |
L’Amiga ? Le Pécé ? Le ST ? Quoi
qu’est-ce ?
Notre
héroïne, à travers ses pérégrinations,
se balade dans des décors très jolis, caractéristiques
des graphistes de chez Titus. Le personnage lui-même garde
les proportions, les animations et le coup de crayon qui permettent
de reconnaître l’une de leurs productions au premier
coup d’œil. On aime ou on n’aime pas, le style
ne fait pas forcément école, mais personnellement,
j’adore cette touche légèrement ‘cartoon’
et soignée. Les musiques sont, quant à elles,
particulièrement réussies : elles ne sont jamais
entêtantes, et le répertoire de mélodies
est exceptionnellement varié. Par contre, à l’instar
des productions Core Design telles que Chuck Rock,
Premiere
ou Wonder Dog,
il faudra trancher entre les musiques et les bruitages. Quant
aux conversions, si la version ST est fidèle
à celle de l’Amiga, la version Pécé
souffre d'un des problèmes récurrents de ce standard,
à savoir un scrolling saccadé, présentant
la progression du parcours par écrans. Spécificité
surprenante : certains niveaux semblent désormais circulaires,
un peu à la Super
Mario Bros 2.
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Ses
tirs ont une fâcheuse tendance à transformer
notre sorcière en caleçons… |
Les
bombes permettent parfois de se frayer un chemin. |
Moi ? Comment je m’appelle ? Euhhhhh…
Et
là, vous allez me dire : comment se fait-il que l’on
n’ait jamais entendu parler de ce titre qui n’a
que des qualités ? Eh bien, malheureusement, Super
Cauldron connaît quelques défauts pesants,
le principal étant sa difficulté. Et là,
accrochez-vous à votre slip (ou à votre caleçon,
après tout, c’est une affaire de goût), parce
qu’elle est immonde. Bien que le joueur commence avec
trois vies composées de six points, je défie quiconque
de le finir sans tricher : tout d’abord parce que l’ensemble
du jeu est rapide, les ennemis ayant de très bons réflexes.
Et comme cela l’a été mentionné plus
haut, la précision particulièrement aiguisée
du jeu rend les choses très difficiles, à cause
de la vélocité du jeu. Ensuite, si les sorts proposés
sont variés, ils consomment tous de la magie; et faire
le plein n’est pas toujours possible, seul le premier
sort, à la portée réduite, étant
illimité. Enfin, le jeu est truffé de gouffres
fatals, de flammes, de pieux acérés, de sauts
calculés, et surtout de passages où l’on
se demande ce qu’il faut faire, et dont le franchissement
dépend souvent de la bonne utilisation des sorts. Bonjour
les tentatives. En bonus : pas de sauvegardes, pas de mot de
passe.
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Le
sort de plates-formes en action. |
Aïe!
Voilà ce qui arrive quand on ne fait pas attention. |
J’ai
toujours considéré Super Cauldron
comme un jeu à part, une espèce de titre secret
et intriguant tant il est passé inaperçu, et dont
la distribution en magasin fut discrète et éphémère.
Au moins aussi dur que Moktar,
il vaut pourtant, pour celles et ceux qui apprécient
les productions de Titus Software, de s’y acharner, car
le plaisir de jeu est là. Et après tout, n’est-ce
pas le plus important ?
Tonton Ben,
apprenti citrouille.