CASTLEVANIA
: Un
voyage au pays des chasseurs de vampires...
- 6ème
Partie : Le retour à la Troidé -
Depuis
l'expérience mitigée des épisodes troidés
sur Nintendo 64, s'il y a bien quelque chose qu'il
ne fallait pas prononcer devant un fan de Castlevania,
c'était le mot polygones. Et comme notre ami Igarashi
commençait à comprendre que la technique des clones
de Symphony of the Night
sur Gameboy Advance, ça marchait bien, mais
ça allait finir par se voir, il décida de retenter
le coup en troidé. Oui. En 2003. Sur PS2. Lament
of Innocence, que ça s'appelle.
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CASTLEVANIA : LAMENT OF INNOCENCE (aka CASTLEVANIA) : PS2 (2003)
Vous
vous souvenez de Sonia Belmont ? L'héroïne du complètement
dépassé (dès sa sortie sur Gameboy
Color) de Castlevania
Legends ? Celle dont l'épisode, pourtant
prometteur (en troidé, tiens !), a été
purement et simplement annulé ? Celle que l'on surnomme
porte-poisse ? Eh bien, sa galère n'est pas près
de s'arrêter, puisque Lament of Innocence
vient détruire la seule chose qui lui restait : son titre
de matriarche de la lignée des chasseurs de vampire.
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La
caméra, automatique, gère souvent des grands
angles façon Roland Garros. |
L'inventaire,
assez complet pour un jeu d'action. |
À
l'opposé de Soma Cruz en 2035, bienvenue au XIème
siècle avec Leon Belmont, le pas encore chasseur de chauve-souris,
mais déjà très brave. Sauf que ce brave
Leon a un gros problème : sa promise, Sara, a disparu.
Son fidèle ami Mathias, dont la sienne est morte tragiquement
l'année précédente, le met sur la piste
d'un château au fond de la forêt, là où
la nuit ne finit jamais... Et au pied de la bâtisse, il
rencontre Rinaldo, alchimiste de son état, qui présente
le maître des lieux, un certain Walter, comme une espèce
d'ermite qui meurt d'ennui... et qui défie les gars du
coin dans son château en enlevant les jeunes femmes. Mais
bien loin de vouloir présenter le château comme
une espèce de Disneyland morbide, Lament of Innocence
va tout simplement lancer les bases de la série. Si le
scénario ne démarre vraiment que lors de la dernière
phase de jeu, vous vous douterez sûrement que les apparences
sont trompeuses, et qu'il y a du revirement d'intrigue dans
l'air. Sacré Igarashi, tu ne t'en es même pas rendu
compte, mais cela fait tout de même sept ans que tu nous
fais le coup.
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Les
effets sont magnifiques, tout est prétexte à
des jeux de lumière ou des effets spéciaux. |
Ils sont très gros, mais je vais quand même
les pourfendre ! |
Et
il serait dommage de dédaigner les richesses de l'histoire
qui nous est ici contée, car elle réussit à
introduire des personnages intéressants, Leon se montrant
sans aucun doute comme l'un des Belmont les plus charismatiques
qui nous aient été présentés jusqu'ici
; sûrement grâce au superbe travail effectué
sur le rendu graphique des protagonistes, au character design
de la toujours très talentueuse Ayami Kojima, et pour
une fois des doubleurs occidentaux, dont les interventions sonores
sont très convaincantes. Les personnages seconds valent
eux aussi le détour, spécialement Rinaldo, qui
n'est ni plus ni moins que le créateur du fouet, le fameux
Vampire Killer, l'objet mythique au coeur de cette histoire.
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Elle
a de gros atouts, mais elle va quand même y passer... |
Le
sol est recouvert d'eau, occasionnant des remous et des
reflets exceptionnels. |
Et
Leon, avec son fouet, il part pour une aventure tout en action,
dans un Castlevania découpé en
sept parties : l'entrée du château, avec son tutorial,
sa salle de sélection de niveaux, et sa cour aux orbes
; puis ses cinq niveaux, à découvrir dans n'importe
quel ordre, et dans lesquels il faudra arracher une orbe à
chacun des boss présents ; et enfin, son niveau final,
accessible uniquement une fois toutes les orbes acquises. C'est
tout ? Oui, mais le menu s'annonce copieux. Car chaque niveau
se compose d'une succession de salles reliées par des
couloirs, le tout grouillant de bestioles aussi agressives que
variées. La progression dans chaque étage mènera
au fameux boss, mais permettra également au joueur de
s'apercevoir que certaines salles semblent planquées,
et qu'il existe des boss secrets. Amateurs de cartographie,
réjouissez-vous, l'automapping vous donnera l'occasion
de chercher si vous n'avez pas loupé un passage secret,
et certains ne se découvrent pas facilement. D'autre
part, quelques passages feront appel aux talents d'acrobate
de Leon, avec des plates-formes à franchir, ou des pièges
à désamorcer. Ces moments ne sont pas nombreux,
mais ils existent.
