Impossible
d'être passé à côté de ce jeu
sans avoir marqué un temps d'arrêt devant les graphismes
vectoriels colorés. Le style graphique de ce jeu n'avait
pas beaucoup d'équivalents. Des jeux vectoriels, il y
en a eu : dans le désordre, on peut citer Battlezone,
Tempest, Asteroïds,
Lunar Lander, Star
Wars... Gravitar a un look particulier,
et on ne peut pas rester indifférent. Après on
aime ou pas, mais c'est une autre histoire !
Phénomène
d'attraction
La
gravité, voilà tout le cœur de Gravitar
- comme son nom l'indique d'ailleurs, vous l'aurez sûrement
remarqué.
Le
but du jeu est très simple à comprendre, mais
très dur à pratiquer : il faut détruire
tous les bunkers ennemis (rouges) situés sur chaque planète
du système.
Voilà.
Si c'est pas simple ça !
Bien
entendu, en pratique ça l'est beaucoup moins.
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Le
titre, vectoriel, dont les lettres bougent dans tous les
sens. |
Le
système de départ. |
Votre
vaisseau, triangle bleu, apparaît au milieu de l'écran.
Vous allez pouvoir choisir une destination, mais il faut connaître
trois constantes avant d'aller plus loin :
-
premier point : le soleil est comme un trou noir, il génère
un puits de gravité qui vous attire. Ne vous en approchez
pas ! Il vous détruirait aussitôt. Et ne traînez
pas, ou vous allez le percuter si vous ne faites rien.
-
deuxième point : la planète rouge qui vaut 9000
points, c'est le passage vers le système solaire suivant.
Vous pouvez décider d'y aller immédiatement, mais
le challenge est ardu, je vous en parlerai plus tard.
-
troisième point : chaque planète rapporte plus
ou moins de points, et moins elle rapporte, plus le site est
facile d'accès. On peut commencer par une planète
difficile pour gagner des points bonus, mais si vous n'avez
jamais joué à Gravitar avant, n'essayez même
pas !
Use
the Force !
Voyons
la première mission, sur la planète qui rapporte
2000 points.
Tout
d'abord, le vaisseau se dirige grâce à deux boutons
pour la rotation (dans le sens des aiguilles d'une montre, ou
dans l'autre sens), un bouton pour le tir, un autre pour la
propulsion, et enfin un dernier pour le bouclier (ou la récupération
de carburant, j'y reviendrai). Le maniement en soi n'est donc
pas bien compliqué, mais il faut bien utiliser les différents
boutons et ne pas se tromper.
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Approche
de la première planète, depuis le haut.
L'écran zoome au bout d'un moment sur un détail
du terrain. |
Vous
allez donc partir de votre base et vous diriger vers la planète,
en faisant bien attention de ne pas vous faire aspirer par le
soleil. Une fois que vous êtes en orbite, la vue change
et vous montre le relief de la planète. Votre vaisseau
se trouve tout en haut, et plonge vers le sol. Une fois qu'il
est à mi-parcours, l'écran zoome sur la zone concernée
afin de vous montrer plus en détail tous les éléments
qui vous attendent.
Ici,
ce n'est pas compliqué : deux canons, deux réserves
de carburant, l'objectif est de détruire les deux premiers
et éventuellement de siphonner les deux autres. La première
chose à faire est de freiner la descente, en retournant
le vaisseau et en mettant les gaz. Une fois que vous êtes
plus ou moins stabilisé, et surtout à l'écart
des tirs ennemis, il faut mettre le premier canon en joue et
le détruire par une salve bien placée (un seul
tir suffit, c'est pareil pour vos ennemis d'ailleurs).
Une
fois que vous avez réussi à détruire le
premier bunker, il faut faire pareil avec le second. En passant,
vous pouvez survoler le réservoir de carburant, en appuyant
sur le bouton du bouclier vous allez le siphonner et remplir
votre réservoir à vous. Ne vous en privez pas,
on n'a jamais trop de carburant sur soi.
