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Castlevania - La série
Anne : 1986
Systme : Game Boy, GBA, MSX, NES, N64, PC Engine, Playstation, Saturn, SNES
Dveloppeur : Konami
diteur : Konami
Genre : Action / Plate-forme / Beat'em all

CASTLEVANIA : un voyage au pays des chasseurs de vampires...

- 4me Partie : Le creux de la vague -

Aprs le succs retentissant de Symphony of the Night sur PSX, Konami laisse exploser sa joie et se laisse sduire par la technologie troid en pleine explosion sur les nouvelles consoles, dont la Nintendo 64 se fait la spcialiste. Le problme, c'est que l'exercice n'est qu' moiti russi... En amuse-gueule: Castlevania Legends, un titre sorti la va-vite sur Gameboy, et qui cherche surfer sur les ventes de Symphony of the Night.

CASTLEVANIA LEGENDS / LEGEND OF DRACULA : DARK NIGHT PRELUDE : Gameboy (1998)

Un titre en noir & blanc...
et une prsentation jolie mais statique.

Castlevania Legends avait pourtant de bons atouts: enfin, une hrone vient mettre un peu de fminit dans ce milieu macho de chasseur de vampires ! En plus, elle a hrit sa sortie du pompeux titre de mre de la ligne Belmont: Konami a en effet repouss jusqu'en 1450 les origines de la ligne, afin de soumettre Sonia la premire confrontation avec Dracula. Enfin, Symphony of the Night oblige, Alucard y fait une apparition; une idylle semble mme se nouer avec Sonia. Quel tombeur ce demi-vampire.

Balade dans la fort.
Bon courage pour les sauts !

Mais en 1998, sortir un jeu sur Gameboy classique, c'est un peu comme si le jeu avait t mis en vente directement dans le rayon rtrogaming. Avec des graphismes dpouills en noir et blanc, et un son, certes du niveau de ce que peut faire la Gameboy, mais qui a pris un gros coup de vieux, et une dure de vie s'talant sur cinq longs niveaux (et un sixime cach), Castlevania Legends s'inscrit dans la trilogie forme par ses deux prdcesseurs, Castlevania Adventure et Castlevania 2: Belmont's Revenge. Sauf que ces deux derniers datent respectivement de 1989 et de 1991... Et comme la maniabilit n'a pas t amliore...

Bouhou, le cimetire !
Un boss coriace.

Castlevania Legends se positionne donc comme un titre pour les fans absolus de la srie, et qui plus est de ceux qui ont apprci les deux premiers titres Gameboy. Et accessoirement pour ceux qui n'ont pas eu d'autres consoles, ou qui vivent dans une cave.

CASTLEVANIA 64 / AKUMAJO DRACULA MOKUSHIROKU: APOCALYPSE : Nintendo 64 (1999)

Il fallait que cela arrive un jour: Konami a succomb aux sirnes de la troid, et a dcid, pour 1999, de franchir le pas avec la srie culte. Voyant ce que Super Mario 64 avait donn, on se disait qu'aprs tout, Castlevania ayant lui acquis ses lettres de noblesse sur NES, il n'y aurait donc pas de raisons pour que le rsultat ne ft pas au moins aussi russi.

L'cran titre est excellent tout en en rotation avec le thme de Vampire Killer au violon.
Les dcors sont russis, vraiment.

Premier indice des vents du changement (the wiiiiiinds of chaaaaaange... oups, pardon), la ligne Belmont semble s'tre encore perdue dans les diffrentes branches de son arbre gnalogique, puisque notre Vampire Killer s'appelle ici Reinhardt Schneider, un blondinet qui arbore firement une petite veste et un foulard rouge. Ceux qui n'arrivent pas s'y identifier peuvent se rabattre sur Carrie Fernandez, une petite fille qui balance des boules d'nergie, et qui adore jouer avec des anneaux aiguiss comme des rasoirs. Y'a pu de jeunesse, ma bonne dame. Si le premier est un fier descendant de la ligne Belmont qui part accomplir son devoir, la seconde semblerait tenir de Sylpha Belnades (Castlevania III : Dracula's Curse). On retrouve une dualit trs proche de celle de Dracula X : Rondo of Blood. Mises part leurs caractristiques de combat diffrentes, Reinhart et Carrie ne vont pas parcourir exactement les mmes niveaux. Intressant pour recommencer une partie.

Mais...Rosa...tu as le teint ple...
L'Execution Tower, une partie de plaisir.

Mais cet opus Castlevania partage de nombreux points communs avec un autre pisode, Bloodlines, la version Megadrive. En effet, ce dernier propose aussi un choix de personnages aux caractristiques diamtralement opposes, et ce ds le dmarrage. Rondo of Blood ne le permettait qu' partir du moment o Maria tait dlivre, ce qui arrive tout de mme assez vite. Mais ce n'est pas tout. Sur Nintendo 64 comme sur Megadrive, fini les cœurs ramasser ! Les gemmes font leur retour, et remplissent le mme rle que prcdemment. Mais au-del de cette particularit, ce qui choque rapidement, c'est la pousse l'extrme de dlires technologiques comme seul Bloodlines avait eu l'audace de proposer jusqu'ici. Mise part l'incontournable Clock Tower, qui pourrait rester encore assez crdible pour son poque, nos hros vont affronter entre autres des squelettes bikers. Si, si, je ne plaisante pas. Ambiance cuirs uss et highway 66 de rigueur.

