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Resident Evil 5
Année : 2009
Système : Android, PC, Playstation 3, Playstation 4, Xbox 360, Xbox One
Développeur : Capcom
Éditeur : Capcom
Genre : Survival Horror
Par Julenstein (06 février 2012)

Resident Evil Fiiiiive...

Développé par Capcom, conçu par Jun Takeuchi.

Warning - This game contains scenes of explicit violence and gore.

Non, je plaisante. Tout le monde peut lire cet article, sauf ceux qui auraient peur d'être "spoilés. » En effet, le présent fichier XHTML contient des traces de spoilers dévoilant des personnages ou des parties de l'intrigue. Je préfère prévenir, sait-on jamais. Bonne lecture à tous !

Le plus difficile n'est pas d'atteindre l'apogée, mais d'y rester. C'est ce qu'ont appris Jun Takeuchi et son équipe en succédant à Shinji Mikami, le cerveau derrière l'immense, le grandiose, le sublime Resident Evil 4. Il l'avouera à demi-mots plusieurs mois après la sortie de Resident Evil 5 en déclarant : "Il est vrai que nous avons ressenti une grande pression et l'ombre de Shinji Mikami après Resident Evil 4."

L'épisode que l'on pourrait surnommer "le grand reset", tant il a fait sortir la série des conventions qu'elle s'était elle-même fixée, a... comment dirais-je... quelque peu raflé tous les suffrages. Certes, les plus fervents admirateurs de la série Resident Evil ont pu ressentir une trahison tant celui-ci s'est affranchi des codes du survival horror. Pour les autres, ce fut un classique instantané encensé par la presse, vendu à plus de cinq millions d'exemplaires, porté sur de nombreux supports et qui, tels ses prédécesseurs, a établi les nouveaux standards du genre survival horror. Il n'y a qu'à voir Cold Fear ou Silent Hill: Homecoming pour en être convaincu.

La mouture dite "HD" de Resident Evil 4. Rien que de voir ce screenshot, ça me donne une folle envie de me replonger dedans...
Silent Hill: Homecoming qui opte pour un système de visée similaire. J'en profite pour écrire que je trouve ce titre très sous-estimé. J'ai adoré !

Welcome to Africa.

L'incroyable cosmopolitisme des citoyens de Kijuju.

Le 20 juillet 2005, Capcom annonce sans surprise Resident Evil 5qui, jusqu'à sa sortie en mars 2009, sera attendu comme "l'héritier" du fameux RE4. On apprend notamment le retour de Chris Redfield (qui a suivi la méthode Lafay pendant ses années d'absence) pour remplacer numériquement Leon Scott Kennedy. L'action se déploie pour la première fois en Afrique subsaharienne, dans le village imaginaire de Kijuju. Les premières informations laissaient apparaître un titre qui se déroulait en plein cagnard : il aurait alors fallu gérer son insolation en cherchant les zones d'ombre ainsi que sa soif. En cas de déshydratation, Chris aurait été victime d'hallucinations. Hélas ou tant mieux, ces concepts de survie seront abandonnés dans la version finale, beaucoup plus orientée "action" que n'importe quel épisode de la série.

Ces deux screenshots proviennent du début du développement de Resident Evil 5. Bien que les concepts de survie (l'insolation et la soif) aient été amputés à la version finale, le titre n'a pas beaucoup changé visuellement par rapport aux premières captures d'écran diffusées.

Ce nouvel "environnement" n'est pas du goût de tout le monde. Malheureusement, Resident Evil 5 est plongé au coeur d'une polémique menée, entre autres, par le blog Black Looks. Dans les premières bandes annonces, on peut voir Chris Redfied tirer sur des zombies de Kijuju. Ses détracteurs pointent alors du doigt le stéréotype du héros blanc tirant à vue sur la foule de zombies noirs, donnant une image "déshumanisée" de l'Afrique. Le problème n'est pas seulement que le héros canarde la horde de morts-vivants, mais aussi que les personnages noirs non-infectés ressemblent également à des zombies.

