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Castlevania - La série
Année : 1986
Système : Game Boy, GBA, MSX, NES, N64, PC Engine, Playstation, Saturn, SNES
Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Genre : Action / Plate-forme / Beat'em all

CASTLEVANIA : un voyage au pays des chasseurs de vampires...

- 2ème Partie : Les grandes heures -

Comme souvent dans son histoire, Konami va adapter une de ses séries phares sur d'autres plates-formes que celle où elle a vu le jour... Traîtrise, j'entends dire ? Pas forcément, car dans ce cas précis c'est plus le facteur innovation que la rentabilité qui prime.

AKUMAJOU DRACULA X : RONDO OF BLOOD (CHI NO RINNE) : PC Engine SUPER CD-ROM² (1993)

Prononcez le nom de la PC-Engine à tout fan de retro-gaming qui se respecte ou à un joueur console de la fin des années 80 et regardez ses yeux s'enflammer, la bave envahir ses lèvres et des mots comme "reine des shoot'em up" sortir comme des incantations à la gloire de l'entité "jeux vidéo"... Comme le MSX en son temps, les premières PC-Engine étaient un luxe reservé aux plus fortunés ou à ceux prêts à faire des tas de concessions pour se la procurer. C'est pourquoi cette machine, en raison de son prix élevé et d'une disponibilité à la limite du confidentiel, n'a jamais vraiment percé dans nos contrées malgrés des qualités indéniables et des jeux plus que novateurs (par exemple la série des Ys ou autre).

Une autre chose pour laquelle la PCE fut en avance sur son temps est l'ajout d'un lecteur CD-ROM, et dans le cas qui nous interesse ici c'est un gros plus qui, dans le cœur des joueurs qui s'y sont essayés, classera cet opus comme le meilleur de la serie pour la postérité...

Le jeu démarre sur une cinématique de toute beauté utilisant des dessins de type "manga", le tout relaté dans la langue de Goethe (ce qui pourrait être antinomique mais il n'en est rien), et pour l'époque c'est un ÉNORME pas en avant ! Durant cette présentation vous apprendrez le but de votre mission : des habitants de la ville de Turmoil ont disparu et le comte et ses sbires sont encore là-dessous... Pas de quoi quitter l'âtre, sa chaleur bienvenue par les temps qui courent et la température exterieure bavaroise me direz-vous, mais vous oubliez un facteur important : votre dulcinée Anette et sa petite soeur Maria font partie des manquants... Richter Belmont va donc décrocher la lanière de cuir de la cheminée et parcourir les chemins qui mènent au plus grand client de la succursale "Vampire Killer ltd.", j'ai nommé le comte Dracula.

Durant le jeu vous serez armé d'un seul et unique type de fouet mais l'arsenal habituel, qui va de la hache de lancer à l'eau bénite en passant par le livre sacré, sera aussi de la partie moyennant l'utilisation des cœurs trouvés le long de votre périple. Une des grosses nouveautés de ce titre, ce sont les sorties "alternatives" du niveau, chaque stage comprennant une sortie classique et un chemin de traverse qui vous mènera au final tout de même au chateau de Dracula, histoire de lui faire passer l'envie de recommencer à troubler votre quiétude. Chaque stage "alternatif" comporte lui aussi deux sorties, une qui vous transfèrera vers le suivant et une autre qui vous remettra sur le chemin de base... En bref il va falloir vous accrocher pour visiter tous les stages !

Tout comme dans Castlevania 3 sur Famicom, vous pourrez diriger un autre personnage au cours de l'aventure. En l'occurence ici c'est Maria qui sera de la partie lorsque vous l'aurez retrouvée (dans le deuxième stage rassurez-vous). Vous aurez la possibilité de choisir votre personnage lorsque vous tomberez nez à nez avec l'écran que tout joueur redoute (NDR : quoique ça depend du jeu, si je peux me le permettre, parfois le Game Over est salvateur), mais lorsque vous contrôlerez Maria, point de fouet a votre disposition (cette frêle créature pourrait se casser un ongle enfin ^_^): à la place, tout un arsenal d'origine animale que ne renierait pas Brigitte Bardot elle même : lancer d'oiseaux en attaque de base, carapaces de tortues ou encore un dragon seront vos animaux de compagnie durant votre quête. Tout comme Richter dispose du livre sacré, Maria utilisera un livre de chants qui laisse entendre aux créatures environnantes un organe exaspérant digne d'une Jennifer ou tout autre artiste formaté par TF1. Resultat de la chose ? Vous connaissez le talent de la Castafiore dans Tintin, je vous laisse imaginer le résultat ;)