Booooorn to be waa-aa-aa-aald...
Bonjour le vertige.

Et cette impression se confirme avec des dtails troublants: un ascenseur, comme dans Symphony of the Night, devra tre activ dans le niveau "Dual Towers'; sauf que celui-ci, qui marche l'nergie magique, est particulirement contemporain, avec son petit affichage de l'tage l'aiguille. Des hommes-lzards sortent de cavits de mtal qui font trs chambres cryogniques; un treuil type "extraction minire' va emmener Reinhardt sur un parcours mouvement; de nombreux appareils tranges ornent certaines pices du chteau; et enfin, pour le pire, notre ami Frankenstein, dsormais un classique de la srie, va courser Reinhardt et Carrie dans un labyrinthe vgtal... Une trononneuse la main. Tiens donc. Soit dit en passant, il s'agit ici d'un des passages les plus crispants du jeu.

Couch, sale bte !
Et videmment, les barres pointues sont en mouvement...

Sans trop dvoiler de l'intrigue, qui constitue sans doute l'un des points forts du jeu, le joueur va dans cet pisode rencontrer pas mal de monde aux passifs et aux objectifs plus que varis, le tout tant trs original. On a du mal discerner avec exactitude quels sont ceux auxquels l'on peut faire confiance, une tendance du scnario qui sera maintes fois rutilise dans les pisodes ultrieurs. Tous les protagonistes sont en tous cas trs russis, et apportent, mine de rien, encore plus de force l'histoire. Surtout qu'en fonction du temps pass, et d'une autre action ne pas dvoiler, certains vnements, voire mme les fins, vont diffrer d'une partie l'autre ! Car il faut savoir que dans Castlevania 64, le temps est mesur en permanence, avec une alternance entre les phases de jour et de nuit: les ennemis sont sensibles ces changements, ils augmentent de puissance la nuit, et s'affaiblissent le jour. À garder en tte pour les boss. Ce qui est regrettable, c'est qu' part cette finesse et l'influence de ce paramtre sur les dcors, cela ne sert rien d'autrequ' laisser un petit got d'inachev dans la bouche, Konami aurait pu faire beaucoup de choses avec cette brillante ide.

Un peu, que je veux sauvegarder !
Moi, j'aime pas les araignes.

Mais abordons maintenant le douloureux point du moteur troid. J'avoue avoir commenc le jeu avec une apprhension extrme ce sujet, et puis, au fur et mesure de ma progression, mes " priori" se sont quelque peu estomps. Enfin, pas tous. Graphiquement, il faut le reconnatre, si les dcors ne sont pas mal du tout, malgr ce dsagrable brouillard de fond qui masque un clipping poussif, on ne peut pas en dire autant des personnages. Ceux-ci sont affreusement anguleux, avec des textures qui, de prs, affichent leurs faiblesses et leur pixellisation. Les ennemis sont un peu mieux raliss dans l'ensemble, avec une mention spciale pour le premier que l'on rencontre, il fait son effet. Les animations sont mieux loties, on peut apprcier les diffrentes attitudes et gestuelles des hros durant les nombreuses scnes cinmatiques. Malheureusement, les visages ne sont pas anims, un dfaut que l'on retrouve dans Metal Gear Solid sur PSX. Si les bruitages sont minimalistes au possible, avec une absence flagrante de voix, les musiques sont par contre l'honneur, avec la prsence de certains thmes aux moments opportuns, un rgal. Les connaisseurs de la srie les reconnatront et les apprcieront.

Meuh non, ce n'est pas dangereux...
La Mort n'y va pas de main morte (rires).

Enfin, en ce qui concerne la maniabilit, j'avoue qu'elle fait assez souvent dfaut. Si le personnage est assez souple dans l'ensemble, et les ractions vives, la crise de nerfs approche lorsque surviennent les phases de plates-formes, finalement assez nombreuses. Si un effort a t fait sur le placement des camras dans ces moments, ce qui n'est pas le cas dans les combats, o elle est carrment la masse, la crispation provient du nombre de sauts foirs parce que l'angle du personnage n'tait pas assez marqu pour dclencher le rattrapage la plate-forme suivante, faon Prince of Persia. La plupart du temps, a finit au fond. Sans compter que les sauvegardes ne sont pas lgion, elles se prsentent certains points du jeu. Pour donner une ide de la difficult, un niveau spcial rflexes, proche de la fin, n'en comporte mme pas ! Lorsque l'on reprend une sauvegarde, le fouet de Reinhardt ou la puissance de feu de Carrie, sont amliorer de nouveau en trouvant les upgrades classiques depuis Castlevania sur NES. Bonjour l'angoisse lorsque l'on doit se faire un boss rcalcitrant, et qu'il n'y a pas moyen d'augmenter la puissance de l'arme. Oui, a arrive.

