Sega
et le beat them all, c’est une histoire d’amour qui dure
depuis plus de vingt ans. C’est en effet l’histoire d’une
relation passionnée entre un éditeur roi du jeu d’arcade et
un type de soft très populaire auprès des amateurs de jeux de café.
Depuis plus de vingt ans, Sega a mêlé son histoire à celle de ce genre
si prisé durant les années 80 et 90, en proposant bon nombre de titres
marquants, couvrant beaucoup d’univers et de contextes différents,
et ce sur des plates-formes très variées. Pour bien apercevoir l’impact
de Sega sur le genre tout entier du beat them all, un coup d’œil
rapide sur un listing (forcément) non exhaustif s’impose. On
citera alors Black Belt (Sega, 1986), Altered
Beast (Sega, 1988), les trois Golden
Axe de la Megadrive (Sega, 1989, 1991 et 1993), les trois
Streets of
Rage (Sega/Ancient, 1991, 1992, 1994), Comix
Zone (Sega of America, 1995), Die Hard Arcade (Sega
AM1, 1997), Zombie Revenge (Sega, 2000), ou même plus récemment
la série des Yakuza (Amusement Vision, 2005, 2006, 2008 et
2009), Viking: Battle for Asgard (The Creative Assembly, 2008)
ou MadWorld (Platinum Games, 2009). Enormément de jeux mythiques,
considérés aujourd’hui encore comme des références. Alors à
quoi bon parler d’un autre beat them all de Sega aujourd’hui
sur Grospixels ? Les lecteurs érudits que vous êtes connaissent forcément
la quasi-majorité de la liste que je viens de coucher sur le papier…
Bien sûr, mais d’autres beat them all de cette grande lignée
valent également le coup d’œil, même si leur aura n’égale
en aucun point celle des monstres cités plus haut. Madmarc avait ouvert
le bal voilà quelques mois en proposant un article pour le site sur
Spikeout
Battle Street (Amusement Vision, 2005), alors aujourd’hui,
nous allons poursuivre avec un autre beat them all Sega un peu méconnu
: Alien Storm.
Alien Storm, pur produit de la grande
tradition du beat them all Sega.
Alien
Storm arrive dans les bacs en France en fin d’année 1991.
Sa sortie est d’ailleurs assez suivie par les joueurs de l’époque
car le précédent jeu de l’équipe derrière ce soft fut un hit
dans les salles d’arcade ainsi que sur Megadrive. Ce hit, c’était
Golden Axe, sorti en 1989 sur la 16 bits de Sega. Les joueurs
surveillèrent donc de près l’arrivée d'Alien Storm car derrière
ce jeu se trouvait l’équipe de Makoto Uchida (le programmeur
star de cette équipe interne de Sega) et que ces gens avaient également
développé le légendaire Altered Beast peu de temps auparavant…
Mais avant de sévir sur consoles de salon, Alien Storm, tout comme
les deux jeux cités plus haut, fit ses armes dans les salles obscures
et enfumées. Alien Storm sortit donc en 1990 sur System 18, un système
d’arcade que Sega utilisera très peu, mais qui sera néanmoins
le support de quelques grands classiques de l’époque, comme
Shadow Dancer
(Sega, 1989) ou Michael Jackson’s Moonwalker (Sega, 1990).
La version Megadrive et la version arcade d'Alien Storm étant tout
de même assez différentes, nous nous attarderons aujourd’hui
uniquement sur celle que nous pouvions avoir dans nos salons fin 91.

Alien Storm dans sa version ‘borne
d’arcade’. Les versions Megadrive et System 18 ne
sont pas tout à fait pareilles
au niveau des levels traversés, mais la plus grosse différence
entre les deux jeux se situe néanmoins dans le fait
que la version en jeu de café proposait le jeu à
trois simultanément, alors que la version Megadrive se
limitait à
deux utilisateurs. Merci à klov.com pour les photos (très
rares) de la borne.