Côté réalisation, ça a pris une légère odeur de naphtaline mais c'est toujours plaisant, tout en gardant en tête le contexte de l'époque où c'était une révolution graphique... Par contre au niveau de la musique, le processeur musical Roland SC88 n'a pas pris une ride et laisse planer des mélodies enivrantes comme on aimerait en entendre plus souvent lors de nos péripéties vidéoludiques. Tout ce qui est rare est cher et ce cas-ci n'échape pas à la régle, bien au contraire. Sorti uniquement au Japon, Dracula X est devenu mythique, en grosse partie grâce à cela (en plus de ses qualités indéniables). Le CD est quasi introuvable, que ce soit par les voies du commerce (et quand c'est le cas c'est du 200 € minimum sur E-bay... No comment...) ou par les voies détournées de l'émulation... Pour vous donner une idée de l'engouement suscité par ce titre lors de sa sortie, il faut se rappeller qu'il est apparu sur une machine en fin de carriere, dont on ne parlait plus beaucoup, et qu'il a quand même été testé dans de nombreux magazines de l'époque avec éloges habituellement utilisés pour une production signée Miyamoto.

Pour conclure, dire que c'est le meilleur de la serie est peut être légèrement usurpé - quoique je m'avance un peu vu que je n'ai jamais pu l'essayer personnellement, à mon plus grand regret - et que cette chronique est basée sur une collecte d'infos au fil de recherches sur de nombreux sites. Donc vous me ferez grâce des omissions sur celui-ci, car ce n'est pas faute de l'avoir cherché ! Mais dire que c'est l'un de ceux qui ont lancé la série dans la voie qui est la sienne aujourd'hui est tout à fait juste... Il est amusant de noter que c'est sur deux machines typiquement japonaises que cette série a construit ses bases, comme quoi l'histoire se repète souvent ;)

Un petit message qui n'engage que moi pour finir et qui va faire plaisir à Petitevieille : STOP PC ENGINE BUSINESS. Les passionnés de retro-gaming que nous sommes ne sont pas des vaches à lait !!!

Cliquez ici pour lire le point de vue de Tonton Ben sur Dracula X : Rondo of Blood.

AKUMAJOU DRACULA : Sharp X68000 (1993)

- CASTLEVANIA CHRONICLES : Playstation (2001)

C'est affolant ce que Konami a pu developper sur des machines sorties exclusivement au Japon. Qui hormis Soreal et Elesias, qui hantent E-bay et le forum Grospixels à la recherche de vieilleries, connait le Sharp X68000 ? Pourtant, nombreux sont ceux qui apprécient cet opus, qui serait resté aussi confidentiel que le premier de la série sur MSX s'il n'était pas apparu sur une boite grise issue elle aussi d'une traîtrise (comme quoi qui se ressemble s'assemble). Est-il nécessaire de nommer Ken Kutaragi et la Playstation ?

Comme vous vous en douterez sûrement en lisant le titre PSX (Castlevania: Chronicles), cet opus est en fait un remix du premier titre sur Famicom, lui aussi évolution de l'épisode MSX, avec en plus des rajouts piochés dans les différents titres de la série (vous suivez toujours ^_^). Une dame de l'équipe Konami va faire parler la poudre au niveau du design : Ayami Kojima. C'est à elle que l'on doit le nouveau dessin des ennemis et de Simon Belmont, et dire que son travail est superbe est une douce litote ! Il suffit pour s'en convaincre de regarder la modélisation des créatures amphibies dans le premier stage et le niveau de l'horloge (le stage qui m'en a le plus fait baver sur Famicom et je ne pense pas être le seul).

Malgré le caractére "on prend les mêmes et on recommence", ce titre comprend quand même quelques nouveautés, et ce dès la page titre où vous aurez le choix entre un mode classique avec une musique et un personnage transposés de la version Famicom, et une version "Arranged" avec des titres remixés (j'ai un peu de mal j'avoue...) et un Simon Belmont à la tignasse Violette (non j'ai rien pris mais on ne peut pas en dire autant des développeurs). Pourquoi faire deux modes qui se ressemblent autant me direz-vous ? Pour obtenir une durée de vie artificiellement prolongée comme seuls les Japonais savent le faire... Mais ici, pas de nouveaux costumes pour le héros ou de nouveau héros pour visiter le château mais quelque chose de plus subtil : un mode Time Attack. Vous obtiendrez celui-ci en finissant la version "Arranged" et choisirez un des 8 stages (oui, deux de plus que dans la version d'origine) dans lequel vous testerez les talents de sprinter du sieur Belmont dans le décor de votre choix.

