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Castlevania - La série
Année : 1986
Système : Game Boy, GBA, MSX, NES, N64, PC Engine, Playstation, Saturn, SNES
Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Genre : Action / Plate-forme / Beat'em all

CASTLEVANIA : un voyage au pays des chasseurs de vampires...

- 5ème Partie : L'héritage -

Après l'accueil plutôt tiède, voire froid des deux versions Nintendo 64, et une licence qui a pris de fait un coup dans l'aile avec une version Gameboy en retard de huit ans puis l'affaire de l'épisode Dreamcast, Konami profite de la sortie de la Gameboy Advance pour recentrer son activité sur ce qui a toujours fonctionné: la deuxdé classique. Et ce support portable se prête extrêmement bien à l'exercice, surtout lorsqu'il s'agit de reproduire la recette miracle de Symphony of the Night...

- CASTLEVANIA: CIRCLE OF THE MOON / AKUMAJO DRACULA: CIRCLE Game Boy Advance (2001)

Un écran titre plutôt sobre.
Réunion de famille...

Développé par la team Kobe de Konami, responsables des épisodes Nintendo 64, Circle of the Moon débarque très rapidement dans la logithèque encore réduite de la Gameboy Advance. Dans cet opus, ce n'est pas un chasseur de vampires, mais trois qui partent à l'assaut du château. Morris Baldwin, le vieux maître, assisté de son fils Hugh et de son apprenti Nathan Graves, est confronté à Carmilla, qui le capture et renvoie les deux jeunes gens dans les profondeurs du château. Commence alors l'aventure avec Nathan, tandis que Hugh part de son côté.

Le premier boss place déjà la barre très haut.
Je vais te le dresser, le bovidé, moi...

On retrouve ici toute l'interface qui avait fait le succès de Symphony of the Night: indicateurs de dégâts, plan du château, noms des ennemis, et l'interface de statut. L'inventaire et l'équipement sont aussi de la partie, mais un nouveau système a fait son apparition: le DSS Card. Quoi-qu'est-ce? Et bien, à l'époque où la série Pokemon faisait un carton auprès des jeunes, Konami a cru bon d'entretenir l'esprit collectionneur des joueurs avec toute une série de cartes qui gratifie le héros de pouvoirs supplémentaires, et qui sont à ramasser sur les différents adversaires. Deux séries de dix cartes chacune sont à distinguer: d'un côté, les cartes actions, sur le thème des dieux grecs; de l'autre, les cartes attributs, représentées par des monstres mythologiques. En combinant une de chaque série, l'on obtient des effets particulièrement intéressants. Par exemple, en associant les cartes "Mercury" et "Salamander", cela donne un fouet enflammé. Le nombre et la diversité des possibilités sont impressionnants.

Le plan du château.
Un des nombreux effets du DSS Card.

Le château, quant à lui, est toujours aussi grand et fonctionne sur la même ouverture que Symphony of the Night. Néanmoins, les niveaux sont en général moins confinés, et consistent plus sur de grandes pièces remplies de plates-formes. Le graphisme est assez fin, mais les décors donnent un peu trop dans le sombre; l'écran n'est pas toujours lisible. De même, les styles environnementaux ne sont pas assez variés, c'est dommage. Les musiques sont plutôt bonnes, si l'on prend en compte les limitations techniques du support; mais les bruitages sont quasi inexistants. Par contre, là où Symphony of the Night péchait sur sa difficulté, les p'tits gars de Kobe ont largement rehaussé le niveau. Sans atteindre la frustration des premiers volumes sur NES, il va falloir quand même se préparer à quelques bonnes dérouillées. Les ennemis sont nombreux, coriaces, et la sauvegarde fréquente s'avère de rigueur. Surtout que Nathan à des contrôles assez raides, et des mouvements un peu lents.

Échappé de la petite boutique des horreurs...
Le DSS Card, au complet.

Circle of the Moon est un très bon épisode, un coup d'essai sur un nouveau support, mais qui, malgré quelques erreurs de jeunesse (pour une série vieille de dix ans), a rencontré le succès. Très technique, et difficile, il s'agit tout de même du grand retour de la légende de Dracula.

- CASTLEVANIA: HAROMNY OF DISSONANCE / CONCERTO OF THE MIDNIGHT SUN / WHITE NIGHT CONCERTO : Gameboy Advance (2002)

Il est pas beau, ce menu?
Le menu des stats.

À peine un an après Circle of the Moon, voilà qu'un autre Castlevania sort à nouveau sur Gameboy Advance! Cette fois-ci, Koji Igarashi reprend la main avec son équipe de Tokyo, et cherche à gommer les défauts de son prédécesseur. Igarashi renoue ici avec la lignée Belmont, avec comme héros Juste (Juste, c'est son prénom, c'est juste, non?), et son acolyte Maxim, qui partent à la rescousse de Lydie, enlevée et retenue prisonnière dans le château maudit. Anecdote originale, tous les prénoms sont d'origine française.