Makoto Uchida, figure emblématique
de Sega durant les années
90. Il est considéré comme le père d'Altered
Beast, d'Alien Storm
et de la série Golden Axe. On l’a d’ailleurs
vu récemment dans
certains trailers pour Golden Axe Beast Rider (Secret Level,
2008),
le dernier volet de la saga sorti sur Playstation 3 et Xbox
360.
Makoto Uchida est actuellement le président de Sega of
China.
The
Alien Busters !
Alien Storm délaisse l’ambiance médiévale fantastique de Golden
Axe ou la mythologie grecque d'Altered Beast pour proposer
un univers plus moderne. Finis les lutins, les haches ou les loups-garous
: place aux aliens visqueux et dégoulinants ! En effet, le jeu vous
place dans un futur très proche, alors que la Terre est envahie par
des extraterrestres pas franchement sympathiques. Alors oui, vous
vous en doutez, vous serez amené à défendre notre bonne vieille Planète
Bleue de l’envahisseur venu de l’espace. Et ca tombe plutôt
bien, parce que vous êtes un Alien Buster… Les Alien
Busters, c’est un commando composé de trois héros qui ont
une passion commune dans la vie : massacrer tout ce qui ressemble
vaguement à un extraterrestre bien baveux. Parmi les trois protagonistes
d'Alien Storm, on retrouve Gordon la grosse brute avec des bras comme
des poteaux télégraphiques, Karla la demoiselle qui n’a pas
froid aux yeux, et enfin Slammer l’androïde avec son design
à mi-chemin entre C-3PO et un robot ménager. Vous aurez donc le choix
parmi ces trois personnages, et une fois que vous aurez sélectionné
celui qui vous convient le mieux, vous entrerez directement dans le
feu de l’action. Des armes bien massives, des explosions à tours
de bras, des aliens suffisamment vilains pour que l’on ait envie
de les exterminer… C’est bon, tout est en place pour que
votre grand ménage puisse commencer.

De gauche à droite : Gordon,
Karla et Slammer. Ou Garth, Karen et Scooter en VO.
Sans
avoir pu trouver la confirmation officielle de la chose sur Internet,
il est tout à fait légitime de penser qu'Alien Storm utilisait le
moteur de Golden Axe. En effet, le titre qui nous intéresse
aujourd’hui offre la même visualisation que son aïeul : une
progression horizontale avec une gestion du déplacement de bas en
haut pour donner une impression de profondeur. Dans Alien Storm, on
avance dans les différents quartiers de la ville qui servent de trame
de fond à l’histoire et on enchaîne les niveaux, éliminant les
vagues successives d’ennemis. Pour se défendre, l’Alien
Buster que vous incarnez pourra attaquer avec l’arme qu’il
a en main, faire une sorte de roulade pour se sortir des mauvaises
passes tout en donnant des coups en chargeant, ou encore utiliser
son attaque spéciale. Cette dernière est une sorte de super bombe
qui fait penser à l’appel des policiers dans Streets of Rage
premier du nom afin d’éliminer tous les ennemis à l’écran.
C’est là qu’intervient une des premières originalités
du jeu : la jauge d’énergie de l’arme. En effet, tout
au long des niveaux, le joueur pourra récupérer de l’énergie
pour son fusil (symbolisée par une pile électrique), ce qui aura comme
conséquence de faire monter la jauge associée et donc d’avoir
un tir un peu plus puissant (toutefois, l’effet est plutôt léger).
Cependant, à chaque fois que vous utilisez une super attaque pour
nettoyer l’écran, vous consommez un peu de cette barre d’énergie.
Et du coup, si vous abusez de cette super bombe, vous finirez par
avoir une arme complètement déchargée et vous en serez réduit, en
cas de panne sèche totale, à filer directement des coups de crosse
aux aliens. Et, avouons-le, ce n’est pas ce qu’il y a
de plus efficace.

La super attaque de Gordon. Chaque
personnage a sa propre
super attaque, mais le résultat est le même. Attaque
d’hélicoptère, missile ou bombe… A
chacun sa méthode !
En
plus de cette différenciation au plan des super bombes, les trois
différents personnages d'Alien Storm ont des armes bien distinctes.
