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Les
flyers : cliquez sur l'un d'eux pour une version plus
grande (merci
au site Arcade
Flyer Archive !) |
"I'm
Popeye the sailor man !" - Tôôt tôôt
!
Si
vous entendez la musique de Popeye, vous ferez immédiatement
l'association avec le marin borgne, à la voix rauque
et aux manières un peu rugueuses... Si votre culture
le permet, vous associerez également immédiatement
à tout ceci les épinards, et savoir si vous aimez
ça ou pas fera l'objet d'un autre débat.
Un
peu d'histoire...
Popeye
est le nom d'un personnage de bande dessinée et de dessins
animés, créé par Elzie Crisler Segar en
1929.
À
l'origine, Popeye est un personnage secondaire.
Il
faut savoir que Segar créa le Thimble Theater
(Théâtre du dé à coudre)
pour le King Features Syndicates en 1919 : il y dessinait les
aventures de Harold Hamgravy, de sa petite amie Olive Oyl et
du frère de celle-ci, Castor Oyl. Ce fut un succès
qui, en 1924, obtint une page supplémentaire en couleur
dans le journal. Le problème était que, malgré
des histoires intéressantes, il n'y avait pas vraiment
de personnages principaux dans cette bande dessinée.
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Les
personnages d'origine. |
Dans
le Thimble Theater du 17 janvier 1929, Ham et Castor
décident d'embaucher un équipage pour naviguer
à la recherche de la légendaire Whiffle Hen (une
poule dotée de pouvoirs magiques). Se dirigeant vers
un marin borgne sur un quai, Castor lui demande : "Êtes-vous
un marin ?" Popeye rétorque : "J'ai l'air d'un
cow-boy ?"
Pendant
quelques mois, Popeye (qui doit sa force herculéenne
à Whiffle Hen, la poule magique !) écume
les mers avec ses passagers, et prend petit à petit
de l'importance.
Lorsqu'à
la fin de l'aventure, Segar tenta de faire prendre sa
retraite au marin, les fans hurlèrent et demandèrent
que Popeye restât présent. Segar les écouta,
et en 1931 Popeye remplaça Ham dans le cœur
d'Olive, tandis que le titre de la bande dessinée
devint : "Thimble Theater, starring Popeye".
Segar
mourut en 1938 d'une leucémie. De nombreux dessinateurs
prirent le relais pour dessiner les aventures du marin : Tom
Sims, Ralph Stein, Dic Winer, Joe Musialet, Bill Zaboly... L'ancien
assistant de Segar, Bud Sagendorf, fut le dessinateur de Popeye
à partir de 1958 ; en 1986, il ne dessinait plus que
la page du dimanche et laissa la bande dessinée journalière
à Bobby London. En 1992, à sa mort, c'est Hy Eisman
qui reprit à son tour le flambeau.
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De
nombreux personnages furent progressivement ajoutés,
comme Brutus - l'ennemi juré de Popeye, Gontran et ses
hamburgers, Mimosa... même l'animal extra-terrestre Eugene
the Jeep (Pilou-Pilou en français) qui, paraît-il,
aurait donné son nom à... oui, la voiture, la
Jeep !
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Le
petit monde de Popeye au grand complet. |
Apprenez
pour finir que Popeye est sorti en France en 1935, au début
sous le nom de Mathurin !
Mais
on ne parle ici que des bandes dessinées. Il faut quand
même souligner que Popeye est le personnage de dessins
animés réalisés par Max Fleisher, et ce
dès 1933 ; c'est dans ces cartoons qu'est créé
le mythe des épinards, qui donnent sa super-force à
Popeye. De très nombreux cartoons (environ 400 en tout
!) virent le jour dès cette époque, avec des pointes
autour des années 60 et entre 1978 et 1980 (Hannah-Barbera).
Un long-métrage en 3D est réalisé en 2004
: Le Voyage de Popeye - À la recherche de Papy.
Un
film a même été réalisé en
1980, par Robert Altman (M.A.S.H.) sous la licence Walt Disney,
avec Robin Williams dans le rôle de Popeye, et Shelley
Duvall dans celui d'Olive.
Le
thème musical de Popeye, "I'm Popeye The Sailor
Man", a été composé par Sammy
Lerner en 1933.
