La
troupe de Goofy
Dans les années
90, Disney voulut, avec sa série La bande à Dingo,
donner un rôle principal à un faire-valoir de Mickey, Dingo, ainsi
qu'un coup de lifting à des franchises qui commençaient à
s’apparenter à un club du troisième âge. Assez marrante,
cette série nous présente la vie de Dingo, de son fils Max (pas
de femme, c’est tabou !), de leur ami Pat Hibulaire (l’ennemi juré
de Mickey dans les BD mais qui, là, est gentil) et de son fils. Elle
fut adaptée en un long métrage qui, même s’il n’a
pas révolutionné le genre, est très amusant et loin de la
prétention pompeuse des nombreuses niaiseries de Noël du style Dinosaur.
Bref l’univers
présenté est sympathique, même s'’il n’est pas
aussi enfantin qu'il peut le sembler au premier abord.
L’histoire
du jeu
Durant une partie
de pêche, les héros de la série, qui sont de vrais beaufs
(bière, foot, pêche et camping car), sont attaqués par un
bateau pirate venu d’on ne sait où. Sans transition, vous apprenez
qu’ils ont kidnappé Pat et Pat Junior, et que vous, Dingo et Max,
devez les délivrer. Vous suivez le bateau pirate et arrivez sur une île,
que vous parcourez à la recherche de Pat et PJ. Dans
votre quête, vous explorerez l’île, ses plages, son village,
sa grotte, son château, pour finir sur le gallion des pirates.

5 niveaux
à peine, c’est bien peu !
Le gameplay
Bon, connaissant
l’éditeur, on pouvait s’attendre à se voir offrir un
jeu de baston ou de plates-formes, mais il aurait sans doute été mal
venu de mettre en scène des personnages Disney s'envoyant torgnoles sur
torgnoles. En outre, Aladdin, sorti la même année, fut un jeu de
plates-formes pur. Il aurait donc été délicat d'affubler du
même gameplay deux Disney élaborés à quelques mois
d'intervalle. On a donc droit, avec ce Goof Troop réalisé par un
certain Shinji Mikami, à un jeu d’aventure/réflexion, alternant
phases d’exploration semi-linéaires (les niveaux à explorer
ne sont pas énormes et très dirigistes) et énigmes retorses.
Les actions
que vous pourrez accomplir sont simples: vous déplacer, parler avec un
villageois, attraper et lancer des tonneaux, des pierres ou des bombes (tout ce
qui vous tombera sous la main), déplacer des blocs horizontalement ou verticalement
en shootant dedans, et utiliser des items. Pour vous débarrasser de vos
ennemis, vous pourrez, au choix, leur lancer un objet à la figure, les
faire tomber dans l’eau ou un précipice au moyen d’un item,
voire leur envoyer un bloc dessus, à la Pengo. À noter que le bouton « lancer »
sert aussi à attraper ce que les ennemis vous lanceront dessus, ou se faire
des passes entre les personnages, ce qui peut donner lieu à de petites
stratégies sympathiques.
Les énigmes
consistent à faire glisser les nombreux blocs du jeu vers des emplacements
spécifiques dans le but de déclencher divers mécanismes nécessaires
à votre progression. Toute la difficulté du jeu réside dans
le fait qu'un bloc, une fois lancé, ne s'arrête que lorsqu'il rencontre
un obstacle - principe maintes fois utilisé dans nombre d'autres productions
vidéoludiques.
La première
énigme du jeu : fastoche, ma foi. Poussez le bloc le plus à gauche
vers la gauche ; puis celui du milieu, lui aussi, vers la gauche, avant de l'envoyer
vers l’emplacement du haut. Le premier bloc que vous avez poussé
doit être poussé vers le bas, puis vers la gauche, et enfin vers
le haut. Le bloc situé à l’extrême droite doit être
poussé vers la gauche, puis vers le haut. Poussez le dernier bloc vers
le haut, puis vers la droite...

... et voilà ! La porte s'ouvre. À moi la clé !

Ici,
en revanche, je suis bloqué. J’ai poussé des blocs dans les
coins, et il m’est impossible de les tirer (on ne peut que les pousser).
Je dois donc ressortir de la pièce et rentrer à nouveau pour retrouver
les blocs à leurs emplacements d’origine...

... Il
faut dire que les deux ennemis que j’ai éliminés avaient la
possibilité de déplacer
les blocs, ce qui a faussé l’énigme.
Pour mener à
bien votre aventure, vous avez le choix entre Dingo et Max. Max est rapide, mais
tire moins fort que Dingo qui, lui, est plus lent (ce choix à faire entre
deux personnages aux capacités différentes n'est pas sans rappeler
le hit cultissime de Mikami, Resident Evil). Notez que vous pourrez jouer à
deux joueurs simultanément, ce qui est un plus bien sympathique.
Les items
sont divers et variés, même si on retombe, comme dans Aladdin, dans
le schéma de l’élément que l’on réutilise
à outrance, j’ai nommé le grappin. Il vous permettra de pousser
les ennemis dans des gouffres, d’attraper des tonneaux, des pierres à
lancer ou des points de vie, et de fabriquer des ponts entre deux crochets. Il
se trouve en de nombreux endroits dans le jeu, et sera l'objet de fréquentes
disputes entre les deux joueurs !
Un petit
aperçu des fonctions du grappin : l'un m’a servi à faire un
pont, l’autre me sert à attraper un objet - Zelda, quand tu nous
tiens.
Les
autres joyeusetés mises à votre disposition sont une clochette (pour
attirer les pirates, comme dans MGS lorsque l’on tape sur le mur !), un
bout de bois (pour compléter des ponts qui auront été, comme
par hasard, détruits juste avant que vous n'arriviez), une pelle (pour
rechercher des bonus enfouis), une lanterne et des clés (no comment). Vous
ne pourrez en transporter que 2 à la fois (les prémices des inventaires
de Resident Evil), mais cela n’implique pas d'aller-retour puisque bien
souvent, vous n'aurez qu'à vous séparer de l’item qui ne vous
servira plus jamais pour le reste du niveau (la pelle par exemple).
Goof Troop est-il un bon jeu ?
Difficile à
dire… Il faut dire que le parti pris de ne pas programmer un énième
jeu de plates-formes rend le jeu original. Disons que ce jeu est un bon choix pour
qui veut se triturer les méninges sur des énigmes à même
de déclencher quelques crises de nerfs. La possibilité de se marrer
avec un pote en mode coopératif est un plus non négligeable. Toujours
est-il que les fans de Capcom seront aux anges lorsqu'ils retrouveront les graphismes
si caractéristiques de la marque lorsqu'elle sévissait sur Snes.
Goof Troop
représente un moyen de se reposer pour qui vient de terminer un Zelda et
veut opérer un retour à la vie normale en douceur, tout en restant
dans le jeu d’aventure.
Thomas V.