De l'art des
suites...
Shinobi
ayant laissé nombreux joueurs sur leur faim, il était
bien naturel pour SEGA de vouloir lui adjoindre
une suite. Ceci fut fait grâce à la production de Shadow
Dancer en borne d'arcade. Son titre serait une traduction
à la hussarde du titre japonais "Kage no Mai", auquel il
faudrait plutôt substituer "La Danse des Ombres".
Mais revenons
à nos moutons, ou plutôt à Hayate, le fils de Joe Musashi
(plus connu sous le nom de Shinobi), excellentissime agent-secret ninja comme
son père vingt ans plus tôt. Hayate, élevé aux USA,
reprend du service afin de neutraliser un complot de l'organisation terroriste
"Asian Dawn" (NDR : traduire "L'Aube Asiatique") visant à faire exploser
une navette spatiale au décollage. Cette organisation étant redoutable,
un compère lui est accordé pour mener la mission en la personne
de Yamato, chien de race type Malamut blanc aux crocs acérés.
De la continuité…
Changement
d'intrigue pour un jeu qui reste malgré tout dans la droite
lignée de Shinobi. Hayate affronte toujours
une flopée d'adversaires. Il a gardé sa ceinture noire
de maître ninja et les armes qui vont avec. Vous disposez
de Shurikens pour le combat à distance (leur réserve
est inépuisable) ainsi que de votre Katana (sabre court)
pour envoyer ad-patres ceux qui se risqueraient au corps à
corps.
Shadow
Dancer présente un challenge en scrolling horizontal
découpé en plusieurs missions. Les décors contiennent
parfois plusieurs étages ou deux plans situés l'un
derrière l'autre contenant chacun sa dose d'adversaires.
D'un saut spécial déclenché à l'aide
de la combinaison "haut" + bouton de saut, il vous est
possible de naviguer entre ces deux plans.

L'ennemi se cache dans les moindres recoins: ici, devant
*et* derrière le grillage.
Comme son père
dans l'épisode précédent, Hayate possède quelques
tours dans son sac. Il peut, par exemple, acquérir temporairement une plus
grande capacité de tir (principe des power-ups, principalement cachés
dans les bombes à désamorcer). Par ailleurs, Hayate est rompu aux
arcanes de la magie Ninja à laquelle il peut faire appel pour se tirer
des situations difficiles. En fonction de la mission, le type de magie auquel
vous pouvez faire appel diffère. Admirez au passage la qualité cinématographique
des incantations…

Tout est dans les mains !

Des boules, des tornades ou des chiens en pagailles...
Pour agrémenter
votre parcours, différents thèmes musicaux ponctuent vos exploits.
De bonne facture sans être transcendants, ces thèmes sont dans la
lignée de l'animation musicale de l'époque. Notons par exemple le
thème du 1er niveau, dont les rythmiques de bambous "à la Akira"
rappellent les origines nippones du jeu.
Un
point noir cependant : tout comme dans l'épisode précédent,
votre survie ne tient qu'à un fil. Contrairement à
vos adversaires qui peuvent encaisser une série de coups
sans broncher, vous vous écroulerez au premier sang versé…
Ceci peut s'avérer frustrant sur le long terme même
si, par la force des choses, une plus grande connaissance du jeu
vous permettra d'éviter un nombre croissant de pièges.
… et de l'innovation…
Par rapport au
premier épisode, SEGA fait monter la pression en terme de qualité
graphique. Les décors sont riches et variés - on peut notamment
s'en rendre compte lorsque l'on essaye de garder un œil sur l'arrière plan
qui défile au fur et à mesure de votre périple.

Des décors fournis en détail. Notez l'impact
de la rouille sur la porte ou sur les bidons.
Les tags sur les murs fleurent bon l'authentique (avec un coup de pub au passage)
Vos adversaires
ne manquent pas eux non plus de diversité, comme on peut le constater sur
la photo de famille assemblée par votre serviteur pour la circonstance.
Entre les petites frappes, les adeptes du kung-fu, les ninjas colorés,
les grosses brutes en bleu, les joueurs de lance-flammes et les gladiateurs aux
frisbees façon punk... il y a de quoi faire.

Que chacun prenne son ticket: le Dr Hayate va s'occuper
de vous!
À
ceci s'ajoute, en terme de gameplay, la possibilité de vous
appuyer sur votre fidèle Yamato pour vous sortir de situations
difficiles. Celui-ci n'hésitera pas à se lancer sur
vos adversaires, au péril de sa vie, pour vous laisser les
fractions de secondes nécessaires à la réalisation
d'acrobaties couplées à des lancers de Shurikens ou
d'attaques au Katana.

