


La
Saturn a proposé aux fans de RPG un lot assez impressionnant de perles
dans le genre, Magic Knight (MK) en fait partie. Manga, série animée
et jeu vidéo, voila ce qu'est MK. Un projet multi-supports de Sega
et Clamp. Pour les érudits, Clamp est un studio de manga à succès
(X, Sakura, RG Veda, etc.) composé exclusivement de filles, très
populaires chez les fans de BD japonaises.

Hikaru, Umi et Fuu, trois lycéennes japonaises en visite
scolaire sur la tour Tokyo, se retrouvent téléportées dans le monde de Cephiro. Sur place, elles rencontreront Clef, un personnage
énigmatique qui leur fera une révélation fracassante. Le scénario est léger mais prenant, il reprend d’ailleurs la trame principale
du manga mais le soft apporte sont lot de personnages inédits.
Magic Knight Rayearth est donc un Action/RPG. Le joueur
contrôle les trois héroïnes mais une seule est jouable, les deux autres vous suivant fidèlement. Pour changer de personnage,
il suffit de presser le bouton L ou R. Vous vous doutez bien que Hikaru, Umi et Fuu ont toutes des armes et caractéristiques
qui leurs sont propres, histoire de faire le jeu de trois manières différentes et ce, à tout moment.
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Hikaru : Cette demoiselle se sert d'une épée
et du pouvoir du feu pour se défendre, très efficace pour le combat rapproché ! Notez que son ultime magie est d'une puissance
impressionnante. |
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Umi : Ornée
d'une chevelure bleue, son pouvoir est évidemment celui de la glace. Son arme est une lance. |
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Fuu : La
timide du groupe, les sorts de vent sont sa spécialité et son arme est un arc. |
Chacune des « super nanas » devra
apprendre des pouvoirs magiques que Clef révélera au fil du jeu. Bien sûr, certaines énigmes nécessiteront une magie bien
spécifique.
Le déroulement du jeu est assez linéaire et
la durée de vie n'est pas ébouriffante, mais Magic Knight est un de mes jeux fétiches et un charme fou se dégage de ce titre
de Sega. Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, la réalisation rendra fous les adorateurs de 2D. Les graphismes (décors et
sprites) sont d'une grande finesse (la Saturn étant particulièrement à l'aise avec la 2D) et le game-design transporte
le joueur vers des contrées merveilleuses. Ajoutez des effets spéciaux (lumières, éléments 3D détaillés, sprites démesurés)
qu'une 16-bits ne peut afficher et vous obtenez l'un des plus beaux RPG qui soit, toutes machines confondues.
La réalisation graphique est magnifique.
L'aventure est souvent entrecoupée de scènes
animées, dont certaines provenant directement du dessin animé et je peux vous dire que ça le fait, sans être forcement un
fan d'animation japonaise.
Les musiques ne vous laisseront pas insensible
tant elles sont soignées. Certaines sont même tirées du dessin animé original. Une bande-son top moumoutte proposant des thèmes
tantôt émouvants, tantôt rythmés, voire délirants. Un sans faute, d'autant que le jeu est plein de voix digits lors des dialogues,
ce qui renforce l'ambiance « anime » du titre.

Le journal d’Hikaru, page 12.
L'humour est omniprésent dans Magic Knight et je peux vous
assurer qu'après une bonne grosse scène dramatique, l'impact n'en est que plus fort. Un tas de bonnes idées parsèment le jeu,
comme le journal de bord des filles, délirant à souhait.
Disponible en version japonaise ou américaine, ce jeu est une bouffée d'air frais. Il y a de la poésie là-dedans ma bonne
dame ! Allez zou, à vos Saturn. Merci à Sega, une fois de plus.
Bruno, qui va de ce
pas demander des royalties à Sega.
Annexe : Magic Knight Rayearth, le manga qui sent bon
le RPG
(par Gregoire 01)
Magic Knight Rayearth est à la base un manga de Clamp
qui comme tous les mangas de cette équipe est difficile a cataloguer dans un genre (trop d'action pour un Shôjô,
tandis que des filles comme héroïnes et des passages plus calmes l'excluent du genre Shônen).
Magic Knight Rayearth a de multiples références (mecha,
voitures de collection pour les noms de certains personnages...),
mais il est clair que le RPG est ce qui a servi de base pour la création
du manga. Cela se ressent dans le déroulement de l'histoire
: nos héroïnes se verront dotées de pouvoirs, d'armes
et d'armures qui évolueront au fil du temps. Le coté
trio et les esprits élémentaires qui leur viennent en
aide n'est d'ailleurs pas sans rappeler Seiken
Densetsu 2 (Secret of Mana).
Les auteurs ne cachent nullement cette parenté, les héroïnes feront des commentaires soulignant l'aspect
RPG de leurs aventures. Il est même proposé au lecteur de choisir un nom à un moment donné.
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Les trois premiers volumes
du manga. |
Le manga
connaît un joli succès, ce qui entrainera la création
d'une série animée réalisée par Toshihiro
Hirano (Vampire Princess Miyu). La série s'écartera
légèrement du manga lors de la première saison,
ajoutant de nouveaux événements, créatures et
personnages, elle se permet même de changer quelques éléments.
La seconde saison elle verra beaucoup plus de changements, allant
jusqu'à altérer le final, mais toute cette saison s'est
faite avec l'aval de Clamp, ce qui n'était pas le cas avec
la première saison. Contrairement à ce qu'on pourrait
croire, ces changements dans les 2 saisons se montrent bien trouvés
et intelligents. Loin de trahir l'œuvre originale, au contraire,
ils corrigent certaines maladresses.
Bien que de qualité, l'anime sera loin d'être un succès d'audience. La faute à une communication
maladroite qui vendait la série comme une nouvelle Sailor Moon, ce qu'elle n'était absolument pas.
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À gauche, les héroïnes
version anime. À droite, Innova : un personnage rajouté dans la série par rapport au manga. |
Par contre,
si la série n'a pas fait des audimats de folie, les produits
dérivés (figurines, jouets, modèles...) eux,
se sont vendus comme des petits pains. Au final les producteurs et
fabricants de ces dits produits dérivés, ayant peu d’intérêt
à ce que cette source de revenues s’arrête prématurément,
permettront à la série d'aller jusqu'à son terme.
Or, le plus important producteur de produits dérivés
Magic Knight n'est autre que Sega*, qui dans la logique
des choses décide d'adapter la série (et par conséquent
tous les éléments qui divergent du manga original, comme
les nouveaux ennemis) en jeux vidéos.
Magic Knight Rayearth, un manga qui puisa son inspiration dans le jeu de rôle se verra adapté en action RPG.
La boucle est bouclée.
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Magic Knight Rayearth n'a
jamais caché ses inspirations, comme le prouve cette séquence. |
*Preuve de l'importance du développeur dans l’existence
de la série, ils réussirent à modifier le scénario pour que l'une des héroïnes casse
son arme et la remplace. Sega voulait en effet vendre une nouvelle épée en jouet (qui finalement ne sortira
pas).