Dis Monsieur, est-ce que c'est maniable cette fois-ci ? Si des efforts se font sentir pour améliorer la maniabilité, ce n'est pas encore ça et ça se rapproche glorieusement de l'ancêtre à ce niveau, même si le fait de pouvoir (enfin) contrôler la direction de son saut en vol est plutôt appréciable (il faut noter que Konami a fait son mea culpa sur ce point dans le DVD making of de Silent Hill 2, sur lequel il y a un bonus caché avec interview des développeurs de Castlevania).

Vu que nous avons deux versions à comparer, ne nous en privons pas tout en gardant à l'esprit les 8 ans qui les séparent... La version Sharp est un peu en-deça au niveau graphique mais tient tout de même la comparaison, ce qui est notable pour un tel écart entre deux sorties. La difficulté est souvent plus élevée sur les ordinateurs personnels que sur les consoles, et c'est une fois de plus le cas. Malgré tout, rien d'insurmontable avec un peu de persévérance. La version PSX contient trois modes de difficulté très bien équilibrés et c'est un fait assez rare pour le noter. Voici une anecdote pour briller lors des dîners mondains : la version Sharp vous permet de choisir entre plusieurs pistes midi lors du jeu, chose possible aussi sur PSX moyennant une manipulation en page titre.

On pourrait discuter des heures sur le pourquoi du comment de la sortie d'un tel titre sur PSX 8 ans aprés l'original, coup marketing très probable et/ou morceau de barbaque lancé aux fans pour patienter jusqu'au nouvel opus original ? Personnellement je n'encense ni ne détruis ce titre car il me laisse quelque peu indifférent après le plaisir de la redécouverte d'heures passées sur la NES. De là à dire que c'est une bouse... Non je ne pense pas, car il permet de se replonger dans l'univers "old school" des jeux de plates-formes 2D, et que l'on le trouve pour moins de 15€ désormais donc... Si vous avez l'occasion de vous y essayer n'hésitez pas, mais gardez à l'esprit que ce n'est qu'un portage sur lequel on a remis un couche de peinture et pas une rénovation jusque dans les fondations.

CASTLEVANIA THE NEW GENERATION / BLOODLINES / VAMPIRE KILLER : Megadrive / Genesis / SNES (1994)

Quand on vous dit que Konami bouffe à tous les rateliers c'est pas peu dire ! Cette fois-ci c'est la Genesis qui accueille son Castlevania avec un titre nommé Bloodlines aux États-Unis et The New Generation en Europe. Avec un titre comme celui-ci on peut s'attendre à des innovations qui relègueraient Castlevania IV au rang d'ancêtre vidéoludique, mais dans les jeux vidéo les titres ne font pas l'interêt, il suffit de voir pour se convaincre les dernières productions Cryo... (je sais je tire sur l'ambulance mais ça fait du bien ^_^)

Pourtant c'était bien parti et calibré pour flatter l'ego des non-Japonais, car cette fois-ci deux héros vous seront proposés : John Morris, un Texan dont le père a été tué lors du dernier combat en 1897 contre le comte Dracula, et Éric Lecarde, un Hidalgo ami de John et dont l'amie Gwendolyn fut la victime des suceurs de sang... Pour l'histoire : la contesse Bartley est revenue d'entre les morts et elle veut que son oncle Dracula la rejoigne. Vous voilà donc embringué dans une aventure qui vous mènera aux 6 coins de la planète.

Au début de l'aventure, vous choisirez votre avatar et donc votre arme : le classique fouet pour John et la lance pour Éric. Le fouet de John se manie comme dans les anciens titres de la série, avec la possibilité de jouer à Indy pour passer de plate-forme en plate-forme comme dans Castlevania IV; la lance d'Éric est plutôt sympa et propose des choses intéressantes, comme la possibilité de la faire tournoyer comme un bâton de majorette ou de s'en servir, à l'instar de notre Jean Galfione national, comme perche pour franchir les précipices ou atteindre des plates-formes en hauteur. Comme dans tout Castlevania qui se respecte, les armes s'upgradent en récoltant des items (ici des joyaux), le fouet devenant au final un éclair et la lance s'enflammant pour faire subir plus de dégâts. Vous en voulez une bonne ? Tout comme dans le triste premier épisode sur Gameboy, dès que vous serez touché, votre nouvelle aptitude s'envolera comme elle est venue... frustrant au possible ! Pour ce qui est des armes additionnelles, il n'y a pas foule mais des classiques : la hache de combat, l'eau bénite et le crucirang qui pour être plus correct est devenu un boomerang de cristal, utilisation habituelle moyennant cœurs trouvés dans les chandelles.

