Merci au site Silicium
(http://www.silicium.org).
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S'il est
une marque qu'on a mis sous terre plus d'une fois et qui pourtant
est encore parmi nous, c'est bien Apple ! En effet, bien avant la
guerre des clones de Lucas, le monde de l'informatique a connu la
sienne sous le joug d'IBM et de l'armée de compatibles qui se construisit
autour de lui : Compaq, Bull, Zénith, combien ont choisi le chemin
du PC afin de se remplir les poches ? Les no-names
assemblés se sont greffés à cette gigantesque famille qu'est le PC
afin d'asseoir l'évidente réalité de l'uniformisation. Face à cette
coalition, la résistance pour la disparité était maigre et portait
les noms de Commodore (bien qu'ayant joué double jeu pendant quelque
temps), Atari, Apple et dans une moindre mesure Acorn (remember
les merveilleux Archimedes
!). Ils pensaient ne pas jouer dans la même cour et ne se sont pas
souciés de l'arrivée sur leurs terres du côté sombre de la force.
Mais un jour, alors qu'ils se reposaient sur leurs lauriers depuis
quelques années, ils se rendirent compte qu'à leurs côtés, sur leurs
propres étalages, se trouvait du compatible à gogo aux performances
insolentes. Tous disparurent les uns après les autres et leurs noms
rentrèrent dans la légende pour ceux qui les chérirent... Tous ? Non,
au milieu de cette armée de personal
computers, Apple et son Macintosh
trouva sa place et résiste encore en proposant une alternative. À
l'époque des Amiga et ST,
Apple eut l'envie de sortir une machine pour le marché dit familial,
une machine qui, aux côtés de Mac
le pro, aurait du être le prolongement de la série phare qui fit le
succès de la marque, l'Apple II,
symbole d'un temps béni ou Apple faisait figure de pionnier ! Cette
machine devait conserver le chiffre II pour confirmer l'appartenance
à ses glorieux aînés, et c'est ainsi que fut pensé l'Apple
II GS : G comme Graphics,
S comme Sound !
Petit historique
d'avant création
Alors que
depuis 1984 le Macintosh
est la star montante dans le milieu professionnel, Apple n'a pas grand
chose de nouveau à proposer au grand public à part ces Apple
IIe et IIc qui, face
à l'arrivée des Amiga et
ST, commencent à sentir le
poids des ans sur leur carcasse de dinosaure bien rôdé. Voyant le
succès des 16-bits de plus en plus grandissant, les "hauts
placés" de la Pomme décident qu'il faut trouver un remplaçant à la
série des II, un ordinateur
grand public et performant qui trouve sa place dans les foyers et
dépoussière l'image de ses ancêtres par des performances au goût du
jour. Mais attention, le cahier des charges du bébé se doit de respecter
une consigne de la plus haute importance. En effet, ils exigent une
rétro-compatibilité à 100% avec ses glorieux aînés, lui constituant
d'office une des plus grandes logithèques de l'époque à sa sortie.
Au tour du staff du R&D de trouver la solution la plus apte à
rendre cette machine autant 8-bits que 16 ! Sacré
challenge pour ces messieurs dames je vous l'accorde ! Et qui retrouvons-nous
dans la partie conception ? Je vous le donne en mille : hé oui, notre
Woz préféré alias Steve Wozniak,
le papa légitime de la série des II
! Le nom de code est Phoenix
en référence au projet Apple IIx
sur lequel Woz a planché en 1983 mais qui n'a jamais abouti.
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Conception
et spécificité
L'implication de Woz va dans la conception de la carte mère. Il souhaite
qu'elle soit simple et qu'en son sein cohabitent d'une façon séparée
une partie 8-bits pour la fameuse compatibilité et une partie
16-bits qui sera le cœur vaillant de la nouvelle bécane.
Cette carte mère possède dans ses entrailles l'élément clef de la
compatibilité avec l'ancienne gamme. Son nom est Mega
II, c'est un composant qui renferme toutes les instructions
de l'Apple IIc. Les 128 premiers
Ko sont de la mémoire lente qui permet de conserver la sacro-sainte
compatibilité.