Depuis
le 1er janvier 2009, le personnage de Popeye est entré
dans le domaine public en Union Européenne.
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Pôpa
explique qu'il ne comprend pas pourquoi Popeye s'accroche
à cette grande asperge d'Olive...
Ça provoque des bagarres, notamment quand un client
entre dans un restaurant et accroche son imperméable
sur le nez d'Olive, pensant que c'était un porte-manteau
! |
Des
liens :
- Le site officiel : http://www.popeye.com/
- Une page hommage : http://www.bdzoom.com/spip.php?article3702
- La chronique du film Popeye de Robert Altman, sur Nanarland
: http://www.nanarland.com/Chroniques/Main.php?id_film=popeye
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L'affiche
du film Disney, réalisé par R. Altman. |
Le
nouveau dessin animé en 3D. |
Et
bien sûr plein d'infos en tous genres sur Wikipedia.
Et
le jeu dans tout ça ?
Popeye
a une histoire assez exceptionnelle... Figurez-vous qu'un jour, le
Président de Nintendo chargea un designer nouvellement embauché
de concevoir un jeu d'arcade. Ce jeune homme accepta, et se fonda
sur ses propres goûts pour proposer un concept de jeu de plateformes
: dans ce jeu, Popeye devait secourir Olive, tandis que Brutus lui
lançait des projectiles pour l'en empêcher.
Ça
vous dit quelque chose ?
Finalement,
King Features Syndicate refusa que Nintendo se serve de ses
personnages, aussi le jeune designer décida d'en créer
de nouveaux : Brutus devint un gorille, Olive se transforma
en jeune fille, et Popeye en brave charpentier, sans nom défini
au début, mais qui finira par s'appeler... Mario.
Et
là, vous avez reconnu Donkey Kong,
créé par le designer devenu le légendaire Shigeru
Miyamoto.
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L'écran
titre. |
Au
vu du succès récolté par Donkey
Kong, King Features Syndicate revit sa copie et accorda
la licence de Popeye à Nintendo. Un nouveau jeu d'arcade
fut alors mis en chantier, et en attendant Nintendo sortit un
jeu électronique Game & Watch mettant en
scène le marin, Olive et Brutus. Vous aurez plus de détails
sur ce sujet à la fin de l'article.
ÔôÔôÔôhhhh,
PôÔôpêÊêye !
Revenons
au jeu d'arcade, sorti en 1982. On y dirige Popeye qui, dans
trois tableaux distincts, doit ramasser les objets lancés
par Olive.
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Le
premier niveau. Il faut attraper les cœurs. |
Dans
le premier tableau, Olive lance des cœurs. Popeye doit
en attraper 24, chaque cœur ramassé s'inscrit dans
la petite maison en haut à gauche de l'écran.
Plus vous arrivez vite à les toucher, c'est à
dire en haut de l'écran, plus ils rapportent de points.
Si le principe est donc des plus simples (collecter les cœurs
qui tombent doucement), vous vous doutez bien que ce n'est pas
aussi facile.
Déjà,
si un cœur touche la surface de l'eau, il se met
à clignoter, et vous n'avez que 10 secondes pour
le récupérer. Rassurez-vous : si vous vous
retrouvez dans cette situation, la mélodie d'accompagnement
change du tout au tout, il est impossible de ne pas vous
rendre compte immédiatement qu'un des cœurs
est dans l'eau. Mais si vous n'arrivez pas à le
toucher à temps, vous perdez une vie : Olive fait
la leçon à Popeye, tout penaud. |
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Ensuite,
Brutus est jaloux, ce qui n'est pas nouveau : il veut
se débarrasser de Popeye pour rester seul à
conquérir le cœur d'Olive (je me demande vraiment
ce qu'ils lui trouvent, mais bon...) Sa tactique est simple
mais efficace : il parcourt l'écran à la
recherche de Popeye, pour le frapper et l'éliminer
(un simple contact suffit). Attention, Brutus est plus
rusé qu'il n'y paraît : il est capable de
sauter pour attraper les chevilles de Popeye si celui-ci
est au niveau supérieur, comme il peut se coucher
et faire tomber Popeye en le frappant avec son poing si
le marin est au niveau inférieur. Il faut rester
concentré et ne pas sous-estimer le barbu, qui
est aussi capable de sauter d'un niveau vers le niveau
en-dessous à n'importe quel moment. |
Pour
finir, Brutus et la Sorcière des Mers peuvent décider
de lancer des bouteilles sur Popeye. Tous deux se mettent
alors à projeter plus ou moins de bouteilles en
ligne droite vers le marin ; celui-ci peut heureusement
les frapper pour ne pas être touché. La différence
entre Brutus et la Sorcière, c'est que celle-ci
apparaît toujours à chaque extrémité
de l'écran en même temps, et que les bouteilles
arrivent donc des deux côtés ! Il est plus
prudent dans ce cas de changer de niveau plutôt
qu'essayer de toutes les frapper. |
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Crunch,
miam, gloups, vive les épinards !
