En
1983, en France, la ColecoVision débarquait pour de
bon et proposait des jeux vidéo sans commune mesure
avec ceux qui existaient jusqu'alors. Graphismes éblouissants,
mélodies enchanteresses, la console faisait rêver.
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| L'image
de la boîte, la cartouche, et la doc CBS ColecoVision. |
À
cette époque, et encore plus pour les fêtes de
fin d'année, c'était la ruée. Je me rappelle
particulièrement bien de la FNAC de Clermont-Ferrand,
qui alignait deux consoles Coleco à côté
d'autres marques. On y voyait deux jeux et on pouvait surtout
y jouer : Zaxxon
et les Schtroumpfs. Moi qui avais 13 ans
à l'époque, je préférais m'éclater
à Zaxxon
: je trouvais que les Schtroumpfs c'était pour les
mômes... Mais quand la console était libre, j'y
jouais quand même, debout dans la salle, avec plein
de gens qui regardaient... C'était chouette !
La marque CBS proposait des publicités dans les journaux,
et misait sur trois jeux pour doper les ventes : Zaxxon
avec sa 3D, Turbo et son volant, les Schtroumpfs
aux graphismes si jolis. Je regrette de ne plus avoir cette
dernière pub, que j'avais trouvée dans un Pif
Gadget et que j'avais affichée sur les murs de ma chambre,
avec les autres. Si je l'avais encore, je vous l'aurais bien
montrée.
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| Les
écrans traditionnels de la Coleco... Souvenirs,
souvenirs... |
Enfin,
je vais maintenant aller dans le vif du sujet : les Schtroumpfs,
le jeu sur Coleco.
À
noter qu'il s'agit d'un des rares jeux qui ne soit pas une
adaptation d'une licence arcade.
Comme d'habitude, au démarrage de la console, les écrans
présentant le jeu, puis le choix du niveau de difficulté
parmi les 4 traditionnels apparaissent. Une fois que vous
avez pressé la touche sur la manette... le jeu commence.
Cataschtroumpf
! La Schtroumpfette a été enlevée !
Inutile
de demander par qui. Ceux qui diront Gargamel auront 10 points,
ceux qui balbutieront "Azraël" 3 points, les
autres, tant pis pour eux. L'ennemi juré des Schtroumpfs
a capturé la petite Schtroumpfette (c'est fatiguant
à écrire ces noms !) et la retient prisonnière
dans son château.
Les Schtroumpfs, d'habitude, y vont en force ; mais là,
ils décident d'en choisir cinq parmi les cent pour
les envoyer, un par un, au secours de la Schtroumpfette. Le
parcours sera sans aucun doute rempli d'obstacles. Mais il
faut réussir !
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| Au
départ du village. Un corbeau approche. |
Saprischtroumpf,
la route est longue !
Le
petit Schtroumpf commence son périple au village. Il
devra traverser plusieurs zones l'une après l'autre
: la forêt, les champs, les cavernes, les champs près
de chez Gargamel, une autre forêt, pour arriver enfin
au château du sorcier.
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| La
première zone : la forêt du village. |
On
peut sauter ou se coucher pour éviter le corbeau. |
Chacune
de ces six zones, en fonction du niveau de difficulté,
peut comporter entre un et quatre écrans. Dans
tous les cas, le Schtroumpf démarre de la gauche de
l'écran, et se dirige vers la droite. Bien entendu,
ce n'est pas aussi simple qu'une simple petite promenade de
santé.
Et
puis c'est schtroumpfement difficile !
Premier
adversaire, le plus sournois : le temps.
Le petit Schtroumpf dispose d'une barre d'énergie,
qui diminue de manière régulière (aucun
évènement ne vient changer sa vitesse). Cette
barre oblige en fait le joueur à ne pas traîner
: en effet, elle ne se régénère que lorsque
le petit Schtroumpf change de zone. Or, comme je l'ai dit
plus tôt, selon le niveau de difficulté, il peut
y avoir jusqu'à quatre écrans entre deux zones
différentes...
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| La
deuxième zone : les champs. |
Le
corbeau est franchement collant au niveau 4. |
Au niveau de difficulté 4, il est clair que la marge
de manœuvre pour atteindre la zone suivante est très
mince.
Et
puis Gargamel habite schtroumpfement loin !
Les
différentes zones présentent toutes (sauf la
dernière) un point commun : elles sont accidentées.
Ainsi, dans la forêt, le petit Schtroumpf doit sauter
par-dessus des barrières ; dans les champs, des talus
ou des herbes entravent la progression du petit héros
; dans les grottes, ce sont des stalagmites qui risquent de
le faire tomber. Dans le château de Gargamel, par contre,
il n'y a pas d'obstacles.
En fonction du niveau de difficulté, les obstacles
sont plus ou moins difficiles, mais restent relativement franchissables.
Ceux qui valent 200 points nécessitent un simple saut
pour les passer, ceux qui valent 300 points demandent au petit
Schtroumpf de faire d'abord un saut sur place pour pouvoir
bondir ensuite plus haut.
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| La
troisième zone : les grottes. |
La
chauve-souris remplace le corbeau. |
Ce n'est pas que ce soit particulièrement difficile,
mais des fois on ne fait plus trop attention et on tombe bêtement...
Et
puis ces schtroumpfs de monstres sont vraiment schtroumpfants
!
Les
autres adversaires - physiques - sont plus ou moins présents.
Encore une fois, cela dépend du niveau de difficulté.
- au premier niveau : il n'y en a pas.
- au second niveau, un monstre apparaît de la gauche
de l'écran, va vers la droite en essayant de percuter
le petit Schtroumpf puis disparaît à gauche de
l'écran ; si le Schtroumpf meurt, le monstre ne réapparaît
pas.