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Steve
Wozniak et l'Apple II GS. |
Le chef
d'orchestre de toute cette belle horlogerie est un processeur que
les possesseurs de SNES doivent
bien connaître, le fameux 65C816
qui se trouve aussi dans la console de Nintendo. Celui-ci intègre
un mode d'émulation 65C02,
le processeur des anciens Apple
II. Il est cadencé à la fréquence de 3Mhz ce qui peut paraître
bien léger à comparer au 7,14 ou 8 Mhz des 68000
de l'Amiga 500 et l'Atari
ST. Pourtant, et on le verra plus loin, ça ne se voit pas en
utilisation courante. Au tout début de sa commercialisation, en 1986,
l'Apple II GS est livré avec
256 ko mais les revendeurs ne mettent pas longtemps pour le proposer
avec 512 ko voir 1 Mo. Il faut bien suivre le rythme imposé par la
concurrence ! En théorie on peut le monter jusqu'à 16 Mo mais en fait
il n'est pas capable d'en gérer plus de 8, ce qui à l'époque est largement
suffisant pour les applications qui tournent dessus. Au niveau son
c'est l'hallucination totale : il est équipé d'un chip sonore de chez
Ensoniq muni de 16 voies, en monophonie malheureusement, mais les
ST ne proposent que 3 voies
sur 8 octaves et l'Amiga
4 voies sur 9 octaves, en stéréo par contre (2 voies à droite à et
deux voies à gauche, soit de la "fausse stéréo").
Graphiquement
parlant le II GS n'est pas
en reste non plus : non seulement il est capable d'afficher ce que
faisaient ses grands frères (ce qui n'est pas une référence) mais
en plus il peut monter jusqu'en 640x200 en 4 couleurs ou, chose qui
nous intéresse pour les jeux, 320x200 en 16 couleurs sur une palette
de 4096.
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Les
entrailles de la bête !! |
En gros
le II GS c'est un peu les
capacités du ST au niveau
graphique et celles de l'Amiga
en son. Par rapport à ses concurrents il est déjà très beau, son clavier
est séparé de l'unité centrale, le blanc prédomine et il a tout d'un
ordinateur pro mais aux formes classieuses ! De par sa conception
il peut se permettre, comme l'Apple
IIe, d'étendre ses possibilités par l'adjonction de multiples
cartes grâce à des slots d'extensions étudiés pour. On peut lui adjoindre,
entre autres, un lecteur 3" 1/2 et, pour utiliser toute la logithèque
de la série II, un lecteur
5"1/4. Il est aussi doté, luxe suprême, de 2 ports sorties RS422
qui autorisent la connexion d'un modem, d'une imprimante ou même d'un
autre micro-ordinateur ce qui permet aux deux machines de communiquer
via Appletalk !
Le ST
a le GEM, l'Amiga
le Workbench, l'Apple
II GS lui a la GS/OS
tout simplement. C'est une sorte de MacOs,
donc avec un environnement graphique très intuitif et souple mais
en couleur. Il sera décliné en 6 versions au fil du temps.
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Le
bureau d'un Apple II GS. |
Un des premiers
softs programmé spécifiquement pour lui est GS Paint
qui comme son nom le laisse indiquer est un logiciel de conception
graphiquen, à l'instar d'un Deluxe Paint et dont
les possibilités et la facilité d'emploi sont exemplaires à sa sortie.
Armé comme il l'est, l'Apple II
GS est paré pour affronter les autres 16-bits sur
le marché, et pourtant il n'arrive pas à s'imposer...
Dans
l'ombre du Mac
De l'idée
de sa conception en 1984, à sa commercialisation, il y a une marge
de 2 ans et c'est donc en 1986 qu'on le voit vraiment débarquer dans
les magasins d'informatique. Entre temps, le Mac
dit hello depuis le même
laps de temps et représente aux yeux des entreprises, mais aussi des
particuliers fortunés, l'ordinateur du renouveau d'Apple. D'ailleurs
on lui en donne les moyens et la communication est efficace. En ce
qui concerne le II GS, les
distributeurs de la pomme en France n'ont pas vraiment joué franc-jeu
par rapport à leurs homologues américains qui n'hésitaient pas à bombarder
leur vitrine du fameux slogan Apple
II forever!. En effet, chez nous le Mac
a toujours été présenté aux clients en premiers, laissant la place
de second à son petit frère qui est considéré comme le vilain petit
canard : tarif excessif à sa sortie (de l'ordre de 10 000 francs
sans l'écran qui est une option, et pas loin de 15 000 avec le
magnifique écran 12") et logithèque encore restreinte.
Il est vrai
que le proposer à un tel tarif le place en presque concurrence avec
le Mac et l'éloigne trop
des tarifs pratiqués par les machines de Commodore et Atari, ce qui
fait de lui une sorte d'ordinateur bâtard dont le public n'arrive
pas à comprendre le positionnement : pas assez ciblé pour les pros,
trop cher pour les joueurs.
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Apple
II GS et Mac : Il n'en restera qu'un et c'est dommage... |
Quel dommage
car c'est une sublime machine qui en fait rêver plus d'un mais qui,
découragés par son prix excessif et sa logithèque réduite, se retournent
vers la concurrence. Et pourtant, les plus grands développeurs ont
programmé dessus, on retrouve beaucoup de hits de l'Amiga
et du ST, d'ailleurs je m'en
vais vous le prouver pour comprendre ce qu'on a loupé, si seulement
Apple l'avait vendu moins cher...
