Mastodon
Le 1er site en français consacré à l'histoire des jeux vidéo
Actualité de l'émulation [contenu fourni par Emu-France]
Brève histoire des jeux vidéo
Un condensé de toutes les grandes dates, avec images et commentaires. A lire avant de commencer à surfer sur le site.

1993-1997 : le règne des consoles 32-bits (partie 1).
Où certains acteurs s'installent et d'autres tremblent sur leurs bases.

- 1993 -

Panasonic distribue sa 3DO.
Elle est vendue au prix exagéré de 699$, avant que toute concurrence sur le marché des 32-bits n'ait imposé un prix raisonnable, ce qui lui nuit beaucoup en dépit de sa puissance très intéressante.

Atari lance la Jaguar.
Atari décide de sauter une étape en lançant directement une console 64-bits. Le projet Panther est abandonné et la Jaguar arrive en magasins. En réalité, elle utilise deux processeurs 32-bits, et non pas un 64-bits, ce qui est très différent. La Jaguar est entièrement fabriquée en Amérique, ce dont Atari se montre très fier.

La console Atari Jaguar.

De nouvelles consoles Sega et Nintendo.
Nintendo et Sega annoncent la nouvelle génération de leur gamme. La Sega Saturn sera une console 32-bits, et le projet Nintendo, encore flou, est une console nommée Reality développée par Silicon Graphics, fabricant de stations de travail très puissantes utilisées pour créer des images de synthèse.

La violence dans les jeux vidéo (encore) montrée du doigt.
Williams lance dans les salles d'arcade Mortal Kombat, le pendant politiquement incorrect de Street Fighter II, ou la violence est montrée de façon très graphique et le sang coule à flots. Malgré (ou grâce à) une jouabilité peu subtile, le jeu est un gros hit, mais choque beaucoup de monde avec ses "Finish him!" et ses fatalités qui permettent au joueur de décapiter ou éventrer son prochain, d'autant plus que les personnages du jeu sont des acteurs digitalisés. Deux sénateurs américains, Joseph Liebermann (Connecticut) et Herbert Kohl (Wisconsin), lancent une nouvelle enquête sur la violence dans les jeux vidéo, qui aboutit à un système de classement par catégories d'âge préconisées, notifié clairement sur l'emballage du jeu. C'est le début d'une longue série de polémiques, enquêtes et mesures préventives similaires, aux USA dans un premier temps (classement ESRB en 1994), en Europe dans un second (classement PEGI en 2003).

- 1994 -

Nintendo met le paquet sur sa 16-bits.
Nintendo sort des jeux marquants pour donner un coup de pouce à la Super NES qui ne connaît pas la même domination que la NES sur ses homologues, tels que Super Metroid ou Star Fox (Star Wing en Europe). Le jeu Donkey Kong Country, qui marque le retour du grand singe parmi les produits les plus en vue de la marque, est présenté lors d'un salon. Ce jeu, développé par les Anglais de Rareware (ex-Ultimate), parmi les plus impressionants techniquement qu'on ait vu à ce stade tourner sur Super NES, est supposé démontrer que malgré son processeur moins puissant que ceux des 3DO et Jaguar, la Super NES a de grosses capacités. Le jeu sera un gros succès, et marquera le dépassement de la Megadrive par la SNES.

La Megadrive à l'heure du 32-bits.
On ne sait pas vraiment ce qu'une technologie 32-bits, 32/64-bits ou 64-bits peut apporter en terme de qualité des jeux, mais toujours est-il que les constructeurs se livrent à une course effrénée à la puissance processeur. Sega sort le 32X (180$), un périphérique qui permet à la Megadrive d'utiliser des cartouches 32-bits, afin de la mettre au niveau des 3DO et Jaguar. Ces jeux sont des adaptations de jeux d'arcade, comme Virtua Racing ou Star Wars, et obtiennent un bon succès, ainsi qu'une conversion de Doom (d'Id Software), un jeu sorti sur PC qui fait figure de révolution avec son action en 3d frénétique. Ces jeux et ce périphérique sont développés par Sega of America, et nul ne sait si la compagnie a l'intention de les sortir au Japon.

