CASTLEVANIA
: Un
voyage au pays des chasseurs de vampires...
- 3ème
Partie : L'apogée -
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CASTLEVANIA SYMPHONY OF THE NIGHT / NOCTURNE IN THE MOONLIGHT
: Playstation / Saturn (1997/1998)
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Le
titre, version occidentale... |
...
et version orientale. |
Avec
l'arrivée des consoles 32-bits, Konami décide
de ne pas louper le coche et décide de porter sa prestigieuse
licence sur la machine de Sony, la PSX. Cet épisode
portera les doux noms de Moonlight in the Nocturne
pour les japonais, et de Symphony of the Night
pour le reste du monde. Il s'agit d'une réalisation de
la team Konami de Tokyo, dirigé par un certain Koji Igarashi,
qui avait déjà légèrement participé
à Dracula X : Rondo
of Blood sur PC-Engine.
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Richter,
quand on l'énerve... |
...
il s'enflamme ! |
Symphony
of the Night
reprend exactement là ou Rondo
of Blood s'était arrêté, enfin
pratiquement : le joueur démarre sur un final stage
aux commandes de Richter, en bas des fameux escaliers, juste
avant sa confrontation avec le comte. Histoire de s'immerger
totalement dans l'histoire, Konami nous fait revivre le climax
de la version PC-Engine que peu de personnes ont connu,
faute d'une importation inexistante (cf. partie
2). Une fois le faquin bouté hors de son château,
s'enchaîne une introduction textuelle (narrée en
japonais), où l'on apprend que quatre ans jour pour jour
après la victoire sur Dracula, par une nuit de pleine
lune, Richter a disparu ; au même moment, le château
s'est reformé.
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Agressifs,
les bouquins ! |
Je
m'en vais leur sonner les cloches... |
Ne sachant par où commencer ses recherches, Maria Renard,
la jeune fille complice de Richter dans Rondo
of Blood, se dirige vers le château. Pendant
ce temps, Alucard, le fils issu de l'union de Dracula et de
Lisa, une doctoresse accusée de sorcellerie et brûlée
vive par ses congénères, se réveille de
son caveau où il s'était plongé en léthargie
depuis Castlevania III :
Dracula's Curse. Alors que le château ne
doit réapparaître que tous les cent ans, Alucard
sent le coup fourré, et part lui aussi à l'assaut
de la forteresse.
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Le
menu de statut... |
...et
celui de l'inventaire. |
Bon,
je ne vais pas vous le cacher, mais Alucard, question prestance,
c'est la grande classe. Traits aquilins, cheveux longs blancs
attachés, tenue noire à grand col et longue cape
flottante, le vampire sait se fringuer quand il sort le soir.
De plus, il possède sa propre épée et son
propre bouclier, car Môssieur est une fine lame. Petit
problème : à son arrivée, la Mort
l'accueille et l'incite fortement à renoncer à
ses projets. Face au refus catégorique d'Alucard, elle
lui arrache tout son inventaire, et l'éparpille aux quatre
coins du château. Ça commence bien.
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Gaibon
et Slogra, deux vieilles connaissances. |
Attention
aux sorcières de Salem ! |
De
là commence vraiment l'aventure, dont la forme a totalement
bouleversé la construction classique d'un épisode.
En fait, on se rapproche très fortement d'un Super
Metroid : en effet, point de niveaux linéaires,
et si le château est effectivement découpé
en différentes sections, l'exploration est totalement
libre. Et il y a des kilomètres de couloirs à
arpenter. On y retrouve toutes les parties classiques de Castlevania :
le grand hall, la chapelle, la tour de l'horloge, la rivière
souterraine... Pour s'y retrouver, un plan est désormais
disponible, indiquant toutes les pièces visitées,
les téléporteurs, ainsi que les points de sauvegardes,
deux autres petites nouveautés.
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Ni
vu ni connu, je me transforme en brume. |
Aïe,
ça pique ! |
Un
autre menu est apparu, et pas des moindres : l'écran
de statut. Ressemblant étrangement à un écran
de Final Fantasy,
il s'agit tout simplement d'un menu de gestion du personnage,
car Igarashi et ses p'tits copains, non contents d'avoir cassé
l'enchaînement rigide des niveaux, ont également
introduit des concepts de RPG, rien que ça ! En
effet, différents paramètres sont pris en considération
chez notre héros : Force, Constitution, Intelligence,
et Chance sont les caractéristiques primaires qui influent
directement sur l'attaque, la défense, les points de
vie et les points de magie. Plus les points d'expérience,
qui augmentent à chaque ennemi abattu ; leur accumulation
permet de passer les classiques niveaux d'expérience,
qui augmentent automatiquement les paramètres primaires,
et donc en cascade les paramètres secondaires.
