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Le ton est donné : de l’action, et
du style, sponsorisé par Ultra-byte, le sourire
des stars vidéoludiques !
Même le titre annonce la couleur. |
Ahhh,
les Bitmap Brothers… J’en vois qui frissonnent rien
qu’en lisant ce nom ! Et ils ont raison, tant ces gens
ont su sublimer l’Amiga et consorts, avec des monuments
comme Xenon II,
Gods,
Speedball
II,
Magic Pockets, The
Chaos Engine, Z… Mais en
quittant Mirrorsoft, leur première boite d’édition,
pour fonder Renegade Software en 1991, les Bitmap Brothers ont
ouvert la porte à de jeunes équipes de développement
talentueuses, comme Sensible Software et leur fameux Sensible
Soccer, et Wunderkind, connu pour leur seul titre :
Ruff ‘N’ Tumble.
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Dès
les premiers niveaux, tout est fait
pour que l’on s’habitue à la cadence. |
Les
ennemis possèdent généralement
une bonne portée de tir. |
Si
le nom de Wunderkind n’a pas vraiment marqué le
milieu, ses deux membres, Jason Perkins et Robin Levy, n’en
sont pas à leur coup d’essai. Jason Perkins a participé
en qualité de programmeur sur des titres C64
comme Gauntlet
(1986), Avenger : Way of the Tiger II (1987),
ou encore Apocalypse sur Amiga (1993),
et graphiste sur Way of the Tiger C64
(1986). Robin Levy, lui, a travaillé en tant que graphiste
sur C64, principalement chez System 3, sur des jeux comme Armalyte
(1988), Turbo Charge (1991), Last Ninja
3 (1991), et sur Amiga sur Fuzzball
(1991), Putty (1992) et Myth : History
in the making (1992).
Ruff
‘N’ Tumble ne s’étend pas
vraiment sur son scénario : Ruff Rogers, jeune garçon,
part récupérer ses billes (oui, les mêmes
que dans la cour d’école) à travers seize
niveaux truffés d’ennemis et de pièges.
Wunderkind ne s’est pas embêté à concevoir
une quelconque introduction animée ; ici, on rentre tout
de suite dans le vif du sujet, à savoir un run and gun
nerveux et difficile.
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| À
l’approche de la lave, l’ensemble de l’écran
bénéficie
d’une colorisation rouge. |
Le
premier boss est magnifiquement dessiné et animé. |
Car
le p’tit Ruff Rogers, pour se défendre, dispose
d’un… pistolet à eau ? À bouchon ?
Àsaucisses de Francfort ? Pas du tout. Il n’y va
pas par quatre chemins, le Ruff Rogers, il blaste à la
mitraillette ! Et encore, il ne s’agit que de son arme
de base. Le héros disposera rapidement, et dans le désordre,
d’un lance-roquettes, d’un lance-flammes, d’un
fusil à protons ou d’un fusil laser ! Un système
de munitions intéressant vient corser l’affaire,
puisque le magasin de la mitraillette s’épuise
lors de son utilisation, et se recharge au repos ; en conséquence,
lors de tirs nourris, la cadence de tir peut dangereusement
s’affaiblir. Les armes bonus, lorsqu’elles sont
ramassées, remplacent la mitraillette. Une fois épuisées,
si elles ne sont pas ravitaillées par des capsules Power,
elles disparaissent. Attention, même au repos, celles-ci
continuent de se vider !
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| Voici
l’exemple type d’un passage tendu, entre
saut,
esquive, et attaque. |
Ce
cousin de l’ED-209 n’est pas un boss,
mais sa résistance est hallucinante. |
Ruff
Rogers n’aura d’ailleurs rien d’autre à
balancer sur les adversaires : contrairement aux autres ténors
du genre, il n’y a pas de super bombe dans Ruff
‘N’ Tumble ! Seule consolation, Ruff Rogers
pourra tirer dans toutes les directions, exceptée la
verticale basse. Wunderkind mise tout sur la qualité
régulière du joueur et sur sa capacité
à gérer les assauts, sans artifices de secours.
Et du monde à dégommer, il y en a ! Dans la catégorie
robots, je veux tout ce qui tire, qui explose, et qui sort de
générateurs à monstres. Le design des bestioles
est soigné, et leurs animations terriblement détaillées
! Les boss de fin de monde, imposants et très bien réalisés,
seront à même de changer du menu fretin, qui donne
déjà pas mal de fil à retordre.
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| Quelques
aventures aquatiques nerveuses viennent
varier l’action. |
Trouver
le bon tempo pour grimper là-haut
et les dégommer… |
Petit
rappel du sacro-saint schéma de construction d’un
jeu des Bitmap Brothers : J = M4N4, soit 1 Jeu = 4 Mondes x
4 Niveaux. À croire qu’ils ont même réussi
à imposer cette charte de développement aux équipes
tiers. Et Ruff ‘N’ Tumble n’y
échappe pas, puisque Ruff Rogers devra parcourir dans
l’ordre cette fois-ci la forêt, les grottes, le
complexe technologique et le château, découpés
en quatre niveaux chacun, et ponctué par les boss. Chaque
niveau contient une sortie, et des billes de couleur rouge,
bleu et vertes ; un quota défini de ces billes doit être
ramassé afin d’activer la fameuse sortie. Et bien
sûr, les parcours sont loin d’être linéaires,
les qualités d’orientation du joueur seront mises
à dure épreuve. Histoire de rajouter encore à
la difficulté, signalons la présence de pièges
mortels, de portes verrouillées à clé,
et de passages à faire exploser. Entre ces éléments
et les bestioles agressives… des passages purement plates-formes,
bien sûr !