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Là,
je siphonne un réservoir, tandis qu'un vaisseau
ennemi passe au-dessus de moi. |
Une
fois que vous avez détruit toutes les cibles, le message
"Mission Complete" s'affiche en haut de l'écran.
Libre à vous de siphonner toutes les réserves
ou de partir aussitôt vers une autre planète.
Toute
la difficulté du jeu est présente dans ce premier
tableau, mais heureusement pas trop concentrée : la gravité
vous attire vers le sol, les canons vous tirent dessus, toute
utilisation du bouclier ou de la propulsion pompe votre carburant,
bref : voilà ce qui vous attend tout le long du jeu,
mais en pire.
Les
choses se compliquent !
La
première planète n'était que de la mise
en jambes. Si vous n'arrivez pas à réussir cette
mission, vous n'avez pas la moindre chance de terminer les autres
planètes...
Dans
le même système solaire, la difficulté vient
de la surface des planètes, de plus en plus tourmentée,
avec les bunkers bien nichés au fond de profondes anfractuosités.
Reste que la gravité justement se manifeste non pas du
haut vers le bas, mais c'est la surface de la planète
qui vous attire... Alors imaginez ce qui se passe quand vous
volez dans des grottes ou autour de planètes "fermées",
comme la quatrième...
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La
deuxième planète... |
...
et la troisième. |
Les
bunkers ennemis tirent des missiles vers vous, il faut donc
rester dans la mesure du possible hors de portée ou hors
de leur rayon d'action. Au bout de quelques secondes, vous verrez
des vaisseaux ennemis rouges patrouiller sur la surface de la
planète, sans tirer, mais leur contact est fatal. Il
faut les détruire pour éviter qu'ils vous poussent
à la faute. Dans tous les cas, n'hésitez pas à
utiliser le bouclier : il vaut mieux perdre du carburant qu'une
vie.
Les
planètes en largeur sont infinies, en fait quand vous
faites défiler le décor (lorsque l'écran
a zoomé sur une portion de planète), c'est comme
si le dessin était plaqué sur un cylindre vertical.
Vous faites une boucle pour revenir au point de départ.
Voilà
: vous savez maintenant comment combattre vos ennemis pour devenir
un as du jeu. Maintenant, il faut passer au système solaire
suivant.
Le
cordon entre deux mondes
La
planète rouge, d'où sortent sans arrêt les
vaisseaux ennemis qui vous prennent en chasse dans le système
solaire, est en fait une espèce de spirale au fond de
laquelle se trouve un réacteur. Le but est, dans un temps
limité - ou ce serait trop facile - d'arriver jusqu'au
réacteur, le détruire, et repartir.
C'est
vrai : le jeu était trop facile jusque-là !
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La
quatrième planète. Ça devient coton
non ? |
La
planète rouge, passage entre les deux systèmes
solaires. |
Il
faut donc arriver à guider le vaisseau sans toucher les
parois de l'étroit tunnel, stabiliser le vaisseau pour
viser et tirer sur le réacteur, puis repartir au plus
vite avant que le compte à rebours soit terminé...
Tout un programme !
Comme
le je disais au début, sachez que si ça vous tente,
vous pouvez très bien commencer par là et vous dispenser
de détruire les défenses des autres planètes.
Vous pouvez tenter ainsi un bonus conséquent de 20 000 points.
Simplement, une fois que vous avez réussi, vous arrivez dans
un nouveau système solaire dont la gravité est inversée...
Eh oui, la surface des planètes ne vous attire plus, elle vous
repousse !
Et
ensuite ?
Imaginez
que vous soyez un super joueur, qui a réussi à
maîtriser les contrôles du vaisseau, la gravité
positive ou négative, et que vous ayez réussi
à triompher du second système solaire... Ça
recommence en gravité normale, mais cette fois les planètes
sont invisibles. Et après ça, le système
solaire suivant est invisible aussi mais en gravité inversée.