- au troisième, un monstre apparaît à
chaque écran.
- au quatrième niveau, les monstres se jettent sur
le petit Schtroumpf, mais sont capables de faire demi-tour
pour le re-percuter dans l'autre sens. C'est à ce niveau
que les monstres sont réellement les plus collants.
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| Quatrième
zone : les champs... |
... avec le château de Gargamel au loin. |
Bien entendu, le petit Schtroumpf ne dispose pas d'armes.
Il va devoir avancer au péril de sa vie. Il peut sauter
par-dessus les monstres quand ceux-ci sont suffisamment proches
du sol, ou se baisser pour qu'ils passent au-dessus de lui.
Il peut enfin fuir, faire demi-tour, mais dans ce cas il n'obtiendra
pas de points lors de saut d'obstacles.
Quand le petit Schtroumpf a réussi à franchir
tous les obstacles, il arrive devant la Schtroumpfette : un
saut sur le crâne (de qui d'ailleurs ? Il n'y a que
Gargamel qui habite ici !), de là un saut sur la plate-forme,
et ça y est : elle est sauvée ! Une petite musique
se fait entendre et hop ! on recommence.
Et
puis elle aurait pas pu faire gaffe, la Schtroumpfette ?
Il
faut bien dire ce qui est : le jeu est pour les enfants. Même
à l'époque, j'entends : le jeu est pour les
PETITS enfants. C'est même écrit dans la doc
: "Les niveaux 1 et 5 sont pour les débutants
et les très jeunes enfants."
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Sixième zone : le château de Gargamel. |
La
fin du voyage : la délivrance de la Schtroumpfette
! |
Graphiquement,
c'est la claque. On n'avait ja-mais vu ça. La
Coleco était réellement impressionnante
à ce niveau, il n'y avait qu'à comparer
Donkey Kong
par exemple dans les trois versions : VCS Atari, Mattel
Intellivision, CBS ColecoVision. Je vous le dis, il
n'y a pas photo : la Coleco enterre ses concurrents.
L'animation
est simple. Sur écran fixe, le petit Schtroumpf
et le monstre sont les deux seuls sprites présents,
et ils n'ont que quelques mouvements. Quand le Schtroumpf
atteint une extrémité de l'écran,
celui-ci fait un scrolling rapide pour permettre d'arriver
à l'écran suivant.
La
musique, enfin les musiques, sont très jolies.
Il y en a trois, plus la musique de fin de jeu. Ce sont
de vraies mélodies, alors qu'à l'époque
on avait surtout des bruitages plus ou moins crachotants.
Encore une fois, c'est une petite révolution.
Le
maniement est des plus simples : on avance à
gauche ou à droite, on saute en levant la manette
et on se baisse en dirigeant la manette vers le bas.
Le Schtroumpf réagit bien et vite, pas de temps
mort. Des joueurs arrivent même à passer
les obstacles qui valent 300 points en faisant un simple
saut... ce qui est très difficile, même
si ça ne sert à rien. Mais ça prouve
que le maniement est excellent.
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| Le
Tilt n°6 (cliquez pour agrandir). |
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Le
jeu est cependant extrêmement répétitif
(même si à l'époque, vous avouerez que
les jeux étaient tous assez répétitifs).
Sans compter la facilité du jeu quand on ne joue pas
au niveau 4, on se contente de passer d'un écran à
l'autre, avec quelques petites différences entre les
écrans de chaque zone. On retrouve par ailleurs deux
zones identiques (deux forêts, deux champs), qui augmentent
cette impression de répétitivité.
Cette
facilité et cette répétitivité
font qu'on s'ennuie vite, si on n'est pas un jeune enfant.
Je dirais comme verdict que ce n'est pas un mauvais jeu, mais
qu'il est réservé aux petits enfants. Des joueurs
de plus de 8 ans n'y trouvaient pas leur compte... et de nos
jours, personne ne s'amusera plus de 5 minutes avec.
Un
p'tit Schtroumpf, deux p'tits Schtroumpfs, trois p'tits Schtroumpfs...
Les
Schtroumpfs eurent rendez-vous avec la console ColecoVision
en deux occasions : Papa Smurf's Treasure Hunt et Smurf Paint'n'Play
Workshop. Pour autant que je sache, ces deux programmes ne
sont pas sortis en France.
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| Les
deux autres apparitions des Schtroumpfs sur Coleco.
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Rendons grâce tout de même à Schtroumpfs
: ce jeu fit beaucoup pour la console ColecoVision. Il fut
tellement impressionnant qu'une partie de l'écran de
départ fit la couverture du Tilt n°6. Dans ce journal,
on trouvait aussi une petite "interview" de Peyo...
prétexte pour un petit dessin d'un Schtroumpf qui s'amuse
avec une Coleco !
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| Le
petit article dans le Tilt n°6. Cliquez sur l'image
pour la version plus grande
(2082x1365, 482 ko). |
Schtroumpfs
fut adapté sur VCS Atari, hélas je n'ai pas
réussi à en trouver le moindre screenshot. Je
pense qu'il fut aussi adapté sur Intellivision, puisque
très souvent les portages se faisaient sur ces deux
consoles (les jeux sortaient avec trois couleurs de boîtes
: gris pour Coleco, bleu pour Intellivision, rouge pour VCS).
Par contre, je n'ai trouvé aucune référence
sérieuse à propos de ce jeu sur la console de
Mattel. À vos témoignages !
Schtroumpfs
fut testé :
- dans le Tilt n°6 de Juillet-Août 1983 (Tubes,
6/6).
JPB