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Plus
fort que le Prince de Perse, Leon peut s'accrocher avec
son fouet... |
...ou à des rebords, pour des passages souvent
tendus ! |
Pour
le reste du jeu, c'est bien de l'action pure et dure ! Pour
l'occasion, le système de combat de Lament of
Innocence se révèle très intéressant
: en plus du bouton de saut et d'utilisation de la sous-arme
classique, deux boutons sont assignés à l'attaque,
un faible et un fort. En combinant les deux, le joueur parviendra
avec une surprenante et agréable facilité à
créer de savoureuses combos dévastatrices, qui
se révèleront d'ailleurs au fur et à mesure
de l'aventure ; on en dénombre plus d'une dizaine ! On
notera également la présence d'un bouton de garde,
qui permettra également de marcher, et d'esquiver. Et
si l'évolutivité très jeu de rôle
instaurée par Symphony
of the Night a été ici délaissée,
les caractéristiques de vie, de défense, etc.
de Leon sont toujours présentes, mais n'augmenteront
que grâce à son inventaire, bien moins fourni qu'auparavant,
mais néanmoins présent. Par contre, le système
de magie est lui bien nouveau, et se compose de deux parties
: par les orbes récupérées d'un côté,
qui, associées aux sous-armes, vont créer des
effets dévastateurs, et par les reliques d'autre part,
qui une fois activées, déclencheront pour un temps
limité des bonus intéressants (vitesse, feu, défense,
attaque...).
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D'autres
salles proposeront un poil de réflexion et d'adresse
pour les franchir. |
Les
boss sont très soignés, et très dangereux
! |
Alors,
Lament of Innocence, meilleur épisode
de la série ? Une fois de plus, les avis sont très
partagés. Il y a les fans, qui, décidément,
semblent très réfractaires à la troidé.
Mais la plupart ont tout de même reconnu que le visuel
de Lament of Innocence était exceptionnel,
avec notamment des décors très réussis,
et que la partie musicale, composée par Michiru Yamane,
supporte la comparaison avec son oeuvre précédente,
Symphony of the Night.
Malheureusement, beaucoup lui reprochent une forte répétitivité
dans l'action et dans la progression. On frappe, on ouvre une
porte, on traverse un couloir, on frappe... Effectivement. La
construction des niveaux, affublée d'une espèce
de symétrie axiale, manque souvent d'originalité.
Les couloirs se ressemblent un peu trop, et la caméra
automatique, bien qu'assez réussie dans sa jouabilité,
empêche de profiter du travail des décors, notamment
dans les parties supérieures des pièces. Tout
cela donne un effet de confinement, et l'on regrettera d'autant
plus l'absence d'espaces vastes comme pouvaient le suggérer
les épisodes précédents. Pas de grande
cour intérieure, ni de promenades sur les murailles,
et encore moins de grottes gigantesques. Des couloirs, des pièces,
des couloirs.
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Ahhh,
les haches géantes, un grand classique du genre... |
...par contre, ce passage emprunté à de
vieux titres surprend, mais vaut le détour ! |
Et
si l'on se retrouve de temps en temps devant des boutons à
pousser pour ouvrir des portes de l'autre côté
du niveau, l'ensemble manque singulièrement de mécanismes
plus poussés. Et le plus frustrant viendra sans aucun
doute de la quête secondaire des clés, qui ouvrent
certaines portes cachant quelques secrets non négligeables
: elles se trouvent dans un niveau différent de la porte
qu'elles ouvrent, et obligeront à se taper l'intégralité
des niveaux une deuxième fois. Pas de téléporteurs,
au XIème siècle, on fait tout à pied. Par
contre, un effort intéressant a été apporté
à la difficulté : ni trop faible, ni trop élevée,
elle se révèle très bien dosée.
Attention, les boss se révèlent coriaces, surtout
les deux derniers, et le tout pitit, en bas, dans la salle de
torture.
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Rares
sont les pièces de grande taille... |
Plus
vorace que les géraniums de ma grand-mère
! |
Ces
défauts ont valu, de la part des plus sarcastiques, de
rebaptiser le sous-titre de cet épisode en Lack of Interest
(manque d'intérêt) ; je ne partage pas cette opinion.
Parti avec un à priori plutôt négatif, et
ayant très rapidement constaté les problèmes
énumérés plus tôt, je me suis cependant
surpris à me passionner pour l'aventure une fois la moitié
du jeu passée. Avec des graphismes magnifiques, une jouabilité
exceptionnelle (même si les passages plates-formes sont
toujours aussi frustrants !), des musiques envoûtantes,
un scénario intéressant, Lament of Innocence
m'a conquis. Surtout lorsqu'on le considère comme l'héritier
du premier épisode, c'est-à-dire un jeu d'action
brut. C'est très jouissif, plutôt défoulant,
et surtout très loin des Devil
May Cry de Capcom et consorts, à qui on
essaie toujours de le comparer. C'est une erreur, il ne se joue
absolument pas de la même façon.
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La Mort, incontournable, bénéficie elle
aussi d'un design somptueux. |
Son
décor n'est pas en reste. |
Avec
Lament of Innocence, Igarashi a conjuré
la malédiction qui planait sur Castlevania
: la passage à la troidé, et le risque de mourir
avec les derniers supports accueillant ce style graphique qualifié
aujourd'hui de désuet (sauf sur Gameboy Advance).
Tout cela nous promet une excellente année 2005, avec
les sorties quasi-simultanées de Curse
of Darkness sur PS2, la deuxième
œuvre troidé sur la console de Sony, et Dawn
of Sorrow, la suite directe d'Aria
of Sorrow, mais sur Nintendo DS.
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Pour
finir, une petite photo de famille de ma collection personnelle
japonaise. De gauche à droite, première
ligne : Lament of Innocence PS2, Rondo of Blood PCE, Symphony
of the Night PSX, Apocalypse N64. Au milieu : Chronicles
PSX, Nocturne in the Moonlight SATURN. Deuxième
ligne : Vampire's Kiss SNES, Akumajo Dracula SNES, Akumajo
Dracula FDS, Legend of Cornell N64. |
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