C'est le genre de passages stressants, et ce n'est pas le pire.
Coucouche panier, on te dit !

CASTLEVANIA 64: LEGACY OF DARKNESS / AKUMAJOU DRACULA MOKUSHIROKU Nintendo 64 (1999)

À peine quelques mois aprs la sortie du premier Castlevania sur Nintendo 64, Konami nous sort une suite, en forme de nouvelle version, comme si les p'tits gars de la team Kobe avaient admis que le prcdent tait un peu trop bancal. L'aventure commence ici avec Cornell, l'homme loup-garou qui dbarque dans son village natal en pleine attaque des hordes de Dracula. Cherchant dsesprment sa petite soeur Ada, il apprend que cette dernire va servir de matire premire pour les sacrifices humains du Comte. Petite feinte du scnario, cette aventure se droule huit ans avant celle de Reinhardt et de Carrie. Le Comte a t ressuscit plus tt que prvu, et son corps n'est pas encore totalement rgnr. D'o les enlvements d'enfants, dont Ada. Vous suivez?

Un titre plus classique, mais tout aussi joli.
Le beau Cornell...

Que dire de plus qui n'a pas t cit prcdemment? Le moteur du jeu est exactement le mme, ses principes galement. Les diffrences concernent les contrles de Cornell, qui se montre plus puissant avec une allonge de bonne facture, et une rapidit intressante. Il peut galement se transformer (je vous laisse deviner en quoi...), mais cette option n'est pas transcendante. L'aventure se rvle ici plus longue, avec l'ajout de niveaux supplmentaires plutt russis dans l'ensemble, et la rorganisation des passages prcdents, aussi bien sur leur ordre que sur leur agencement. Par exemple, la "Tower of Execution" garde toujours les mmes dcors, mais prsente dsormais un chemin et des piges diffrents.

Au corps corps, il est redoutable.
Miam, le poulet !

Enfin, si Cornell est impos au dpart, une fois son parcours fini, Henry le chevalier sera dblocable pour une qute bien diffrente, ainsi que Reinhardt et Carrie. Ce qui me fait dire qu' moins d'tre un gros fan, seul cet pisode justifie l'investissement. Attention, les dfauts cits pour le premier pisode sont toujours valables. Surtout les sauts et leur prcision.

On va essayer de ne pas se prendre la caisse qui pendule...
Alors lui, il va tre pnible.

On peut lgitimement penser que Konami, pour cette fin de sicle, aura fait sa fte au constructeur Nintendo; il n'en est rien, puisque Sega a eu galement sa dose, avec un pisode carrment annul sur Dreamcast: Castlevania Resurrection.

CASTLEVANIA RESURRECTION : Dreamcast (prvu 2000, annul)

Des crans pourtant prometteurs.
Le retour de l'hydre !

Dcidment, Sonia Belmont n'aura pas eu de bol jusqu'au bout. Alors qu'elle tait annonce pour tre consacre par un pisode prometteur sur Dreamcast, le projet n'aboutira jamais. À peine quelques vidos d'une version peut-tre jouable avaient t prsentes l'E3 cette anne-l, mais nous n'aurons jamais la chance de le voir sur nos chres petites consoles blanches au logo enroul. Il y a des destins, comme a...

La Mort a appris monter cheval.
Qui c'est, celui-l?

Pourtant, en croire les photos et les vidos tmoins, tout cela semblait prometteur, avec, nous avait-on promis, un retour aux sources de la srie: un gameplay simple, cinq six niveaux maximum mais de grande taille, fonds cette fois-ci sur l'action et non plus l'exploration, un systme de camras pens pour ne jamais mettre le joueur en dfaut... Et surtout des graphismes plutt jolis, avec une Sonia au top de sa forme, ayant mme quelques ressemblances avec Sophitia de Soul Ege et Soul Calibur... Ce doit tre l'effet minijupe. Le scnario nous annonait la rsurrection de Dracula en 1666, et la prsence de Sonia, srement au moyen de failles temporelles, aux cts d'un Victor Belmont.

L'cran de slection, d'un design allchant.
Ma copine la Gorgone Mduse.

Et bien non, tout ceci restera dans les cartons, et finira par tre enterr. Pourquoi? Il semblerait que le jeu ne correspondait pas exactement aux attentes de Konami en la matire, dj chaud par les versions Nintendo 64, et d'autres ratages en troid comme la licence Contra. D'autres sources suggreraient un conflit entre les quipes amricaines et japonaises, puisque ce sont les premiers qui taient en charge du projet. Il faudra attendre 2003 pour voir un nouveau Castlevania en troid, mais sur PS2, nomm Lament of Innocence, et qui semble partager quelques points communs avec les bauches de Castlevania Resurrection... Trois ans durant lesquelles Konami va tenter de se refaire, et de rassurer ses fans en recentrant le dbat sur un autre support: la Gameboy Advance.

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