Le 1er site en français consacré à l'histoire des jeux vidéo
Spikeout Battle Street
Année : 2005
Système : Xbox
Développeur : Amusement Vision
Éditeur : Sega
Genre : Beat'em all / Action
Par MadMarc (16 mars 2009)

SpikeOut est une série de beat'em all en 3D jouables à 4, développée par l'équipe d'Amusement Vision (dirigée par le célèbre Toshihiro Nagoshi), appartenant à SEGA. Le studio fut à l'origine de titres comme Daytona USA, Super Monkey Ball et F-Zero AX/GX avant d'être restructuré en 2005, lors de la fusion Sega/Sammy. SpikeOut: Battle Street est sorti uniquement sur Xbox. Il s'agit du dernier jeu de la série SpikeOut, qui était jusque là réservée à l'arcade. Le premier épisode est sorti uniquement sur la borne d'arcade "Model 3" de SEGA (précédant le système NAOMI) en 1998. Il fut amélioré à deux reprises, en 1998 avec la version Digital Battle Online puis en 1999 avec la Final Edition.

Le premier SpikeOut permettait uniquement de jouer à plusieurs en reliant des bornes d'arcade entre elles. La version Digital Battle Online, elle, permettait de se connecter au réseau de SEGA dédié à l'arcade et pouvait ainsi trouver des joueurs dans les autres salles du pays, c'est ce qui a d'ailleurs contribué à son succès. Quant à la Final Edition, elle a apporté à la version DBO des améliorations au niveau du gameplay.

Sorti sur le SEGA Model 3 Step 2.1 le 30 décembre 2000 et plus tard sur NAOMI en version cartouche et GD-ROM, Slash Out reprend les bases de SpikeOut et se déroule dans un univers médiéval avec tout ce que ça comporte de haches, épées, boucliers etc..

Spikers Battles, sorti en 2001 a permis aux joueurs d'incarner une nouvelle fois les héros de la série SpikeOut en arcade. En effet, il comprend les 4 personnages de SpikeOut ainsi qu'une nouvelle équipe appelée Team Alberto. Il connut uniquement une sortie sur borne d'arcade NAOMI en version GD-ROM. Il s'agit d'un jeu de baston à plusieurs un peu à la manière de ce que sera Power Stone plus tard. Il était prévu sur Dreamcast mais, vu la situation financière morose de SEGA à l'époque, cela n'a pas eu lieu.

Sauf erreur de ma part, aucun de ces jeux n'est sorti en dehors du Japon. Pour la suite de l'article j'utiliserai l'abréviation SO:BS pour désigner l'épisode SpikeOut Battle Street sorti sur Xbox qui nous concerne aujourd'hui, afin de le différencier de SpikeOut premier du nom.

En raison de la fin de la production de la console Dreamcast, SO:BS fut l'un des nombreux jeux dont le développement a été transféré sur Playstation 2, GameCube ou Xbox. Parmi ces titres, on trouve Beach Spikers (GC) , Jet Set Radio Future (Xbox) , Super Monkey Ball (GC puis le reste des supports), Virtua Striker 3 (GC) , Gun Valkyrie (Xbox) , Toe Jam & Earl 3: Mission to Earth (Xbox) ou encore SEGA GT 2002 (Xbox). On remarquera d'ailleurs le marketing effectué par Microsoft pour faire venir les joueurs de la console à spirale sur la Xbox en proposant bon nombre de ces jeux. A l'époque où SO:BS a été annoncé, il était appelé d'abord SpikeOut Xtreme, les joueurs ne connaissant pas SpikeOut Arcade et espérant une suite spirituelle à la série des Streets of Rage de la Megadrive. Le jeu était attendu au tournant par les fans du genre, comportait suffisamment de "blue sky" pour satisfaire le site UK:Resistance et promettait un beat'em all jouable à 4, que ce soit sur le Xbox Live, en LAN ou tout simplement en écran partagé. A noter que le jeu ne peut pas se jouer à plusieurs sur une console et en même temps sur le Xbox Live comme on pourrait le faire dans un Chu Chu Rocket ou encore dans un Halo 2 ou 3.

Oui, j'ai dit écran partagé pour le multijoueur en local, non ce n'est pas une erreur... Au lieu de proposer une caméra qui zoome et dézoome sur les joueurs castagnant la chair à canon du coin, SO:BS divise l'écran. L'avantage ? Le fait que la caméra n'ait pas besoin de chercher les joueurs sur tout l'environnement de jeu, car il est réellement immense. Ainsi chacun peut se balader où ils veut. L'inconvénient ? La visibilité d'action est moindre, les joueurs ne sont pas très habitués à cet affichage pour ce genre de jeu, et malheureusement les textes ne sont pas très adaptés car rendus illisibles. Je pense tout de même que c'est une bonne alternative pour les joueurs ne pouvant pas jouer avec 4 écrans et 4 consoles en LAN.

