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Shinobi
Année : 1987
Développeur : Sega
Editeur : Sega
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Avant d'accéder à une reconnaissance mondiale grâce aux bornes
développées sous la direction de Yu Suzuki (Outrun,
Space Harrier, Afterburner...), Sega a participé
occasionnellement mais efficacement à l'écriture de l'histoire de
l'arcades dans les années 70 et 80. Shinobi est ainsi une de ses meilleures
créations. Apparu en 1987, le jeu vous met dans la peau d'un shinobi, autrement
dit un ninja, qui doit démanteler un réseau de trafic d'enfants.
Pour ce faire, il faut traverser 10 niveaux (5 missions de deux stages) peuplés
d'ennemis qui vont du ninja ennemi au guerrier armé d'un sabre et d'un
bouclier. Chaque niveau est présenté par un écran qui met
en place le contexte sous la forme d'une fiche de mission.
 
Le magie permet de se sortir des mauvais pas. Les puristes ne l'utilisent qu'en cas d'absolue nécessité
Le héros peut lancer des shurikens ou abattre ses ennemis au katana lorsqu'il sont plus près.
Occasionnellement, il peut aussi tirer au pistolet. Les balles se déplacent à la même
vitesse que les shurikens, mais sont deux fois plus meurtrières. Très agile et bondissant,
le shinobi peut sauter sur des plates-formes situées 4 ou 5 mètres au dessus de lui. Enfin,
en cas de grand danger, il pourra exécuter une invocation magique qui bloque l'action pendant quelques
secondes et tue tous les ennemis présents à l'écran. Ce sort n'est utilisable qu'une
seul fois par niveau, et il vaut mieux le garder en réserve pour le combat contre les boss (il
leur enlève une bonne moitié de leur énergie). Ceux-ci sont présents à
chaque fin de niveau et très variés. On combattra ainsi un Ninja géant, un hélicoptère
d'où surgissent des dizaines d'ennemis, ou encore une sorte de statuette, avant d'affronter le
boss final, un guerrier capable de se rendre invisible.
 
Les environnements sont très variés, mais les ennemis se répètent
Après chaque mission, on a droit à
un bonus stage qui a beaucoup fait pour rendre le jeu très populaire. On
doit y abattre des Ninjas en lançant des dizaines de shurikens. On voit
au premier plan les mains du héros, comme dans un FPS, et les ennemis partent
du fond du décor pour tenter d'arriver au premier plan par une succession
de sauts. Si on parvient à tous les éliminer, on gagne une vie,
sinon on peut admirer un ennemi en gros plan superbement dessiné.
Shinobi est très inspiré de Rolling Thunder
sorti peu avant, mais surclasse ce dernier sur la durée par la qualité
de son level-design, qui ne faiblit jamais, sans oublier les personnages, très
charismatiques et renouvelés tout au au long du jeu (même dans la
toute dernière mission on en découvre). Comme son modèle,
c'est un jeu très difficile, traître et vicieux. Cependant, il est
possible avec un long et douloureux entraînement (comparable à celui
dispensé par les senseïs japonais) de le finir. Les graphismes sont
fins et agréables, tout en couleurs pastels, et les environnements traversés
vont du quai d'un port à une forêt de bambous, en passant par des
cavernes et des mines, pour finir dans une demeure japonaise typique. Les musiques
(de Yuzo Kushiro, compositeur célèbre qui débutait alors
chez Sega) sont géniales, très connues des fans, mais il n'y en
a que 5 différentes. Les effets sonores, très secs et percutants,
contribuent à l'impression de précision chirurgicale qui se dégage
du jeu.
 
Dans certains niveaux, l'action se passe sur deux plans
A noter tout de même que le boss final est d'une difficulté monstrueuse,
mais j'ai vu un jour un joueur spécialisé en venir à bout
tout en m'expliquant, d'un air détaché, et à demi tourné
dans ma direction, comment s'y prendre tandis que sa main droite munie d'une cigarette
mitraillait le bouton de tir, répandant de la cendre partout. Ce genre
de spectacle effarant ne se voit que dans le bruit et la fumée d'une salle
d'arcade des années 80.
Shinobi a été adapté sur micro (ST et Amiga, ainsi qu'une
bonne conversion sur CPC 6128), mais impossible de rendre la frénésie
du jeu sur un support autre que la borne d'arcade. Une suite, appelée Shadow
Dancer est apparue deux ans plus tard, mais c'est un jeu très proche de
l'original dans le principe, qui a tout de même ses fans, notamment Bruno,
qui vous en parle dans son article.
Laurent
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Votre avis nous intéresse
25/01/2003 - Vincent
Pour moi, il s'agit tout simplement
d'un des deux meilleurs jeux d'arcade qui ait jamais existé; l'autre étant
Solomon's Key.
IL est représentatif d'une certaine idée de l'arcade : la petite
salle enfumée, fréquentée uniquement par les garçons
(je n'ai vu l'arrivée des filles en salle d'arcade qu'avec les gnan-gnan
Puzzle de Pon et
Puzzle-Bobble) et s'épiant les uns les autres en quête du High Score.
Shinobi, c'était pour les vrais mecs. Surfant avec bonheur sur la vague
initiée par Kung-Fu Master, Sega a sorti-là une véritable
bombe qui lui permet aujourd'hui, 15 ans après sa sortie, d'être
toujours dans mon coeur N°1 de l'action plate-forme. Shinobi, c'est quoi ?
Un rare cocktail de fun-player, avec des moments édifiants où chaque
action nécessite un long apprentissage, une mémorisation parfaite
de tous les emplacements, une connaissance des capacités de chaque ennemi
(avec le fameux " code des couleurs " des ninjas),etc.etc. Plus que
tout, le plus gros atout de Shinobi aujourd'hui c'est sa vitesse, sa jouabilité,
la réponse parfaite du sprite aux ordres du joueur. Très très
bien vu !
J'ai redécouvert "mon" shinobi avec délice grâce
à l'émulation, et les centaines d'heures ( le mot n'est pas trop
fort) perdues en salle d'arcade à jouer ont ressurgi de suite. Surtout,
la possibilité de régler les paramètres de difficulté
m'a permis de révéler toute la splendeur de ce jeu : c'est en effet
dans le mode le plus difficile qu'il prend toute sa saveur, qu'il est étourdissant
de vitesse et de nécessité de maîtrise de soi. Aujourd'hui
encore, le finir avec un crédit ( tout vrai gamer saura ce que je veux
dire par " finir un jeu avec un crédit" ) représente pour
moi un challenge excitant et jamais gagné d'avance (en effet, il est impossible
de continuer dans le dernier stage !)
Je n'ai plus retrouvé cet esprit par la suite que dans les mythiques Metal
slug. Quand à Shadow Dancer, c'est effectivement une trahison du mythe,
n'en parlons pas.
P.S : "Ce genre de spectacle
effarant ne se voit que dans le bruit et la fumée d'une salle d'arcade
des années 80. " Je donnerais gros pour repasser une journée
dans ces ambiances mythiques. L'arcade, ce n'était pas que le jeu, une
authentique " way of life". |
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