Le plus fidèle ami de l'homme en action.
Si Yamato venait
à être sérieusement touché, il disparaîtrait
temporairement pour revenir sous la forme primaire d'un caniche nain (non, non,
ce n'est pas une blague). Rassurez-vous, grâce à l'absorption de
quelques hormones de croissance, il reviendra en deux temps trois mouvements à
sa taille originale. Cette trouvaille n'a sans doute pas été homologuée
par la SPA!
Pour finir,
la séquence Bonus est cette fois en perspective contre-plongée.
Seul un tir rapide peut empêcher vos ennemis de se jeter sur vous.

Un véritable tir aux pigeons.
4 missions pour
un seul objectif
"Asian Dawn"
n'a pas fait dans le détail. Afin de prévenir toute
tentative visant à contrecarrer ses plans, elle a fait poser
par ses équipes de nombreuses bombes à travers la
métropole. Les neutraliser est une tâche essentielle
avant de pouvoir vous attaquer au coeur de l'organisation.
Niveau 1
La course contre la montre engagée avec le réseau terroriste n'est
pas simple. Il vous faudra affronter des ennemis de plus en plus coriaces au cours
de votre infiltration. Tout commence par la neutralisation d'un commando présent
dans l'aéroport, et surtout de son chef d'équipe, une sorte de cyber-boss.

Admirons la reconstitution du Concorde au passage.

Entre le cyber-samurai et le lanceur de poids.
Niveau 2
La deuxième étape vise à neutraliser le circuit d'approvisionnement
du commando. Ceci impliquera un passage par une voie ferrée ainsi que par
les docks du port. En guise de fin de mission, il vous faudra affronter une véritable
locomotive armée jusqu'aux dents.

Une ambiance quasi Mad-Max.

"La
bête humaine" version SEGA.
Niveau 3
Avant de vous attaquer au morceau final, une petite visite par le quartier général
ennemi situé dans les souterrains de la ville s'impose. Cela fleure bon
la zone industrielle en friche, et parmi vos adversaires figurent même des
crocodiles d'égouts.

Claustrophobes s'abstenir.

Apparemment la "tolière" du quartier général
n'est pas une adepte du nettoyage…
Niveau 4
Enfin il ne vous reste plus qu'à parvenir à la plate-forme de lancement
pour torpiller toute velléité des terroristes de perturber le décollage
de la navette spatiale. Ceci passe par une visite des cavernes et l'ascension
des chutes d'eau (un moment de toute beauté). Et retour dans un monde plus
technique avec une bataille rangée sur le "launch-pad".

Rien ne vaut les grands espaces.
Votre ultime
ennemi vous attend sur la passerelle d'embarquement. Ne vous laissez pas séduire
par ses formes, même si elle présente un visage d'ange. En effet,
elle possède le pouvoir de conjurer un certain nombre de démons
avant de vous laisser l'affronter.

Toujours se méfier apparences…
Si
vous réussissez à mettre un terme aux agissements
du commando, une petite séquence animée de fin vous
attend (dans la lignée de Ninja
Spirit ou de R-Type),
le tout accompagné une mélopée fleurant bon
les dessins animés de la fin des années 80.

Pour une fois, on ne se contente pas d'un banal remerciement
!
La déclinaison
habituelle en versions micros et consoles.
Comme
d'habitude, du bon et du moins bon. US Gold se chargera de porter
Shadow Dancer pour les versions ZX
Spectrum, Commodore 64, Amiga,
Amstrad CPC et
Atari ST.

Version Amiga |

Version Atari ST |

Version C64 |

Version ZX Spectrum |
D'autres versions verront le jour pour le marché
des consoles, notamment pour la Sega Master
System et la Megadrive
(Shinobi reste en famille…). La version Master
System est de bonne facture, mais malgré une fidélité
certaine au jeu d'arcade original, elle se trouve amputée
de certaines portions de niveaux.

Graphiquement on y est presque, mais le scénario
est amputé d'un bon tiers...
La
version Megadrive, quant à elle, est excellente,
mais s'éloigne totalement de son modèle dans la conception
de ses niveaux. Il est d'ailleurs amusant de noter qu'en fonction
du support, les noms des protagonistes changent eux-aussi... Le
portage, c'est tout un métier!

Une version totalement inédite de Shadow Dancer
pour la Megadrive. Très accessible, elle est à
essayer de toute urgence.
Bernard