
SpikeOut est une
série de beat'em all en 3D jouables à 4, développée
par l'équipe d'Amusement Vision (dirigée par le célèbre
Toshihiro Nagoshi), appartenant à SEGA. Le studio fut à l'origine
de titres comme Daytona USA, Super Monkey Ball et F-Zero AX/GX avant d'être
restructuré en 2005, lors de la fusion Sega/Sammy. SpikeOut: Battle Street
est sorti uniquement sur Xbox. Il s'agit du dernier jeu de la série SpikeOut,
qui était jusque là réservée à l'arcade.
Le premier épisode est sorti uniquement sur la borne d'arcade "Model
3" de SEGA (précédant le système NAOMI) en 1998. Il
fut amélioré à deux reprises, en 1998 avec la version Digital
Battle Online puis en 1999 avec la Final Edition.



Le
premier SpikeOut permettait uniquement de jouer à plusieurs en reliant
des bornes d'arcade entre elles. La version Digital Battle Online, elle, permettait
de se connecter au réseau de SEGA dédié à l'arcade
et pouvait ainsi trouver des joueurs dans les autres salles du pays, c'est ce
qui a d'ailleurs contribué à son succès. Quant à la
Final Edition, elle a apporté à la version DBO des améliorations
au niveau du gameplay.



Sorti
sur le SEGA Model 3 Step 2.1 le 30 décembre 2000 et plus tard sur NAOMI en version
cartouche et GD-ROM, Slash Out reprend les bases de SpikeOut et se déroule dans
un univers médiéval avec tout ce que ça comporte de haches, épées, boucliers
etc..

Spikers
Battles, sorti en 2001 a permis aux joueurs d'incarner une nouvelle fois les héros
de la série SpikeOut en arcade. En effet, il comprend les 4 personnages
de SpikeOut ainsi qu'une nouvelle équipe appelée Team Alberto. Il
connut uniquement une sortie sur borne d'arcade NAOMI en version GD-ROM. Il s'agit
d'un jeu de baston à plusieurs un peu à la manière de ce
que sera Power Stone plus tard. Il était prévu
sur Dreamcast mais, vu la situation financière morose de SEGA à
l'époque, cela n'a pas eu lieu.






Sauf
erreur de ma part, aucun de ces jeux n'est sorti en dehors du Japon. Pour la suite
de l'article j'utiliserai l'abréviation SO:BS pour désigner l'épisode
SpikeOut Battle Street sorti sur Xbox qui nous concerne aujourd'hui, afin de le
différencier de SpikeOut premier du nom.
En raison de la fin de la production de la console Dreamcast, SO:BS fut l'un des
nombreux jeux dont le développement a été transféré
sur Playstation 2, GameCube ou Xbox. Parmi ces titres, on trouve Beach Spikers
(GC) , Jet Set Radio Future (Xbox) , Super Monkey
Ball (GC puis le reste des supports), Virtua Striker 3 (GC) , Gun Valkyrie (Xbox)
, Toe Jam & Earl 3: Mission to Earth (Xbox) ou encore SEGA
GT 2002 (Xbox). On remarquera d'ailleurs le marketing effectué par
Microsoft pour faire venir les joueurs de la console à spirale sur la Xbox
en proposant bon nombre de ces jeux. A l'époque où SO:BS a été
annoncé, il était appelé d'abord SpikeOut Xtreme, les joueurs
ne connaissant pas SpikeOut Arcade et espérant une suite spirituelle à
la série des Streets of Rage de la Megadrive.
Le jeu était attendu au tournant par les fans du genre, comportait suffisamment
de "blue sky" pour satisfaire le site UK:Resistance
et promettait un beat'em all jouable à 4, que ce soit sur le Xbox Live,
en LAN ou tout simplement en écran partagé. A noter que le jeu ne
peut pas se jouer à plusieurs sur une console et en même temps sur
le Xbox Live comme on pourrait le faire dans un Chu Chu Rocket ou encore dans
un Halo 2 ou 3.
Oui,
j'ai dit écran partagé pour le multijoueur en local, non ce n'est
pas une erreur... Au lieu de proposer une caméra qui zoome et dézoome
sur les joueurs castagnant la chair à canon du coin, SO:BS divise l'écran.
L'avantage ? Le fait que la caméra n'ait pas besoin de chercher les joueurs
sur tout l'environnement de jeu, car il est réellement immense. Ainsi chacun
peut se balader où ils veut. L'inconvénient
? La visibilité d'action est moindre, les joueurs ne sont pas très
habitués à cet affichage pour ce genre de jeu, et malheureusement
les textes ne sont pas très adaptés car rendus illisibles. Je pense
tout de même que c'est une bonne alternative pour les joueurs ne pouvant
pas jouer avec 4 écrans et 4 consoles en LAN.
Suite directe de SpikeOut qui mettait en scène Spike, Tenshin, White et
Linda, SO:BS nous présente Spike Junior, le fils, qui compose une nouvelle
équipe de quatre personnes appelée NEO SPIKE pour en découdre
avec le précédent méchant de l'histoire, Mickaël. Ce
dernier, grâce à sa Team Inferno, a décidé de s'emparer
de Diesel Town et d'y répandre le chaos. L'histoire se répète
puisque 10 ans auparavant la TEAM SPIKE avait fait le ménage. Désormais
ce sera à Spike Jr. (l'un des seuls héros de jeux vidéo à
porter un pantalon rose) accompagné de Jackal, MinHua et Fiona de rétablir
la paix sur l'île.