Heureusement,
Popeye n'est pas démuni.
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Popeye
vient de manger les épinards : effet garanti et
Brutus se sauve ! |
S'il
arrive à attraper la boîte d'épinards, qui
se trouve en alternance sur l'un des deux barils à gauche
de l'écran, il fait comme dans le dessin animé
: il se fâche tout rouge, et Brutus qui se rend compte
que les carottes (à défaut des épinards)
sont cuites, se dépêche de s'éloigner. Heureusement,
Popeye est non seulement plus fort, mais aussi plus rapide,
et il est facile de mettre une bonne raclée à
Brutus qui s'envole et rebondit contre les bords de l'écran
(toute l'image en tremble !) avant de prendre un bain forcé.
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Plouf,
Brutus est dans la flotte ! |
L'effet
ne dure pas longtemps : juste deux mesures de la petite musique de
Popeye. Après que vous avez envoyé Brutus valdinguer,
il sort de l'eau et se remet en chasse.
Si
vous n'avez pas réussi à frapper Brutus à
temps, il faudra fuir avant qu'il ne se retourne contre vous.
Attention, vous n'avez qu'une boîte d'épinards
par tableau, à vous de l'utiliser au mieux.
Les
autres tableaux
Le
deuxième tableau change d'ambiance : on se retrouve en ville.
Olive joue une sérénade sur sa harpe, et lance les notes
de musique au gré du vent. Popeye doit réussir à
en attraper 16 pour passer au niveau suivant.
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Sérénade
au clair de lune. |
Enfin,
le troisième tableau se passe encore une fois dans un
tout autre endroit : sur un bateau. Olive a été
capturée par Bernard, le vautour de la Sorcière
des Mers, et placée dans la vigie tout en haut du mât.
Elle crie son désespoir, les lettres qui composent le
mot HELP volent pour que Popeye les récupère.
À chaque lettre attrapée, un barreau d'une échelle
se crée, pour permettre à Popeye, une fois que
l'échelle est complète, de rejoindre Olive...
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Olive
est séquestrée en haut du bateau. |
Chaque
tableau a des spécificités. Le premier propose
de cogner sur un bidon qui, si le timing est bon, tombera sur
la tête de Brutus, l'immobilisant provisoirement et donnant
des points bonus. Le second offre de faire un saut grâce
à Gontran, qui se goinfre toujours de hamburgers : en
sautant au bon moment sur la planche, Popeye est projeté
par le poids de Gontran jusqu'à Mimosa, accroché
à un ballon. Enfin, au troisième tableau, il y
a une passerelle qui permet de passer d'un côté
à l'autre du bateau, mais il faut prendre garde à
Bernard qui essaie d'agripper Popeye ; heureusement, un bon
coup sur le bec et le vautour se casse la figure pour un moment.
Il
y a toujours une boîte d'épinards disponible à
chaque tableau, qui change entre deux emplacements à
gauche ou à droite de l'écran ; il faut l'attraper
au bon moment mais dans le feu de l'action, on se fait parfois
avoir parce que la boîte change d'endroit au moment où
on allait s'en servir...
Les
différents niveaux recommencent ensuite, toujours dans
le même ordre.
Le
record est tenu par Steve Harris, avec 1 232 250 points le 15
novembre 1983. Je vous souhaite bien du courage pour essayer
de l'égaler !
