Mais
qu’allaient-ils faire dans cette galère ? Deux
ans après leur immense succès sur PC,
Amiga, ST, CPC, Nes et Gameboy,
les intégristes du blues en mission pour le Seigneur
sont de retour ! Poursuites de bagnoles à gogo, esquive
des forces de police, bastons dans des concerts country…
Ah, attendez, on me fait signe que non, on me parle plutôt
d’escargots géants, de tondeuses à gazon
en folie et de bodybuilding… Mais qu’est-ce que
c’est que ce %?$£@*! ???
(Pour
le paragraphe suivant, je me concentre très fort, je
reste sérieux et je ne fais aucun commentaire déplacé.
Promis).
Jake
et Elwood, nos deux compères, ont été pris
au piège dans un juxebox maléfique, et doivent
retrouver la sortie à travers trente niveaux fous fous
fous. Pour se débarrasser de tous ceux qui voudraient
leur barrer la route, rien de tel que de bons vieux vinyles
dans les gencives des mécréants ! Comme dirait
Steven Tyler dans un autre grand jeu de qualité (Revolution
X de Midway, hem), « Music is the Weapon »
!
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Raaaah,
je n’y suis pas arrivé, il fallait que ça
sorte. Qui m’a fichu un pitch pareil ??? Que s’est-il
passé chez Titus, comment ont-il pu en arriver là
? Et surtout, comment ont-il pu obtenir l’autorisation
de se servir de la licence des Blues Brothers de cette
façon ? Je suis consterné. Vous connaissez mon
immense respect pour notre renard national, et le plaisir que
j’ai à vous faire découvrir ou revivre les
grands moments de cet éditeur français bourré
de talent. Mais bientôt quinze ans après, je ne
saisis toujours pas ce qui s’est passé sur ce coup-là.
N’y avait-il aucun moyen d’exploiter les éléments
du film (le premier qui me répond non…) ? Ou bien
le cahier des charges a-t-il été imposé
par Nintendo pour sa SNES ? Une grève des scénaristes
? Une soirée à base de substances hallucinogènes
?
Car
le titre, pas foncièrement mauvais au demeurant, correspond
tout à fait au catalogue Super Nintendo, support
sur lequel il a été sorti en premier : plates-formes
à gogo, couleurs foisonnantes, graphismes bien ronds
et bien sucrés… mais totalement hors de propos. On
aurait pu mettre un plombier moustachu ou un hérisson
bleu à la place de nos héros, cela ne faisait
pas de différences. Allez, c’est dit, intéressons-nous
un peu plus au contenu de la chose.
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Nous
avons affaire ici à un jeu de plates-formes pur cru,
du grand classique à l’ancienne. Pas de présentation,
on attaque directement l’écran de sélection
de nos compères : au choix, Jake, Elwood, ou les deux
si l’on a un pote sous le bras pour participer à
l’épopée. Pas moins de trente niveaux attendent
donc les rois du blues, avec à chaque fois le même
objectif : atteindre le jukebox qui sert de porte de fin de
parcours, le tout en temps limité. Très limité.
Évidemment, il y a du monde, et il sera souvent nécessaire
de faire le ménage, à grands-coups-de-vinyles-dans-ta-face-de-vilain,
ramassés au fur et à mesure du parcours, cumulables
d’un niveau à l’autre, mais en nombre limité
tout de même. Un super coup peut être déclenché,
plus dévastateur, mais également plus gourmand
en disques. Les mêmes restrictions s’imposent sur
le nombres de cœurs composant chaque vie à disposition,
soit deux cœurs par défaut (cinq maximum) et trois
vies. Des options d’invulnérabilité temporaires
sont disséminées ça et là, ainsi
que des cakes spéciaux qui décuplent la morphologie
des Blues Brothers et leur puissance (!!), façon Incroyable
Hulk, mais sans la couleur. Histoire de corser le tout, des
mots de passe ne seront distribués que tous les trois
niveaux.
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Voilà
pêle-mêle les ingrédients principaux de Jukebox
Adventure, et le dosage effectué sur ceux-ci
est à l’origine de la difficulté toute de
même assez immonde du jeu. Le temps limite porte vraiment
son nom, et forcera le ou les joueurs à ne gaspiller
aucune seconde, et ce au-delà du raisonnable. Les niveaux,
aux décors relativement variés (campagne, prison,
entrepôts, égouts), proposent des parcours littéralement
truffés de puits fatals, de sauts millimétrés,
de pièges vicieux en tout genre, et d’ennemis retors
qui en plus ont le bon goût de réapparaître
hors de l’écran. Alors, forcément, avec
un mot de passe lâché aussi peu fréquemment,
tout est en place pour un défi bien relevé. Surtout
que reprendre une partie précédemment perdue par
le biais du mot de passe, avec les niveaux de vie et de disques
par défaut devient généralement mission
impossible.
Et
ça, ça ne joue pas non plus en faveur de Jukebox
Adventure : on peut aimer la difficulté (je
fais partie de ceux-là), mais elle se montre dans le
cas présent totalement disproportionnée. Les mauvaises
langues pourraient même affirmer qu’il ne s’agit
que d’un artifice pour masquer le manque de longévité
du titre. Il est vrai que les tableaux sont tout de même
ès courts.
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Dommage,
car la réalisation est pourtant au rendez-vous. Graphiquement
réussi sur Pécé, avec un scrolling
différentiel sur plan fixe façon Prehistorik
2 et des couleurs chatoyantes, les possesseurs
de Pécé n’ont certainement pas
à rougir du résultat sur leurs machines. À
ce propos, il y a un détail que je me dois de souligner,
un détail dont les connaisseurs des œuvres Titus
sur Pécé ne manqueront pas d’apprécier
: le scrolling est parfaitement fluide. Si si. Vraiment. Pas
un poil de saccade, nada. Rien que pour cela, je ne peux totalement
conspuer Jukebox Adventure. Cela influence
fortement la jouabilité, à laquelle je ne peux
reprocher grand-chose, si ce n’est des sauts un peu raides,
compliquant un peu plus les passages en l’air pourtant
déjà retors.
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La
bande son a subi le même traitement que le reste du jeu
: elle se compose de remixes des titres phares des Blues
Brothers à la sauce années ’90. Tout
est dit. Les bruitages n’apportent rien à l’affaire,
ils sont juste là pour ponctuer l’action. Un peu
comme le mode deux joueurs, option déjà présente
lors du premier opus en 1991 et qui était alors exploitable,
mais qui ici ne peut plus l'être au-delà du troisième
niveau (ou alors par les fans sur-entraînés).
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Quel
bilan peut-on tirer de cette affaire ? Il y a clairement une
erreur de conception à la base du projet, c’est
certain. Le jeu n’est pas mauvais en soi, mais il est
clairement perfectible sur le plan du dosage. Mais c’est
bien sûr du côté de l’idée même
du jeu que le bât blesse : en partant sur ce concept de
plates-formes anachronico-décalé, Titus n’a
manifestement rien compris à l’esprit de la licence
Blues Brothers, ce qui, deux après avoir remporté
un franc succès avec cette même licence en démontrant
une maîtrise complète du sujet, a de quoi choquer
et laisse perplexe. Jukebox Adventure est un
jeu mal né, qui tombera vite aux oubliettes, tant sa
présence dans les logithèques SNES et
Amiga est injustifiée ; seuls les Pécéistes
pourront se rabattre dessus à défaut d’autre
chose.
Tonton
Ben