Un des meilleurs jeux d’aventures jamais réalisés
: ni plus, ni moins. Sorti en 1996 sur PC, l’équipe de Revolution
Software (Angleterre) a réalisé un boulot fantastique pour proposer un jeu d’aventure « meilleur
que Monkey Island ». En effet dès 1992, Revolution Software
s’était fixé pour but de réaliser un jeu d’aventure qui surclasserait le hit de Lucas
Art considéré alors comme la référence. Leur premier essai, Lure of the Tempress,
s’il n’était pas dénué de qualité, était encore loin de la valeur des Monkey Island.
Lure of the Tempress (1992)
Ne désespérant pas, ils se remirent
à la tâche pour sortir en 1994 Beneath a Steel Sky. Ce jeu d’aventure classique adoptait
une nouvelle interface laissant le plein écran à de magnifiques graphismes. Les anglais
de Revolution Software avaient en effet appelé à la rescousse le dessinateur de comics Dave
Gibbons (The Watchmen, Liberty) qui les avait beaucoup aidés pour la partie graphique. Le solide
scénario de science-fiction et l’humour bien senti permettaient à Beneath a Steel Sky d’être
une franche réussite, mais pas encore meilleure que la série des
Monkey Island.
Beneath a Steel Sky (1994)
Finalement, c’est avec la sortie des Chevaliers
de Baphomet en 1996 que Revolution Software parvint enfin à atteindre son objectif : détroner
Monkey Island dans le cœur des joueurs.
Les Chevaliers de Baphomet (Broken Sword en version
originale) est un jeu d’aventure classique qui se dirige à la souris. Le système de jeu
« point& click » est hérité de Lucas Arts mais comporte quelques améliorations
: les graphismes sont désormais en plein écran et en S-VGA.
Le rendu graphique est l’une des grandes réussites du jeu, les écrans
sont véritablement magnifiques et vous font vraiment voyager. Le style des personnages se rapproche
de celui d’une bande dessinée et les animations sont d’excellentes facture. Les scènes intermédiaires
et l’intro sont de véritable petits dessins animés : bref, coté graphique c’est un
sans faute.
Les Chevaliers de Baphomet (1996)
Ce qui fait de ce jeu une référence,
c’est son excellent scénario, la qualité de ses dialogues et son humour si particulier. Coté scénario vous incarnez Georges Stobbart, un jeune américain
en visite à Paris. L’intro donne le ton : alors que Georges se relaxe à la terrasse d’un
café, un clown lance une bombe et tue un mystérieux individu : Monsieur Plantard. À partir
de là, George se lance à la poursuite de l’assassin sans savoir qu’il embarque pour une
longue quête qui le conduira de Paris à l’Irlande, l’Espagne, la Syrie et l’Écosse avant
que le mystère soit résolu. Durant son aventure, Georges en apprendra un peu plus sur les
Templiers et leur fabuleux trésor et rencontrera de nombreux personnages sympathiques ou non. De
rebondissement en rebondissement, le joueur ne lâche plus la souris….
Les dialogues, même si certains ont tendance
à les trouver un peu longs, sont excellents. La qualité de la version française,
notamment le délicieux accent du héros, permet d’apprécier toute la finesse de l’humour
et des situations. La narration en voix off est un modèle du genre et nombre de réflexions
de Georges Stobbart vous feront sourire.
Baphomet connut à sa sortie un grand succès
et, rapidement, devint un jeu culte. Il représente un certain aboutissement du jeu d’aventure classique
(graphisme en 2D et interface à la souris), une sorte de perfection. D’ailleurs c’est quasiment
le dernier stade de l’évolution du jeu d’aventure « point&click ». Baphomet fut adapté
sur Macintosh et sur Playstation.
En 1997, Revolution Software sortit un nouvel
épisode, intitulé Les Boucliers de Quetzcoatl, très agréable à jouer
avec des graphismes légèrement améliorés mais sans aucune innovation.
Les Boucliers de Quetzacoatl (1997)
Jean-Baptiste
LEBELLE