Alors que Gordon se fait plaisir avec une sorte de gros fusil laser
combiné à un bazooka, Karla préfère le lance-flammes et Slammer s’amuse
comme un petit fou avec une sorte de fouet électrique. Dans les faits,
ca ne change pas grand-chose, mais au moins le joueur pourra-t-il
choisir comment il préfère frictionner les côtes des aliens. Bien
sûr, le vrai intérêt de ces trois personnages distincts, c’est
lors du jeu à deux, chaque joueur pouvant choisir l’Alien
Buster qu’il préfère. Cependant, il est quand même dommage
que les personnages se jouent exactement de la même manière, tout
comme dans Golden Axe par ailleurs. Dans la galaxie du beat them all
Sega, il faudra attendre Streets of Rage pour voir une vraie
différenciation entre les différents protagonistes concernant leur
palette de coups.
Gordon dans ses œuvres. Après
quelques parties, Gordon et Karla s'imposent comme étant
les personnages les plus
agréables à jouer, car Slammer a une palette d'attaques
assez moche et bon nombre de ses animations sont ridicules.

Alien Storm prend toute sa saveur
à deux, comme ici où un
joueur incarne Gordon et l’autre Karla. Sur ce cliché,
on peut
également remarquer un signe très fort, véritable
symbole
de l’appartenance d'Alien Storm au début des années
90 : la
culotte improbable de Karla par dessus son collant jaune.
Nul doute que si le jeu sortait aujourd’hui, elle serait
proba-
blement en string. Le jeu vidéo, témoin de l’évolution
de la
mode dans le domaine du sous-vêtement féminin…
La répétitivité, l’ennemi
juré du beat them all…
Il
n’y a rien de plus soporifique qu’un beat them all qui
peine à se renouveler. Des niveaux trop similaires, des ennemis trop
redondants, et d’un coup votre joli Streets of Rage-like
s’effondre et l’excitation des premiers niveaux laisse
place à un ennui poli ou franchement appuyé. Uchida et sa troupe étaient
conscients de cette tare inhérente au genre et pour essayer de briser
la monotonie qui aurait pu s’installer, l’équipe eut l’idée
de proposer trois types de niveaux différents au sein du même jeu.
En effet, en plus des levels complètement axés « beat them all qui
s’assume » à la Golden Axe, Alien Storm propose des niveaux
durant lesquels les héros courent automatiquement et shootent les
ennemis qui s’approchent (le jeu se rapprochant plus du feeling
d’un shoot them up pendant ces séquences), ainsi que des passages
en vue subjective durant lesquels vous devez blaster dans la joie
et l’allégresse tous les vilains monstres bariolés qui pullulent
à l’écran. Durant ces phases-là, le soft ressemble à une gigantesque
séance de destruction gratuite, vu que les joueurs peuvent vider leur
chargeur et tirer jusqu’à plus soif sur ces ennemis se présentant
la fleur au fusil, tout en détruisant la grande majorité des décors
traversés. Bien sûr, l’inspiration évidente de ces séquences
n’aura pas échappé au Segalopin averti que vous êtes…
Oui, il y a bien du Shinobi
(Sega, 1987) dans Alien Storm, et les sensations éprouvées sont
proches de celles que l’on ressentait lorsque l’on balançait
du shuriken par milliers lors des stages bonus de ce mythique jeu
d’arcade.
L’arme au poing, votre Alien
Buster se met à courir comme un dératé
tout en crachant du pruneau à tour de bras. Du beat
them all au shoot them up, il n’y a qu’un pas.