Même si il n'y a que 6 stages et que la difficulté n'est pas insurmontable, vous ne verrez pas la fin à la première partie car seulement deux continues vous seront accordés pour visiter la Transylvanie, l'Atlantide, la tour de Pise, l'usine d'armement allemande, le palais de Versailles, et un château anglais (quel globe-trotter ce comte). Malgré tout, vous pourrez choisir votre niveau de difficulté à la page titre donc... (et un code permet d'avoir les continues infinis). Au niveau de la réalisation, la Genesis crache ses tripes et même si les visuels sont un peu en-deça de la version Super Famicom, c'est tout de même plutôt joli. Même remarque pour la bande son qui s'en tire bien malgré le processeur sonore de la machine. Une durée de vie un peu courte, des graphismes juste sympas et une musique correcte sans plus empêchent toutefois ce titre de ravir la première place à Castlevania, mais il s'en est fallu de peu.

Pour conclure, si vous aimez l'univers Castlevania (sûrement puisque vous êtes en train de lire un dossier sur le sujet) et surtout les jeux de plates-formes, je ne peux que vous conseiller de vous y essayer car l'univers Castlevania transposé dans les années 1900, c'est quelque chose à ne pas rater. Quand aux défauts susmentionnés, c'est plus pour l'information que pour son caractère rédhibitoire.

CASTLEVANIA DRACULA X / CASTLEVANIA VAMPIRE'S KISS / AKUMAJOU DRACULA XX : SNES / Super Famicom (1995)

Attendu comme le messie par tout les fans de la serie et annoncé comme transposition du majestueux Circle of Blood sur PC-Engine, ce titre bien que correct laisse un arrière goût amer en bouche surtout quand on connait Castlevania IV et la version PCE...

Cet opus est connu sous 3 noms différents selon sa localisation : Akumajou Dracula XX dans l'archipel d'origine (non ce n'est pas du Hentaï bande de pervers), Dracula X aux États-Unis (étonnant vu le puritanisme qui les caractérise) et Vampire's Kiss dans nos contrées (quelle bande de chauds lapins nous sommes). Je ne vois pas pourquoi je vous dis ça vu qu'hormis le titre rien ne change dans ces trois versions.

Parlons un peu du jeu en lui-même. Arriver après Castlevania IV est peut être le plus gros défaut de ce titre, surtout vue la régression au niveau des contrôles : plus de fouet omni-directionnel mais juste la possibilté de frapper en avant ou en arriere, retour à Haut + bouton de tir pour lancer l'arme secondaire (pour un pad à 6 boutons c'est un comble), j'en passe et des meilleures... Au niveau design, Richter est bien rendu et les décors sont superbes si vous aimez le style "dessiné" (du cell-shading avant l'heure ?), mais le mode 7 est injustement sous-exploité, sauf lors du premier stage avec les flammes qui dansent dans le fond de l'écran et des scrollings différentiels de bonne facture comme dans les meilleurs shoot'em up.

Ce qui change aussi par rapport à la version PCE, c'est la fin des sorties alternatives à tous les niveaux et la non-possibilité d'emprunter les traits et la voix cristalline de Maria. L'histoire étant identique il vous faudra les trouver tout de même, elle et sa sœur Annette. Ceci dit, hormis le fait que cela vous fera explorer deux nouveaux stages et vous offrira une fin alternative, vous n'aurez rien de plus et c'est bien dommage...

Pour corser le tout, certains ennemis sont tout bonnement frustrants de difficulté (et pourtant habituellement c'est ce que je recherche). Exemple : ceux armés de lance dès le deuxième stage et les chevaliers qui vous font voler à travers l'écran dès qu'ils vous touchent un peu plus loin dans le jeu ! Pour ce qui est des armes additionnelles, ici rien ne manque de la précédente version et c'est tant mieux, même si ce sont des classiques. On ne peut pas dire que ce titre soit mauvais, loin de là, mais comme souvent les comparaisons avec son ainé direct sur PCE ou indirect sur Super Famicom lui sont fatales. Hormis sa difficulté parfois inhumaine (sauf si vous vous accrochez et que vous notez bien les mots de passe car il n'y a pas de pile de sauvegarde), ce titre est loin d'être mauvais si vous aimez la plate-forme pure et dure. Au prix où l'on trouve ces jeux maintenant ce serait dommage de passer à côté une fois de plus.

Nous venons de voir comment, avec plus ou moins de succès, Konami a traversé la galaxie des différents constructeurs de l'époque. Je passe la main à Tonton Ben pour la suite du dossier, et vous dis encore une fois : n'hésitez pas à ressortir vos consoles pour vous essayer aux merveilleux titres de cette série. Bon jeu !

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