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Ys - La série
Année : 1987
Système : MSX, NES, PC, PC88, PC Engine CD, Playstation 2, SNES
Développeur : Falcom
Éditeur : Falcom
Genre : RPG
Par Gregoss (18 octobre 2003)

Le meilleur jeu du monde ?

S'éveillant au fil des années, le monde du jeu vidéo est de plus en plus enclin à rechercher ses vénérables pépites, les grands jeux qui ont imposé d'eux-mêmes les genres majeurs aujourd'hui reconnus par tous. C'est donc le bon moment, et le bon lieu, pour se rappeler de quelques titres fameux. Certes, Ys ne sera jamais le plus grand jeu du monde. Certes il ne pourra pas, aux yeux d'un grand public décidément de plus en plus au large, être cité sans faire aussi référence à un certain Zelda de Nintendo-Miyamoto (pour le plus évident), un Final Fantasy de Square (pour le plus mainstream), ou un Dragon Quest d'Enix (pour le plus otaku)

C'est un jeu qui a depuis longtemps vieilli. Certains joueurs gardent encore comme un souvenir incertain de l'antédiluvienne version Master System et peut-être que ces parties se perdent dans nos mémoires. Étonnant qu'on ne retienne que quelques moments mémorables alors que le jeu reste gravé dans notre esprit. De là à le fantasmer et en réinventer des pans entiers, il n'y a qu'un pas. Ys ne sera donc jamais le plus grand jeu du monde, mais il fait pour moi partie de cette catégorie. Zelda 3 aussi d'ailleurs. Dans tous les vieux RPG j'ai eu tendance à imaginer des recoins sombres que je n'ai jamais explorés, recelant des trésors inédits secrètement disposés par les concepteurs, des "easter eggs" qui n'existent pas sauf peut-être dans une imagination nourrie par les heures de plaisir vécues à explorer chaque parcelle d'un monde devenu décidément désuet lorsque quelques années plus tard on rebranche sa vieille console. Mais d'ailleurs, qui nous dit par exemple que Miyamoto n'a pas truffé un de ses jeux de passages secrets indécelables que l'on ne découvrira que longtemps plus tard ? Peut-être même après sa mort ?

Bon, restons sérieux

Histoire passée.

Ys sur MSX 2

Pour peu que je me souvienne, Ys a reçu des critiques élogieuses dans la presse spécialisée de 1989, lors de sa sortie sur PC Engine CD-Rom², mais c'était une autre ère, celle durant laquelle il suffisait à un soft de se prévaloir d'une bande-son enregistrée en studio et pressée sur CD pour apparaître comme une petite révolution. Dans un numéro du début des années 90, on pouvait lire dans Joypad « avec plus de cinquante noms crédités à son générique de fin, Ys n'est pas seulement un nouveau jeu de rôle sur console, il révolutionne quasiment l'informatique moderne ». C'était un peu avant Zelda 3 le bien nommé, et surtout avant les suites quelques peu inégales de Ys sur Super Famicom : Ys 4 - Mask of the Sun et Ys 5 - The Lost Desert of Kefin, pâles rejetons du premier. Ils sont en somme aux séquelles de RPG ce qu'historiquement Napoléon 3 est à Bonaparte.

Ys sur Sega Master System

Heureusement, penser qu'un tel RPG pourrait mourir aussi facilement dans le cœur et l'esprit des joueurs est erroné puisque tout ceux qui ont au moins une quinzaine d'année de jeux vidéo derrière eux parlent encore de Ys, et il est impossible de dénombrer tous les sites de fans qui poussent sur le web. Ys y est synonyme de "jeu culte". C'est une série qui a un passé, un présent et bien sûr, un avenir. Pour le passé, il faut savoir que le jeu prend ses racines à la source des PC japonais puis du 8-bits console : l'éditeur Falcom programme en 1987 Ys sur PC-88 puis sur MSX2. Ce premier opus apparaît sur Master System presque la même année, dans la droite lignée d'un certains Zelda qui à l'époque cartonne sur Famicom. Viendra ensuite Ys 2 sur cette dernière, en 1990.