Autant
vous avertir tout de suite, SO:BS est un jeu d'arcade très difficile et
très long. Par jeu d'arcade, j'entends que vous entendrez souvent la voix-off
vous encourager, vous aurez un temps limite pour avancer (jamais contraignant
cependant, la marge étant très importante) et vous devrez "Break
the gate" pour changer de section dans le niveau, c'est à dire taper
à un endroit précis pour valider la section. Le jeu est composé
de 10 niveaux dont certains comportent plusieurs chemins. Personnellement j'aime
beaucoup ces niveaux, je les trouve bien conçus et certains fourmillent
de détails et de clin d'oeil aux autres jeux SEGA. Vous pourrez les parcourir
au cours du mode Histoire jouable seulement en solo et décomposé
en plusieurs chapitres, dont les cinématiques détaillent le scénario.
C'est le mode de jeu le plus dur. Heureusement, si vous perdez 2 fois dans un
chapitre, un mode facile se débloque qui facilitera un peu votre progression.
Lorsque vous perdez, vous recommencez au début du chapitre, et vu leur
longueur vous allez en baver. Le pire reste l'impossibilité de passer les
cinématiques d'ouverture des chapitres que vous finirez pas connaître
par coeur à force de les recommencer. Il y a bien moyen de le faire en
pressant A mais cette action n'est possible qu'à partir du moment où
le chargement du niveau est effectué. Pourquoi recharger à fond
le niveau alors que l'on vient de perdre dans celui-ci reste pour moi un mystère
de game design...
Les
autres modes de jeux sont le Mode Libre qui permet de jouer à tous les
niveaux comme on le souhaite, cette fois-ci à 4 joueurs ou alors en LAN.
Le mode Xbox Live est censé permettre de trouver des coéquipiers.
Je dis "censé" parce que ce dernier est terriblement mal pensé
et vous déconnecte de vos partenaires pour n'importe quelle raison. Il
en devient ainsi inutilisable et les serveurs sont donc désormais vides
alors qu'auparavant des Japonais et des Américains arrivaient à
s'y débrouiller, semble-t-il. Je n'ai eu la chance de pouvoir jouer convenablement
que très rarement. Le dernier mode de jeu est le mode entrainement qui
permet de tester vos coups et autres combos contre un mannequin, ainsi que les
effets des différents objets dans une petite arène.
Vous venez de lire que vous dirigez la team NEO SPIKE pour affronter la clique
de Mickaël. Cela est partiellement vrai car vous pouvez incarner 58 personnages
au total, la plupart avec 4 couleurs différentes. 13 d'entre eux sont des
personnages normaux comme la Team Neo Spike, la Team Spike redesignée pour
l'occasion, plus leurs amis et autres membres de la famille. Tous possèdent
une panoplie de mouvements complète et bien différente. Les 45 autres
personnages sont les boss et personnages bonus du jeu et de son prédecesseur.
Seulement ceux-ci, vous l'aurez deviné, ont une panoplie de mouvements
très réduite.
Si
seule la team Neo Spike est disponible au départ, vous pourrez débloquer chacun
des personnages à l'aide de 3 méthodes :
-
Finir les chapitres du mode histoire pour obtenir des personnages clés.
- Tuer les boss sans se faire toucher et en plaçant un combo de 4 coups
minimum.
- Rencontrer un joueur sur le Xbox Live qui utilise un personnage que vous n'avez
pas et finir un niveau avec lui.
Autant
dire qu'il y a de quoi faire et finir le jeu en 2, 3 heures comme en parlaient
certains journalistes lors de la sortie me semble tout simplement infaisable.


Lors
de vos pérégrinations au port, au centre commercial, à l'opéra
ou en ville (certains lieux sont d'ailleurs des repompes des anciens niveaux de
SpikeOut), vous pourrez exécuter une très grande variété
de coups pour éliminer tous les malfrats du coin. Le jeu se joue de la
même manière que Spikeout premier du nom, c'est-à-dire avec
4 boutons: Beat, Shift, Charge et Jump.