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| Un
contact avec les arcs électriques, et une vie
saute ! |
Les
derniers niveaux demandent des nerfs d’acier. |
Ruff
‘N’ Tumble,
c’est tout ça : un équilibre incroyablement
dosé entre le run and gun, l’exploration, et les
plates-formes, sans aucun temps mort. Et le plus fort, c’est
que l’on arrive sans peine à ressentir le travail
fourni par les développeurs sur la conception même
du jeu et de ses éléments : les niveaux sont vraiment
travaillés, il n’y pas de passages ennuyeux qui
n’existent que pour rallonger la durée du soft.
Ruff ‘N’ Tumble s’affirme
volontairement comme un jeu, juste un jeu, sans habillage factice
de séduction, sans fioritures. Et de fait, il s’adresse
aux vétérans du genre : dans la grande tradition
des jeux d’action Amiga, Ruff ‘N’
Tumble est incroyablement dur. Les fans de la série
Turrican
y prendront un pied certain ; les moins combatifs risquent d’être
vite dégoûté par sa difficulté.
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| Le
troisième niveau n’est pas en reste, apprenez
bien
ses techniques d’attaque. |
Attention
aux dérapages sur la glace ! |
Mais
Ruff ‘N’ Tumble ne manque pourtant
pas d’atouts pour leur plaire. Si le jeu est dépouillé
de transitions scénaristiques, ceci ne signifie pas pour
autant que sa réalisation ait été bâclée.
Et sincèrement, la réalisation, elle défonce
! L’Amiga, une fois de plus, a été
poussé dans ses retranchements : les graphismes sont
magnifiques, dans un style que l’on trouvera parfois proche
des productions Bitmap Brothers, un gage de qualité.
La palette de couleurs de la machine de Commodore est exploitée
à son maximum, et servent un dessin très fin et
très fourni. L’animation est sans faute, aussi
bien celle des sprites, décomposée au maximum,
que celle du scrolling, rapide et fluide. Le tout est accompagné
de bruitages excellents, même en l’absence de voix
digitalisées, et surtout de thèmes musicaux nerveux
de très haute qualité, Amiga oblige !
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| Le
boss final, à l’esthétique surprenante,
n’a de cesse
d’esquiver les tirs de Ruff Rogers. |
Il
n’est pas bô mon héros ? |
Voilà,
c’est aussi simple que cela : Ruff ‘N’
Tumble est un jeu Amiga, un vrai. Réalisation
impeccable sur tous les plans, même sur les temps de chargement
de ses deux disquettes, immersion immédiate dans l’action,
et… difficulté très élevée.
Trois vies de trois cœurs chacune, le joueur est livré
à lui-même, avec des moyens limités : bienvenue
dans la grande époque où l’on se sent parfois
tout nu face à l’impossible, cette période
dont Shadow of the Beast
en porte peut-être le mieux l’idéologie.
Mais jamais le joueur ne pourra pester contre la jouabilité
de Ruff ‘N’ Tumble, calibrée
au poil, avec une maniabilité répondant au quart
de tour, très peu d’inertie, et avec des sauts
qui ne poussent pas au suicide au fond de chaque ravin rencontré.
Un must have !
Tonton
Ben, qui, décidément, joue vraiment
comme une grosse bille.
En
bonus, pour les plus curieux, l’historique de Jason Perkins
et de Robin Levy jusqu’à leur travail personnel
sur Ruff ‘N’ Tumble (source : www.the-legacy.de).
Jason
Perkins |
Robin
Levy |
Programmeur
:
1983:
Crazy Caveman (Commodore C64/128)
1983: Orange Squash (Commodore C64/128)
1983: Maggotmania (Commodore C64/128)
1985: Frak! (Commodore C64/128)
1985: Thing on a Spring (Commodore C64/128)
1985: Monty on the Run
1986: Jack: The Nipper
1986: Gauntlet 1986: Way of the Tiger, The
1987: Deflektor 1987: Avenger: Way of the Tiger II (Commodore
C64/128)
1987: Coil Cop (Commodore C64/128)
1989: Dominator
1990: Time Machine
1993: Apocalypse (Amiga 500/600 (OCS/ECS))
1994: Ruff 'N' Tumble (Amiga 500/600 (OCS/ECS)) |
Graphiste
:
1987:
Hunter's Moon (Commodore C64/128)
1988: Armalyte (Commodore C64/128)
1988: Hawkeye
1989: Citadel (Electric Dreams) (Commodore C64/128)
1991: Last Ninja 3: Real Hatred is Timeless
1992: Myth: History in the Making (Amiga 500/600 (OCS/ECS))
1994: Putty (Amiga 500/600 (OCS/ECS))
1994: Ruff 'N' Tumble (Amiga 500/600 (OCS/ECS))
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| Graphiste
:
1985:
Frak! (Commodore C64/128)
1986: Jack: The Nipper
1986: Way of the Tiger, The |
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