L'extension 32X insérée dans le port cartouche d'une Megadrive.

De nouvelles consoles sortent au Japon.
La Sega Saturn et la Sony Playstation arrivent au Japon, et il ne faut pas plus de quelques semaines pour que tout le monde dise que la Playstation est plus puissante, plus attirante et surtout plus vendeuse. Il faut dire qu'elle a été développée spécifiquement pour les jeux 3d, ce qui n'est pas totalement le cas de sa concurrente.

La Saturn et la Playstation

- 1995 -

Sega, c'est plus fort que.....
Sega annonce que la Saturn sortira aux USA le 2 septembre, mais finalement craque et sort sa console dès le mois de mai, pour prendre un peu d'avance sur la Playstation. La console est vendue 400$. Les développeurs sont pris de cours et la console est lâchée dans la nature sans un catalogue de jeux suffisant. En outre sa cohabitation sur le marché avec l'extension 32x pour Megadrive embrouille les esprits. Toutes les Saturn sont en démonstration dans les magasins avec Panzer Dragoon, ce qui (malgré les quaités du jeu) rappelle les innombrables systèmes lancés dans les années 80 sans logithèque. Ca commence mal pour la Saturn qui se vend d'emblée au dessous des prévisions. On parle d'un partenariat entre Sega et 3DO pour la 3DO M2, une console 64-bits qui doit succéder à la 3DO (qui n'a pas si mal marché), mais le deal ne se fera jamais, tout en provoquant des rumeurs de nouvelle console (une de plus) qui porteront un coup fatal aux ventes de 3DO. La technologie M2 finira par être achetée par Panasonic pour 100 millions de $ et n'aboutira à la sortie d'aucun hardware.

Nintendo annonce la Virtual Boy.
Il s'agira d'une console portable 32-bits aux capacités supérieures à celles de la Super NES, qui s'utilise en posant les yeux sur une sorte de paire de jumelle dans laquelle s'affichent des jeux en relief, ce qui constitue un lancement commercial audacieux en matière de réalité virtuelle. Jusqu'ici, le concept n'avait été abordé que par des accessoires (comme le projet de casque Sega VR pour Megadrive, jamais sorti en définitive), cette fois la console mise tout dessus. Tout comme la Game Boy, le concepteur de Virtual Boy est Gunpei Yokoi, mentor de Shigeru Miyamoto, personnage très important chez Nintendo.

La Virtual Boy et Gunpei Yokoi.

La Playstation sort aux USA.
Sony lance la Playstation aux USA, vendue 300$, soit 100$ de moins que la Saturn, sans jeu inclus et avec un seul joypad. Les ventes sont d'emblée excellentes et le catalogue de jeux fourmille d'excellents titres, grâce au soutien des studios que Sony a su courtiser, comme Psygnosis. Les ventes de la Jaguar, déjà insuffisantes, s'effondrent malgré la sortie d'un périphérique CD. Les exécutifs d'Atari classent déjà la console parmi les nombreux échecs de la compagnie et de tarderont pas à la laisser tomber, avec tous ceux qui en acheté une.

La nouvelle Nintendo révélée aux USA.
La sortie de la console 64-bits de Nintendo, sans cesse repoussée, fait courir des rumeurs plutôt malsaines pour Nintendo. L'Ultra 64, c'est son nom provisoire, serait moins puissante que la Playstation malgré son architecture 64-bits, et le choix du support des jeux sur cartouches serait une erreur dont Nintendo aurait pris conscience trop tard. Les cartouches sont en effet beaucoup plus chères à produire que les CD à cause des unités de mémoires qu'elles contiennent, et comme les jeux seraient vendus à un prix équivalent à ceux de la Playstation, ils représenteraient un bénéfice bien moindre. Finalement, la console est dévoilée en mars, et les premiers aperçus du jeu Super Mario 64, en 3d, promettent beaucoup même si des rumeurs persistent selon lesquelles très peu d'autres jeux sont prévus pour la console.