Ys sur PC DOS)

Ce qu'il faut savoir

Tout d'abord, on peut dire que Ys est un "Zelda-like', expression qui pourrait faire florès à l'époque où le premier opus sort, tant Zelda est alors synonyme de ce qu'on commence partout à appeler role-playing-game (d'ailleurs qui pourra répondre à une question que je me pose depuis longtemps : quel est le premier RPG de l'histoire des jeux vidéo ? De quand date cette expression de "RPG" ?). Cependant, il s'en démarque subtilement par les choix liés au game design : un scrolling constant centré sur le personnage, procédé contraire au jeu de Miyamoto, aucun bouton dédié au coup d'épée (déroutant), et une aire de jeu beaucoup plus confinée que dans les autres RPG, tirant vers un microcosme familier et ayant l'avantage de concentrer à l'extrême les séquences de jeu autour de lieux qui peu à peu acquièrent une présence et une identité très marquante (Minea Town, Darm Tower, le temple des déesses). Tous ces lieux lors de l'aventure finissent par développer un potentiel dramatique fort, unique.

Toute ces petites originalités ne sont pas pour déplaire, puisque Ys utilise d'une façon très personnelle les ressources de ce genre particulier qu'est le jeu d'aventure. L'originalité du scénario, des lieux et des personnages rencontrés ainsi que du gameplay est au rendez-vous mais la qualité graphique fait quelque peu défaut, et cela se répercutera dans les opus suivants, sur les consoles ultérieures.

Car, pour tout dire, les Ys sont des jeux un peu laids : peu de recherche ou d'exigence au point de vue visuel. L'impact esthétique est nul quand on le compare à ce qu'offre un Zelda 3 et ses graphismes au look si savamment dosé. Les versions de Ys 3 et Ys 5 sur Super NES sont quant à elles juste honorables, ce qui est quand même un peu dommage sur une console qui est loin d'être dépourvue de possibilités graphiques. À côté de Chrono Trigger, Secret of Mana ou Final Fantasy 5, Ys sur cette console ne se démarque pas vraiment du gros de la production japonaise, ce qui est bien dommage.

Une version mythique.

Année 1989 : les meilleures versions du jeu apparaissent, sur PC Engine CD-Rom². La PC Engine se défend alors très bien : les deux premiers jeux sortis initialement sur PC88, MSX, Master System et Famicom y sont refondus. Je parlerai principalement de ce premier remake, au charme indépassable. Pourtant dès que l'on commence à jouer à cette version NEC on remarque bien que la représentation graphique est à peine un peu moins sommaire que celle de ses vieilles collègues de Sega et Nintendo. Pas indigent, mais sommaire, car les graphismes sont retravaillés, mais sans grande originalité : Aujourd'hui, tout ceci ressemble à un vieux jouet maladroitement coloré, un décor de lego un peu incertain avec ses pelouses aux fleurs mignonnes, ses rochers empaquetés les uns sur les autres comme des briques, ses arbres identiques à perte de vue qui délimitent l'aire de jeu, et ses sprites minuscules (quel bonheur d'utiliser ce terme dans un test, "sprite", ouah !).

Pourtant, il faut se rendre compte que, bien qu'il ne soit pas aussi laid que certains autres softs sur PC Engine CD-Rom² (Dragon Slayer par exemple, du même éditeur), Ys ne se soustrait pas à ce qui semble être une règle d'or du RPG, règle tributaire des capacités techniques des machines alors en activité, et qui veut que le graphisme ne constitue pas l'élément essentiel du soft, préférant au plaisir visuel qui est plus propre aux jeux d'action le scénario et la résolution des quêtes. En tout cas c'était vrai pour les consoles pré-3D. Depuis, les RPG façon FF7 ou Zelda: Ocarina of Time sont passés par là (et c'est tant mieux).

Un jeu vivant.

Inutile de dire que les éléments réussis du graphisme poussent comme des trèfles à quatre feuilles : Certains écrans assez réussis bien sûr, quelques motifs de décoration qui ornant certains temples, comme les statues, sont mignons tout plein mais ce qui reste le must dans ces versions du jeu est par exemple les visage des protagonistes qui s'inscrivent à l'image et vous parlent directement juste avant une action décisive. Voilà le genre de détails qui font de Ys un jeu classieux. Car là où Ys se surpasse, et de fort belle manière, c'est dans l'emballage. La version NEC est enrobée de quelques dessins animés, dont l'aspect n'est pas sans rappeler les animations flash que l'on trouve désormais sur la toile. Le soin apporté à certains passages de ces petites séquences animées nous rappelle que la Nec était une console sur laquelle œuvraient des graphistes qui avaient une réelle exigence de qualité. Mon goût pour les animes en est aujourd'hui grandement tributaire.