Vous
croyez que c'est impossible ? Moi
aussi !
Et
pourtant, voici deux personnes qui sont de ces super joueurs.
Le
premier est Ray Mueller, qui a totalisé le record officiel
le 4 Décembre 1982, avec 4 722 200 points (il a joué
12H21). Son record a été pulvérisé
le 23 Décembre 2006 par Dan Coogan, qui a totalisé
8 029 450 points au bout de 23H15 de jeu.
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Les
deux champions se sont rencontrés, Dan Coogan à
gauche et Ray Mueller à droite. |
Dan
Coogan a fait un site Internet dédié à
Gravitar, c'est ici : http://www.cooganphoto.com/gravitar/
(c'est de là que vient cette photo d'ailleurs). Vous
y trouverez d'innombrables infos (en anglais hélas) sur
TOUT ce qui a trait au jeu. Des astuces, des interviews avec
les créateurs du jeu... Bref une vraie mine d'or.
Réalisation
Tout
d'abord, apprenez que le prototype de Gravitar
s'appelait Lunar Battle.
Le
jeu fut développé en 14 mois par Mike Hally (dont
c'est le premier jeu, mais on le verra par la suite participer
à Star Wars,
Road Runner, Blasteroïds,
Indiana Jones...).
Le jeu fut programmé par Rich Adam (Missile Command)
et le designer technique fut Joe Coddington (qu'on a vu aussi
sur Red Baron). D'autres personnes furent également
créditées : Owen Rubin, Mark Cerny et Brad Chaboya.
Quand
on compare Gravitar avec d'autres jeux plus
anciens, on pourrait dire qu'il s'agit d'un croisement entre
Lunar Lander, dans lequel on devait faire alunir
délicatement un module sur des reliefs torturés,
et Asteroïds,
qu'on ne présente plus.
Cette
parenthèse étant faite, parlons un peu de la réalisation
technique du jeu.
Gravitar
offre des graphismes vectoriels, avec ses canons à 3
couleurs, ce qui permet d'offrir des couleurs vives à
l'écran qui ne sont plus dues à de simples films
plastiques posés au-dessus de vecteurs blancs. Chaque
objet a sa propre couleur, comme on le verra dans Star
Wars un peu plus tard...
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Lunar
Lander et Asteroïds, deux jeux références
de 1979 dont Gravitar est le "rejeton". |
Du
fait de ces graphismes vectoriels, simples lignes épurées,
et de la technologie employée, l'animation est d'une
fluidité sans pareille. Le moindre mouvement demandé
par le joueur est immédiatement retranscrit à
l'écran. Aucun à-coup dans les déplacements
des ennemis et des tirs non plus.
En
revanche, le son n'est pas particulièrement impressionnant,
mais il retranscrit bien les actions.
Conversions
Comme
pour Amidar, il n'y
a eu qu'une conversion officielle : sur Atari
2600 en 1983, par Atari justement.
Cependant,
on a retrouvé le jeu par la suite dans des compilations de
hits d'arcade :
- sur PlayStation
("Atari Anniversary Edition Redux") et Dreamcast
("Atari Anniversary Edition") en 2001,
- sur PlayStation 2 ("Atari Anthology") et
XBox ("Atari Anthology") en 2004
- sur Nintendo DS ("Retro Atari Classics")
en 2005
- sur PC avec "Atari Arcade hits 2" en 2000,
"Atari Anniversary Edition" en 2001 et "Atari
- 80 Classic Games in One!" en 2003.
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Gravitar
sur Atari 2600. |
Thrust
sur C64. |
Une
adaptation de Gravitar, non officielle, fut
Thrust sur C64.
Voilà,
vous savez tout. Le problème de ce jeu, c'est que sa
difficulté a rebuté les joueurs et qu'il n'a
pas eu le succès qu'il méritait. Je ne peux
hélas dire le contraire, Gravitar
est très ardu... Mais c'est quand même un grand
jeu.
JPB