Mais les accusations vont plus loin encore puisque le principe même du virus Uroboros qui infeste les autochtones de Resident Evil 5 est remis en question. Celui-ci est maladroitement comparé au VIH (l'Afrique subsaharienne reste la région du globe la plus infectée avec 67% du nombre mondial de personnes séropositives en 2007) bien que ni ses méthodes d'infection, ni ses effets n'évoquent le SIDA. Toujours est-il que Capcom affirmera que ces accusations n'ont en rien altéré le développement de Resident Evil 5. Et pourtant... Dans le bestiaire du jeu final, en plus des zombies noirs, on trouve des zombies asiatiques, des zombies blancs, des zombies maghrébins et même des zombies roux. Oui, parce que le flux migratoire Cambodge-Kijuju est bien connu, vous savez. Chris se dote en plus d'une partenaire qui, comme par hasard, a la peau métissée. Sheva Alomar, c'est son nom, brise ainsi l'image clichée du "blanc" contre les "noirs." Malgré tout, Capcom assure n'avoir jamais été influencé au cours de la programmation du titre... Je vous laisse vous forger votre propre avis sur la question.

Quoi qu'il en soit, le virus Las Plagas de Resident Evil 4n'avait pas fait autant débat... Ni même les zombies blancs que l'on dépèce depuis 1996.

A new era of bio-terrorism descended upon vulnerable countries.

L'ingénieuse pirouette pour étendre (encore !) le scénario de Biohazard.

L'arme biologique Uroboros est au coeur de l'intrigue de Resident Evil 5. En 2009, soit cinq années après la chute d'Umbrella, la BSAA (Bioterrorism Security Assessment Alliance, fondée par des survivants des évènements du manoir Spencer et de Raccoon City... dont Chris Redfield) dépêche deux agents à Kijuju afin d'empêcher la vente au marché noir d'une arme bioterroriste. La mission consiste à récupérer des preuves et quitter au plus vite le village africain. Évidemment, une fois sur place, les choses sont "légèrement" plus compliquées que cela. Les indigènes ne sont pas ce qu'on pourrait appeler "accueillants" et les deux protagonistes comprennent vite qu'un nouveau virus, similaire à Las Plagas, se répand par les Majinis, le nom donné aux humains déjà infectés par le virus. Cette intrigue a un léger goût de réchauffé, certes, mais les fans y trouveront leur compte grâce à un casting des plus explosifs.

CHRIS REDFIELD (35 ANS)
Apparu pour la première fois dans le premier opus de Resident Evil (souvenez-vous, le gaillard incapable de porter plus de six objets !) puis au coeur de l'intrigue d'autres épisodes, Chris reprend du service dans ce cinquième opus dont il est le héros. L'ancien membre des STARS fait aujourd'hui parti du BSAA, dont il est un des pères fondateurs. Il est un membre emblématique de cette organisation (comme dirait Sheva : "Your reputation preceeds you, Mr. Redfield. ») et consacre sa carrière à la lutte contre le bioterrorisme. Il se rend à Kijuju afin d'enquêter sur une transaction illégale d'arme biologique. Il est également à la recherche de Jill Valentine, son ancienne coéquipière au sein des STARS, portée disparue et présumée décédée depuis leur dernière rencontre avec Albert Wesker. Dans cet épisode, il sera accompagné tout au long de l'aventure par Sheva Alomar.

SHEVA ALOMAR (23 ANS)
Membre de la branche Ouest-Africaine du BSAA, Sheva est désignée comme partenaire de Chris Redfield pour cette mission. Sans entrer dans les détails (que vous trouverez dans la section "Archives" du jeu), Sheva est extrêmement engagée contre le bioterrorisme. En effet, lors de son huitième printemps, elle perd ses parents dans un accident industriel. Elle apprendra bien plus tard que cette catastrophe était un essai bioterroriste maquillé et chapeauté par Umbrella et le gouvernement du pays imaginaire dont elle est ressortissante. Après avoir activement aidé à faire échouer une transaction bioterroriste, Sheva migre vers les États-Unis pour quelques années où elle rejoint le BSAA. Son rôle dans le jeu est bien évidemment crucial : elle n'est pas qu'un "Player 2," Elle incarne l'un des thèmes principaux de Resident Evil 5, à savoir la relation qui unit deux partenaires.