De loin, la meilleure version que l'on pourra trouver de Ancient Ys Vanished (Ys 1 et 2 donc) sur PC Engine CD-Rom² est celle réalisée pour le marché US, un peu avant que la firme japonaise ne se prenne là-bas un vent monumental et ne retraverse l'océan pacifique dans un mouvement de repli qui a plus ressemblé à une débandade désordonnée qu'à une retraite astucieusement planifiée (mais ceci est une autre histoire). L'avantage de la traduction en langue anglaise des aventures d'Adol Christin (oui, c'est le nom du héros) est cette post-synchronisation de qualité effectuée par des acteurs américains qui rend encore plus crédible et enchanteresse la vision que l'on a du monde d'Ys. Tout d'abord, on comprend tout. Ensuite, et je ne veux pas m'avancer dans ce genre de débat culturel, mais un RPG en anglais "sonne" toujours mieux qu'en japonais. Ce n'est que mon avis et d'ailleurs il ne pèse pas lourd quand on voit à quel point les compositeurs japonais ont de leur côté assimilés la musique occidentale et en maîtrisent les aspects les plus somptueux... J'aime l'ambiance d'Ys à cause de ça. La qualité des compostions, cette véritable performance pour l'époque, liée à une instrumentation impeccable, s'impose comme une réussite exemplaire dans le monde vidéo-ludique, encore aujourd'hui.

La musique de YS.

Réussir une orchestration magistrale à moindre coût tout en s'assurant le renfort de quelques instruments "live" divinement agencés est une gageure. Ce coup de maître ressemble bien à une tentative hardie et talentueuse de boucher le fossé existant entre musique de jeux vidéo et musiques de films (cette tendance est encore confirmée aujourd'hui). Pour vous donner une idée : rappelez-vous des musiques fantastiques de Chrono Trigger, Final Fantasy 5 ou Actraiser et imaginez ces mêmes musiques jouées en studio et enregistrées sur CD avec la qualité qui va avec. Voilà ce qu'est la musique d'Ys. À ce jour, le nombre de compilations où la musique de Ys 1 et 2 a été réorchestrée et réarrangée se chiffre à plus d'une dizaine, ce qui fait bien les affaires de l'éditeur Falcom.

Il faut savoir que la musique en question été composée par un certain Koshiro Yuzo. Grand. Pour l'histoire, sachez que ce gusse est un élève de Joe Hisaishi et que la musique d'Actraiser, c'est lui. Le thème de Shenmue, c'est lui aussi (pour plus d'info, voir les liens en fin d'article).

Pour l'orchestration et l'arrangement des versions NEC, c'est un membre de la Falcom Sound Team (département musique de Falcom donc), Ryo Yonemitsu qu'il faut remercier. On lui doit les musiques de Sorcerian, Dragon Slayer, ainsi que quelques compositions pour l'animePlease save my earth où il apparaît aux côtés de Mizoguchi Hajime et de Kanno Yohko, les talentueux compositeurs des soundtracks de Macross Plus, Escaflowne, et Cowboy Bebop.

L'histoire.

En continuant d'énumérer les particularités de ces titres extraordinaires que sont les deux premiers épisodes (bien sûr que cet article n'est pas objectif !), je me rend parfaitement compte de leur beauté, mais aussi de leurs défauts. Le scénario de Ys est, à l'image des graphismes, des plus simples en ce qui concerne le cheminement de l'intrigue. D'habitude dans ce genre de jeux, toute l'action est centrée sur un (ou une équipe de) personnage(s). Ici, la filiation avec Zelda refait son apparition, c'est l'aventure d'un seul protagoniste, une traversée du jeu en solitaire. Le joueur contrôle un guerrier aux cheveux rouges (quoi de plus normal ?), Adol Christin. Ses premières aventures commenceront à son arrivée à Esteria (ou Esterior, selon la version PC - oui il y a aussi une version PC), une île envahie depuis des lustres par des légions de monstres.