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Legion of Chaos : un grand moment
de poésie. |
Les
esprits s'échauffent dans le coin.
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Également
à gérer dans le panneau de statut, l'inventaire
est d'une taille ahurissante dans Symphony of the Night.
On ramasse pêle-mêle sur les ennemis et tout au
long des parcours : chaussures, protection de la tête,
médaillons, bagues, armures, capes, nourriture et armes.
La dernière catégorie regorge d'outils en tout
genre, avec un grand éventail d'épées,
mais aussi bâtons envoûtés, marteaux, tonfas,
poings cloutés, ainsi qu'un grand choix de boucliers.
Tous les objets à équiper influent sur les caractéristiques,
au joueur de juger de la pertinence de ceux-ci. Tant qu'on est
dans le rayon des attaques, les sous-armes, qui s'activent avec
les cœurs contenus entre autres dans les chandelles, sont
toujours présentes, avec deux nouvelles pour l'occasion.
Et si je vous dis qu'en plus de tout ça, une vingtaine
d'objets spéciaux indispensables à la quête
sont à dénicher, qu'Alucard peut être assisté
de familiers aux habilités spécifiques, qu'il
manie une poignée de sorts fort utiles, et qu'en plus,
il peut se transformer en chauve-souris, en loup et en brouillard,
vous me dites ? Que la phrase précédente
est beaucoup trop longue, et que vous avez besoin de reprendre
votre souffle. OK.
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Maria
a grandi... pour mon plus grand plaisir ! |
Galamoth,
un boss très impressionnant. |
Avec
des possibilités aussi larges, il aurait été
dommage que la quête et le terrain de jeu ne le soient
pas tout autant. Rassurez-vous, si l'intrigue du jeu ne prétend
pas concurrencer un Silent
Hill 2 ou un Metal Gear
Solid, il contient tout de même quelques
rebondissements intéressants. Et surtout... N'imaginez
pas en avoir fini avec le château, puisque sa version
inversée vous attend cordialement, et fait partie intégrante
du jeu. Toutes les pièces et couloirs sont prévus
pour être retournés verticalement, ce qui donne
un résultat déconcertant mais qui fonctionne.
D'ailleurs, tout ce si beau parcours n'est pas vide, loin de
là. Pas moins de cent quarante bestioles différentes
attendent notre vampire redresseur de torts ! Chacune a
ses points forts, ses points faibles, et ses attaques spécifiques,
avec des petites surprises comme l'ajout du statut poison, de
la malédiction, de la pétrification, c'est variable.
Tout le bestiaire des opus précédents est de la
fête : squelettes, zombies, profonds (comprenez ici
les hommes-poissons, les amateurs de H.P.
Lovecraft auront reconnu le terme), sorcières...
Plus une vingtaine de boss, généralement d'une
taille impressionnante, et qui mettent encore plus d'ardeur
à vouloir stopper la progression du joueur. Tout comme
dans Rondo of Blood, les techniques pour les
battre sont consultables, moyennant finances. Elles se trouvent,
avec les caractéristiques des adversaires, chez le maître
libraire, qui fait office au passage de marchand.
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Le
plan du château. Imaginez la même chose à
l'envers... |
...
et ça donne ceci. Renversant, non ? |
Visuellement,
la PSX se la donne en Deuxdé, avec un graphisme
fin sur les sprites, des décors très réussis,
et surtout, quelques effets troidé visibles à
certains passages, et qui ajoutent une légère
perspective. La chapelle, dans ce registre, est de toute beauté.
On regrettera peut-être qu'il n'y en ait pas eu un peu
plus. Les animations sont splendides, mention spéciale
à celle d'Alucard, qui présente une souplesse
exceptionnelle, avec un effet de traînée de son
sprite. Fait exceptionnel dans la série, même si
cela s'était un peu arrangé avec le temps, le
héros bénéficie d'une maniabilité
exemplaire ! Les commandes ne répondent qu'avec
un léger temps de latence (tout léger, c'est-à-dire
rien comparé aux épisodes précédents),
les sauts présentent une grande amplitude et sont enfin
contrôlables, c'est un réel bonheur. Seuls les
manipulations pour lancer les sorts peuvent apparaître
complexes, mais avec un peu d'entraînement, on y arrive.