Suite directe de SpikeOut qui mettait en scène Spike, Tenshin, White et Linda, SO:BS nous présente Spike Junior, le fils, qui compose une nouvelle équipe de quatre personnes appelée NEO SPIKE pour en découdre avec le précédent méchant de l'histoire, Mickaël. Ce dernier, grâce à sa Team Inferno, a décidé de s'emparer de Diesel Town et d'y répandre le chaos. L'histoire se répète puisque 10 ans auparavant la TEAM SPIKE avait fait le ménage. Désormais ce sera à Spike Jr. (l'un des seuls héros de jeux vidéo à porter un pantalon rose) accompagné de Jackal, MinHua et Fiona de rétablir la paix sur l'île.

Autant vous avertir tout de suite, SO:BS est un jeu d'arcade très difficile et très long. Par jeu d'arcade, j'entends que vous entendrez souvent la voix-off vous encourager, vous aurez un temps limite pour avancer (jamais contraignant cependant, la marge étant très importante) et vous devrez "Break the gate" pour changer de section dans le niveau, c'est à dire taper à un endroit précis pour valider la section. Le jeu est composé de 10 niveaux dont certains comportent plusieurs chemins. Personnellement j'aime beaucoup ces niveaux, je les trouve bien conçus et certains fourmillent de détails et de clin d'oeil aux autres jeux SEGA. Vous pourrez les parcourir au cours du mode Histoire jouable seulement en solo et décomposé en plusieurs chapitres, dont les cinématiques détaillent le scénario. C'est le mode de jeu le plus dur. Heureusement, si vous perdez 2 fois dans un chapitre, un mode facile se débloque qui facilitera un peu votre progression. Lorsque vous perdez, vous recommencez au début du chapitre, et vu leur longueur vous allez en baver. Le pire reste l'impossibilité de passer les cinématiques d'ouverture des chapitres que vous finirez pas connaître par coeur à force de les recommencer. Il y a bien moyen de le faire en pressant A mais cette action n'est possible qu'à partir du moment où le chargement du niveau est effectué. Pourquoi recharger à fond le niveau alors que l'on vient de perdre dans celui-ci reste pour moi un mystère de game design...

Les autres modes de jeux sont le Mode Libre qui permet de jouer à tous les niveaux comme on le souhaite, cette fois-ci à 4 joueurs ou alors en LAN. Le mode Xbox Live est censé permettre de trouver des coéquipiers. Je dis "censé" parce que ce dernier est terriblement mal pensé et vous déconnecte de vos partenaires pour n'importe quelle raison. Il en devient ainsi inutilisable et les serveurs sont donc désormais vides alors qu'auparavant des Japonais et des Américains arrivaient à s'y débrouiller, semble-t-il. Je n'ai eu la chance de pouvoir jouer convenablement que très rarement. Le dernier mode de jeu est le mode entrainement qui permet de tester vos coups et autres combos contre un mannequin, ainsi que les effets des différents objets dans une petite arène.

Vous venez de lire que vous dirigez la team NEO SPIKE pour affronter la clique de Mickaël. Cela est partiellement vrai car vous pouvez incarner 58 personnages au total, la plupart avec 4 couleurs différentes. 13 d'entre eux sont des personnages normaux comme la Team Neo Spike, la Team Spike redesignée pour l'occasion, plus leurs amis et autres membres de la famille. Tous possèdent une panoplie de mouvements complète et bien différente. Les 45 autres personnages sont les boss et personnages bonus du jeu et de son prédecesseur. Seulement ceux-ci, vous l'aurez deviné, ont une panoplie de mouvements très réduite.

Si seule la team Neo Spike est disponible au départ, vous pourrez débloquer chacun des personnages à l'aide de 3 méthodes :

- Finir les chapitres du mode histoire pour obtenir des personnages clés.
- Tuer les boss sans se faire toucher et en plaçant un combo de 4 coups minimum.
- Rencontrer un joueur sur le Xbox Live qui utilise un personnage que vous n'avez pas et finir un niveau avec lui.

Autant dire qu'il y a de quoi faire et finir le jeu en 2, 3 heures comme en parlaient certains journalistes lors de la sortie me semble tout simplement infaisable.

Lors de vos pérégrinations au port, au centre commercial, à l'opéra ou en ville (certains lieux sont d'ailleurs des repompes des anciens niveaux de SpikeOut), vous pourrez exécuter une très grande variété de coups pour éliminer tous les malfrats du coin. Le jeu se joue de la même manière que Spikeout premier du nom, c'est-à-dire avec 4 boutons: Beat, Shift, Charge et Jump.