Des jeux ? En veux
tu, en voilà !
Loin de
moi l'idée de vous présenter tous les jeux sortis sur cette merveilleuse
machine, je veux juste vous montrer combien le monde de l'informatique
est dur et comme c'est dommage qu'il n'y ait pas eu un quatrième larron
dans la lutte des 16-bits.
Place aux images !
- Arcade
et action
Un grand
classique qui n'a rien perdu sur le GS, Arkanoïd
était bien présent sur la machine d'Apple, rappelez-vous le nombre
de clones sortis à l'époque !
Moins beau
que sur Amiga, on le voit
au niveau des ombres mais il valait bien la version ST,
Marble Madness, un incontournable de l'arcade lui
aussi !
Qui n'y
a pas joué en salle d'arcade, Rastan
Saga, le pourfendeur, superbe aussi dans sa livrée Apple,
on n'est pas sur Mac !
- Jeux
de rôle et aventures
Si celui-là
(Le Manoir de Mortevielle,
bien sûr) ne vous a pas scotché sur vos moniteurs !! Hé oui, il est
aussi sorti sur le GS et
je pense qu'au niveau son ça ne rigolait pas ! Le jeu a été adapté
par Second Sight Sofware !
En 1989
FTL accepte d'adapter son légendaire Dungeon
Master. C'est pas un pur régal celui là ? Qui n'a pas
tremblé à chaque recoin du donjon !?
Un autre
grand classique qui a existé d'abord sur les Apple
II de première génération et qui mérite sa place sur leur digne
successeur : Bard's Tale 1 & 2.
Rareté adaptée
sur l'Apple II GS, un jeu
Japonais dans la plus pure tradition et qui vient de la série culte
des Y's que
l'on trouve sur MSX, NES
et aussi les Nec. Celui-ci
se nomme Ancient Land of Y's.
-
Jeux "spécial rédac'chef de GrosPixels"
Defender
of the Crown, Rocket Ranger mais aussi
The Three Stooges, Cinemaware
est là ! Et un petit The
Immortal en dessert.
Voilà donc
un petit tour d'horizon des jeux que l'on peux trouver sur le II
GS. Même s'il en manque beaucoup, c'est assez représentatif
de la ludothèque de cette machine, en grande partie constituée de
jeux de grande qualité.
En conclusion
Testament
d'Apple et surtout dernier cadeau du magicien Woz à ses fidèles, l'Apple
II GS conclut en 1992 la saga commencée 15 ans plus tôt avec
la série des Apple II. Machine
discrète, pas assez mise en avant, elle reste pourtant dans la légende
comme étant le dernier rejeton d'une belle lignée.
Il y a des
fois où l'on aurait aimé être aux côtés des dirigeants d'Apple, Commodore
ou Atari au début des années 90, et de leur dire d'ouvrir grands les
yeux pour qu'ils comprennent que leur politique commerciale était
vraiment mauvaise. Ils ont gâché l'histoire même qu'ils avaient créée,
et déçu des tonnes d'utilisateurs prêts à acheter leurs bécanes sans
hésiter une seconde, s'ils avaient su positionner leurs produits et
faire évoluer leur technologie. Au lieu de ça nous nous trouvons maintenant
tous avec la même machine qui n'est qu'un boîtier sans "âme" et dont
l'évolutivité tant vantée pousse les programmeurs à ne plus optimiser
leur code, et par conséquent à nous faire acheter la came des constructeurs
dont la bienveillance prend soin de nos porte-monnaies... L'Apple
II GS fait partie de cette génération d'ordinateurs qui avait
encore une personnalité. Il devait être la suite des Apple
II et des milliers de fans l'attendaient au tournant, mais
les lois du marketing en ont voulu autrement. Au niveau émulation,
qui dit machine rare, dit émulateur rare à trouver, et effectivement
il n'en existe qu'un pour la plate-forme Windows
pour le moment. Je l'ai essayé et peux vous dire qu'il fonctionne
aussi sous Windows XP, par
contre n'ayant pas le GOS
et ne connaissant pas les ligne de commande de la bête je n'en ai
rien fait de spécial, donc qui veut tenter sa chance le peut, avec
Xgs que pouvez télecharger en section download.
Pour les
Macintosh-users que je n'ai
pas oubliés, comme vous pouvez le remarquer, je leur conseille d'aller
télécharger la version qui correspond à leur version du Finder
sur le lien suivant : http://www.bernie.gs/Bernie.
La ROM nécessaire à son fonctionnement vous est aussi gracieusement
offerte par votre serviteur qui lui s'empresse déjà de chercher par
tous les moyens à en acquérir un vrai pour voir comment c'est "en
vrai" !
Soreal