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| Xenon
II, featuring Bomb The Bass ! |
Au
début, on se sent si seul, si démuni… |
Il
devient difficile d’introduire un jeu venant des Bitmap
Brothers, tant le sujet a été maintes fois parcouru.
En prenant un peu de recul, il est impressionnant de constater
que l’on utilise autant de superlatifs à l’égard
des deux compères anglais à l’origine
de titres aussi incontournables entre fin ‘80 et début
‘90. Et j’en connais un, en particulier, qui a
marqué au fer rouge les esprits : Xenon II
Megablast.
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| …mais
très vite, la puissance de tir
et les ennuis augmentent ! |
Problème
récurrent : gérer les pièges
du terrain
et les bestioles. |
Replaçons-nous
un instant dans le contexte. En 1988, la toute jeune boîte
de développement accouche dans son coin d’un
shoot’em up assez proche du concept d’Asteroïds
avec des décors robotiques, et répondant au
doux nom de Xenon. D’une réalisation
somme toute classique, le jeu connaîtra un doux succès
d’estime grâce à la promo faite par l’équivalent
de l’émission Microkids à la télé
anglaise. Mine de rien, les Bitmap Brothers récupèrent
de quoi financer une suite qui fera bien plus parler d’eux.
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| Non
seulement c’est étroit, mais en plus,
y’a du monde ! |
Voici
l’origine des cauchemars
de toute une génération de joueurs… |
Et
c’est à peine un an plus tard que déboule
Xenon II Megablast, le titre qui va consacrer
les Bitmap Brothers. S’il s’agit toujours d’un
shoot’em up, cette suite adopte la sacro-sainte position
de jeu à scrolling vertical. Il conviendra ainsi de
survivre, c’est le terme !, au cours des cinq niveaux
découpés chacun en deux parties. Mine de rien,
cette phrase vient de résumer tout ce qu’il y
a de classique dans Xenon II Megablast ;
pour le reste, accrochez-vous, c’est du lourd !
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| Mode
Megablast (un bonus) : le plaisir à l’état
brut. |
On
est bloqué ? Pas de panique, on enclenche
les rétro-fusées. |
Commençons
par la jouabilité. De prime abord, le vaisseau possède
une attaque frontale ridicule, se meut poussivement sur toute
sa largeur, et semble promis à un destin court et funeste.
Erreur ! Des power-up vont vite démontrer les capacités
du vaisseau qui ne demande qu’à évoluer
; il est en effet possible d’intégrer de nombreux
modules qui vont décupler la puissance de frappe, tout
en modifiant visuellement l’appareil. Au menu : tir
arrière, tirs latéraux, lance-missiles simples
ou tête chercheuses, lasers surpuissants, satellites…
pas moins de vingt-quatre bonus divers sont accessibles !
À chaque interlude de milieu ou de fin de niveau, on
pourra payer une visite au marchand d’armes ! La revente
est proposée, mais l’achat, financée par
les bulles de crédit ramassées à chaque
vague d’ennemis détruite, vaut le détour.
Ce concept cher aux Bitmap Brothers, balbutiant dans Speedball
et que l’on retrouvera dans Gods
ou dans Chaos
Engine, est véritablement né ici,
dans sa forme complète. Et ce n’est pas le seul.
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| Voici
l’arsenal disponible, au grand complet : il
y a même les lunettes des Bitmap Brothers !
Les mêmes que porte le héros de Magic
Pockets ?
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Car
Xenon II Megablast se démarque de
la concurrence par son aspect visuel, très particulier.
On nage en plein délire organique : anémones,
crustacés, bestioles étranges de tout poil,
visqueuses, gluantes, et surtout dangereuses vont tout faire
pour empêcher la progression du joueur, le tout dans
des décors en concordance avec le bestiaire. Étrange,
mais fascinant, le style graphique ne peut laisser indifférent,
aussi bien dans la modélisation que dans le choix des
couleurs, étonnants. Et quelle créativité
dans la variété des ennemis ! Les dénombrer
prendrait beaucoup de temps, mais force est de constater que
le design de chaque entité varie autant que son comportement.
Les boss ne sont pas en reste, et l’espèce de,
de, de… chose à la fin du premier niveau, sorti
du fond des océans pour se nicher dans l’espace
réveille à coup sûr nos peurs infantiles
et indicibles.
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| Le
dernier niveau rappelle le style du premier Xenon,
mais en plus fourni. |
Celui-là
aussi, je le vois encore en rêve ! |
Là
encore, à mille années lumière de leur
création précédente, les Bitmap Brothers
ont trouvé ici leur marque de fabrique, ce style graphique
si particulier qui leur est propre : deux couleurs en constante
opposition, décors composés de figures géométriques
en relief, et animations très détaillées.
