Il
y a des teams de développeurs, comme ça, qui ont
transcendé leur époque... Dois-je encore présenter
les Bitmap Brothers ?
Allez, pour les plus jeunes, une pitite rétro s'impose.
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Du
bel écran titre, ça Madame ! |
Il
y a bien longtemps dans une galaxie lointaine...
Pas
tant que ça, tout de même, puisque la fondation
des Bitmap Brothers
remonte à 1987 en Angleterre, par Steve Kelly, Mike Montgomery
et Eric Matthews. Cette équipe de génie a rapidement
fait parler d'elle avec Xenon et Speedball
(1998), dont les suites respectives (Xenon
2 Megablast, en 1989 et Speedbal
II Brutal Deluxe en 1991) ont connu un succès
sans précédent. S'en suivirent le mythique Gods,
et dans le même année Magic Pockets
(1991). Deux années s'écoulent avant que les frères
pixels sortent Chaos Engine.
La
théorie du chaos.
Une fois encore, la communauté scientifique est pointée
du doigt (n'est-ce pas Gordon
Freeman ?), puisqu'une expérience technologique
portant sur les espaces-temps a conduit à la création
de la machine du chaos, une espèce de bidule pré-informatique
qui a rendu fou la population avoisinante, et qui finit même
par le transformer en bestioles par très commodes. Vous
le savez tous, que doit-on faire lorsqu'une bécane part
en carafe ? Non on n'appelle pas la hotline, il suffit
de débrancher l'appareil en question. Seul problème,
elle se trouve dans un coin plutôt difficile d'accès,
et méchamment gardée par les autochtones.
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La
sélection des héros... |
...et
les écrans d'achat, très design. |
Votre
mission, si vous l'acceptez...
L'objectif consiste donc à parcourir quatre mondes, divisés
en quatre niveaux chacun, afin de débusquer des "nodes",
ces poteaux qui libèrent de l'énergie une fois
activés, et qui ouvrent la porte de fin du level lorsqu'ils
ont tous été trouvés. Chaos Engine
se présente avec une vue de dessus comportant une légère
fausse perspective, dans un environnement dédalesque
partant dans les quatre directions. Ceux qui ont fini Gods
ne seront pas dépaysés, de nombreux mécanismes
sont à activer, certains demanderont d'ailleurs un peu
de réflexion (mais seulement un peu, pas de panique !),
et pas mal d'observation. Les pièges sont légions,
les ennemis aussi, et ces derniers ont tendance à débarquer
lorsqu'on ne s'y attend pas. Stressant. Les plus anciens y verront
une réminiscence de Gauntlet,
d'Alien Breed ou de Smash T.V.,
et ils auront totalement raison.
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Des
mandales. |
Des
tatanes. |
On
va commencer par un CDD renouvelable...
Pour
tirer sur la prise de courant, deux ingénieurs informaticiens
sont fortement souhaités. Bonne nouvelle, le jeu nous
propose six mercenaires, chacun avec ses caractéristiques
propres de vitesse, puissance, de vie, et d'intelligence. Du
plus léger au plus bourrin : le Gentleman, le Preacher,
le Brigand, le Mercenary, le Thug et le Navvie. Entre ceux qui
ont des têtes de tueur psychopathes, et ceux qui donnent
le sentiment d'avoir triplé leur maternelle, on se sent
en confiance, et on a vraiment envie de s'identifier aux personnages.
Au moins, il y en a pour tout le monde ! Ceux qui affectionnent
les brutes épaisses, mais alors très épaisses,
seront comblés, spécialement s'ils aiment le gros
calibre. Au contraire, les amoureux de l'affrontement furtif
à la grenaille pourront s'exprimer concrètement.
Et pour ceux qui ne savent pas qui choisir, les Bitmap
Brothers ont pensé à eux aussi, avec des personnages
aux talents équilibrés.
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Du
bourrinage. |
Du
pêtage de tête. |
...
avec un salaire indexé sur les bénéfices
de l'entreprise...