Craignant que le public s'équipe d'une Playstation, d'une 3DO ou d'une Saturn avant que l'Ultra 64 sorte, Nintendo diffuse dans le monde entier des messages publicitaires arrogants, insinuant qu'une 64-bits est beaucoup plus puissante qu'une 32-bits.

Mort du 32X et du Mega-CD.
Pour clarifier sa gamme trop large de produits différents et incompatibles, Sega laisse tomber ces deux extensions pour Megadrive, ainsi qu'un projet appelé Neptune, une console qui devait être capable d'utiliser tous les jeux Sega quelque soit leur format.

Carton (provisoire) de la Nintendo 64 au Japon.
Au Japon, Nintendo bénéficie toujours d'une grande confiance en ses terres.La Nintendo 64, nom définitif de la console, est très attendue. Des centaines de milliers d'unités sont fabriquées, et à la sortie, les ventes sont largement conforme aux espoirs de l'entreprise dans un premier temps, mais ralentissent après quelques semaines. L'explication est simple : manque de jeux disponibles et confirmation des rumeurs sur le hardware, qui ne semble pas trancher radicalement avec celui des consoles 32-bits déjà sur le marché.

La Nintendo 64.

- 1996 -

Baisse du prix des consoles.
Sony, qui fait un carton historique avec la Playstation, fait tellement de bénéfices sur les ventes de jeux qu'il peut se permettre de baisser le prix de sa console à 199$, tout en annonçant une grande variété de nouveaux produits. Sega est obligé de s'aligner sur cette baisse, ce qui nuit encore à la rentabilité de la Saturn, déjà bien faible. Des rumeurs disent que Sega serait sur le point de laisser tomber la fabrication de consoles et se concentrerait sur les jeux d'arcade et leur adaptation sur différent systèmes, comme le PC, qui après s'être imposé (sous l'impulsion de Microsoft) comme le standard en micro-informatique (avec le Macintosh d'Apple), est en train de devenir une machine de jeux redoutable grâce au Pentium, ligne de processeurs toujours plus puissants produits par Intel, qui met ses capacités en matière de jeux au niveaux des consoles 32 et 64-bits.

De nouveaux jeux d'arcade.
Sega lance Virtua Fighter 3 au Japon et aux USA, qui propose des graphismes en 3d jamais vus ailleurs. Une version Saturn est immédiatement annoncée. Dans les salles d'arcade, la nouvelle mode est aux jeux de simulations : ski, snowboard (surf des neiges), jet-ski, moto, voiture de course ou de rallye, vélo, voire des véhicules imaginaires comme une machine volante à pédales, permettent au joueur d'utiliser des dispositifs de commande révolutionnaires qu'on ne verra jamais dans les foyers, montés sur des systèmes animés par vérins, et proposant des conditions de jeu d'un réalisme sans précédent. Sega et Namco sont les deux grands noms de ce marché qui envoie à la casse le jeu d'arcade traditionnel, devenu obsolète depuis que les consoles offrent des graphismes équivalents. Peu à peu, jouer à un jeu d'arcade s'apparente à faire un tour de manège, et les sensations physiques font partie des nouvelles exigences des joueurs, la palme dans ce domaine revenant à Sega et son G-Lock 360, un simulateur d'avion de combat dans la lignée d'Afterburner, équipé d'un siège monté sur une structure sphérique pouvant tourner sur 360° ! Les sensations procurées par l'engin (note de votre serviteur : j'ai essayé) sont si intenses que bien peu s'y frotteront, et le G-Lock 360 sera vite remplacé par une version plus sage où le siège ne bouge que sur deux axes horizontaux.

Le G-Lock 360, de Sega. Notez que la présence d'un personnel accompagnant est requise.

