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Alien Trilogy
Année : 1996
Système : PC, Playstation, Saturn
Développeur : Probe
Éditeur : Acclaim
Genre : FPS
Par Corentin M. (30 janvier 2004)

Noël 1996. La Nintendo 64 fait ses premiers pas au Japon. La guerre des 32-bits fait rage entre la Saturn de Sega et la PlayStation de Sony, qui n’a pas encore totalement pris l’avantage définitif qu’il aura en 1997 avec Final Fantasy VII. La politique des grands éditeurs tiers est donc encore d’abreuver le marché de jeux multi-plates-formes et non pas uniquement sur PlayStation. Alien Trilogy, développé par Acclaim et édité par Probe, débarque donc avec la ferme intention de s’approprier le secteur des Doom-like sur consoles.

Et le bougre a des arguments. Car, chose rare qui mérite d’être signalée, Acclaim fait honneur à sa prestigieuse licence, Alien. Le moteur 3D est extrêmement fluide, les effets - comme le lance-flammes - très réussis, la modélisation et l’architecture des décors convaincantes. Les ennemis, en 2D certes mais c’est la norme de l’époque, sont eux aussi très bien rendus car bien animés sans être monstrueusement pixellisés. Les textures sont aussi très bien faites dans l’ensemble, variées et relativement fines, sans jamais faire "bouillie de pixels" en gros plan. Bref, du point de vue technique, si l’on excepte les scènes cinématiques super trippantes mais très mal rendues (en 12 couleurs seulement !), c’est incontestablement du tout bon. Et le reste suit.

La maniabilité est en effet très bonne, malgré des déplacements un peu lents, et l’arsenal mis à votre disposition permet du désaliénage en force : flingue, fusil à pompe, lance-flammes, charges sismiques, blaster (mitrailleur / lance-grenade) et autres pétoires surpuissantes (avec les codes pour tout débloquer, c’est jouissif de dessouder de l’Alien)... Les missions sont intéressantes, souvent bourrines, mais des objectifs, pas toujours clairs hélas, sont à remplir impérativement sous peine de devoir recommencer. Ainsi, si votre intelligence ne sera pas franchement mise à contribution, il faudra tout de même prêter une certaine attention au bon déroulement de la mission, ce qui évite la monotonie du flinguage basique. Il y a bien aussi quelques passages "secrets", mais ceux-ci restent franchement anecdotiques, et ne relèveront pas grandement un intérêt de toute façon déjà bien présent.

Les musiques, oppressantes ou dynamiques, accompagnées de bruitages réussis, aident une ambiance démoniaque à s’installer à travers des décors sacrément bien conçus et peuplés de sales bêtes en tous genres. Les déambulations dans les méandres obscurs du vaisseau Alien, infesté de monstres, jusqu’à la salle de contrôle et son énigmatique et troublant pilote, resteront de grands moments de jeu vidéo. Un très bon point niveau ambiance donc, assez fidèle au film, surtout que le scénario est assez réussi. Le bestiaire comporte les inévitables œufs d’où surgissent les "face-huggers", les aliens du films, mais aussi des aliens entièrement nouveaux (aliens-chiens, aliens dorés...), des humains contaminés ou des scientifiques de la Compagnie et jusqu’à trois gigantesques Reines pour autant d’affrontements d’anthologie.

Le jeu est découpé en trois grande parties : une base tout droit tirée de Aliens, le Retour, un pénitencier très Alien3-style, et le vaisseau-alien, plus franchement Alien 1. Un découpage finalement assez patchwork, qui ne fait évidemment aucune référence à l’Alien Resurrection de Jeunet puisque celui-ci ne sortira que l’année suivante, mais la sauce prend bien. Surtout que le tout est entrecoupé d’assez longues scènes cinématiques, qui, si elles sont décidément trop laides car excessivement mal compressées, restent très péchues et intéressantes. Et, s’il vous arrivera de tourner en rond à cause d’un objectif mal compris ou mal expliqué – et c’est bien là le seul véritable défaut d’Alien Trilogy finalement -, le rythme est globalement très soutenu.

On peut ainsi enchaîner des heures de jeu à la suite, sans jamais lâcher l’aventure. Un très bon Doom-like donc, qui fait honneur à sa licence – et répétons-le c’est suffisamment rare pour être salué –, que les fans d’Alien et de FPS sauront apprécier à sa juste valeur. Ceux qui aiment les deux seront servis...

Corentin M.
(30 janvier 2004)
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