Ne posez pas de questions et détruisez
tout ce qui vous passe sous les yeux. Une séquence de
jeu particulièrement défoulante…
Comme
nous avons pu le voir, Alien Storm assure plus que le minimum en ce
qui concerne les différents niveaux traversés. Mais quid du bestiaire
? De quelle qualité est le bétail que vous allez décimer ? D’un
point de vue purement technique et au niveau de la qualité du design
des monstres, on peut parler sans hésitation de réussite. Les monstres
sont dégoulinants à souhait et leur design bien hideux incite à vouloir
les défoncer, le sourire aux lèvres. De plus, le design de ces ennemis,
véritable hommage aux monstres baveux aux couleurs flashy qui peuplèrent
bon nombre de dessin-animés de cette époque-là (rappelez-vous de Krang,
l’un des ennemis intimes des Tortues Ninja…), prête immédiatement
à sourire et tout l’univers d’Alien Storm est délicieusement
connoté rétro. A cette époque-là, les aliens de l’espace et
les mutants dégénérés étaient à la mode et bon nombre de titres du
début des années 90, Mutation
Nation (SNK, 1992) ou Two
Crude Dudes (Data East, 1991) par exemple, étaient fondés
sur ces univers très typés. Alien Storm bénéficie du coup d’une
atmosphère très sympa, aux forts relents de BD ou de dessins-animés
de la fin du siècle dernier. Malheureusement, les monstres, aussi
inspirés soient-ils, ont tendance à beaucoup se répéter tout au long
de l’aventure et on passe le plus clair de son temps à savater
les mêmes ennemis. Ce qui pourrait être acceptable pour les ennemis
lambda l’est déjà beaucoup moins pour les boss du jeu, vu que
le nombre de gardiens de fin de niveau se compte sur les doigts de
la main. Dommage, d’autant que ces derniers sont eux aussi très
inspirés au plan de leur design graphique.
Quelques exemples de monstruosités
que vous éradiquerez de la surface de la Terre. Mention
spéciale aux escargots de
l’espace qui se cachent dans les boites aux lettres ou
dans les poubelles. Le summum de l’horreur...
Quelques boss du jeu… Les
mauvaises langues diraient « la quasi-intégralité
des boss du jeu ». Mais nous ne sommes
pas de ces gens-là…
Signalons
enfin qu'Alien Storm propose également deux modes de jeu supplémentaires.
A savoir d’une part le mode « 1P VS 2P », jouable à deux joueurs
et qui fait s’affronter deux Alien Busters dans un jeu
de baston en un contre un assez peu inspiré, et d’autre part
le mode « Duel » dans lequel le joueur doit enchaîner des vagues de
monstres dans un format proche du mode Survival d’un jeu de
combat (le joueur ne regagne pas les points de vie perdus entre deux
vagues successives). Même si l’intention est louable et que
la démarche entrait toujours dans cette logique de fournir coûte que
coûte du contenu et de l’originalité pour lutter contre la redondance
du beat them all, il faut reconnaître que ces deux modes de jeu sont
assez médiocres et du coup, bon nombre de joueurs les occulteront
sans sourciller… A dire vrai, Alien Storm en multi, avec ses
deux joueurs en coopération, c’est déjà bien suffisant pour
se distraire pendant les 45 minutes que dure environ l’aventure.
Et quiconque connaît le fun procuré par le beat them all en coop comprendra
le plaisir que l’on peut ressentir en lançant cet Alien Storm
avec un bon ami poète qui aime, lui aussi, défourailler du monstre
vilain comme un pou dans une gerbe de cartilage et de bidoche.
Le mode « 1P VS 2P »,
ou le mode multijoueurs en confrontation. Streets of Rage II
proposait lui aussi cette option et ce
n’était pas franchement l’ajout le plus réussi
du titre. Là aussi, ce mode de jeu n’a que très
peu d’intérêt.
Le mode « Duel », ou le mode Survival.
Déjà un peu plus intéressant que l’autre
mode de jeu bonus, ce mode « Duel »
permet d’insérer des mécaniques de jeu à
tableau dans un beat them all (nettoyer un tableau, passer au level
suivant,
essayer d’aller le plus loin possible sans avoir à progresser
dans un niveau, etc...). Sympathique, mais loin d’être
inoubliable.
JH cherche JH ou JF plutôt attentionné(e), pour
liens fusionnels avec A. Et + si affinités.
D’un
point de vue technique, Alien Storm ressemble très fortement aux productions
sorties lors des premières années de la vie commerciale de la Megadrive.