La bande son, quant à elle, s'affirme grâce au
support cédé, et c'est un festival symphonique
gothique pour les oreilles. C'est bien simple : avec celle
de Final Fantasy Tactics,
il s'agit d'un des plus beaux accompagnements musicaux pour
un jeu PSX. Restent les bruitages, composés
en grande partie de sons digitalisés qui correspondent
parfaitement à l'ambiance, et de voix qui, en version
japonaise, donnent complètement le ton, et qui perdent
un peu de leur intensité dans la version anglaise.
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La
chapelle, magnifique ! |
Ce
cher Olrox, animé à la perfection... |
Alors,
Symphony of the Night, le jeu du siècle ?
Presque, en tout cas l'un des titres majeurs de la PSX,
encensé par la presse, et adoubé par le public.
Les fans, eux, sont aux anges, car avec cet épisode et
sa première partie Rondo
of Blood, l'on obtient la quintessence d'une longue
série. Seul un reproche est à formuler :
la difficulté. Alors que tous les titres précédents
avaient tous réussi à effrayer des générations
de joueurs par la frustration qu'ils engendraient, nous avons
ici le premier élément de la série qui
ne présente pas de réels problèmes. Seuls
un ou deux boss ralentiront un peu la progression, mais puisqu'il
n'y a aucun piège fatal (pas de trous sans fond, par
exemple), que le personnage se retrouve au final suréquipé,
et que la barre de vie peut augmenter par l'expérience,
tout cela sans prendre en compte les sauvegardes à volonté,
le joueur paiera légèrement toutes ces innovations
par un challenge un peu revu à la baisse. Mais qu'importe,
Symphony of the Night est long et vaste, l'exploration
est un tel plaisir, car il y a énormément de secrets
à découvrir. À commencer par quatre fins
différentes, et pour les acharnés, la possibilité
de refaire le jeu en mode classique avec un Richter Belmont
au top de sa forme, sans inventaire et sans intrigue, juste
lui et son fouet. Attention, ici, c'est tout le contraire :
certains passages dans le château inversé relèvent
de l'exploit.
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Oui
oui, l'épée qui flotte est à moi... |
...
comme la fée à mes côtés. |
À
noter que le jeu n'est pas une exclusivité Sony, puisqu'une
version adaptée par la team Konami de Nagoya a vu le
jour exclusivement en japonais sur Saturn. Elle est
également âprement recherchée par certains
collectionneurs, puisqu'elle propose de jouer avec Maria Renhardt,
une légère variation dans le scénario,
deux ou trois objets de plus, ainsi que deux sections supplémentaires,
la prison et le jardin souterrain. Enfin, pas de quoi pavoiser,
ces nouveaux passages sont ridiculement petits et n'apportent
pas grand-chose. Les nouveaux monstres qui s'y trouvent non
plus. Et les ralentissements fréquemment rencontrés
sur cette adaptation sont un peu crispants. Exit aussi l'art
book contenant le reveil d'Alucard en manga et quelques réalisations
Ayami Kojima, l'artiste japonaise qui a brillamment réalisé
le design de cet opus, et qui sera mise à forte contribution
dans les versions ultérieures. La compilation musicale
en bonus est elle aussi passée à la trappe.
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Et
hop, je me transforme en chauve-souris. |
Il
fait beaucoup trop chaud, ici ! |
En
résumé, Symphony of the Night
est le pavé dans la mare Castlevania,
l'évènement que l'on attendait sans trop y croire,
et bien que la mode de l'époque ne jurait que par la
troidé, Konami a fait le pari risqué de sortir
sa licence préférée sur une console nouvelle
génération, misant sur un visuel classique mais
soigné, et surtout sur un gameplay diabolique. Même
les joueurs étrangers à l'univers Castlevania
sont tombés dedans, et c'est le jeu qui m'a fait casser
la tirelire pour ma PSX. Témoin de l'engouement
général qu'a suscité ce titre, pas mal
de rumeurs et de légendes circulent autour de lui sur
les forums de fans... Il faut dire que Symphony of the
Night regorge de secrets et de petites astuces en tous
genres, ainsi que d'un bon paquet de références
aux épisodes précédents, et pas seulement
à travers du bestiaire. L'impact de ce titre sur la série
sera tellement important, qu'il va servir de nouvelle référence
et être à l'origine d'une série de jeux
sur la petite console de Nintendo : la Gameboy Advance.
Mais c'est une autre histoire...
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Mon
pote la Mort... |
On
ne choisit pas toujours ses ennemis. |