Beat (B) permet d'enchainer des coups de manière rapide. Shift (S) permet de se déplacer latéralement et accessoirement un peu plus rapidement. Charge (C) permet de charger un coup dont la nature va varier selon l'endroit ou vous le lachez sur la jauge. Cela peut être un coup rapide, un coup qui étourdit l'adversaire, un coup qui jette l'adversaire en l'air ou un coup super puissant qui projette l'adversaire à quelques mètres lorsque la barre est chargée. Jump (J) permet de sauter. Cela est valable lorsque chacun des 4 boutons est utilisé indépendamment. A partir de cela, vous pouvez combiner chacun des 3 boutons d'attaque pour obtenir de nouveaux coups, plus les combiner à une direction ainsi qu'au dash qui s'effectue par 2 pressions en avant sur le joystick gauche. Vous pouvez aussi attraper un adversaire pour effectuer une projection de la même manière que dans Final Fight, en vous collant à eux. La encore les possibilités de projection sont importantes.

/ /

Une des critiques des joueurs concernant la maniabilité est le fait que pour ramasser un objet il faille faire une combinaison, et ce n'est pas n'importe laquelle: Bas + B + C ce qui n'est pas évident de prime abord, se révèle selon moi très utile pour ne pas ramasser des objets par hasard comme dans les autres beat'em all, ni taper dans le vide.

En combinant B+ C + J vous effectuez l'attaque spéciale symbolisée par des éclairs sous votre barre de vie, le nombre d'éclairs est bien entendu limité et vous pourrez en ramasser dans les niveaux.

Celle-ci vous débarasse des ennemis proches de vous et sa portée dépend du personnage que vous avez choisi. Vous pouvez communiquer de manière sommaire avec vos coéquipiers via des 360 + B ou C ou B+C, ainsi votre personnage dira un "Thank you", un "Sorry" ou bien un "Help".

/ /

Pour finir cette liste de commandes, vous pouvez effectuer des coups grâce à vos partenaires en effectuant des choppes particulières ou une attaque spéciale sur un ennemi : ces mouvements se révèlent très destructeurs pour la barre de vie de vos adversaires. Sur la manette Xbox, X permet d'effectuer Beat, Y Charge, A Shift, B Jump par défaut. Ensuite tous les boutons d'action ainsi que les gâchettes sont paramétrables à volonté, et on peut même placer directement les combinaisons. Seul le bouton Noir permet d'afficher la map constamment et ne peut pas être paramétré davantage. Les combats contre les boss sont annoncés sur l'écran et par la voix-off. C'est alors que vous voyez d'un coup un boss et ses sbires se jeter sur vous. Lorsque vous battez le boss, les sbires restants se mettent à courir à toute allure dans toute la carte. Si vous vous attardez sur eux, alors qu'ils sont devenus inoffensifs vous pouvez obtenir des Power-Up qui vous aideront pour la suite du niveau.

Comme SpikeOut est à l'origine une série arcade, j'aurais souhaité jouer à SO:BS avec mon Arcade Stick Playstation 2, mais le jeu est incompatible avec l'adaptateur Magic Box que j'avais acheté pour Street Fighter Anniversary Collection. C'est d'ailleurs le seul jeu incompatible avec cet adaptateur figurant dans ma ludothèque Xbox. Même si les graphismes ne sont pas du niveau des plus beaux titres de la console comme Conker Live & Reloaded, le jeu reste agréable à l'oeil et les niveaux fourmillent de détails et de secrets que l'on se fera un plaisir de dénicher. Vous pourrez ainsi trouver des kits de guérison, des Special Attack supplémentaires, voire des boss cachés et des chemins alternatifs. On sent la touche SEGA dans le jeu, que ce soit dans le design des niveaux ou bien dans le jeu en général. Tout rappelle la Dreamcast, ce n'est évidemment pas pour rien.

Pour compléter la série des défauts du jeu, SO: BS faisait partie des jeux que les premières séries des Xbox avaient des difficultés à lire. Au final, c'est un bon beat'em all qui, malgré ses défauts, reste très fun à jouer même s'il est malheureusement passé inaperçu lors de sa sortie, les critiques l'ayant descendu en flèche. Avec Virtua Quest, ce jeu est l'une des plus mauvaises ventes de SEGA à l'époque aux Etats-Unis et en Europe. Au Japon, il a obtenu un succès correct compte-tenu du nombre de Xbox vendues dans l'archipel. Les serveurs étaient d'ailleurs souvent dominés par des Japonais.

MadMarc
(16 mars 2009)
Un avis sur l'article ? Une expérience à partager ? Cliquez ici pour réagir sur le forum
(19 réactions)