Le premier jeu commence ainsi, au sortir du bateau, quand ce punk déguingandé rencontre une diseuse de bonne aventure le suppliant de retrouver les livres sacrés d'Ys, la légendaire terre disparue depuis plus de cinq siècles. Simple, non ? Ajoutons à cela des déesses amnésiques, une prophétie annonçant la venue d'un... non, pas d'un prophète mais d'un héros aux cheveux rouges, des temples infestés de monstres, une tour énorme dont le sommet communique avec quelque chose enfoui au-dessus des nuages, des prêtes disparus qui ne vivent plus qu'à travers leurs propres statues, et vous trouvez dans tous ces ingrédients l'identité d'un RPG unique et bien sûr captivant. Car si l'intrigue est sommaire (il n'y a pas beaucoup d'astuces à découvrir, pas l'ombre d'un casse-tête tordu), les éléments de l'univers s'avèrent au fur et à mesure originaux, inattendus, et exotiques.

C'est un joyeux mélange de fables occidentales et asiatiques, de décorum baroque et médiéval, de couleurs vives et criardes comportant certaines obsessions typiquement nippones puisqu'au passage, on retiendra l'apparition au début de Ys 2 d'une contrée flottant dans le ciel. Cette volonté bien marquée de la part des créateurs japonais, en général, de s'attacher à la représentation de la terre précipitée dans les cieux, relecture du mythe du paradis chrétien (sans doute) mâtinée des Voyages de Gulliver de Swift (très probable), génialissimement exploité par Hayao Miyazaki au cinéma, est devenue en quelques années un thème récurrent de bon nombre de fictions nippones. On ne compte plus l'apparition de cette image onirique et fantasmée de la cité inaccessible tutoyant les cieux, de Chrono Trigger à Legend of Xanadu en passant par Gunnm et Laputa.

Les suites.

La suite de la série Ys ne nous offrira pas de scénarios aussi agréablement contrastés : le mitigé Ys 3 - Wanderers (qui a été converti sur Megadrive) n'est qu'une suite linéaire de châteaux, de mines et de forêts débouchant sur le gros méchant final, les énigmes étant encore moins intéressantes et la réalisation du soft à la fois étrange, puisque nous proposant une vue de côté, et bâclée (mon dieu, ce scrolling saccadé !). L'histoire en est très simple : Adol et son pote Dogi quittent Esteria et, après avoir erré par monts et par vaux, arrivent au village natal de Dogi où règne la peur suite à l'apparition de monstres dans la région. Ys 3 est un jeu hybride, action/RPG, loin d'être inintéressant mais on se demande encore pourquoi les game-designers ont opté pour ce type de visualisation qui tranche vraiment trop avec celle des deux premiers opus. Le parallèle avec la série des Zelda sent bon le repompage non assumé du second épisode du titre phare de Nintendo !

Un effort sera cependant fait avec Ys 4, toujours sur NEC, suite qui a été réclamée à corps et à cris par les fans et qui nous plonge dans une sombre machination autour d'un ange déchu revenu sur terre et de trois bandits s'opposant à Adol dans leur soif de conquêtes et de pouvoir. Retour aux bonnes vieilles recettes : vue de dessus, graphismes très proches de Ys 1 et 2 et un peu plus fouillés L'inconvénient du jeu est qu'il est entièrement en japonais mais pour les acharnés, rien d'insurmontable. Au pays du soleil levant, c'est un jeu culte...

Ys 4 version Super Nintendo n'a quant à lui rien à voir avec la version NEC puisqu'il s'agit de Mask of the Sun, épisode fomenté par Tonkin House qui, bien qu'ayant réalisé un travail honorable, ne peut se prévaloir d'atteindre la qualité des jeux "made in Falcom".

Ys 5 - The lost desert of Kefin (en 1995) ne sortira quant à lui que sur Super Nintendo, la NEC PC Engine étant à l'époque une machine moribonde sur le marché. Comme d'habitude dans (presque) chaque épisode d'Ys, vous débutez l'aventure en arrivant par bateau dans une nouvelle ville. Et hélas, comme d'habitude dans chaque épisode d'Ys, le jeu peut être fini en une dizaine d'heures.

En ce qui concerne les perfectionnements de ce Ys 5, ils sont loin d'être négligeables : on peut enfin faire effectuer au personnage des sauts, il peut se protéger derrière son bouclier, et enfin, un bouton de la manette est dédié au coup d'épée ! Plus la peine de passer sur les ennemis afin de les passer à tabac. Un peu plus de huit ans après le premier épisode, les gens de Falcom revoient (enfin ?) leur copie.

