
Parmi
la pelletée de jeux ayant marqué mon esprit de joueur sur Megadrive, les Streets of Rage (Bare Knuckles au Japon)
tiennent une place de choix. Autant vous le dire tout de suite, les deux premiers épisodes (sur trois) constituent
pour moi les meilleurs beat’em’all jamais créés. Il ne se passe pas plusieurs mois sans que j'y rejoue, et j'espère
vous transmettre cette adoration pour ces merveilles.
Pourquoi un tel engouement pour cette série (je suis loin d'être le seul mordu)
? Les qualités ne manquent pas : design et graphismes superbes, musiques magnifiques, gameplay parfait, beaucoup d'originalité,
aucune lassitude, personnages charismatiques... La liste faisant dans le longuet, commençons avant que le nombre de
superlatifs approche la vingtaine.
Origines du genre

Double Dragon et Final Fight
Le beat’em’all fut un genre très prisé il y a quelques
années et nombre de titres représentent des légendes du jeu vidéo pour les passionnés.
Qu'est ce qui a bien pu briser l'intérêt (pas le mien en tout cas !) de tant de fans du genre ? Un seul nom :
Street Fighter 2. Le jeu de combat en duel de Capcom révolutionna le genre du style "baston" et nos pauvres beat’em’all
disparurent peu à peu. Streets of Rage (SoR) doit tout à un seul jeu, dont il améliorera largement le
concept : Final Fight de Capcom (encore !).
Mais n'allons pas trop vite en besogne, l'origine du concept dans sa version moderne date de
1987 avec le célèbre Double Dragon de Technos Japan Corporation (Pour plus d'info sur ce titre légendaire,
je vous invite à lire le test de la bête). Double Dragon vous met dans la peau de deux gaillards qui bastonnent
tout ce qui se présente devant eux pour délivrer une belle jeune femme kidnappée par un gang sans scrupule.
Les combinaisons de coups sont hyper variées pour l'époque (du temps jadis...) et la prise en main immédiate.
Deux ans plus tard, Capcom sort Final Fight dans les salles d'arcades et c'est le choc : Graphismes magnifiques, persos énormes
et le fun est immédiat tant frapper ses adversaires se révèle jouissif. Mais le hic vient de la lassitude
qui s'installe petit à petit dans les niveaux suivants et de la difficulté qui croit véritablement trop
rapidement. Le hit de Capcom fait renaître un intérêt particulier pour le genre. Il sera adapté
ensuite sur SNES avec succès, mais Sega se devait de riposter.
Streets of Rage (Bare Knuckles)


En 1991 SoR débarque sur cette bonne vieille Megadrive et
les fans du genre pètent les plomb. Tout dans ce jeu vous en met plein la vue et les oreilles. Avec la plupart du staff
de la Team Shinobi (responsable de l'excellent Revenge of Shinobi) à la réalisation, on ne peut que s'attendre
à un grand titre. Ces petits génies ont d'ailleurs utilisé les bases de programmation de Golden Axe sur
Megadrive pour élaborer SoR.
Les graphismes sont magnifiques et la 16-bits de Sega est bien exploitée.

Les héros sont des flics qui ont juré d'éradiquer
le gang du malfaisant Monsieur X, qui terrorise toute la ville. Ces justiciers sont au nombre de trois : le très classe
Axel, puissant et pas trop lent, la belle Blaze, un peu moins forte mais d'une rapidité flagrante et Adam, un black
d'une force herculéenne mais assez lent. Le design des différents environnements font preuve de classe et de
diversité, avec la traditionnelle ville malfamée de nuit et ses divers quartiers, la plage, un bateau magnifique,
une usine, un ascenseur en extérieur et le repère du gros méchant. Diversité et originalité
sont de mise. La totalité des lieux procure un pur plaisir lors de leur exploration.
Déjà au niveau visuel, SoR se démarquait de la concurrence. Les bonnes trouvailles
fusent comme les coups de nos héros, très variés avec des prises de catch en bonus pour humilier définitivement
le loubard de base, ou alors pourquoi ne pas utiliser une barre de fer, une bouteille ou du poivre (trop fun !) par exemple
?
Il est possible de faire appel, en cas de danger extrême, à un collègue policier
qui débarque avec sa caisse et administre un coup de bazooka sur tous les ennemis se trouvant à l'écran.
Cette possibilité est limitée, vous l'aurez compris. Ajoutez à tout cela des ennemis et des boss
biens charismatiques, un mode deux joueurs (qui manquait cruellement au Final Fight de la SNES), et voila de quoi faire le
bonheur d'un joueur digne de ce nom, mais ce n'est pas tout.