On sent clairement que la machine est encore très peu exploitée et
on est plutôt loin des superbes softs qui fleurirent sur la console
vers 1994 ou 1995. Les décors sont un peu vides et les couleurs un
peu ternes, mais c’était assez symptomatique des productions
Megadrive de l’époque. Néanmoins le jeu tourne plutôt bien et
ne souffre d’aucune tare technique flagrante au niveau de son
animation, même si on pourra pester contre la relative lenteur des
attaques qui plombe un peu les combats... Cependant, comme nous le
disions auparavant, le jeu jouit d’un design graphique de qualité
et d’un univers très typé, ce qui amoindrit quelque peu les
faiblesses du côté technique. Tout cela reste néanmoins tout à fait
acceptable et le jeu est plutôt agréable à l’œil…
Même constat au niveau du son où le jeu se contente de faire correctement
son office : les bruitages sont corrects et les musiques plutôt anecdotiques
mais tout passe sans trop de soucis. A dire vrai, Alien Storm n’a
jamais été une vitrine technologique de la Megadrive, et même lors
de sa sortie, bon nombre de productions sur la machine le surpassaient
techniquement. Par exemple, le soft sortit le même mois en France
que le magnifique Thunder
Force III (Tecno Soft, 1991) et il est clair que la comparaison
entre les deux titres ne jouait pas en sa faveur… Ne boudons
pas néanmoins Alien Storm pour autant, sa réalisation suffisant amplement
pour jouer dans de bonnes conditions. Et puis bon, de toute façon,
comme tout le monde le sait, l’intérêt d’un bon vieux
beat them all est ailleurs… L’intérêt d'Alien Storm, c’est
avant tout son mode ‘deux joueurs’ !
La réalisation d'Alien Storm
est vraiment typique du début de la machine. On peut
lui trouver des points communs au
niveau de sa réalisation avec des jeux comme Dick Tracy
(Sega, 1991) ou Spider-Man (Techno Pop, 1991), toujours sur
la
16 bits de Sega.
De petites saynètes ouvrent
les niveaux. Souvent bien amusantes, elles plongent particulièrement
bien le joueur dans
l’action. Surtout celle où un malheureux se fait
gober tout cru par un alien particulièrement vorace…
Tout
comme Golden Axe et Altered Beast, les deux autres grands
jeux de l’équipe de Makoto Uchida, Alien Storm se révèle complètement
lorsque l’on s’y essaie à deux. En solo, le jeu s’avère
assez vite lassant, du fait de la palette réduite de coups, mais lorsque
l’on y joue avec un ami, la magie opère et on se retrouve à
passer un très bon moment, grâce à ce que le beat them all a à offrir
de meilleur. Le beat them all à deux fait partie des meilleures expériences
multijoueurs que le jeu vidéo de cette époque pouvait offrir. D’ailleurs,
dans ces années-là, tous les jeux de ce genre (ou presque) proposaient
de faire l’aventure à deux, et c’est bel et bien dans
cette configuration-là que l’on passait ses plus beaux moments.
Alien Storm ne déroge pas à la règle. Il est d’ailleurs un peu
triste de constater que lorsque le beat them all s’est encanaillé
avec la troisième dimension, cette option a été sacrifiée dans beaucoup
de productions, étant donné le casse-tête que représente la gestion
d’une caméra 3D lorsqu’il y a plusieurs joueurs en même
temps. Est-ce d’ailleurs le prochain grand défi du genre du
beat them all tout entier ? Maintenant que la coopération est à la
mode, portée par son succès dans les First Person Shooters ou les
Third Person Shooters, peut-on espérer voir arriver un beat them all
moderne en 3D réussir à proposer le jeu à deux qui fit la gloire du
genre en 2D ? Et puis bon, avouez que Madworld ou Viking
Battle of Asgard en coop, cela pourrait être assez délicieux…
 |
 |
| Malgré
la ressemblance sur la vignette de Gordon, ce dernier n'est
pas encore considéré comme un sosie officiel
d'Elvis Presley. |
Lorsque
le Game Over fatidique apparaît, le jeu vous donne
une note en fonction de votre performance. On remarquera
également au fond de l'écran le fameux 'Genesis
does', slogan de la Megadrive à l'époque. |
Difficile
d’exister sur une console sur laquelle le beat them all est
déjà fort bien représenté… En effet, comme vous avez pu le voir,
l’ombre de Streets of Rage et de Golden Axe a
plané au dessus de nos têtes tout au long de cet article. Cependant,
ces jeux-là, on les connait à présent par cœur ! Du coup, s’essayer
à un autre soft peut être rafraîchissant. Voilà pourquoi s’attarder
aujourd’hui sur Alien Storm peut sembler être une bonne idée.