JILL VALENTINE (35 ANS)
Jill Valentine fait également son grand-retour dans Resident Evil 5. Sans entrer dans les détails de l'intrigue encore une fois, l'ancienne membre des STARS était portée disparue depuis sa dernière rencontre (aux côtés de Chris) avec Albert Wesker, dans le manoir Spencer. C'est en partie pour la retrouver que Chris s'est rendu sur les terres hostiles de Kijuju. C'est en voulant sauver Chris que la belle s'est sacrifiée, en se jetant sur Wesker et en tombant d'un ravin avec ce dernier. Chris se sent toujours coupable de la disparition de sa partenaire. Visiblement, la chute ne fut pourtant pas si douloureuse que ça puisqu'aussi bien Jill que Wesker ont survécu à cette "dégringolade". Si Jill n'est pas un personnage jouable de Resident Evil 5, vous pourrez l'incarner (génial !) dans les deux extensions du titre (dont nous reparlerons un peu plus loin dans le dossier).

JOSH STONE (35 ANS)
Josh est capitaine au sein de la branche Ouest-Africaine du BSAA. Il est également le meneur de l'équipe Delta, pour la mission de Kijuju. Il est le mentor de Sheva Alomar, puisque c'est lui qui l'a entraînée pendant huit mois. Ils sont restés bons amis. Tout comme Jill Valentine, Josh n'est pas jouable dans le jeu principal. C'est un personnage qui apparaît au cours de plusieurs chapitres de l'aventure mais qui n'a qu'un rôle de soutien. Il aura son heure de gloire, ceci dit, puisqu'il sera possible de l'incarner dans l'extension "Une fuite désespérée" aux côtés de Jill Valentine.

RICARDO IRVING (ÂGE INCONNU)
À l'origine, Ricardo Irving était un chercheur de l'entreprise pharmaceutique Tricell, ce qui lui a permis de travailler auprès d'Albert Wesker et d'Excella Gionne. Il est également le directeur d'un puits de pétrole à Kijuju et un excellent... "commercial". Irving s'est fait une spécialité de la vente au marché noir d'armes bioterroristes. Il est hautement recherché par le BSAA, mis au courant qu'il est sur le point de conclure la vente d'une arme (Uroboros) à Kijuju. C'est ainsi que Chris et Sheva se mettront à sa recherche au long de quelques chapitres de Resident Evil 5.

EXCELLA GIONNE (26 ANS)
Excella, pour qui je voterais volontiers dans un concours de miss Biohazard, est la descendante d'une richissime famille Italienne - la famille Gionne - ainsi que la famille Travis, propriétaire de l'entreprise pharmaceutique Tricell, dont elle est la directrice de la branche africaine. Elle rencontrera aux cours de ses pérégrinations Wesker, avec qui elle collaborera et partagera l'idéal d'un "nouveau monde". En effet, celle qui rêve de devenir madame Wesker a la ferme intention de répandre le virus Urobos sur la planète qu'elle juge surpeuplée, et aimerait en devenir, idéalement, la déesse aux côtés de son dieu Albert.

ALBERT WESKER (45 ANS)
En mode Johnny Hallyday dans ce cinquième opus, le grand méchant, le mal incarné, l'Orangina rouge de Resident Evil est de retour. Celui qui est aux STARS ce que Judas est à Jésus et à qui l'on doit l'intégralité des peines rencontrées de la série, a pour projet de répandre Uroboros sur la planète toute entière. Tout bêtement. Il a également l'intention d'en découdre personnellement et une bonne fois pour toutes avec l'ennemi juré de toujours : Chris Redfield. Umbrella n'étant plus, Albert Wesker est dans Resident Evil 5 associé à la directrice du Tricell africain : Excella Gionne. L'un et l'autre se mettent d'accord sur une domination du monde, après l'avoir "quelque peu" dépeuplé à l'aide du fameux virus. Ce darwiniste convaincu, lui-même dopé au virus Uroboros, apparaîtra plusieurs fois dans Resident Evil 5 dont il est le boss final. Mais il est également au coeur de l'intrigue de l'extension "Perdu dans les cauchemars."