Yuzo Koshiro, ça vous dit quelque chose ? Et bien sachez qu'il
est le formidable et talentueux compositeur de SoR. Dans ce dernier, la musique tient une place tout aussi importante que
le reste. La bande son, dans un style Dance/Techno, vous donnera la pêche comme rarement un jeu vous l'a donnée.
A ranger aux cotés des meilleurs bandes son de l'histoire du jeu vidéo. Que du bonheur mon gars... L'écran
titre affiche même le nom de Koshiro, sans attendre le staff en fin de jeu, et ce durant toute la série. Assez
rare comme procédé.
Notez que ce cher Yuzo signera moult compositions excellentes (Ys,
Actraiser 1 et 2, La Légende de Thor, Revenge of Shinobi, Shenmue, Culdcept...). Les morceaux d'Actraiser représentent
à mon goût le top sur SNES avant l'arrivée de Final Fantasy 6. Saviez-vous également que la sœur
de Yuzo participa au développement de SoR en tant que designer ? Une famille de talent, ces Koshiro !
Streets of Rage 2

La suite ne se fera pas tellement attendre, et elle sera dans toutes
les chaumières l'année suivante, peu de temps après le cataclysme Street Fighter 2. La criminalité
revient en force car le terrible Monsieur X remet le couvert, de plus il kidnappe ce pauvre Adam. Holala, c'est pas bien !
De toute manière, depuis quand le scénario tient-il une place importante dans un beat’em’all ?
Quid de cette séquelle alors ? Tout d'abord, les graphismes sont largement revus à
la hausse. Visuellement SoR2 met une grande claque. Je précise que la cartouche fait 16 megabytes (soit environ 2 Mo,
comme Street Fighter 2 sur SNES en fait !) et que les huit niveaux que comporte cette cartouche boostée sont énormes.
Les ziques, toujours de ce cher Yuzo Koshiro, égalent celles du premier volet ; formidables donc. Les sprites sont
bien plus grands et les flics de chocs en imposent. Axel et Blaze sont fidèles au poste (qui a dit de police ?). Max
la grosse brute épaisse rejoint le groupe, et il fait office de Haggard (Final Fight). Adam quant à lui laisse
la place à son pitit frère Skate.

SoR2 apporte quand même sont lot de nouveautés, à
commencer par la progression dans les niveaux, le scrolling ne se contente plus d'un balayage allant de gauche à droite.
Ici, il se déplace aussi de haut en bas, pour des aires de baston plus vaste. L'appel du collègue qui blaste
tout l'écran via son bazooka disparaît au profit de coups spéciaux dont sont gratifiés nos amis.
Les ennemis sont plus diversifiés qu'auparavant et le design des lieux arpentés est une fois de plus irréprochable.

Croyez moi, vous allez voir du pays. En plus de certains classiques
(la ville en pleine nuit plus belle que jamais, le retour du bateau et de la plage), nos bastonneurs favoris visiteront un
stade ou une fête foraine par exemple. Un mode duel ou deux joueurs téméraires peuvent s'affronter a été
rajouté, folie Street Fighter 2 oblige !
Sur le concept et la réalisation, SoR2 apporte beaucoup mais je ne peux départager
les deux opus, vu que je m'éclate autant sur chacun d'entre eux. Les deux sont indissociables à mes yeux, ils
forment un tout.
Streets of Rage 3

Aïe ! Cruelle déception que ce numéro trois (sorti
en 1994) ! Autant le dire de suite, il est naze. La réalisation ne démérite pas, même si elle se trouve en deçà
de celle du deuxième, mais le problème vient du fait que le jeu est ennuyeux à mourir !

Les niveaux sont affublés d'un design douteux, et ils sont
aussi captivants qu'un dimanche après-midi devant la téloche hertzienne (ça c'est de la dénonce
!). Le casting est identique à SoR2, sauf que Max se voit éjecté au profit de Zan, un papi cyborg inspirant
plus de pitié qu'autre chose. Bizarrement, les couleur de leurs vêtements sont modifiées dans les versions
occidentales, idem pour certains ennemis. Plus surprenant, Yuzo Koshiro signe là une bande son horrible, presque inaudible
par moment, l'extrême opposé des deux premiers opus. Vraiment étrange, paranormal même (je m'emporte
une fois de plus !).
Une suite totalement bâclée, le "bug" de la série.
(Au sujet de Streets of Rage 3, voir aussi le contre-avis de IsKor disponible ici).
Conclusion

SoR 1 et 2, version Sega Master System
Notez que la série des SoR a connu des adaptations sur les
8-bits de la firme au hérisson. Bien réalisés, ces conversions ne procurent pas le fun des versions 16
bits.
Des rumeurs persistantes ont annoncé un quatrième épisode sur Dreamcast, puis sur X-Box. L'avenir nous
dira si les fans auront la chance de retrouver leurs castagneurs fétiches. Je me souviens avoir attendu comme un dingue
l'adaptation Dreamcast de Spike out, un beat’em’all de Sega en arcade et tout en 3D mais ce fut juste une belle promesse.
Je pense qu'a travers Spike Out, c'est un nouveau Streets of Rage que je recherchais. Qui sait, peut-être, un jour...
Quoi qu'il en soit, que ceux qui ne connaissent pas la série, je ne dirais qu'une seule chose : à vos émulateurs
!
Bruno, plus Streets que Rage (ça
veut rien dire, je sais).
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