Les tâtonnements de cette orientation artistique ont
pu être aperçus dans Speedball
qui a été développé entre temps,
notamment sur le dessin des joueurs. Tout ce travail de recherche
visuel, avec les codes graphiques établis par Xenon
II, on le retrouvera dans Speedball
II Brutal Deluxe, Gods,
Magic Pockets, The
Chaos Engine, et même Z…
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| La
charge héroïque dans des décors
de diamant,
c’est magnifique ! |
Le
dernier niveau se complait dans les passages étroits
remplis de monde. |
Xenon
II Megablast
va également marquer pour de bon le style des Bitmap
Brothers avec son environnement musical. L’unique thème
du jeu a été composé par le groupe anglais
Bomb The Bass, spécialisé dans le Breakbeat
et dans le Big Beat (cf. fin d’article). Et
il faut bien le dire, la mélodie reste gravé
dans la tête pour des années ! L’ambiance
électro colle parfaitement au jeu, et constituera également
une constante dans les futures créations Bitmap Brothers
(Gods,
The Chaos Engine…
vous connaissez la liste).
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| Et
encore, vous ne voyez que la première partie
du boss… |
Choisissez
bien votre chemin ! |
Reste
sa difficulté, harassante. Le dénuement du vaisseau,
au démarrage du jeu, face aux hordes ennemies qui déboulent
à toute vitesse et sans prévenir en décourageront
plus d’un, tant il est vrai que la maigre barre de vie
fond comme neige au soleil. Avec un peu plus de moyens, l’affaire
a tendance à s’équilibrer, mais pas pour
longtemps, le jeu mettant en place des dispositifs vraiment
vicieux pour couler le joueur. Le masque de collision se limite
fort heureusement au vaisseau et ne s’applique pas à
ses satellites, mais il reste suffisamment grand pour se prendre
régulièrement en pleine poire l’adversité,
qui se complait curieusement à vous foncer dessus.
Frustration suprême, la perte d’une vie oblige
le joueur à reprendre depuis un checkpoint automatique
; donc, si vous vous êtes fait latter à cause
d’un passage pénible, vous serez obligé
de le traverser à nouveau…
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| Hou,
la grosse bébête ! |
Le
crabe n’est pas mal non plus… |
Et
s’il n’y avait que les ennemis ! Le terrain s’y
met aussi, certains passages étant conçus comme
un labyrinthe avec de nombreux culs-de-sac. Originalité
du soft, des retro-fusées permettent de faire machine
arrière, et de forcer le scrolling à reculer.
Le problème consiste alors à éviter les
bestioles qui débarquent du bas de l’écran,
et que l’on ne voit pas à tous les coups. Cette
option devient de toute façon inutile, la meilleure
solution consistant à apprendre les passages par cœur
afin d’éviter ce genre de situation suicidaire.
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| Voici
un aperçu d’un boss qui tient sur plusieurs
écrans ;
il faudra abattre les différents éléments
de chaque partie du corps séparément.
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Xenon
II Megablast
a fait non seulement le bonheur des possesseurs d’Amiga
et d’Atari, mais également de Pécé
et de Master System. Si ces deux dernières
conversions sont bien évidemment inférieures
à l’originale, avec un chipset sonore en-deçà
de l’Amiga et de l’Atari, un
scrolling plus poussif et un décor de fond bien vide,
il n’empêche qu’elles ont eu le mérite
d’exister sur deux supports bien pauvres en shoot’em
up de qualité. Sorti également sur Megadrive,
on était en droit d’attendre une adaptation aussi
fidèle que l’original ; malheureusement, celle-ci
n’a pas bénéficié de soins particuliers,
renvoyant les fans du genre vers le mythique Thunder
Force. Une version Gameboy a enfin vu
le jour, adaptée aux limitations de la console portable.
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| Le
boss final reste dans la même lignée,
gigantesque et imprenable. |
Xenon
II Megablast
a sans nul doute marqué son époque et son genre
par sa réalisation de très haute qualité.
Mais au-delà de son existence, c’est surtout
pour les Bitmap Brothers le véritable début
d’une grande success story.
Tonton
Ben, en plein Megablast.
Bonus
: pour les amateurs, voici l’album, dénomméInto The Dragon, où figure le
morceau Megablast qui a servi pour Xenon II.
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Bomb
The Bass - Into the dragon
(1988 rhythm king dood lp cd 1)
01) beat dis (u.s. 7" mix)
02) megablast rap (version)
03) on the cut
04) don't make me wait
05) dynamite beats
06) megablast (hip hop on precinct 13)
07) hey you!
08) shake it
09) say a little prayer
10) beat dat (freestyle scratch mix) |
À
noter que le sample se fonde sur le thème principal
du flim de John Carpenter de 1976, Assaut
(Assault on Precinct 13) ; Bomb The Bass l’indique
d’ailleurs dans le sous-titre du morceau.
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Bomb
the Bass - Megablast
(1988 rhythm king dood 2cd) 3"cd
01) don't make me wait featuring lauraine
02) megablast (hip hop on precinct 13) featuring
merlin
03) don't make me wait (maximum frequency mix) featuring
lauraine
04) megablast (original rap) featuring merlin |
Un
maxi-cédé Megablast est
même sorti, avec notamment deux versions différentes
du thème.