Premier résultats officiels de la Saturn.
Sega annonce que les ventes japonaises sont bonnes, mais celles aux USA et en Europe sont très décevantes. Au banc des accusés : une certaine obsolesence des méthodes marketing de Sega (jugées arrogantes) et surtout le manque de jeux disponibles, qui s'explique par la complexité du hardware de la machine, celle-ci étant causée par le fait que Sega à du pourvoir sa console de fonctionnalités 3d à la fin de son développement. Les développeurs ont du mal à adapter les hits de la Playstation (Tombraider, Resident Evil, Destruction Derby...) sur la 32-bits Sega sans que la qualité graphique s'en ressente, ce qui est d'autant plus bizarre que les exclusivités Saturn (Sega Rally Championship, Nights...) sont, en revanche, très impressionnantes. Cette énigme n'est toujours pas résolue et alimente des discussions passionnées entre amateurs de hardware.

Nintendo accuse des pertes.
L'entreprise annonce la vente de sa milliardième cartouche, en même temps, et c'est plus important, que des pertes lourdes causées par les méventes (relatives) de la Nintendo 64. Acclaim, développeur de jeu qui s'associe volontiers à Nintendo (Turok, NBA Jam, l'adaptation de Mortal Kombat) et ex-chouchou de Wall Street, s'associe à ces mauvais résultats.

Fin d'Atari (comme on l'a connu).
Une page de l'Histoire des jeux vidéo est tournée : Atari est racheté par JTS, un fabriquant de disques durs, et annonce la fin de la Jaguar, confirmant les rumeurs qui circulaient depuis des mois.

La Nintendo Atlantis.
Encore un projet de console 32-bits portable pour Nintendo, basée sur la technologie RISC (le nouveau mot à la mode), développée en sous-traitance par une société européenne. L'Atlantis ne verra jamais le jour.

Nolan Bushnell.

Nolan Bushnell is back !
Le fondateur d'Atari, encore considéré comme l'inventeur des jeux vidéo à une époque où les noms de Ralph Baer, Willy Higinbotham ou Steve Russel sont encore inconnus du plus grand nombre, refait surface (il a 55 ans) avec Aristo, énième société qu'il monte, spécialisée dans les terminaux Internet / PC à usage des cybercafés.

Sortie US de la Nintendo 64.
A sa sortie aux USA, la console se vend à 1.7 millions d'exemplaires en trois mois. Devant ce succès, les développeurs se mettent enfin au travail pour étoffer sa ludothèque, elle va pouvoir s'envoler vers le succès (même si le support cartouche reste un handicap).

Tout va bien pour Sony.
La Playstation rapporte 12 millions de $ par jour à Sony jusqu'aux fêtes de noël, où elle est la star incontestée. Les jeunes adultes qui avaient un peu laissé tomber les jeux vidéo après avoir mis leur NES ou leur Megadrive au placard, l'apprécient tout particulièrement, ce que Sony souligne très bien dans sa communication. Pour un coup d'essai dans le domaine des jeux vidéo, c'est un coup de maître, et Nintendo doit se mordre les doigts d'avoir laissé tomber ce hardware qui, rappelons-le, était à l'origine une simple extension CD-ROM pour Super NES.

Le musée Videotopia de Pittsburgh.

Un musée du jeu vidéo.
Videotopia, un musée exposant toutes sortes de micros, consoles et jeux d'arcade plus ou moins anciens, s'ouvre à Pittsburgh, Pennsylvanie au Carnegie Science Center le 15 juin. Il y en aura d'autres, partout dans le monde. Peu à peu, l'idée fait son chemin : le jeu vidéo à une histoire.

Mort de la Virtual Boy.
La console portable de Nintendo est abandonnée, suite à de très faibles ventes au Japon et un lancement très timide aux USA (rien en Europe, en revanche). C'est le premier échec que rencontre Gunpei Yokoi, qui quitte Nintendo pour monter sa propre société.