Ce
qui est bien, avec un mercenaire, c'est qu'on n'a pas besoin
de lui causer politique ou idéologies, du moment qu'il
peut palper la fraîche, il bosse. Ici, la thune est vraiment
le nerf de la guerre. À la fin de chaque niveau, comme
dans la plupart des autres titres des Bitmap
Brothers, toute l'oseille ce que vous avez ramassé
peut être investie dans divers objets. Avec un choix total
de vingt-cinq armes (du pistolet au lance-roquettes), seuls les
plus difficiles ne trouveront pas chaussure à leur pied.
Et pour les poètes, bâtons de dynamites et grenades
sont également disponibles. Mais la maille sert aussi
à booster les caractéristiques du personnage,
totalement évolutives. Attention cependant, l'ensemble
des brouzoufs ramassés est redistribué entre les
deux compères, en fonction du boulot abattu. En clair,
si vous ne faites que ramasser le grisbi sans participer au
nettoyage de la faune, tant pis pour vous, vous n'aurez que
dalle.
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La
sortie du niveau. |
De
la baston. |
...
au sein d'une équipe sympathique et dynamique...
Comment
ça, tous les deux ? Ah oui, c'est la petite clause
du contrat, le truc écrit tout pitit qu'on ne lit jamais :
Chaos Engine s'explore à deux. Ce qui
signifie tout d'abord que l'option deux joueurs est la clé
de voûte du soft, tout a été prévu
pour ça, et il est vital de construire une véritable
stratégie de progression, avec les couvertures, les répartitions
de terrain, les embuscades... Et quand on n'a pas d'amis ?
Même en solo, un partenaire doit être sélectionné,
ce dernier sera contrôlé par l'ordinateur (d'où
la caractéristique d'intelligence). L'IA du coéquipier
a été très bien bossée, et cette
dernière évolue au fur et à mesure de la
progression. Et ce ne sera pas du luxe, vue la difficulté
du jeu. Car comme à l'accoutumée, seuls des mots
de passe sont délivrés entre chaque monde (mais
qui permettent de garder toutes les caractéristiques !),
checkpointssoulagent un peu la progression.
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De
la castagne. |
Plusieurs
sorties sont parfois présentes. |
...
dans un cadre convivial et agréable.
Visuellement,
le style graphique des Bitmap
Brothers est tout de suite reconnaissable, et c'est encore
une fois une franche réussite. Des sprites aux décors,
tout a été travaillé et fignolé
comme il se doit, rien à dire là-dessus. Les commandes,
elles, répondent au doigt et à l'œil, et toute
erreur ne pourra être imputable qu'à vos propres
réflexes. Quant à l'environnement sonore, les
bruitages sont excellents, avec la participation d'une voix-off
pertinente outre les habituels effets de tir et de carnage ;
pour ce qui est de la musique, non seulement elle est à
la hauteur de la qualité exceptionnelle des productions
Bitmap, mais elle
a la particularité d'être évolutive !
En fonction de l'action et de la progression, cette dernière
mute progressivement pour coller aux évènements.
Quand je vous dis que ce jeu est pensé jusqu'au bout.
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Comment
atteindre les bonus ? |
Du
bourre-pifs. |
Une
petite signature en bas ?
Petite
merveille du jeu à deux (les images de la béta
montraient trois personnages !), Chaos Engine
est un défi relevé, mais très réussi,
bénéficiant de tout le savoir-faire des Bitmap
Brothers. Sa suite, malheureusement, est vite passée
à la trappe, à cause d'une sortie bien trop tardive
sur un Amiga en déclin, et d'un principe de
jeu fondé non plus sur la coopération mais sur
le Deathmatch en écran splitté, dont le résultat
ne convainc pas.
Chaos
Engine a connu également de nombreuses conversions,
toutes d'excellente qualité. Les versions consoles sont
particulièrement soignées, puisque le jeu y est
en plein écran. Mais l'Amiga reste au-dessus
grâce à son fabuleux chipset de son, comme d'hab
(gnark gnark !).
Tonton Ben,
recruteur dans le travail temporaire (taux de survie très
bas !)