Beat
(B) permet d'enchainer des coups de manière rapide. Shift (S) permet de
se déplacer latéralement et accessoirement un peu plus rapidement.
Charge (C) permet de charger un coup dont la nature va varier selon l'endroit
ou vous le lachez sur la jauge. Cela peut être un coup rapide, un coup qui
étourdit l'adversaire, un coup qui jette l'adversaire en l'air ou
un coup super puissant qui projette l'adversaire à quelques mètres
lorsque la barre est chargée. Jump (J) permet de sauter. Cela est valable
lorsque chacun des 4 boutons est utilisé indépendamment. A partir
de cela, vous pouvez combiner chacun des 3 boutons d'attaque pour obtenir de nouveaux
coups, plus les combiner à une direction ainsi qu'au dash qui s'effectue
par 2 pressions en avant sur le joystick gauche. Vous pouvez aussi attraper
un adversaire pour effectuer une projection de la même manière que
dans Final Fight, en vous collant à eux. La encore les possibilités
de projection sont importantes.
/
/
Une
des critiques des joueurs concernant la maniabilité est le fait que pour ramasser
un objet il faille faire une combinaison, et ce n'est pas n'importe laquelle:
Bas + B + C ce qui n'est pas évident de prime abord, se révèle selon moi très
utile pour ne pas ramasser des objets par hasard comme dans les autres beat'em
all, ni taper dans le vide.
En
combinant B+ C + J vous effectuez l'attaque spéciale symbolisée par des éclairs
sous votre barre de vie, le nombre d'éclairs est bien entendu limité et vous
pourrez en ramasser dans les niveaux.
Celle-ci
vous débarasse des ennemis proches de vous et sa portée dépend
du personnage que vous avez choisi. Vous pouvez communiquer de manière
sommaire avec vos coéquipiers via des 360 + B ou C ou B+C, ainsi votre
personnage dira un "Thank you", un "Sorry" ou bien un "Help".
/
/
Pour
finir cette liste de commandes, vous pouvez effectuer des coups grâce à
vos partenaires en effectuant des choppes particulières ou une attaque
spéciale sur un ennemi : ces mouvements se révèlent très
destructeurs pour la barre de vie de vos adversaires. Sur la manette Xbox, X permet
d'effectuer Beat, Y Charge, A Shift, B Jump par défaut. Ensuite tous
les boutons d'action ainsi que les gâchettes sont paramétrables à
volonté, et on peut même placer directement les combinaisons. Seul
le bouton Noir permet d'afficher la map constamment et ne peut pas être
paramétré davantage. Les combats contre les boss sont annoncés
sur l'écran et par la voix-off. C'est alors que vous voyez d'un coup un
boss et ses sbires se jeter sur vous. Lorsque vous battez le boss, les sbires
restants se mettent à courir à toute allure dans toute la carte.
Si vous vous attardez sur eux, alors qu'ils sont devenus inoffensifs vous pouvez
obtenir des Power-Up qui vous aideront pour la suite du niveau.
Comme
SpikeOut est à l'origine une série arcade, j'aurais souhaité
jouer à SO:BS avec mon Arcade Stick Playstation 2, mais le jeu est incompatible
avec l'adaptateur Magic Box que j'avais acheté pour Street Fighter Anniversary
Collection. C'est d'ailleurs le seul jeu incompatible avec cet adaptateur figurant
dans ma ludothèque Xbox. Même si les graphismes ne sont pas du niveau
des plus beaux titres de la console comme Conker Live & Reloaded, le jeu reste
agréable à l'oeil et les niveaux fourmillent de détails et
de secrets que l'on se fera un plaisir de dénicher. Vous pourrez ainsi
trouver des kits de guérison, des Special Attack supplémentaires,
voire des boss cachés et des chemins alternatifs. On sent la touche SEGA
dans le jeu, que ce soit dans le design des niveaux ou bien dans le jeu en général.
Tout rappelle la Dreamcast, ce n'est évidemment pas pour rien.
Pour
compléter la série des défauts du jeu, SO: BS faisait partie
des jeux que les premières séries des Xbox avaient des difficultés
à lire. Au final, c'est un bon beat'em all qui, malgré ses défauts,
reste très fun à jouer même s'il est malheureusement passé
inaperçu lors de sa sortie, les critiques l'ayant descendu en flèche.
Avec Virtua Quest, ce jeu est l'une des plus mauvaises ventes de SEGA à
l'époque aux Etats-Unis et en Europe. Au Japon, il a obtenu un succès
correct compte-tenu du nombre de Xbox vendues dans l'archipel. Les serveurs étaient
d'ailleurs souvent dominés par des Japonais.
MadMarc


Sources :
Consoles
- Fan
JeuxVideo.com
GameFaqs.com
Site officiel
du jeu
IGN.com
http://finalfight.classicgaming.gamespy.com/spikeout.html
http://www.arcade-system.com/tests_html/spikeout.htm
http://www.amusementvision.com/products/spikers_battle/chara/linda.html
http://www.amusementvision.com/products/spikers_battle/