Ys 5

Retro-Post-Gaming ?

Les version de Ys 1 et 2 réalisées en 1998 et 2000 par Falcom pour Windows (disponibles en Asie seulement) nous permettent de nous faire une idée de ce que vont donner les remakes des deux premiers épisodes annonçés à l'heure ou ces lignes sont écrites (octobre 2003) sur Playstation 2. Ces versions spéciales nous donneront l'occasion de faire connaissance avec de nouveaux personnages comme Micha le peintre et Geanne la musicienne, des habitants du monde des rêves qui permettront à Adol de collecter des bonus sous forme de sons ou d'artworks. Un nouveau système de combat appelé "Eternal Story mode" sera greffé à la partie et nous promet de nouvelles possibilités. Ouf. Il était temps d'étoffer cette facette du jeu ! Enfin, la possibilité de commencer des quêtes secondaires et surtout l'augmentation de la dimension des temples et autres mines ne sont pas là pour nous déplaire.

Je vous conseille d'aller faire un tour sur le site de Ys Eternal Story (c'est le titre du remake), histoire d'aller downloader la bande annonce du jeu : vous pourrez y admirer des séquences de dessins animés totalement somptueuses. Quelque chose me dit que la console de Sony risque d'hériter d'un titre fort. Les RPG sur les consoles 64 et 128-bits n'ont pas à rougir de bénéficier de la qualité de jeux plus anciens appartenant à l'époque où la 2D régnait. Si cette nouvelle version peut retrouver à la fois de l'aura et le savoir-faire hérité de son ancêtre, tout en embellissant le gameplay et les graphismes par les qualités intrinsèques des consoles d'aujourd'hui, nous ne pouvons que nous en réjouir.

Disons-le clairement : le projet de la part de Falcom de faire les remakes de Ys 1 et Ys 2 sur Playstation 2 est révélateur selon moi de l'importance que ces deux premiers opus ont pour beaucoup. S'il y a offre c'est qu'il y a une demande à satisfaire et je sais que beaucoup de joueurs qui avaient été ensorcelés par ces jeux sur PC Engine CD-Rom² font partie de ceux qui attendent et réclament ce remake, tout simplement parce qu'il s'agit de jeux d'une qualité absolument incroyable. Ys possède une aura. Il est magique car empreint d'une naïveté graphique toute enfantine, d'un gameplay obsédant, d'une ambiance féerique boostée par une musique somptueuse, belle et sentimentale à l'excès, et de toute une atmosphère dont la fraîcheur et la cohérence ne sont pas sans rappeler un certain Zelda...

Ajoutons à cela le fourmillement de détails dont la quête du héros est faite et qui en fait aussi une enquête non pas dans un monde mais sur un monde. Réaliser ces remakes est aussi s'accorder sur l'importance de ces épisodes durant lesquels le joueur découvre le monde d'Ys. Car, même s'il est plus petit que l'Hyrule de Zelda 3 en surface de jeu, ce monde est aussi personnel et autant, sinon plus, doué de personnalité que son illustre homologue. Hyrule dans Zelda 3 (je ne parle pas des Zeldas suivants, comparons ce qui est comparable !) n'est pas comme Ys, c'est-à-dire comme une énigme : Hyrule, on s'y trouve dès le début de l'aventure et il y a certes des secrets et des recoins inconnus à explorer, mais Ys est, lui, l'objet à découvrir, et cet objet est un pays tout entier, la clé et la finalité de l'aventure. L'intérêt de la partie est autant à trouver dans les intrigues et les combats (montée de niveaux, équipement de plus en plus balèze, etc.) que dans l'exploration des lieux entraînants l'aventurier vers quelque chose d'encore plus grand : le premier jeu nous mène au second, où tout se dénoue.