Bénéficiant d’un univers très original et particulièrement rigolo,
ce beat them all un peu moins connu que les cadors du genre jouit
également d’un rythme plutôt soutenu, condition sine qua none
pour réussir un jeu de ce genre. De plus, il s’appuie sur sa
grande originalité au niveau des phases de jeu, en variant assez fortement
les niveaux, piochant allègrement dans le shoot them up ou les jeux
de tirs à la Operation
Wolf (Taito, 1987). Les Alien Busters courageux et
intrépides qui tenteront l’aventure suite à cet article arriveront
peut-être au dernier niveau du jeu, complètement labyrinthique et
lui aussi plutôt original. Bref, Alien Storm, ce n’est peut-être
pas le meilleur beat them all de la machine, mais il est suffisamment
réussi pour mériter le coup d’œil. Vous seriez bien inspiré
de vous le tenter un soir prochain, armé d’une bonne bière et
d’un ami lui aussi prêt à en découdre… Laissez donc Axel
ou Tyris Flare de côté quelques instants, et vous verrez que massacrer
de l’extraterrestre peut être aussi fun que de bastonner un
punk ou de filer des coups de pied à un lutin…
Jika,
qui aimerait bien voir un Alien Storm 2 sur X360 ou PS3.
Annexes
•
Alien Storm a également été porté sur bon nombre de machines de l’époque,
comme la Master System bien sûr, mais également sur Atari ST, Amiga,
Commodore 64, ZX Spectrum et Amstrad CPC.

De gauche à droite et de
haut en bas : la version Amiga, la version Master System, la
version ZX Spectrum et enfin celle sur CPC.
Ces portages sont plus ou moins réussis… Merci
à Gameblog pour les photos.

Pour le plaisir, la jaquette de
la version Commodore 64,
distribuée par US Gold comme la plupart des portages
de
jeux Sega sur micros de l’époque.
•
Alien Storm est également disponible sur la Virtual Console
de la Wii depuis le 11 Janvier 2008.
•
Enfin, Alien Storm est également inclus dans l’excellente
compilation Sega Megadrive Ultimate Collection sur Xbox 360
et Playstation 3. Alien Storm en HD, ça ne se refuse pas !
Alien Storm dans la Sega Megadrive
Ultimate Collection sur Xbox 360. Un Succès est d’ailleurs
associé au jeu : pour 25
Gamer Points, on vous demande d’arriver au début
de la mission 3 sans perdre de vie.
•
Sur le très bon site Objectif-Sega, la publicité
anglaise du jeu est disponible.
•
Pour les plus fainéants qui souhaiteraient découvrir le jeu sans rallumer
leur Megadrive ou chercher la rom d'Alien Storm sur Internet, voici
un walkthrough complet du jeu, plutôt bien fait. Et en plus, le
gars qui est filmé aime la difficulté et joue avec Slammer…
•
Alien Storm fut testé dans le Player One N°13, daté de Octobre 1991,
par Olivier Scamps (Iggy). Il reçut la note de 92 %.
« Ok, Alien Storm c’est pas vraiment original, c’est
pas intellectuel du tout et ca ne plaît pas à tout le monde mais alors,
pour les fans de baston, quel pied ! Jouer à cette cartouche, c’est
un peu comme voir Terminator 2. On n’en sort pas plus développé
du cerveau mais qu’est-ce qu’on a pris dans les dents
! De la personnalité, des effets spéciaux d’enfer et un rythme
trépidant, Alien Storm est digne d’une superproduction hollywoodienne.
Les différents niveaux de difficulté garantissent du fun pour chacun,
la variété des scènes évite de se lasser et, ce qui ne gâche rien,
la réalisation est excellente. 100 % défoulement garanti ! »