Les scénaristes de Resident Evil 5 n'ont pas réalisé d'exploit. Au contraire, l'histoire de cet opus est tristement élémentaire. Mais le plus embêtant, c'est qu'on a la sensation que la chronologie globale de la saga est artificiellement rallongée. "Umbrella Corporation n'est plus ? Ce n'est pas grave, on invente une nouvelle entreprise pharmaceutique, histoire de." C'est d'autant plus dommage que le casting est détonnant avec un règlement de compte final annoncé entre Chris Redfield et Albert Wesker. Mais peu importe et heureusement, l'intérêt de ce cinquième opus ne se situe absolument pas à ce niveau.

D'ailleurs, plus que dans n'importe quel volet précédent, les révélations de l'intrigue sont classiques, puisque les zones d'ombre ne se dévoilent que grâce aux dialogues entre Chris et Sheva ou aux scènes cinématiques que l'industrie hollywoodienne ne renierait pas. Elles sont vraiment toutes réussies bien qu'un peu cliché (on pourrait croire que certaines scènes viennent de Matrix). On n'a plus de contact radio comme dans le quatrième volet (Ingrid Hunnigan) et on ne trouve plus que quelques documents détaillant l'univers du jeu, qui renforçaient énormément le background des premiers opus. Le déroulement de Resident Evil 5est bien plus brut et plus cinématographique. Ces ajustements sont en grande partie dûs à la coopération : il pourrait être ennuyeux, pour son partenaire, que l'un des deux joueurs se mette à lire un long historique de vingt pages sur Tricell. Par exemple.

Pour s'opposer à votre duo de héros, les développeurs ont fait preuve d'une grande imagination. Les environnements de Kijuju sont peuplés de ceux qu'on appelle les Majinis (ce qui signifie, en swahili, "l'esprit du mal"). Comme les Ganados en leur temps, les Majinis peuvent communiquer entre eux ("WATU !") et muter en d'horribles créatures. Leurs têtes peuvent exploser et laisser place à un énorme tentacule. Il arrive aussi qu'une bestiole ailée sorte de leurs dos. Vers la fin du jeu, certains évolueront même en des monstres blindés que l'on ne pourra assassiner qu'en tirant sur un long appendice mobile qui s'apparente à une queue. D'ailleurs, à ce stade avancé de l'aventure, les Majinis auront troqué leurs bouteilles ou leurs machettes contre des matraques électriques ou des gatlings. On retrouve également quelques créatures venues tout droit de l'enfer, comme les chiens dont le museau se divise en deux (pour mieux te dévorer, mon enfant) ou les lickers toujours aussi redoutables.

Un meneur, avec son mégaphone qui contribue grandement à l'ambiance des affrontements. "watakule, pania ana pachi kania!"
Après les requins du premier opus, je vous présente... les crocodiles. Ce screenshot pourrait sans aucun problème s'intituler "LE SANG-FROID."

On retrouve des mini-boss, dans les niveaux, comme le bourreau (cet énorme Majini à la hache) ou le Majini à la tronçonneuse. C'est le genre d'ennemis qui met la pression en suivant le héros absolument partout (ils peuvent même casser certains éléments du décor) et qui ne vacillent pas au bout de quatre balles dans la tête. Ils peuvent être évités pour la plupart et, le plus souvent, ils sont capables de vous vider une barre de vie en un coup bien placé. Dans leur grande générosité, les développeurs en ont placé de plus en plus sur le terrain de jeu à mesure que vous progressez. Dans les derniers niveaux, il est possible de se retrouver avec deux gros Majinis au gatling, par exemple. En récompense, ils lâchent des trésors très intéressants à la revente, histoire de récompenser les valeureux joueurs qui ont pris le soin de tous se les farcir. Quant aux boss, ils sont toujours l'occasion d'affrontements démesurés avec des ennemis géants. Nous y reviendrons un peu plus loin.

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