Tous ces lieux de pixels ne sont plus seulement des endroits de passage, car on aime presque y flâner. Je sais, ça doit arriver pour très peu de jeux et à très peu d'entre nous, mais j'aime encore rejouer à un de mes jeux préférés de la même manière que l'on se rend en pèlerinage, ou que l'on arpente un lieu connu et chargé émotionnellement

En ce sens, c'est le point commun avec Zelda, avec bon nombre de RPG, et voilà la force du genre : il suffit que le background soit un tant soit peu recherché et l'atmosphère efficacement pensée pour que l'on adhère à un monde virtuel car il nous est devenu connu, presque familier un peu comme les Alone in The Dark (Derceto, la demeure du premier opus ou l'île du quatrième épisode notamment), The Longest Journey sur PC, Final Fantasy ou l'inoubliable Chrono Trigger qui, au lieu d'étoffer l'espace de son monde, en étoffe les temporalités : à nous de découvrir alors le même royaume mais au moyen-âge, à la préhistoire, dans le futur, et de se délecter des petites touches personnelles que l'on peut apporter à la partie en manipulant l'Histoire. Ys mérite largement de figurer parmi ce panthéon de jeux. Voilà de vraies histoires, de grands mondes, épaulés par de grandes musiques. Et un plaisir de jeu immense.

Annexe

Ce petit dossier serait incomplet si l'on ne parlait pas du produit dérivé phare des jeux Ys, à savoir l'anime (OAV). Ce dernier est composé de 7 épisodes pour l'OAV de Ys 1 et 4 épisodes pour celle de Ys 2, réalisés en 1993-94 et sortis en VHS puis réédités en deux DVD sortis en 2003 (fournis au Japon avec les jeux Ys 1&2 Complete et Ys 2 Eternal, vendus aux US en coffrets intitulés Ys book 1 et Ys book 2). Une OAV Ys 4 était également prévue, mais n'est jamais sortie. La qualité de l'ensemble est assez moyenne. Pour la version du jeu sur la vieille NEC, à part la musique, rien à signaler de notable sur les membres du staff qui ont travaillé pour cette version de Ys. Aux dernières informations le game designer, Yuji Kudo, ferait toujours partie de Falcom. Cool.

Enfin pour la petite histoire, sachez que le nom Ys a pour origine une légende bretonne : Ys est le nom d'une ville engloutie au large de Douarnenez au 4ème siècle après notre ère mais cela n'a rien à voir avec notre jeu nippon. Apparemment, seul le nom semblait bien sonner.

Pour finir, voici un tableau récapitulatif des épisodes de Ys sortis. Le tableau est segmenté en fonction des épisodes Ys I, Ys II, Ys III, Ys IV, Ys V et Ys VI, chacun pouvant être représentés dans plusieurs titres sur plusieurs systèmes. Merci de nous communiquer (gentiment) toute info manquante ou erronée.
Sources pour ce tableau : http://homepage2.nifty.com/tkdate/ (site japonais).

TitreAnnéeDate de sortie
(Japon)
Système
Ys - Ancient Ys Vanished Omen
Ys198721/06PC-8801
-/07Sharp X1 Turbo
28/08PC-9801
08/10FM77
10/12MSX2
198826/08Famicom
15/10Master System
Ys 1&2198921/12PC Engine CD-ROM
Ys199119/07Sharp X68000
Falcom Classics199711/06Sega Saturn
Ys Eternal199824/04PC - Windows
Ys 1&2 Complete200128/06
Ys 1 Complete200228/03
Ys Chronicle05/11 
Ys18/12J-Phone
200301/04 
Ys 1&2 Eternal Story07/08Playstation 2
Ys 2 - Ancient Ys Vanished The Final Chapter
Ys 2198822/04PC-8801
24/06PC-9801 / Sharp X1turbo
08/07FM77AV
15/07MSX2
198925/05Famicom
Ys 1&221/12PC Engine CD-ROM
Falcom Classics II199829/10Saturn
Ys 2 Eternal200006/07PC - Windows
Ys 1&2 Complete200128/06
Ys 2 Complete200227/06
Ys 1&2 Eternal Story200307/08Playstation 2
Ys 3 - Wanderers From Ys
Ys 3 - Wanderers From Ys198921/07PC-8801
28/07PC-9801
20/10MSX2
199024/3Sharp X68000
199122/03PC Engine CD-ROM
21/06Super Famicom
27/09Famicom
01/11Megadrive
200221/06J-Phone
Ys 4
Ys 4 - Mask of The Sun199319/11Super Famicom
Ys 4 - The Dawn of Ys22/12PC Engine CD-ROM
Ys 5
Ys 5199529/12Super Famicom
Ys 5 Expert199622/03
Ys 6
Ys 6200327/09PC - Windows
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