Des décors magnifiques.
Une vieille connaissance de Chronicles...

On est donc reparti pour un Symphony of the Night-like, avec une exploration mâtinée de confrontations avec les hordes qui hantent les couloirs du bâtiment. Ce qui saute aux yeux, c'est bien évidemment le graphisme: les critiques ont été entendues, et une clarté aveuglante illumine Harmony of Dissonance! Le contraste a été rehaussé, et même le héros, dont le sprite est bien plus grand, a bénéficié d'un halo bleu certes un peu disgracieux de prime abord, mais qui s'avère assez pratique. Ce lifting concerne également l'ensemble du château, avec des zones bien distinctes graphiquement, colorées, et qui affichent pour certaines les effets de profondeurs chers à Symphony of the Night, mais à coup de mode 7 cette fois-ci, Gameboy Advance oblige. Le résultat est magnifique. Les animations ne sont pas en reste, Juste a hérité de la souplesse de déplacement d'Alucard, ainsi que de certaines attitudes. Juste peut également accélérer en avant ou en arrière, ce qui permet de passer certains couloirs redondants à toute vitesse. Certains ennemis sont particulièrement bien animés, notamment quelques très gros morceaux qui eux aussi ont bénéficié du mode 7. Malheureusement, la prouesse technique se paie, et c'est le son qui en pâtit.

Ce sort me rappelle quelqu'un...
Des excellents effets de distorsion de l'arrière-plan .

Alors que Circle of the Moon ne proposait qu'un seul château, ici, Juste va devoir en arpenter deux versions. Élément original, le passage de l'un à l'autre se fait par les téléporteurs, et le jeu va imposer au joueur d'alterner successivement la visite de l'un et de l'autre, afin de parvenir au 200% et à la fin de l'histoire. Ces bascules finissent par donner un côté labyrinthique à l'ensemble, si bien que l'on se demande régulièrement par où passer. Le concept de l'épisode s'éloigne un peu du principe original des Castlevania, mais qu'importe. Pour ceux qui n'ont pas la mémoire des lieux, sortez le papier et le crayon, parce que, croyez-moi, on passe une bonne partie du temps de jeu à tourner en rond, ça en devient parfois infernal. Les allers-retours sont légion, dans le style Resident Evil.

Juste do it (Ah ah).
Une autre demonstration de Spell Fusion.

Juste Belmont ayant comme ancêtre Sylpha Belnades (Castlevania 3: Dracula's Curse), le système de DSS Card a laissé sa place au "Spell Fusion": il s'agit d'une série de livres de magie à récupérer tout au long de l'aventure. En associant leur utilisation à une sous-arme, on obtient des effets supplémentaires: par exemple, le livre de glace combiné au crucifix donnera une gigantesque croix flottante de glace qui suit Juste et qui tire automatiquement des pics de glace. Sans atteindre la profondeur du système précédent, celui-ci s'avère tout de même intéressant, et l'on n'est pas obligé de frapper dix fois la même bestiole pour les récupérer, il n'y a qu'à les dénicher. Effet pervers du Spell Fusion, les sous-armes ne sont quasiment plus exploitées dans leur finalité originelle: comme il faut à chaque fois désactiver les livres de magie, on finit

Attention la grosse lame!
Le plan des deux châteaux réunis.

Malheureusement, Harmony of Dissonance est un jeu plutôt court, avec une difficulté rabaissée depuis Circle of the Moon. Quelques bonus sont à débloquer, comme le fait de rejouer avec Maxim, soit une aventure à la profondeur équivalente à celle de Richter dans Symphony of the Night, et un Boss Rush mode, avec la présence d'une guest star. Tout ceci se déverrouille avec la bonne fin de Juste, qui en compte trois différentes, en fonction de certaines actions effectuées. Avantage indéniable, le joueur n'est pas obligé de se farcir à nouveau le jeu dans son intégralité: sa sauvegarde initiale lui permettra de trouver les trois. Ah, oui, pour les joueurs atteints de collectivite, il y a aussi une histoire d'objets à récupérer dans le château pour orner une pièce dédiée à cet effet. Étrange, et plutôt inutile.

Pour finir, un montage de la collection complète de l'ami Juste. Coquet, non?

Harmony of Dissonance finit par s'imposer comme l'anti-thèse de Circle of the Moon: corrigeant ses défauts, il retombe aussi dans les travers de Symphony of the Night. Il n'en reste pas moins que l'on se situe toujours dans l'extrêmement bon, le plaisir de jeu est là, le confort en plus dans cet épisode. À noter qu'il s'agit du premier titre de la série ayant imposé l'appellation "Castlevania" dans son titre original, et qu'il reprend la tradition des titres fondés sur des termes musicaux, tradition commencée avec Rondo of Blood, et abandonnée avec les versions Nintendo 64 et Circle of the Moon.

- CASTLEVANIA: ARIA OF SORROW / MINUET OF DAWN : Gameboy Advance

Le beau menu en français!
Le plan du château...