Réalisation
Autant
les décors sont agréables mais relativement grossiers,
autant les personnages sont d'une finesse rarement atteinte
à l'époque : vous pourrez examiner le détail
des personnages dans les petites vignettes que j'ai insérées
plus haut pour vous en convaincre. Si vous regardez bien, vous
verrez que les captures écran que j'ai faites de Popeye
sont toutes en 512x448 pixels... En général, celles
des jeux d'arcade de cette période sont en 224x256, voire
240x256. Dans mon souvenir, un des premiers jeux proposant une
résolution de 512 pixels de large est Super
Sprint... en 1986 !
L'animation
n'a rien de particulier, les objets à l'écran
bougent bien et sans ralentissements. Ce sont surtout les sprites
des personnages qui sont excellents : du coup on a l'impression
de voir un vrai dessin animé.
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Brutus
essaie d'attraper Popeye en-dessous, mais celui-ci s'est
déjà poussé. |
Les
bruitages sont eux aussi relativement simples, quant aux musiques
de fond qui changent d'un tableau à l'autre, elles sont
douces, agréables et pas prises de tête. Un très
bon point à la gestion des différentes musiques
en cours de jeu : si Brutus se rapproche trop de Popeye, une
autre mélodie plus rythmée remplace le thème
du tableau ; de même, quand un objet est dans l'eau, la
musique qui se fait alors entendre rappelle tout de suite le
joueur à l'ordre ; pour finir, le thème de Popeye
quand celui-ci a mangé les épinards est particulièrement
réussi. N'oublions pas la musique de présentation,
qui est parfaite, jusqu'à l'image de Popeye qui souffle
dans sa pipe pour le "tôôt-tôôt"
final !
Conversions
Venons-en
maintenant aux conversions de Popeye, réalisées
(à part la conversion Nintendo) par Parker Brothers,
qui si vous les avez connus, fournissaient de très bonnes
conversions d'arcade pour les consoles de l'époque (Q*Bert,
Frogger, Super
Cobra...).
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Version
Atari 5200. |
Version
TI-99/4A. |
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Version
C64. |
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Toutes
sont de bonne qualité ; on peut trouver la version Odyssey/Vidéopac
un peu limite, mais vu les capacités de la console, cette conversion
s'en sort avec les honneurs. On notera la version NES, sortie
deux ans après les autres et réalisée directement
par Nintendo, qui est très travaillée et soignée.
Comme
je le disais plus haut, Popeye est sorti sur trois jeux électroniques
: le premier, un Game & Watch sorti en 1980 - 1981,
demandait à Popeye assis dans une petite barque, d'attraper
tous les objets lancés par Olive depuis le quai, sans
en manquer un seul ni se faire toucher par Brutus ; l'autre
jeu, en couleurs, est sorti à la fois sur table-top
puis sur Game & Watch seconde génération,
et proposait un combat entre Popeye et Brutus.
J'avais
le premier des deux. C'était le tout premier Game
& Watch que j'ai acheté (avant Octopus
et Donkey Kong). En le resituant dans le contexte
des jeux à cristaux liquides de l'époque, il était
prenant et exigeait des réflexes de folie ; les personnages
étaient parfaitement dessinés, c'était
un vrai régal. Je me demande bien ce que j'en ai fait,
impossible de me rappeler ; des jeux de l'époque il ne
me reste que Donkey Kong...
Si
vous voulez les essayer, faites défiler cette
page jusqu'en bas, vous devriez trouver votre bonheur...
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Le
premier Popeye Game&Watch, de Nintendo. |
Le
second Game&Watch en couleurs. |
Popeye
est donc très agréable à jouer par ses
graphismes, sa musique et le challenge qu'il représente.
Je ne peux que vous le conseiller, sur MAME il tourne parfaitement,
et il devrait vous amuser quelque temps - à moins que
vous l'ayez connu autrefois, dans ce cas ça vous rappellera
sûrement d'excellents souvenirs. En tout cas, s'il n'est
pas aussi connu que Donkey Kong, on ne peut
que féliciter Nintendo d'avoir réalisé
un jeu d'arcade aussi soigné.
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"I yam what I yam", traduit en français
par
"J'suis c'que j'suis et c'est tout c'que j'suis". |
JPB