Konami enchaîne les titres avec frénésie: pour la troisième année consécutive, un nouvel épisode pointe le bout de son nez sur Gameboy Advance, de nouveau dirigé par Koji Igarashi, et toujours fondé sur le système de jeu introduit en 1998 par Symphony of the Night. Et vous pensez que le concept s'essouffle? Même pas!

Par une belle nuit de pleine lune...
Attaque de sorcières!

Si jusqu'ici, Castlevania: Bloodlines avait placé l'aventure au plus proche de notre époque, c'est-à-dire en 1917, Aria of Sorrow dépasse tout et se déroule en 2035, rien que ça. Soma Cruz, étudiant japonais, se retrouve lors d'une éclipse solaire coincé dans le château de Dracula, ce dernier ayant réapparu comme prévu en 1999, et banni définitivement. Par qui? Comment? Des questions qui laissent encore le champ libre à Konami pour un prochain épisode. En attendant, Soma doit trouver le moyen de sortir du château, et accessoirement, comprendre pourquoi et à cause de qui il s'est retrouvé dans ce pétrin. Surtout qu'il n'est pas seul sur place: sa petite amie Mina est à ses côtés, et semble mal supporter l'endroit. D'autres personnages sont présents et jouent un rôle dans cette intrigue: Yoko Belnades, descendante du clan de Sylpha (encore une!); Graham, un ancien militaire reconverti dans le commerce (!?); Graham Jones, le leader d'un secte douteuse; J, un amnésique qui a peur de l'éventuel résurrection de Dracula; et enfin, Genya Arikado, un personnage énigmatique, qui semble en savoir beaucoup plus que les autres sur le sujet.

L'écran de statut.
Rencontre avec Yoko.

Les fans ont eu très peur en apprenant le contexte et l'époque de l'histoire: des craintes étaient émises à propos d'éventuels évolutions techniques, voire peut-être même d'un château futuriste. Il n'en est rien, l'environnement reste ultra-classique. Troisième épisode à réutiliser les règles posées par Symphony of the Night, Aria of Sorrow est peut-être celui qui se rapproche le plus de son modèle, parce que l'inventaire dément est de retour: en plus de la liste habituelle des équipements de protection à rallonge, et des divers objets aux applications multiples, une multitude d'armes variées sont à trouver, certaines étant particulièrement originales. Graphiquement, Konami s'est surpassé en proposant des décors sublimes, variés, lisibles, et agrémentés d'effets de profondeur et de distorsion. Les sprites sont quant à eux à bonne échelle et biens visibles. La maniabilité est exceptionnelle, les animations fluides, en un mot comme en cent, on frise la perfection. Surtout que l'environnement sonore n'a pas été cette fois-ci sacrifié: je ne sais comment Konami s'y est pris pour tout coller dans la cartouche, mais on frise la perfection technique.

Ouh, il est gros celui-là!
Et un sort de vie, un!

Après le DSS Card, puis le Spell Fusion, voici le "Tactical Soul System": Soma a en effet la capacité de récupérer l'âme de chaque ennemi vaincu pour s'en servir comme sort, le tout étant classé en quatre catégories: les grises définissent les capacités permanentes comme le double saut ou la glissade; les rouges caractérisent les sorts d'attaque, les jaunes dénomment les sorts d'amélioration de stats ou de protection, et les bleues regroupent les sorts de défense. Chaque classe d'ennemis, boss compris, est à même de lâcher une âme; on en dénombre 110. Bon courage, vu que certaines âmes sont particulièrement ardues à obtenir. Le principe s'avère en tout cas excellent, et propose un très bon challenge.

Une distorsion en arrière-plan du plus bel effet!
Des ennemis surprenants...

Aria of Sorrow propose deux niveaux de difficulté, deux fins différentes, et un Boss Rush mode; avec une difficulté mieux dosée, sa quête des âmes, et surtout un scénario intéressant, il s'impose comme une réussite complète, l'aboutissement de deux ans de développement, grâce à l'expérience acquise avec Circle of the Moon et Harmony of Dissonance. Petite cerise sur le gâteau pour nos amis anglophobes, le titre est sorti chez nous en version française. On ne pourra pas dire que Konami ne fait pas d'efforts pour satisfaire un maximum de monde. Non mais!

Combat contre une nurse ninja!
L'effet d'arrière-plan en mouvementest incroyable !

Vue d'ensemble, la trilogie Castlevania sortie sur Gameboy Advance pourrait n'être qu'une série de clones surfant sur le succès de Symphony of the Night, et sortie à une cadence industrielle sur un support qui a le vent en poupe. Il n'en est rien, malgré un système de jeu en commun, chacun des trois épisodes s'oriente dans une direction différente, propose un challenge variable, et ses caractéristiques propres. Si vous cherchez la difficulté, choisissez le premier; si l'exploration et les environnements colorés sont plus votre tasse de thé, préférez le second; enfin, si vous souhaitez une aventure équilibrée et solidement constituée, le troisième est fait pour vous. Mais le mieux est encore de s'attaquer aux trois...

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